La dénonciation de la logique libérale, de Léon XIII à Jean Claude Michéa


Voici en quels termes Jean Claude Michéa dénonce cette grande farce qu'est devenue la démocratie moderne: "la tableau libéral définit un tableau à double entrée, la droite moderne ( celle qui a renoncé à rétablir l'alliance du trône et de l'autel) représente l'entrée par le marché et son expansion perpétuelle, la gauche moderne ( celle qui a définitivement renoncé depuis Mai 68 étudiant, au compromis historique passé avec le mouvement ouvrier socialiste lors de l'affaire dreyfus) représente le mode d'entrée privilégié par le Droit et sa culture transgressive. (...) L'une procède plutôt de Turgot et d'Adam Smith, l'autre plutôt de Benjamin Constant et de John Stuart Mil ( parfois revêtus, il est vrai, du manteau de cuir de Trotsky, pour de vagues raisons historiques encore partiellement agissantes)"(l’empire du moindre mal) Cest pourquoi le clivage historique droite/ gauche, tel qu'il en est venu à fonctionner de nos jours, "est la clé politique ultime des progrès constants de l'ordre capitaliste." Il permet, en effet, de placer en permanence les classes populaires devant une alternative impossible. « Si elles cherchent à se mettre à l'abri des effets économiques du libéralisme elles vont alors avec la gauche valider toutes les conditions culturelles du système qui engendre ses effets. Si elles se révoltent contre cette apologie perpétuelle de la transgression elle tombe entre les griffes de la droite et l'extrême droite qui démantèlent leurs conditions d'existence matérielles. »



Cette main mise du libéralisme sur la démocratie rend illusoire toute idée de régulation du capitalisme, celui-ci n'étant que la dimension économique du projet libéral. La nature fondamentalement perverse du libéralisme a été vivement mise en lumière bien avant Michéa, dans les encycliques de Pie XII, Pie X, léon XIII. Celui-ci écrivait ainsi,  dans Au milieu des sollicitudes : « si les croyances religieuses furent, toujours et partout, données comme base à la moralité des nations humaines et à l'existence de toute société bien ordonnée, il est évident que la religion catholique, par le fait même qu'elle est la vraie Eglise de JC, possède plus que toute autre l'efficacité voulue pour bien régler la vie, dans la société comme dans l'individu. » Pie XII  lui annonçait : "Une démocratie moderne ainsi constitué ( dépourvue de référence morale) devra échouer". Pour un catholique il est impossible d'adhérer à la démocratie laïque, l'autre nom du libéralisme. Car une fois un tel régime en place celui-ci fera tout pour s’immuniser par voie légale contre toutes les tentatives de remise en causse des logiques du capital et du droit qui ont pour terme la destruction des communautés naturelles, la destruction des médiations d'appartenance qui font la singularité humaine, avec pour horizon  l'avènement d'un homme abstrait disponible à toutes les refontes, les recompositions...

 

Julien Gunzinger


Rédigé par Julien Gunzinger le Lundi 4 Juillet 2011 à 08:01 | Commentaires (6)

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"Nous te prions, Seigneur, de faire de nous des combattants de la foi inflexibles et miséricordieux, témoins brûlants, dans ce monde ravagé par l’apostasie, de ton alliance nouée dans ton sang."



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