L’Eglise qui n’ose plus

Trois prêtres ont été ordonnés ce week-end dans le Jura. C’est une heureuse surprise, mais cela ne change rien à la crise profonde des vocations. Le journaliste du Quotidien jurassien qui a interrogé Mrg  Gmür sur le sujet a naturellement cherché à faire dévier la question sur l’ordination des hommes mariés et des femmes. Plutôt que de répondre que l’effondrement des vocations est à mettre sur le compte de la sécularisation  dont la logique se déploie jusque dans la pastorale ( conséquence logique des grandes embrassades avec le monde lors de Vatican II alors que les idéologies anti-chrétiennes et le monde médiatique opéraient leur grande jonction),  plutôt que de mettre en cause un catéchisme exsangue, incapable de favoriser la transmission de la foi, plutôt que de pointer la dévaluation de la personne du prêtre favorisée par toutes les libertés liturgiques prises au profit des laïcs ( homélie, distribution de la communion…), Mrg Gmür répond qu’il est ouvert aux discussions sur le mariage des prêtres et sur l’ordination des femmes. « Pour moi, on peut ouvrir la discussion sur le célibat en tant que condition aux ordinations. Mais il faut le faire dans un esprit de communion avec l’Eglise, celle qui est en Afrique, en Amérique, en Asie et partout dans le monde » déclare-t-il. Concernant l’ordination des femmes, il souligne que c’est différent « mais on peut aussi en discuter, comme àchaque fois que des questions se posent ».

La fin du célibat des prêtres n’enrayera évidemment en rien la crise des vocations puisqu’elle créera encore plus d’indifférenciation entre les prêtres et les laïcs (voire article ici ),  quant à la question de l’ordination des femmes elle a été définitivement tranchée.

Assiégée de l’intérieur et de l’extérieur, l’Eglise n’ose plus, par la voix de ses plus éminents représentants, parler franchement. On peut le comprendre, tant il est vrai que la moindre parole de vérité met désormais le feu aux poudres dans les paroisses, engendrant la mobilisation de tout ce qu’elles comptent de partisans du faux esprit du concile Vatican I. Pourtant il est certain que les tortillements et la reptation ne peuvent mener qu’au déshonneur.

 

Julien Gunzinger


Rédigé par Julien Gunzinger le Mardi 7 Juin 2011 à 08:03 | Commentaires (9)