La priorité pour les communistes, c’est de « faire converger toutes les ripostes sociales ». Un premier rendez-vous est lancé le 1er mai, une journée de mobilisation qui s’annonce exceptionnelle. « Les communistes sont sur le front des salariés en lutte. » Ils seront présents dans tous les défilés sous la bannière du Front de gauche.
Le front parlementaire ne sera pas déserté, tout au contraire. « Notre responsabilité est aussi d’ouvrir des perspectives de conquêtes, de victoires même partielles. » Se refusant à n’être qu’une gauche de témoignage, le PCF va multiplier les initiatives. Le 28 mai, ses députés déposeront trois propositions de loi. La première vise à interdire les licenciements dans les entreprises qui réalisent des bénéfices, versent des dividendes, délocalisent leurs productions ou reçoivent des aides publiques. Dans ce même paquet de propositions figure l’augmentation du SMIC à 1 600 euros brut au 1er juillet. La deuxième proposition de loi vise la suppression du bouclier fiscal. Elle vise à créer un pôle public de crédit. Enfin la troisième proposition revêt une dimension directement européenne puisqu’elle consiste à exclure du champ de la concurrence consacrée par les traités européens les services sociaux d’intérêt général.
Troisième front : l’échéance européenne du 7 juin. Parti le premier en campagne, le Front de gauche mène un travail de proximité. Mais le débat de fond est étouffé dans la sphère médiatique au profit de polémiques stériles montées en épingle, des joutes présidentielles. Le PCF entend convaincre les autres listes d’ouvrir le débat devant les électeurs. En Île-de-France, Michel Barnier, chef de file de la liste de l’UMP, a accepté le défi, un débat public l’opposera à Patrick Le Hyaric le 6 mai au Blanc-Mesnil.
« Six semaines peuvent changer la donne dans une situation aussi explosive, assure Pierre Laurent, avec ce message : ne laissez pas faire ce hold-up électoral ! Voter pour le Front de gauche c’est rendre sa colère utile en soutenant des propositions concrètes pour changer de cap en France et en Europe. » Situation ouverte, c’est aussi l’avis d’Olivier Dartigolles, responsable du bureau de presse, qui a insisté sur le rôle que pourrait jouer la presse en donnant aux citoyens toutes les clés des enjeux. Un débat contradictoire et pluraliste devrait être diffusé par la télévision dans la circonscription Centre, a-t-il indiqué, souhaitant la généralisation de telles confrontations démocratiques.