Les syndicats du secteur privé sont eux divisés sur leur ligne de vote. Mais la société civile s’organise aussi et tente de profiter de cette légitimité populaire qui est donnée au peuple irlandais en l’incitant à se mobiliser par le biais de meetings.
« Campaign against the EU constitution » est une des seules organisations avec le Sinn Féin qui fait campagne pour le « non ». Cette campagne lancée en 2005 lors du premier référendum regroupe treize organisations, comme des partis politiques progressistes et de gauche, le « communist party of Ireland » ou le « socialist party », des organisations, comme « people before profit » ou encore « peace and neutrality Alliance », ainsi que des syndicalistes et des individuels. Elle se bat pour « une Europe démocratique, sociale et démilitarisée » comme le dit Michael Youlton. « L’organisation explique aux Irlandais ce qu’est le Traité et pourquoi ils devraient voter non » mais « tout le monde dans la campagne est pro-européen et veut travailler avec les Européens » ajoute Michael Youlton. L’organisation se bat contre les effets qu’aurait ce Traité, c’est-à-dire la militarisation de l’Europe, les privatisations et moins de justice commerciale, un système de santé et d’éducation détérioré, ainsi que l’érosion de la démocratie. De plus, ils défendent la mise en place, dans les faits, de la Charte des droits fondamentaux qui est incluse dans le nouveau traité mais ne serait pas effective, et une meilleure prise en compte de la question environnementale qui n’évolue que peu dans le nouveau traité. Des citoyens de toute l’Europe, qui n’ont pu se prononcer populairement, se mobilisent aussi pour cette campagne du « non ».
Des ralliements sont organisés devant les 26 ambassades irlandaises des autres Etats membres. A Paris, des « veillées démocratiques » devant l’Ambassade irlandaise avenue Foch ont lieu le mercredi soir. Ainsi l’Union européenne, qui a toujours cherché à mettre sa légitimité populaire en avant, a choisi une légitimité parlementaire alors qu’elle défend plus que jamais, avec ce traité, les droits fondamentaux des citoyens.