Plusieurs responsables du PS, initialement, penchaient pour le oui. "Tout le monde est pour un fond de secours qui puisse venir en aide au pays en difficulté, et nous avons d'ailleurs voté les différents plans d'aide à la Grèce" (sic), rappelle le député européen Harlem Désir. "Sur le principe du MES, pas de réticence", indique Pierre Moscovici, directeur de campagne de M. Hollande.
En pratique, le dossier se révèle pourtant plus embarrassant : une disposition juridique relie le MES au traité de discipline budgétaire, voulu par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, qui doit être signé début mars et qui obligera les pays signataires à respecter une "règle d'or" sur l'équilibre des comptes publics. Il s'agit de l'article 5 du texte sur le MES, qui conditionne le fait de pouvoir bénéficier de celui-ci à la ratification du traité sur la solidarité et coordination gouvernementale.
Jean-Luc Mélenchon, qui pour sa part souhaite un référendum sur le traité, a tiré le premier, mettant la pression sur les députés PS. Ceux du Front de gauche (PCF et Parti de gauche), qui ont finalement obtenu un vote solennel nominal par scrutin public à l'issue des débats, voteront contre. Avant le vote, le candidat à la présidentielle tiendra une conférence de presse, et un rassemblement est prévu devant le palais Bourbon. "Que la droite vote pour, on le comprend, c'est M. Sarkozy qui l'a négocié. Mais nos concurrents, comme nos adversaires, devront eux aussi être clairs", a lancé M. Mélenchon, mardi 14 février.
Le candidat du Front de gauche ne s'est pas privé d'en appeler à ceux de ses anciens camarades socialistes qui avaient voté contre le Traité constitutionnel européen en 2005, citant "Laurent Fabius, Henri Emmanuelli, Alain Vidalies" : "Les 115 qui ont voté avec moi au Congrès de Versailles contre le Traité de Lisbonne ont-ils changé d'avis ou bien vont-ils de nouveau voter contre à l'occasion de cette réunion du 21 février ?"