La cabale anti-Pie XII se poursuit. Le numéro de Marianne de cette semaine consacre tout un dossier au "silence coupable" de Pie XII.L'ineffable Henri Tincq, qui n'a pas hésité par le passé à inventer purement et simplement des déclarations pontificales, s'en prend directement à Benoît XVI. L'essentiel de l'opération consistant à marteler que Benoît XVI est décidément en rupture avec le catho de base, totalement conservateur,réactionnaire. Bref toutes les techniques de terrorisme intellectuel y passent au mépris de la vérité historique. Cette affaire est une fois de plus édifiante sur l'état de la presse, de l'idéologie qui la domine, de son indifférence totale à la vérité et des résultats que ce conditionnement opère.


Le procès idéologique pue à deux milles années lumière d’ici, mais encore faut-il avoir mené quelques recherches, ne pas se contenter du prêchi-prechâ de la messe quotidienne, comme aimait à appeler Hegel la presse de son époque. Voici les faits:

- En 44, au lendemain de la libération de Rome, l’aumônier de la cinquième armée américaine témoigne « sans l’assistance apportée aux juifs par le Vatican et les autoritées ecclésiastiques de Rome, des centaines de réfugiés et des milliers de réfugiés juifs auraient péri »

- Le congrès juif mondial dès la fin de la guerre « au nom de toute la communauté juive, exprime une fois de plus sa profonde gratitude pour la main protectrice tendue par sa sainteté aux Juifs persécutés pendant ces temps terriblement éprouvants », il offre 20000 dollars AU Vatican « en reconnaissance de l’œuvre du St Siège sauvant les juifs de la persécution fasciste et natie ».

- Le pape reçoit en 46, 78 juifs rescapés de la déportation, parmi eux Moshes Sharett, futur premier ministre d’Israël. « je lui dis, que mon premier devoir était de le remercier et, en lui, l’Eglise catholique, au nom de la communauté juive, pour tout ce qu’elle avait fait en différentes contrées pour secourir les Juifs. », le sénateur Lévi fait lui don d’un palais au Vatican qui abrite actuellement la nonciature apostolique à Rome.

- En 1955 l’union des commuantés juives d’Italie proclame le 17 avril jour de gratitude pour l’assistance du pape pendant la guerre. Le 26 mai de la même année, 94 musiciens juifs, originaires de 14 pays, exécutent la Neuvième symphonie de beethoven, à Rome, sous la direction de Paul Kletzki « en reconnaissance de l’œuvre humanitaire grandiose accomplie par sa Sainteté pour sauver un grand nombre de juifs pendant la seconde guerre mondiale ».
- le Rabbin Elio Toaff, qui accueillera Jean Paul II à la synagogue de Rome en 1986 proclame que « les juifs se souviendront toujours de ce que l’Eglise a fait pour eux, sur l’ordre du pape, au moment des persécutions raciales. »

- L’écrivain juif Pinchas Lapide, consul d’Israël à Milan du vivant de Pie XII témoigne dans le monde du 13 décembre 1963 ( année de la sortie du Vicaire de Hochhuth) « au lendemain de la libération de Romme, j’ai appartenu à une délégation de soldats de la brigade juive de Palestine qui a été reçue par le pape et qui lui a transmis la gartitude de l’agence juive, qui était l’organisme dirigeant du mouvement sioniste mondial. Pour ce qu’il avait fait en faveur des juifs.(…) Le pape personnellement, le St Siège, les nonces et toute l’Eglise catholique ont sauvé de 150000 à 40000 juifs d’une mort certaine. Lorsque j’ai été reçu à Venise par Mrg Roncalli, qui allait devenir Jean XXIII, et que je lui exprimai la reconnaissance de mon pays pour son action en faveur des juifs, il m’interrompit à plusieurs reprises pour me rappeler qu’il avait chaque fois agi sur ordre précis de Pie XII »( le monde, 13 décembre 1963)

- Quelques années il révisera ses chiffres é la hausse dans une longue étude sur les rapports entre judaïsme et l’Eglise « L’Eglise catholique, sous le pontificat de Pie XII, fut l’instrument qui sauva au moins 700000 mais probalablement jusqu’à 800000 juifs d’une mort certaine de la part des nazis » »( Pinchas Lapide, Rome et les juifs, 1967)

Voilà pour la reconnaissance que les contemporains de Pie XII lui ont manifestée. Reste le volet idéologique et la question de fond. Pourquoi cet acharnement sur Pie XII? Je crois que c’est le co-scénariste du film Amen de Cosa Gavras ( adapatation de la pièce de théâtre “le Vicaire” de Rolf Hochhuth) qui donne la meilleure réponse, il affirma lors de la campagne de promotion du film « c’est un film qui dit qu’hier c’est aujourd’hui, et qu’aucune autorité n’a autorité sur notre conscience »(jean-Claude Grumberg dans Lire février 2002), ce qui est donc visé c’est l’autorité de l’Eglise, c’est elle qui fait horreur au monde moderne, enfin aux bobos qui dominent le monde culturel et médiatique.


Julien Gunzinger

Rédigé par Julien Gunzinger le Lundi 11 Janvier 2010 à 14:23 | Commentaires (0)

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"Nous te prions, Seigneur, de faire de nous des combattants de la foi inflexibles et miséricordieux, témoins brûlants, dans ce monde ravagé par l’apostasie, de ton alliance nouée dans ton sang."



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