Le parti du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev a été déclaré lundi vainqueur des élections législatives à l'issue desquelles deux partis officiellement d'opposition mais considérés proches du régime entrent pour la première fois au Parlement de ce pays d'Asie centrale.
Selon des résultats préliminaires annoncés par la commission électorale au lendemain du scrutin, le parti Nour Otan de M. Nazarbaïev recueille 80,74% des suffrages.
Deux autres formations dépassent le seuil de 7% nécessaire pour entrer au Parlement: Ak-Jol, présenté comme un parti d'opposition mais considéré comme proche du pouvoir, obtient 7,46% des voix, et les communistes du KNPK totalisent 7,2%. L'OSDP-AZAT, seule formation d'opposition très critique à l'égard du régime, a recueilli 1,59%. La participation a atteint 75,05%, en hausse par rapport aux dernières législatives de 2007 (64,56%).
Pour de nombreux Kazakhs, c’est une énorme surprise. Après 30 ans de gouvernement sans partage, le principal parti, Nour Otan, qui soutient le président Nazerbaiev, va devoir composer avec d’autres forces politiques au parlement. Le Majilis, ou chambre haute, devrait accuellir deux nouvelles formations : le parti du business, Ak Zhol, a obtenu 7 sièges, tout comme le parti communiste (KNKP). Si Ak Zhol est relativement proche du pouvoir en place, le PC se considère en revanche comme une vraie force d’opposition. Lundi matin, le Secrétaire Général du KNKP, Vladislav Kosarev, n’en revient pas de sa bonne fortune. Dans son modeste bureau, comparé aux énormes bâtiments de Nour Otan, il ne cesse de sourire sous le regard d’un immense portrait de Lénine. "C’est un grand événement ! Notre parti va enfin pouvoir représenter les gens du peuple qui ont été oublié ces dernières années", assure-t-il.
Malgré la faiblesse de sa position au parlement, le KNKP veut faire entendre sa voix sur deux thèmes : renationaliser les actifs pétroliers pour qu’ils profitent à l'ensemble de la population, et redistribuer la terre fertile de la steppe kazakhe. Un objectif qu’il sait trop ambitieux au regard de sa force politique. Mais certaines idées plus modérées pourraient en revanche faire leur chemin. "Certaines compagnies étrangères, qui ont investi dès l’indépendance du pays en 1991, ont obtenu des contrats pour extraire du pétrole à un prix ridicule. Il faut renégocier ces contrats !", tranche Vladislav Kosarev.
"Il y a eu des choses honnêtes, et aussi des épisodes malhonnêtes", estime Vladislav Kosarev, qui juge que certains partis ont été favorisés.