1) Le tournant des années du Concile
Depuis 40 ans, nos sociétés sont travaillées au corps par un système de valeurs inversées. Dans les années 50 encore, les grands axes de la morale traditionnelle catholique étaient, pour l’essentiel, partagés par toutes les franges de la société, gauche y compris. La condamnation du divorce, de l’avortement ou de l’homosexualité était unanime. Pour établir la supériorité de la morale traditionnelle sur la morale inversée actuelle, il n’est pas forcément nécessaire de s’engager dans une démonstration philosophique, la force des évidences y suffit pleinement. En effet, toutes les études et les enquêtes sociologiques attestent que le point d’inflexion se situe à la charnière des années 60-70.De cette époque date l’explosion de la courbe des suicides en occident, de même que celle des courbes de la criminalité, de la dépression, de la consommation de drogues.
« En 30 ans, le taux de suicide( en France) a fortement augmenté : il est passé de 1.73 à 2.13 pour 10000 habitants. La hausse a été la plus forte entre les années 1976 et 1985 (plus 40% en 10 ans) peut-on lire sur www.doctissimo.fr/html/psychologie/mag_2003/mago131/dossier/ps_6444_suicide-france-etat-lieux.htm). De même en Belgique « …en 50 ans,il(le suicide) est passé de 8 à 18% chez les garçons et de 5 à 10% chez les filles » (www.e-sante.be/be/magazine_sante/sante_psychologie_sexologie/Suicide_en _hausse_en_Flandre-2920-933-art.htm)
En ce qui concerne la criminalité, les statistiques suisses sont très éloquentes « Dans les années 50 et au début des années 60, 600 jugements pénaux étaient prononcés à l’encontre d’adolescents pour 100000 individus du même groupe d’âge. Ce rapport est passé à 1400 dans les années 80 et 90. »(http://www.swissinfo.org/fre/swissinfo.html?siteSect=601&sid=8169091&cKey=1188920596000&ty=st) En Europe la situation n’est pas meilleure et suit la même progression « Entre 1950 et 1970, la criminalité a connu une augmentation constante, mais depuis 1970, cette augmentation s’est accélérée… »(www.europa.eu )
Le même constat s’impose pour les dépressions. « Des études récentes démontrent que les taux de prévalence de la dépression et de l’anxiété augmentent partout dans le monde. Par exemple, une analyse de cohorte de la National Cohort Morbidity Study des Etats-Unis a révélé que la prévalence permanente à la dépression chez les femmes de 20 à 24 ans est passée de 6% au début des années 1960, à partir de 28% au début des années 1990. C’est probablement la preuve d’un milieu en transformation sur les symptômes de la dépression, car ni le fonds génétique, ni la réparitition des hormones sexuelles n’auraient pu changer de façon si significative au cours de cette période. »(www.phac-aspc.gc.ca/publicat/whsr-rssf/pdf/WHSR_Chap_18_f.pdf)
Les années du Concile constituent donc le pivot à partir duquel tout se détériore. Tout le système de valeurs inversées fondées sur la satisfaction immédiate des pulsions, donc sur la jouissance et sa légitimation ne produit au final que violence, désolation, souffrances.  Le démantèlement de la famille auquel aboutit la morale inversée est la principale cause de toutes cet effondrement qui a produit une  hausse continuelle des couts de la santé. Ce qui en retour sert de justificatif à l’interventionisme de l’Etat, aux politiques sociales pesant toujours plus lourd sur les budgets nationaux. C’est donc durant les années du concile, au moment même où l’Eglise tombait dans le piège tendu par les modernistes, au moment même où elle se crut le devoir de baisser sa garde pour rouler des galoches au monde, que ce dernier porta son offensive contre les fondements de la morale traditionnelle et que tous les indices du bien-être collectif commencèrent à s’affoler.
Julien Gunzinger<
Rédigé par Julien Gunzinger le Lundi 7 Mai 2012 à 11:12 | Commentaires (0)

Castellani, notre collaborateur, revient sur la tenue de la prochaine rencontre interreligieuse à Assise. Il développe une approche très originale sur la question. 

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Les rencontres d’Assise font couler beaucoup d’encre. Elles mettent des catholiques mal à l’aise : des simples fidèles, mais aussi des personnes formées au droit et à la théologie. Rome, qui connaît leurs objections, ne juge pas devoir infléchir sa politique, et explique inlassablement qu’il ne s’agit pas de tentatives de syncrétisme mais d’actes visant à rapprocher les cœurs des hommes : « heureux les artisans de paix ».

 

Les ennemis d’Assise ne veulent pas entendre l’explication. Pour eux, la paix du Christ est une paix surnaturelle, fondée sur la foi et la charité. Leur objection, vraie en ce qu’elle affirme, est fausse en ce qu’elle omet : il existe aussi une paix naturelle, qui est un bien, qui, comme tel, doit être recherché. Car, si la nature ne suffit pas au salut, s’il y faut la grâce, la nature sans la grâce est loin d’être corrompue en toutes ses opérations ; seul un janséniste peut prétendre le contraire.

 

La paix naturelle est donc bonne. Elle est bonne en soi. On peut toutefois la dire mauvaise par accident, parce que contraire à un catholicisme d’État, un régime de Chrétienté, le plus à même de servir à la gloire de Dieu et au salut des hommes. Dans l’absolu, une paix naturelle ne favorisant pas la paix surnaturelle (et donc la conversation au Christ) est un mal relatif. Aussi, pour autant que le rétablissement de la Chrétienté soit réellement possible, ait une réelle chance de succès, la guerre civile peut s’en trouver justifiée. Et peut-être, dans un futur lointain, Rome réappelera aux armes. Mais en l’état, relativement aux circonstances de temps et de lieu, l’établissement d’un régime de Chrétienté est impossible ; il faut en prendre acte. Et parce que cette impossiblité factuelle neutralise la malignité accidentelle de la paix naturelle, il n’est plus de circonstances interdisant de la rechercher comme un bien.

 

Au regard des circonstances actuelles, il n’y a pas à refuser la paix naturelle au nom de la paix surnaturelle. Il en irait aurement si le régime voulait nous forcer à apostasier. Là, nous n’aurions pas à chercher la concorde civile : nous aurions à accepter la discorde. Et – sauf à pouvoir renverser le régime – à accepter d’être persécutés, à l’image des saints martyrs d’autrefois. Selon les circonstances, le saint égorge (croisades, inquisition) ou se fait égorger (martyrs du paganisme).

 

Prétendre rétablir le modèle d’Ancien Régime, c’est très joli sur le papier, mais totalement déconnecté des réalités politiques contemporaines. Il n'y a certes pas à se détourner de l'idéal de Chrétienté - qui reste suprêmement désirable -, mais il faut être pragmatique. L’apostasie des nations anciennement chrétiennes est un fait, comme l’est l’arrivée en masse de populations musulmanes. Dans le processus de globalisation et de mondialisation, les sociétés sont de plus en plus métissées. Elles sont aussi de plus en plus interconnectées. Cette figure de la post-modernité légitime la recherche d’une paix purement naturelle, dont les rencontre d’Assise se veulent le messager. Le refus d’Assise est donc fautif. Fautif, puisqu’en dissentiment au magistère pour une raison erronée : nos amis d'Écône méconnaissent le poid des circonstances dans l’appréciation de la moralité du fait. 

 

Que certains scandales objectifs particulièrement graves aient accompagné les premières réunions d’Assise, tel l'encensement du Bouddha sur un autel consacré ; que d'autres, tels l'ignominieux baiser du Pape au Koran ou les professions réitérés de la chahada par le Primat des Gaules, aient contribué à troubler gravement et durablement la juste compréhension du fait d'Assise, ne me semblent pas obliger à modifier l'analyse théologique d'Assise qui vient d'être faite.

 

J'espère par cette explication avoir montré Assise ne pas s'opposer pas à la Tradition : c'est selon les circonstances que le saint égorge ou se fait égorger.

Rédigé par Julien Gunzinger le Mercredi 27 Juillet 2011 à 18:36 | Commentaires (16)
L'Amour divin [1].

Pour ESCHATON, de Castellani

En Dieu l'amour est avant tout un amour de Dieu pour Dieu. Car Dieu est un être infini en perfection. Dieu s'aime donc infiniment parce qu'il se sait être infiniment aimable puisque infiniment parfait. Cet amour n'est pourtant pas égoïste. Car aimer c'est : vouloir un bien qu'on a pas ; jouir du bien qu'on possède ; communiquer ce bien à autrui, autant que la communication soit possible. 

 

La première forme d'amour est exclue de Dieu : Dieu n'a pas à vouloir acquérir un bien qui manquerait à son bonheur, mais est "souverainement heureux en lui-même et par lui-même" (Vatican 1), à raison de l'excellence de sa nature divine. 

 

La seconde forme d'amour existe évidemment en Dieu : "Il y a en Dieu une volonté comme il y a en lui un intellect, car la volonté est consécutive à l’intelligence. En effet, comme une chose de la nature est en acte par sa forme, ainsi l’intelligence, par la forme intelligible, est en acte par le connu. Or, toute chose est à l’égard de sa forme naturelle dans un rapport tel que si elle n’a pas cette forme, elle y tend ; et quand elle l’a, elle s’y repose.  Il en est de même de toute perfection naturelle, qui est un bien de nature ; et cette relation au bien, dans les choses privées de connaissance, est appelée appétit naturel. Ainsi la nature intellectuelle a une relation semblable au bien qu’elle appréhende par le moyen de la forme intelligible, de telle sorte que si elle a ce bien, elle s’y repose, et si elle ne l’a pas, elle le cherche. Or, se reposer dans le bien, comme le chercher, relève de la volonté. Ainsi, en Dieu, il faut qu’il y ait une volonté, puisqu’il y a en lui une intelligence. Et comme son intellection est son être même, ainsi en est-il de son vouloir." "La volonté appartient en nous à la partie appétitive. Celle-ci, bien qu’elle tire son nom du désir, n’a pas pour acte unique de désirer ce qu’elle n’a pas, mais aussi d’aimer ce qu’elle a et d’en jouir. Et c’est sous cet aspect que la volonté est attribuée à Dieu, car elle a toujours le bien qui est son objet puisqu’il ne diffère pas de Dieu selon l’essence..." (Thomas d'Aquin, Somme de Théologie, I, q.19 a.1 et sol.2). 

 
 

 

Rédigé par Julien Gunzinger le Vendredi 22 Juillet 2011 à 07:01 | Commentaires (0)
Les réels enjeux de la liberté religieuse

La question de la liberté religieuse est centrale dans la crise de l’Eglise. Pour la Fraternité St Pie X c’est certainement le foyer purulent d’où découle la déconstruction en cours de la théologie et de la liturgie, pour l’Egise conciliaire il s’agit d’une réelle avancée, faisant droit à la dignité ontologique de l’homme.  Le ralliement de l’abbé Dominique Fabien  Rimaz à cette doctrine de la liberté religieuse se fonde, selon ce  que j’ai pu en juger en lisant son blog, sur 3  arguments principaux :

1)    la liberté religieuse a les faveurs des papes depuis Vatican II c’est donc qu’il faut s’y rallier

2)    la liberté religieuse est de tradition puisque la contrainte dans la foi a toujours été condamnée

3)    la liberté religieuse qui a été condamnée par le passé concernait les rapports entre l’Eglise et l’Etat. Cette condamnation était donc circonstancielle, la conception de l’Etat ayant considérablement changé depuis ( argument défendu par Martin Rohnheimer)

 

Les deux premiers sont des arguments d’autorité. Le second nécessite cependant des précisions sur les termes employés. Celles-ci seront données dans le traitement du troisième argument, c’est pourquoi je répondrai au deuxième argument après avoir résolu le troisième.

 

Certes, il est vrai que les papes, depuis Vatican II, ont défendu la liberté religieuse et s’en sont faits parfois les champions auprès des instances internationales comme l’ONU. Il s'agit d'un argument de poids et doit inciter celui qui conteste cette doctrine à beaucoup de prudence. Nous n’avons pas, en tant que catholique, la liberté de dissentir à ce que défend le pape. Nous ne pouvons opposer au Magistère de l’Eglise un magistère suprême de la conscience. On ne peut donc pas admettre que le « théologien aurait toute liberté pour mettre en doute ou refuser l’enseignement non-infaillible du Magistère » (Donum veritatis, n. 33)

Tout enseignement du magistère jouit donc d’une présomption d’orthodoxie. Reste que le magistère n’est infaillible que lorsqu’il fait usage des notes d’infaillibilité et que hors ce cas le pape peut très bien se tromper. La chose est si clairement convenue que  le décret Gratien ( qui doit être vu comme l’ancêtre du droit canonique) prévoyait : le premier siège n’est jugé par personne sauf s’il dévie de la foi”. La tradition de l’Eglise admet donc que le magistère peut proposer des enseignements erronés et  le simple fidèle peut être parfaitement autorisé à manifester ses interrogations dès lors que l’enseignement qu’on lui impose lui semble être en contradiction avec le magistère antécédent. C’est ce qu’exprime de façon très explicite St Paul (*).

On comprendra donc que l’accusation de protestantisme, souvent portée par l’abbé Rimaz contre la FSSPX est parfaitement inepte, puisque comme l’explique un puissant théologien contemporain anonyme « Quand donc le dissentiment l’est au nom de la fidélité au magistère antécédent mis à mal par le magistère actuel, un tel dissentiment ne relève pas du libre-examen, mais de la soumission au magistère, pour autant précisément que le magistère antécédent soit réellement contredit par le magistère actuel ; la charge de la preuve incombant à qui dissent. Un tel dissentiment n’est donc légitime qu’à la condition sine qua non que le théologien qui dissent puisse prouver la contradiction des doctrines du magistère actuel au magistère antécédent(…) »

 

Venons-en donc au troisième argument qui consiste à récuser que la doctrine de Dignitatis humanae serait en contraction avec le magistère antérieur.

 

Le philosophe Martin Rohnheimer est la dernière personnalité d’envergure à avoir produit une thèse allant dans le sens de l’herméneutique de la continuité sur le sujet. Selon lui, les condamnations de la liberté religieuses par les papes du XIXe relevaient d’un cadre contingent des rapports entre l’Eglise et l’Etat. Il écrit « Ainsi, Grégoire XVI et Pie IX, pour ne mentionner que ces deux papes, avaient identifié le droit fondamental du citoyen moderne à la liberté de religion, de conscience et de culte à une négation de la vraie religion. Et cela car ils ne pouvaient pas s’imaginer qu’une vérité religieuse et une vraie Eglise puissent exister sans que cette dernière ne soit également soutenue par l’Etat et la politique, et respectée par le droit civil. » Il prend donc ces deux papes pour des parfaits imbéciles qui n’étaient pas instruits des réalités du début de l’ère chrétienne.

Rédigé par Julien Gunzinger le Mardi 19 Juillet 2011 à 07:01 | Commentaires (4)
Supplique au Saint Père : assez d’angélisme!

Depuis 40 ans l’Eglise catholique, à son sommet, semble avoir avoir succombé à un angélisme dévastateur. Que l’on se souvienne de la fameuse formule sur laquelle s’ouvre Nostra Aetate « À notre époque où le genre humain devient de jour en jour plus étroitement uni… » ou des propos tenus par Paul VI à l’ONU en 1965 « Les peuples se tournent vers les Nations-Unies comme vers l'ultime espoir de la concorde et de la paix: Nous osons apporter ici, avec le Nôtre, leur tribut d'honneur et d'espérance. » « Nous serions tenté de dire que votre caractéristique reflète en quelque sorte dans l'ordre temporel ce que notre Eglise Catholique veut être dans l'ordre spirituel: unique et universelle. On ne peut rien concevoir de plus élevé, sur le plan naturel, dans la construction idéologique de l'humanité. Votre vocation est de faire fraterniser, non pas quelques-uns des peuples, mais tous les peuples. », propos confirmés par le même Paul VI en 1970 toujours devant l’assemblée générale de l’ONU« soyez des semeurs d’idéal authentique…pour un idéal qui pousse(l’homme) à se dépasser sans cesse pour bâtir ensemble la cité fraternelle à laquelle tous aspirent et tous ont droit…l’Eglise catholique, surtout depuis l’impulsion nouvelle de son « aggiornamento » conciliaire, va à la rencontre de ce même homme que vous ambitionnez de servir ». Il y a de quoi être pris de vertige quand on sait le rôle central que joue l’ONU et ses différentes officines pour propager un ordre moral inversé articulé autour de la contraception et de l’avortement ; quand on sait que c’est de l’Unesco que sont impulsées toutes les réformes scolaires pour décérébrer les jeunes et les priver des ressources de leur raison ; quand on sait que c’est souvent sous mandat de l’ONU que sont conduites les guerres d’asservissement des peuples rebelles au Nouvel Ordre mondial ( Irak, Afghanistan, Lybie)  

 

Dans la foulée, sous prétexte de s’adresser à l’homme contemporain ( comme si la démarche n’était pas celle de l’Eglise  de toujours) l’enseignement est parfois devenu vaseux, flou, approximatif, permettant toutes les récupérations hérétiques.

 

L’heure est grave ! En octobre, la réunion d’Assise va être l’occasion pour les médias et les milieux modernistes de se livrer à une orgie de relativisme et d’indifférentisme. Pour tenter d’empêcher que le mensonge, la déformation et la manipulation déferlent, Renaissance catholique a réuni la signature de plusieurs personnalités catholiques pour faire écho à la supplique adressée par 7 intellectuels italiens inquiets de la tenue de cette rencontre interreligieuse d’Assise. Voici les passages les plus importants de cette supplique. Je joints à cette supplique la liste de toutes les personnalités catholiques qui s’y associent. Vous trouverez également la supplique dans son intégralité en fichier collé.

 

 

Très Saint-Père,

 

Nous sommes quelques catholiques très reconnaissants de l’oeuvre accomplie par vous en tant que pasteur de l’Eglise universelle ces dernières années : reconnaissants pour votre grande estime pour la raison humaine, pour la concession du motu proprio Summorum Pontificum, pour votre relation fructueuse avec les anglicans qui reviennent dans l’unité, et pour bien d’autres choses encore.

Nous prenons l’audace de vous écrire après avoir entendu, précisément pendant le massacre de chrétiens coptes, votre intention de convoquer à Assise, pour le mois d’octobre, un grand rassemblement interreligieux, 25 années après "Assise 1986".

Rédigé par Julien Gunzinger le Mardi 12 Juillet 2011 à 07:05 | Commentaires (1)
L’ecclésiologie protestante et ses racines nominalistes

Historiquement, on peut dire que le contexte de la réforme est celui où la structure organique de la société promue par le féodalisme opère une mue radicale qui accouchera du triomphe de l’individualisme sur lequel la philosophie politique et l’Etat moderne s’édifieront dès Hobbes. L’affirmation du pouvoir royal au dépens des seigneurs féodaux, l’affirmation d’autonomie des grandes villes, le mouvement conciliaire,  les grandes découvertes des explorateurs seront les premiers prodromes de ce renversement de perspective qui retentiront sur les mentalités, suscitant des aspirations toujours plus particulières et singulières, désencastrées des grands ensembles collectifs.(1)

         Ce mouvement historique est accompagné d’un lent travail de sape du nominalisme qui au sortir du Moyen-Age relègue dans des sphères d’abstractions toujours plus confuses les  universaux, les substances secondes. Avec Guillaume d’Occam les universaux n’ont plus que le statut de signes, de nomen. Seules les substances premières conservent un statut ontologique et la vraie connaissance ne doit plus se consacrer dès lors exclusivement qu’aux être individuels. Ce qui appartenait au monde de l’être pour les thomistes ( les genres, les formes communes, les relations) est ainsi reversé  au monde des signes. « Universels et relations ne sont plus que des instruments de pensée. » écrit Michel Villey.(2)Spirituellement, cette fronde lancée par Dun Scott et Guillaume D’Occam contre l’épistémologie et l’ontologie thomiste sera relayée par Luther, et à sa suite par tous les grands réformateurs, pour aboutir à ce que Jacques Maritain appelait parfois « un manichéisme spirituel » ou un « pélegianisme du désespoir »(3) : une fracture abyssale entre la nature humaine et le déploiement de la grâce.

Une des thèses de Rigal(4) consiste à dire que le développement nécessaire du centralisme romain au Moyen-âge, à partir de la réforme grégorienne, pour restaurer l’autorité de l’Eglise face aux errances du nicolaïsme, de la simonie et de l’investiture temporelle des évêques,  eut pour conséquence de progressivement éloigner les clercs des fidèles, par un renforcement de l’ecclésiologie juridique envahie par les questions de pouvoir. Ce qui entraîna une absence toujours plus marquée de la dimension communautaire et pneumatologique. Ainsi les revendications légitimes d’affranchissement des tutelles politiques couplées aux  aspirations à une plus grande pénétration individuelle et communautaire de l’économie du salut mèneront toute une partie de l’occident, préparée en cela par le travail souterrain du nominalisme, à basculer dans le camp du protestantisme. Le nominalisme doit ainsi être compris comme la structure épistémique fondatrice du protestantisme. Elle recueillit les aspirations pneumatologiques, individualistes légitimes de l’époque, mais au lieu de leur permettre leur inscription dans une perspective d’authentique communion, elle voua les fidèles, par son individualisme,  à un anarchisme de la foi, tarissant par là-même la source de la communion. Le protestantisme couronnera ce mouvement, son émiettement en une multitude de sectes en témoigne. C’est que sa théologie n’est plus, comme l’écrit Maritain, ordonnée à Dieu, science spéculative comme l’est la théologie catholique, mais entièrement tournée vers la créature, obsédée par sa souillure, c’est pourquoi elle vise avant tout le but pratique à atteindre : le salut. Privé des ressources métaphysiques du thomisme, « Le pessimisme protestant, paradoxalement ( alors qu’il veut rompre avec tout anthropocentrisme dans la théologie) détache la créature de tout lien avec un ordre supérieur, la créature pour vivre devient centre dans son ordre inférieur. »(5)

Nominalisme et protestantisme doivent être regardées comme les deux formes aliénantes, parce que fondatrices, de la modernité. Elles essaimeront dans toutes les strates de la culture : philosophie politique ( dès Hobbes), épistémologie ( Descartes, Kant…), éducation ( Rousseau), économie ( Smith, Marx, Keynes, Hayek). Ils sont les deux géniteurs de notre civilisation, étant bien acquis pour nous, que comme l’écrivait Maritain « C'est par l'esprit que tout commence ; et c'est au fond de l'âme de quelques hommes, dans la vie de ce nonz qui, comme dit Aristote, n'est rien du tout quant au volume et quant à la masse, que tous les grands événe­ments de l'histoire moderne se sont formés. »(6)

 
Rédigé par Julien Gunzinger le Jeudi 7 Juillet 2011 à 07:01 | Commentaires (2)
La fête-Dieu vue par un agent pastoral jurassien

Dans l'édition du dimanche 18 juin du Quotidien jurassien, l'agent pastoral Noël Pedreira nous a gratifiés de sa conception de la fête-Dieu. Je me permets d'y revenir à la suite de mon article d'hier sur la transsubstantiation.

"J'avoue qu'il m'arrive de me retrouver chaque année dans la peau de "celui qui n'aime pas la fête-Dieu"! Quand s'approche la date de cette fête une irrésistible envie me prend de profiter de ce jeudi férié pour aller faire les commissions à Moutier et à Bâle. », nous confie cet agent pastoral.

Je passe sur les termes de l'alternative: célébrer la fête-Dieu ou faire les magasins, comme si le temps libre était veuf de sens si l'on ne se précipitait pas dans les magasins.

Ce qui déplaît surtout à notre agent pastoral c'est le "côté kitsch du catholicisme triomphant" qui parade dans les rues. Il dit que cela provoque son malaise. Mais qu'est-ce que le catholicisme triomphant au juste? C'est l'expression de notre reconnaissance envers le Christ roi de l'Univers qui irrigue de son sang la société dans son entier, c'est l'humilité du catholique qui sait que sans le Christ il ne peut rien, ni sur le plan individuel, ni sur le plan social. C'est cette reconnaissance qui culmine dans certains cultes  publics. Pour notre agent pastoral tout cela est semble-t-il  horrible, c’est certainement  prétentieux à ses yeux, discriminatoire, attentatoire au respect dû aux autres religions et nuisible au vivre-ensemble. La profondeur et l’humilité de la foi catholique qui se traduit dans les processions solennelles est pour lui la caricature de la vraie foi. Mais quelle est-elle alors la vraie foi? Est-ce une foi toute privée, une foi honteuse?  Or le Christ n'a-t-il pas enjoint les apôtres d'enseigner les nations et n’a-t-il pas dit «Celui qui aura honte de moi et de mes paroles(...) le fils de l'homme aussi aura honte de lui"(Mc 8,38)

Monsieur Pedreira ne va certes pas  jusqu'à contester la présence du Christ dans le Saint Sacrement. Mais il emploie des termes très évasifs. Il écrit:  "en "sortant" des tabernacles et des églises le Christ présent dans le Pain de Vie et en le « baladant » dans les rues d'une localité ou en le célébrant dans un lieu autre qu'une église, il me semble que c'est bien cela que l'on tend à signifier: par Jésus, Dieu vient nous rejoindre dans tous les lieux qui constituent notre vie quotidienne, et jusqu'au coeur même de la pâte humaine qui est la nôtre."

Il est n'est pas dit que le Christ est présent dans le Saint Sacrement mais dans le Pain de Vie. Pourquoi utiliser ce terme? Le terme de sacrement pose-t-il problème ? Il ne dit pas comment il est présent, il dit qu'on "balade" le Christ présent dans le Pain de Vie. Formule très élégante, s'il en est,  qui inspire le respect. En mettant des guillemets au verbe sortir, il laisse également planer le doute sur la réalité de cette sortie.

Mais le renversement est total dans la conclusion: "Dieu n'est donc définitivement pas étranger à notre monde, ni à ce qui fait nos existences: joies, peines, doutes, espoirs, échecs, victoires, fêlures, recommencements. De tout cela il se fait éminemment proche et va jusqu'à y communier pour nous ouvrir à davantage de Vie." C'est cela selon lui le sens de la fête-Dieu: exprimer que  Dieu n'est pas étranger à notre monde et mieux qu'il communie à nos fêlures. A nos péchés peut-être aussi? Le Christ hait tout ce qui nous asservit et n'y communie certes pas. Alors que la fête-Dieu est dans son sens profond expression de notre reconnaissance solennelle envers Notre Seigneur Jésus Christ , exposition et célébration  du corps et du sang du Christ présent dans le Saint sacrement,  remède absolu donné par le Christ à notre nature pécheresse, rien de tout cela ne transparaît. C'est pourtant bien le sens que l'Eglise à donner à cette fête:  "Bien que l'eucharistie soit chaque jour solennellement célébrée, nous considérons juste que, au moins une fois par an, l'on en honore la mémoire de manière plus solennelle. En effet, les autres choses dont nous faisons mémoire, nous les saisissons avec l'esprit et l'intelligence, mais nous n'en obtenons pas pour autant leur présence réelle. En revanche, dans cette commémoration sacramentelle du Christ, bien que sous une autre forme, Jésus est présent avec nous dans sa propre substance. En effet, alors qu'il allait monter au ciel, Il dit: " Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde"( Urbain IV dans la bulle Transiturus de hoc mundo qui institua le fête Dieu).

Cette fête est essentiellement centrée sur le Saint-Sacrement et sur notre devoir de dévotion catholique à son égard. Or tout cela est source de malaise pour monsieur Pedreira, comme il le reconnaît. Pour ne pas avoir à se précipiter dans les magasins il  retourne alors complètement le sens de cette fête.

Ce n'est plus l'homme qui par cette fête célèbre le Saint-Sacrement, l’honore publiquement, c'est Jésus qui vient nous rejoindre et communie à nos fêlures, c'est Jésus qui vient dire amen à nos doutes. Jésus a-t-il jamais dit amen à nos doutes? A ceux qui doutaient qu'il était le messie il n'a pas dit, me semble-t-il, de tendres paroles. Tout est décentré dans ce propos  pour éviter que cette fête soit ce qu'elle, la manifestation de notre profonde gratitude envers le  Saint- Sacrement. Tout est décentré pour permettre une présentation d'une figure du Christ profondément étrangère aux évangiles, une présentation d'une foi diminuée, honteuse de sa solennité et vigueur passée quand elle savait tout centrer sur la question du salut et sur les moyens que Notre Seigneur Jésus Christ a institués pour y accéder, quand elle manifestait profondément sa piété et sa reconnaissance pour Notre Seigneur Jésus-Christ et ses Sacrements, quand elle osait assumer à la face du monde que " hors de l'Eglise point de salut", quand elle était conséquente et triomphante  et revendiquait l'état de chrétienté comme le juste ordonnancement du temporel au spirituel voulu par Notre Seigneur Jésus Christ, quand elle savait que hors de l'état de chrétienté ne pouvait advenir que des régimes inféodés au Prince du monde.

Monsieur Pedreira conclut en écrivant " alors au final ( une fois qu'il a totalement retourné le sens de la fête-Dieu) mon malaise se dissipe totalement...et je suis même prêt à devenir "celui qui se réjouit de célébrer la fête-Dieu". Mais cela ne fera qu'un temps puisque, comme il l'écrit en début d'article, l'année prochaine, à l'approche de la fête Dieu le malaise le reprendra. Terrible travail de Sisyphe de l'homme s’inventant des absolus à son image : chacune de ses prétendues conquêtes ne fait qu'un temps puisque tout est toujours à refaire quand on construit sur du sable.

 

Julien Gunzinger

Rédigé par Julien Gunzinger le Vendredi 1 Juillet 2011 à 08:33 | Commentaires (7)
Protestantisme et transsubstantiation

Ce qui pose problème pour les protestants dans le dogme de la transsubstantiation,  ce n’est pas  le fait que le surnaturel abolisse le naturel, puisque c’est  manifestement le cas lors de certains miracles qu’ils reconnaissent: la substance eau est abolie pour laisser la place à celle du vin à Cana ou à celle du sang ( 1ere plaie d’Egypte pas exemple). Ce qui leur pose problème,  c’est que dans l’ordre de la nature la substance soit contraire à ses accidents. On peut en effet en convenir,  mais manger le corps du Christ sous les apparences du pain est-ce que cela ne semble pas moins rebutant que de le manger sous son apparence réelle? Car son corps, que le Christ nous demande de manger, ne peut être qu’un corps sous ses apparences ou un corps sous des apparences autres, la position qui consiste à faire cohabiter deux substances matérielles heurte bien plus l’ordre de la nature que le dogme de la transsubstantiation. Or c’est ce que soutenait Luther en disant que la  substance du pain et celle du vin continuaient d’exister, cohabitant avec celle du corps et du sang du Christ ? Ce qu’il appelait l’impanation. D’ailleurs Calvin chercha à gommer cette monstruosité métaphysique par la thèse de la présence spirituelle du corps du Christ.

Certes, la substance matérielle du pain est abolie mais pas ses accidents ce qui semble bouleverser l’ordre créationnel, mais l’impanation la bouleverse encore plus. La transsubstantiation est un miracle que le Christ ne veut pas pleinement extériorisé par respect pour notre sensibilité qui répugnerait à manger de la chair humaine douée de toutes ses apparences de chair humaine( en plus si tel avait été le cas, nos ennemis auraient eu un argument en or pour accentuer leurs persécutions, livrer les chrétiens à l’opprobre et empêcher presque définitivement l'expansion de la foi). Comme il en va de notre assimilation au corps du Christ - dans un renversement de ce qu’est normalement le processus de nutrition qui consiste à assimiler à son propre corps  ce que l’on mange ; comme il en va de l’alimentation de notre vie divine commencée au baptême, cette vie qui doit être nourrie par la substance du Seigneur, l’eucharistie est donc bel et bien le sacrement autour duquel tous les autres s’ordonnent, le sacrement qui contenant substantiellement le Seigneur ( au contraire des autres qui ne contiennent le Christ que in virtute) est central pour que le Verbe fasse sa demeure en l’homme et que celui-ci soit donc agrégé au corps du Christ. L’importance vital ,pour notre salut, d’un tel sacrement rend parfaitement compréhensible qu’en théologie catholique on considère comme relevant de l’ordre du miracle que les accidents du pain soient conservés malgré la transformation substantielle, tout autant miraculeuse, ceci afin de ne pas rebuter notre sensibilité.

En fin de compte, dans les termes poser par Luther,  nous n’avons le choix qu’entre une impossibilité métaphysique et logique dans le cas de la cohabitation de substantielle ( impanation), or même au respect du principe de non-contradiction Dieu est tenu ( Dieu ne peut être et ne pas être sous le même rapport), et une action doublement miraculeuse : la transformation substantielle et le maintien des apparences de la substance abolie pour le respect de notre propre sensibilité. Nous sommes des cannibales, mais Dieu n’a pas voulu que nos ennemis en tirent prétexte pour notre persécution, puisqu’il faut avoir la foi pour le reconnaître, et  il n’a pas voulu que cela  heurte notre sensibilité en nous détournant de son enseignement. La position luthérienne semble donc être une impasse.

Julien Gunzinger

Rédigé par Julien Gunzinger le Jeudi 30 Juin 2011 à 08:01 | Commentaires (5)
Libéralisme et catholicisme, l’impossible combinaison

Le marxisme est supérieur, doctrinalement,  au libéralisme car il a saisi que le libéralisme faisait exploser l'unité du corps politique ( critique parfaitement recevable pour tout vrai catholique), mais il est inférieur au libéralisme, pratiquement, parce qu’il entend explicitement résorber le conflit ouvert par le libéralisme par l'écrasement d'une des deux parties antagonistes, étendant ce schéma à toute l'histoire de l'humanité en faisant du conflit le moteur de l'histoire.
La pensée catholique fait le même constat que la pensée marxienne sur le plan doctrinal : le libéralisme détruit l'unité du corps politique, mais elle n'explique pas cela dans un schéma  dialectique embrassant toute l'histoire, elle l'explique par l'apostasie et l'effondrement de la pensée métaphysique réaliste.
Le marxisme fait descendre le conflit réel, qui est eschatologique, sur terre, le catholique sait bien qu'il s'agit du conflit entre l'Eglise et la contre-Eglise. Sans avoir ces catégories en tête l'emploi du marxisme est dangereux et conduit inévitablement à la production de massacres de masse.

 

Le libéralisme est une pensée satanique ( comme le marxisme). Pour qu’il puisse s’épanouir,  il  a fallu qu'un ensemble de notions et valeurs anti-chrétiennes se soient imposées (nominalisme, promotion de la passion, de l'ego spirituel, subordination de la vérité à la liberté). Il a dû également s'adosser aux sociétés secrètes qui avaient pour plan de détruire l'alliance du trône et de l'autel, puis de détruire l'Eglise et les nations. Ces sociétés secrètes sont la cause efficiente de l'apostasie quand la doctrine libérale en est la cause formelle. A la tête des sociétés secrètes certains ont une vue plus abouti du projet, savent quel levier activer ( guerre, mesure économique). En ce sens  il est parfaitement certain que les guerres d'Irak, d'Afghanistan, de Yougoslavie, de Lybie n’ont absolument aucune légitimité ( au regard de la doctrine de la guerre juste), elles ne sont que des moyens pour faire avancer l'agenda global tout en faisant progresser simultanément certains intérêts économiques. Il en est de même avec la crise économique: elle a été conçue  pour permettre les avancées du calendrier global en prétextant  les exigences internes du système ( par exemple que l'Ue exige désormais la soumission des budgets nationaux à la commission: dans la logique du système c'est normal, le prêteur a droit de regard)


Rédigé par Julien Gunzinger le Mercredi 15 Juin 2011 à 09:09 | Commentaires (1)
L’Eglise qui n’ose plus

Trois prêtres ont été ordonnés ce week-end dans le Jura. C’est une heureuse surprise, mais cela ne change rien à la crise profonde des vocations. Le journaliste du Quotidien jurassien qui a interrogé Mrg  Gmür sur le sujet a naturellement cherché à faire dévier la question sur l’ordination des hommes mariés et des femmes. Plutôt que de répondre que l’effondrement des vocations est à mettre sur le compte de la sécularisation  dont la logique se déploie jusque dans la pastorale ( conséquence logique des grandes embrassades avec le monde lors de Vatican II alors que les idéologies anti-chrétiennes et le monde médiatique opéraient leur grande jonction),  plutôt que de mettre en cause un catéchisme exsangue, incapable de favoriser la transmission de la foi, plutôt que de pointer la dévaluation de la personne du prêtre favorisée par toutes les libertés liturgiques prises au profit des laïcs ( homélie, distribution de la communion…), Mrg Gmür répond qu’il est ouvert aux discussions sur le mariage des prêtres et sur l’ordination des femmes. « Pour moi, on peut ouvrir la discussion sur le célibat en tant que condition aux ordinations. Mais il faut le faire dans un esprit de communion avec l’Eglise, celle qui est en Afrique, en Amérique, en Asie et partout dans le monde » déclare-t-il. Concernant l’ordination des femmes, il souligne que c’est différent « mais on peut aussi en discuter, comme àchaque fois que des questions se posent ».

La fin du célibat des prêtres n’enrayera évidemment en rien la crise des vocations puisqu’elle créera encore plus d’indifférenciation entre les prêtres et les laïcs (voire article ici ),  quant à la question de l’ordination des femmes elle a été définitivement tranchée.

Assiégée de l’intérieur et de l’extérieur, l’Eglise n’ose plus, par la voix de ses plus éminents représentants, parler franchement. On peut le comprendre, tant il est vrai que la moindre parole de vérité met désormais le feu aux poudres dans les paroisses, engendrant la mobilisation de tout ce qu’elles comptent de partisans du faux esprit du concile Vatican I. Pourtant il est certain que les tortillements et la reptation ne peuvent mener qu’au déshonneur.

 

Julien Gunzinger

Rédigé par Julien Gunzinger le Mardi 7 Juin 2011 à 08:03 | Commentaires (9)
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Julien Gunzinger
Blog d'un catholique jurassien

"Nous te prions, Seigneur, de faire de nous des combattants de la foi inflexibles et miséricordieux, témoins brûlants, dans ce monde ravagé par l’apostasie, de ton alliance nouée dans ton sang."



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