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Dimanche 27 Mai 2012
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Blog de promotion de la doctrine sociale catholique et de résistance au mondialisme
Je suis plongé dans la lecture d’un livre remarquable : Vatican II, l’Eglise à la croisée des chemins ( à commander ici). L’ouvrage produit une synthèse très rigoureuse et détaillée de la pensée des principaux théologiens qui ont exercé, soit directement soit indirectement, leur ascendant sur les Pères : Maritain, Murray, Lubac, Rahner, Chenu, Congar, Beauduin ainsi que les manœuvres par lesquelles le Concile a été « pris en otage » par les modernistes. Presque toutes ces principales têtes du concile qui parvinrent, au moyen d’une sorte de coup d’Etat contre Jean XXIII, à substituer leur théologie à celle traditionnelle des schémas préparatoire avaient été condamnées sous Pie XII ou mis à l’écart de l’enseignement.
Voici un long extrait de ce livre qui en résume bien le propos.
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« Vatican II a été une sorte de confirmation de ce que les théologiens avaient fait avant le concile : Rahner, Chenu, Congar et les autres(…), ce ne fut èas du tout le point de départ d’une nouvelle théologie, mais seulement le sceau de théologiens qui avaient été condamnés, éloignés de l’enseignement, envoyés en exil, et dont la théologie triompha au Concile » (P.Schillebeeck,o.p)
Qu’y a-t-il de commun entre ces trois courants de la nouvelle chrétienté ( Maritain et le père Murray), de la nouvelle théologie ( Pères de Lubac et Rahner) et de la nouvelle ecclésiologie ( Père Congar et Beauduin) qui ont tous trois contribué à façonner l’esprit de Vatican II ? A l’origine une volonté d’ouverture au monde :
Dès 1935, Congar conclut une enquête sur la Vie intellectuelle sur les causes de l’incroyance en affirmant que la déchristianisation provenait du divorce entre un « tout laïque » et un « tout chrétien », l’Eglise se considérant en état de siège. Ce qui éloigne les gens de l’Eglise, ce serait son attitude combative, sa prétention à défendre la vérité, son intolérance. Il faut donc se réconcilier avec le monde moderne, s’ouvrir à lui. cependant , cette notion de monde moderne est ambigüe. Elle désigne à la fois des systèmes que l’Eglise a toujours condamnées, et les victimes, il faudrait cesser de combattre les erreurs dont elles sont prisonnières !
C’est un vrai esprit de capitulation : on veut abandonner le combat contre le monde moderne. Il faut pour cela, bien sûr, passer sous silence la doctrine traditionnelle de l’Eglise, jeter aux oubliettes le langage scolastique beaucoup trop précis et le remplacer par un style descriptif et vague. On prétend que cet abandon est « évangélique » alors que la Sainte Ecriture recommande manifestement l’inverse : « Eux, ils sont du monde ; aussi est-ce le monde qi inspire leurs discours et le monde les écoute. Nous, nous sommes de Dieu : qui connaît Dieu nous écoute, qui n’est pas de Dieu ne nous écoute pas. C’est à cela que nous reconnaissons l’esprit de vérité et l’esprit d’erreur » (1 Jn 4,5-6) « A cette heure, est-ce donc la faveur des hommes ou celle de Dieu que je veux gagner ? Est-ce aux hommes que je cherche à plaire ? Si j’en étais encore à plaire aux hommes, je ne serais pas un serviteur du Christ » (Gal 1,10)
I. La « nouvelle chrétienté » ou l’étape du modernisme social
«Le mythe de la « nouvelle chrétienté » de Maritain se résume ainsi : au lieu de s’opposer aux idoles du monde moderne ( culte de l’homme, du progrès, de la démocratie), on essaie de trouver un terrain d’entente pour travailler ensemble, fraternellement dans la cité terrestre, au point de mettre de côté les exigences de la loi de Dieu. Paul VI lui-même s’est fait l’écho de cette tendance anthropocentrique : « La religion du Dieu qui s'est fait homme s'est rencontrée avec la religion (car c'en est une) de l'homme qui se fait Dieu.
Qu'est-il arrivé ? Un choc, une lutte, un anathème ? Cela pouvait arriver ; mais cela n'a pas eu lieu. La vieille histoire du bon Samaritain a été le modèle et la règle de la spiritualité du Concile. Une sympathie sans bornes pour les hommes l'a envahi tout entier. La découverte et l'étude des besoins humains (et ils sont d'autant plus grands que le fils de la terre se fait plus grand), a absorbé l'attention de notre Synode.
Reconnaissez-lui au moins ce mérite, vous, humanistes modernes, qui renoncez à la transcendance des choses suprêmes, et sachez reconnaître notre nouvel humanisme : nous aussi, nous plus que quiconque, nous avons le culte de l'homme. » Cette caricature de charité aboutit au modernisme social qu’avait dénoncé saint Pie X dans le Sillon qui « convoie le socialisme, les yeux fixés sur une chimère ».
Cette désertion du véritable combat est évidemment présentée sous les voiles de la vertu et c’est la lutte pour un nouvel idéal qui prend le relais. Ce prétexte est habile dans la mesure où il permet de trouver un terrain d’entente avec des non-catholiques, qu’il s’agisse de la justice sociale, de la paix dans le monde, du rejet des discriminations, voire de la défense de la vie humaine menacée par l’avortement. Mais même dans ce dernier cas, ce ne sont plus des principes surnaturels qui motivent l’action ; ce n’est donc plus la continuation de l’œuvre surnaturelle de l’Eglise qui s’opère.
II la nouvelle théologie ou l’étape du modernisme doctrinal
Une autre illustration de cette ouverture au monde est la nouvelle théologie qui s’emploie à confondre les odres naturel et surnaturel : le Père Lubac se réjouissait de ce que le concile n’eût jamais distinhié ces deux plans dans ses divers documents, et qu’il eût banni de son vocabulaire le terme « surnaturel ».Or, ce modernisme idéologique accompagne nécessairement le modernisme social, pour deux raisons :
- d’une part, parce que la perte de l’amour de la vérité surnaturelle, caractéristique de la « nouvelle chrétienté », mène nécessairement à la relativisation du dogme, quand ce n’est pa sà l’hérésie manifeste ;
- d’autre part, parce que le modernisme doctrinal est nécessaire pour justifier théoriquement la pratique du modernisme social : si le germe de la grâce est naturellement dans tous les hommes, les vertus purement naturelles de solidarité, d’entraide, de respect et de tolérance réciproque peuvent suffire à le développer, et il convient d’unir tous les hommes dans la pratique de cette philanthropie, quelles que soient par ailleurs leurs options : le Christ est présent dans toute action visant le mieux-être de l’humanité !
III La nouvelle ecclésiologie ou l’étape du modernisme œcuméniste
Modernisme social et modernisme idéologique appellent nécessairement l’œcuménisme puisqu’il s’agit de s’ouvrir à tous les hommes sans aucun égard de leurs options religieuses. Cela suppose une nouvelle conception de l’Eglise qui ne doit désormais exlure aucune partie de l’humanité : tous doivent, de façon plus ou moins parfaite, être en communion avec l’Eglise. on retrouve ici tout le travail des Pères Congar et Beauduin, travail qui vise dans un premier temps les chrétiens séparés( protestants et orthodoxes) mais qui est appelé à s’étendre bientôt é toutes les religions. Le terme œcuménisme qui, au sens strict, ne désigne que l’union entre les chrétiens, est de plus en plus couramment employé dans un sens large pour évoquer l’union de toutes le religions.
Tout est donc lié, les trois courants sont partis ensemble à la conquête du concile, s’entraidant mutuellement : Maritain avec « sa nouvelle chrétienté » favorise l’œcuménisme en encourageant la rédaction de Nostra Aetate. Congar contribue à l’œuvre du Père Murray pour la rédaction du schéma Dignitatis Humanae. Il publie également dans sa collection Unam Sanctam le premier livre du Père de Lubac. Murray s’appuie sur la thèse blondélienne et lubacienne de la « tradition vivante » et évolutive pour justifier son modernisme social. Beauduin, qui s’intéresse d’abord à l’œcuménisme, reprend à son compte la formule de Lubac selon laquelle en s’incarnant Notre – Seigneur Jésus Christ s’est uni naturellement à tout homme ( également chez Jean Paul II, de façon ambigüe), entretenant ainsi la confusion entre l’ordre de la nature et celui de la grâce.
Leur solidarité se nourrit de plus de leur commune réprobation par les autorités romaines : la solidarité des prophètes incompris et punis. L’auteur de Pascendi et de la Lettre sur le Sillon réprouvait ensemble les fauteurs du modernisme doctrianl, du modernisme social et du faux œcuménisme.
Ainsi, les trois courants qui ont préparé le concile et y ont triomphé étaient animés par le même esprit et s’appelaient l’un l’autre. condamnés définitivement par le magistère de l’Eglise, ils ne disparaissent pas pour autant, bien au contraire…Alors, le concile, qu’en penser ? »
"Nous te prions, Seigneur, de faire de nous des combattants de la foi inflexibles et miséricordieux, témoins brûlants, dans ce monde ravagé par l’apostasie, de ton alliance nouée dans ton sang."