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Dimanche 27 Mai 2012
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Blog de promotion de la doctrine sociale catholique et de résistance au mondialisme
Yannis est mort le 31 décembre 2008
Mon ami Yannis est mort. Cette mort ne peut qu’interpeller tout chrétien. Quelque chose de vertigineux s’y joue.
Yannis a eu un parcours spirituel assez chaotique. Il était athée puis est devenu membre de la secte « la prophétie d’Arès » avant de se convertir au catholicisme. Il a toujours été animé d’une grande soif de vérité et était ardent dans tout ce qu’il entreprenait. Après sa conversion il a passé de nombreux mois dans l’abbaye de Haute-Rive à Fribourg pour se donner le temps de discerner quel devait être son engagement dans l’Eglise. Il entama ensuite le séminaire pour devenir prêtre. Mais après deux années il sentit qu’il ne pourrait se passer de l’intimité d’une présence féminine et qu’il aspirait à fonder une famille. Il interrompit ses études et trouva un emploi dans un établissement pour personnes âgées. C’est là, je crois, qu’il y rencontra celle qui en septembre 2008 est devenue sa femme. J’ai beaucoup fréquenté Yannis à l’époque de sa conversion car, moi-même converti, nous avions beaucoup à échanger à ce sujet. Ces deux dernières années nous nous voyions encore occasionnellement à la sortie de la messe.
Yannis vivait sa foi dans un engagement total de sa personne. A l’époque où j’exprimais ma foi dans des vagissements, m’autorisant de remette en cause certains dogmes (comme celui de l’assomption, l’infaillibilité) lui « d’instinct » suivait tous les dogmes catholiques. Mais il était avant tout animé par le feu de l’esprit. Traditionaliste, rien en lui ne transpirait l’orgueil, au contraire du progressiste que j’étais qui voulais toujours avoir raison. Ces dernières semaines nous avions convenu de nous revoir plus régulièrement. Je crois que nous attendions les deux beaucoup de ces retrouvailles. Ayant moi-même opéré un revirement assez radical dans la foi, abandonnant toutes les chimères « progressistes », et désireux de m’engager dans la vie de l’Eglise, j’attendais qu’il m’informe sur la situation de notre Eglise, qu’il me dise comment il voyait lui-même son propre engagement et les perspectives d’action qu’il concevait pour revitaliser la vie ecclésiale, témoigner et travailler à l’évangélisation.
Humainement il était d’une incroyable humilité, se dégageait de lui une grande paix et une grande force. Il se livrait à l’iconographie. Il avait entrepris de peindre une icône il y a huit ans et ne parvenait pas à la terminer. Quand il me confia ceci, je me souviens avoir pensé en moi que son propre visage ressemblait toujours plus à une icône. Enfin tout dernièrement il m’annonçait que sa jeune épouse était enceinte.
Yannis est mort le 31 décembre dans un accident de voiture. Je pense qu’il revenait de l’établissement pour personnes âgées où provisoirement, le temps d’accomplir son service civile en remplacement du service militaire, il ne travaillait plus. Il s’y était rendu, peut-être, pour faire un dernier signe aux pensionnaires ( qui lui vouaient une incroyable affection, tant Yannis était chaleureux et rayonnant) avant le nouvel an. Certainement pressé de rejoindre sa jeune femme, il conduisait peut-être un peu vite. Sa voiture a glissé sur une plaque de glace, il en a perdu le contrôle. Il est décédé des suites des blessures à l’hôpital.
Yannis laisse derrière lui une jeune épouse et un enfant à naître. Yannis avait 33 ans. Dans le journal où a été publié l’article décrivant l’accident dont il a été victime, l’article qui le précède est celui qui annonce la naissance du premier bébé jurassien de la nouvelle année. C’est un garçon, il s’appelle Yannis.
quelques mots sur l'enterrement
L’enterrement a été d’une élévation extraordinaire. Un moine de l’abbaye de Haute-Rive a donné lecture d’une lettre que Yannis lui avait écrite après son départ de l’abbaye en 2004. Yannis y témoignait de tout le processus de guérison que la grâce avait opéré en lui. Yannis faisait partie de ses rares personnes à vivre avec une conscience extrêmement vive, dans des tourments atroces, les impasses, les compromissions, les déchirements auxquels les puissances du péché nous condamnent. Il disait avoir suffoqué au cours de la première partie de son existence, avant qu’il ne se tourne vers le Christ. C’était dans ses fondements mêmes que son existence était radicalement viciée, l’empêchant de toute présence, toute communication vraie. Cette vie recluse en soi, incapable d’ouverture authentique, de don de soi, alors que tout son être y aspirait, mit Yannis au supplice. Je peux en attester pour l’avoir côtoyé à cette époque. Tout comme je peux attester de la profondeur de sa transformation. Il termine sa lettre en déclarant que, restitué à son existence d’homme, il peut désormais construire sa vie, s’engager dans le monde. A la lumière de la suite de son existence on ne peut qu’être soufflé par la dimension prophétique de ses propos. En effet Yannis travailla par la suite comme animateur dans un home, il y déploya une énergie hors du commun, au point que le pasteur qui officiait dans le même établissement, témoigna, lors de l’enterrement, n’avoir jamais vu une telle attention, affection, une telle qualité de présence envers des personnes âgées. Yannis donnait l’impression d’être présent à tous en même temps. Alors qu’il effectuait ces derniers mois son service civil, il était venu animé le Noël et avait enchanté tous les résidents par des chants et des danses. Le récent mariage de Yannis confirma également que Yannis avait accédé à une compréhension prophétique de son existence. Le couple qu’il formait avec sa jeune épouse respirait l’amour et l’harmonie. Il se préparait dans la joie à l’aventure de la paternité et de la maternité.
La jeune épouse de Yannis témoigna ensuite avec une force intérieure magnifique. Elle conclut en disant que si Yannis avait été rappelé aussi subitement c’est que certainement Dieu avait estimé que ses proches sur terre avaient suffisamment de ressource pour vivre sans lui mais que quelqu’un dans l’au-delà requérait sa présence.
Derniers détails sidérants sur cet événement. Quand je vis Yannis pour la dernière fois il y a deux semaines, le dimanche précédant Noël, il me parla de son envie de repeindre des icônes. Il en avait commencé une il y a de nombreuses années qui n’était toujours pas terminée. Lors de l’enterrement cette icône était exposée. Elle était splendide et il me sembla qu’elle était achevée. Enfin durant toute la première partie de l’enterrement un rouge-gorge virevolta dans l’Eglise. Une fois l’eucharistie terminée, le rouge-gorge avait disparu.
Yannis a eu un parcours spirituel assez chaotique. Il était athée puis est devenu membre de la secte « la prophétie d’Arès » avant de se convertir au catholicisme. Il a toujours été animé d’une grande soif de vérité et était ardent dans tout ce qu’il entreprenait. Après sa conversion il a passé de nombreux mois dans l’abbaye de Haute-Rive à Fribourg pour se donner le temps de discerner quel devait être son engagement dans l’Eglise. Il entama ensuite le séminaire pour devenir prêtre. Mais après deux années il sentit qu’il ne pourrait se passer de l’intimité d’une présence féminine et qu’il aspirait à fonder une famille. Il interrompit ses études et trouva un emploi dans un établissement pour personnes âgées. C’est là, je crois, qu’il y rencontra celle qui en septembre 2008 est devenue sa femme. J’ai beaucoup fréquenté Yannis à l’époque de sa conversion car, moi-même converti, nous avions beaucoup à échanger à ce sujet. Ces deux dernières années nous nous voyions encore occasionnellement à la sortie de la messe.
Yannis vivait sa foi dans un engagement total de sa personne. A l’époque où j’exprimais ma foi dans des vagissements, m’autorisant de remette en cause certains dogmes (comme celui de l’assomption, l’infaillibilité) lui « d’instinct » suivait tous les dogmes catholiques. Mais il était avant tout animé par le feu de l’esprit. Traditionaliste, rien en lui ne transpirait l’orgueil, au contraire du progressiste que j’étais qui voulais toujours avoir raison. Ces dernières semaines nous avions convenu de nous revoir plus régulièrement. Je crois que nous attendions les deux beaucoup de ces retrouvailles. Ayant moi-même opéré un revirement assez radical dans la foi, abandonnant toutes les chimères « progressistes », et désireux de m’engager dans la vie de l’Eglise, j’attendais qu’il m’informe sur la situation de notre Eglise, qu’il me dise comment il voyait lui-même son propre engagement et les perspectives d’action qu’il concevait pour revitaliser la vie ecclésiale, témoigner et travailler à l’évangélisation.
Humainement il était d’une incroyable humilité, se dégageait de lui une grande paix et une grande force. Il se livrait à l’iconographie. Il avait entrepris de peindre une icône il y a huit ans et ne parvenait pas à la terminer. Quand il me confia ceci, je me souviens avoir pensé en moi que son propre visage ressemblait toujours plus à une icône. Enfin tout dernièrement il m’annonçait que sa jeune épouse était enceinte.
Yannis est mort le 31 décembre dans un accident de voiture. Je pense qu’il revenait de l’établissement pour personnes âgées où provisoirement, le temps d’accomplir son service civile en remplacement du service militaire, il ne travaillait plus. Il s’y était rendu, peut-être, pour faire un dernier signe aux pensionnaires ( qui lui vouaient une incroyable affection, tant Yannis était chaleureux et rayonnant) avant le nouvel an. Certainement pressé de rejoindre sa jeune femme, il conduisait peut-être un peu vite. Sa voiture a glissé sur une plaque de glace, il en a perdu le contrôle. Il est décédé des suites des blessures à l’hôpital.
Yannis laisse derrière lui une jeune épouse et un enfant à naître. Yannis avait 33 ans. Dans le journal où a été publié l’article décrivant l’accident dont il a été victime, l’article qui le précède est celui qui annonce la naissance du premier bébé jurassien de la nouvelle année. C’est un garçon, il s’appelle Yannis.
quelques mots sur l'enterrement
L’enterrement a été d’une élévation extraordinaire. Un moine de l’abbaye de Haute-Rive a donné lecture d’une lettre que Yannis lui avait écrite après son départ de l’abbaye en 2004. Yannis y témoignait de tout le processus de guérison que la grâce avait opéré en lui. Yannis faisait partie de ses rares personnes à vivre avec une conscience extrêmement vive, dans des tourments atroces, les impasses, les compromissions, les déchirements auxquels les puissances du péché nous condamnent. Il disait avoir suffoqué au cours de la première partie de son existence, avant qu’il ne se tourne vers le Christ. C’était dans ses fondements mêmes que son existence était radicalement viciée, l’empêchant de toute présence, toute communication vraie. Cette vie recluse en soi, incapable d’ouverture authentique, de don de soi, alors que tout son être y aspirait, mit Yannis au supplice. Je peux en attester pour l’avoir côtoyé à cette époque. Tout comme je peux attester de la profondeur de sa transformation. Il termine sa lettre en déclarant que, restitué à son existence d’homme, il peut désormais construire sa vie, s’engager dans le monde. A la lumière de la suite de son existence on ne peut qu’être soufflé par la dimension prophétique de ses propos. En effet Yannis travailla par la suite comme animateur dans un home, il y déploya une énergie hors du commun, au point que le pasteur qui officiait dans le même établissement, témoigna, lors de l’enterrement, n’avoir jamais vu une telle attention, affection, une telle qualité de présence envers des personnes âgées. Yannis donnait l’impression d’être présent à tous en même temps. Alors qu’il effectuait ces derniers mois son service civil, il était venu animé le Noël et avait enchanté tous les résidents par des chants et des danses. Le récent mariage de Yannis confirma également que Yannis avait accédé à une compréhension prophétique de son existence. Le couple qu’il formait avec sa jeune épouse respirait l’amour et l’harmonie. Il se préparait dans la joie à l’aventure de la paternité et de la maternité.
La jeune épouse de Yannis témoigna ensuite avec une force intérieure magnifique. Elle conclut en disant que si Yannis avait été rappelé aussi subitement c’est que certainement Dieu avait estimé que ses proches sur terre avaient suffisamment de ressource pour vivre sans lui mais que quelqu’un dans l’au-delà requérait sa présence.
Derniers détails sidérants sur cet événement. Quand je vis Yannis pour la dernière fois il y a deux semaines, le dimanche précédant Noël, il me parla de son envie de repeindre des icônes. Il en avait commencé une il y a de nombreuses années qui n’était toujours pas terminée. Lors de l’enterrement cette icône était exposée. Elle était splendide et il me sembla qu’elle était achevée. Enfin durant toute la première partie de l’enterrement un rouge-gorge virevolta dans l’Eglise. Une fois l’eucharistie terminée, le rouge-gorge avait disparu.
Rédigé par Julien Gunzinger le Vendredi 10 Avril 2009 à 20:54
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Julien Gunzinger
Blog d'un catholique jurassien
"Nous te prions, Seigneur, de faire de nous des combattants de la foi inflexibles et miséricordieux, témoins brûlants, dans ce monde ravagé par l’apostasie, de ton alliance nouée dans ton sang."
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