Dubaï est en situation de faillite, la Grèce risque de lui emboiter le pas d’ici peu. Le petit couplet sur « la reprise » que tous les médias dominants ( les médias alignés, faudrait-il dire pour être plus juste) chantent depuis quelques semaines va être balayé par la crise des Etats qui est sur le point de prendre le relai de la crise bancaire.
Ce que met à jour la période de chaos que nous commençons à peine de traverser, c’est le gros mensonge qui est en train de faire voler en éclats nos démocraties. En effet, l’un des fondements de la démocratie c’est le fameux quatrième pouvoir : l’indépendance de la presse et sa diversité. Or il est bien évident que depuis longtemps la presse est aux ordres, que sa diversité n’est que de façade. Sur ce qui est central, décisif, vital pour la pérennité du système pourri qui menace de nous entraîner tous par le fond, il n’y a aucune diversité. Les médias dominants ne font ainsi largement plus leur travaille. L’exemple de la crise financière est déjà suffisamment éloquent. Les mêmes qui plastronnaient dans tous les médias, exhortaient à toujours plus de libéralisme, ce sont encore et toujours à eux que les médias dominants ( mais surtout dominés par une idéologie. Ce n’est que par aveuglément idéologique qu’ils sont ainsi rendus si dociles. Ils sont avant tout la proie de l’ignorance, de leur misère culturelle) tendent leurs micros. Mais voici un autre exemple, encore plus déroutant de l’état de délabrement où se trouvent nos médias, de leur faillite.


Durant toutes les campagnes en faveur de l’adhésion à l’Europe dans les pays qui tenaient à leur indépendance ( surtout à l’égard des USA), je veux notamment parler de la France mais aussi de la Suisse, il a été répété et martelé que l’Union européenne était la meilleure garantie pour peser face aux Usa. C’était l’argument massue, celui qui a trompé tout le peuple de gauche. Or la réalité est tout autre. En 2001 le gouvernement de Clinton a déclassifié des documents du département d’Etat pour les années 50 et 60. Aucun des médias des pays non- atlantistes n’en a fait état. En Angleterre, Ambrose Evans-Pritchard du Daily Telegraph, un des journaux les plus anciens et les plus sérieux du monde, les a étudiés de près et en a rendu compte dans son article du 19 juin 2001. Voilà ce qu’il rapporte, c’est de la dynamite.


«Des documents gouvernementaux américains déclassifiés montrent que la communauté du renseignement des États-Unis a mené une campagne dans les années cinquante et soixante visant à créer une dynamique pour une Europe unie. Cette communauté a financé et dirigé le mouvement fédéraliste européen.(…)

Les dirigeants du Mouvement européen - Retinger, le visionnaire Robert Schuman et l'ancien Premier ministre belge Paul-Henri Spaak - ont tous été considérés comme des hommes de main par leurs commanditaires américains. L'implication des Etats-Unis a été traitée comme une opération secrète. Le financement de l'ACUE provenait des fondations Ford et Rockefeller ainsi que de groupes ayant des liens étroits avec le gouvernement américain.(…)


Le chef de la Fondation Ford, l'ex-officier de l'OSS Paul Hoffman, fût nomméà la tête de l'ACUE à la fin des années cinquante. Le Département d'État (Ndt : affaires étrangères) a également joué un rôle. Une note de service de la section européenne, en date du 11 juin 1965, conseille au vice-président de la Communauté économique européenne, Robert Marjolin, de poursuivre discrètement le chemin vers l'union monétaire.

La note recommande l'absence de débat jusqu'au moment où "l'adoption de ces propositions serait devenu pratiquement incontournable".


Depuis toujours l’Europe n’est donc que la projections des intérêts géostratégiques américains, les plus grands chantres des USA étaient traités comme des salariés par les USA. Les documents sont là, personne ne veut aller voir. Il faut que la petite berceuse « l’Europe permettra de tenir en respect les USA » puisse continuer à nous assoupir.


Julien Gunzinger

Pour s'amuser un peu en cette période où la propagande fait rage: ici...

A 1min 37 on voit la police tout court prendre le relai de la police de la pensée, lorsque cette dernière s'avère quand même insuffisante, malgré tout le dispositif de dissuasion

Rédigé par Julien Gunzinger le Vendredi 27 Novembre 2009 à 11:21 | Commentaires (3)