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Dimanche 27 Mai 2012
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Blog de promotion de la doctrine sociale catholique et de résistance au mondialisme
Il n’y a rien de plus hilarant, pour celui qui se donne un peu les moyens de comprendre l’état de notre civilisation, que de se plonger dans les auteurs des Lumières, celles que l’on nous présente comme la référence absolue de notre éthique démocratique. Les Lumières qui auraient été les grandes championnes de la liberté contre tous les obscurantismes, les Lumières championnes de la tolérance.
Or dès que l’on se donne la peine de lire nos grandioses « illuminés », on se rend compte que le contraste entre la propagande et la réalité est total. Les hommes des Lumières étaient tout sauf des zélateurs de la liberté. D’ailleurs pour eux, la liberté n’existait pas, l’homme n’étant qu’un simple matériau déterminé par des causes extérieures. Ainsi selon le baron d’Holbach, l’homme "est dans chaque instant de sa vie un instrument passif entre les mains de la nécessité" n’est qu’une "machine", une "horloge", un "clavecin sensible et animé". Pour un Voltaire, le peuple ne mérite pas d’accéder à la connaissance, il en est totalement indigne. "Le vulgaire ne mérite pas qu’on songe à s’éclairer" écrit Voltaire. " écrit-il. La vérité, explique-t-il encore, "n’est pas faite pour tout le monde. Le gros du genre humain en est indigne". Aux philosophes revient le devoir de créer un système politique qui, tirant parti de cette ignorance entretenue, produira les meilleures conséquences pour tous, étant convenu que les hommes ne sont que des ventres sur pattes, mus par des causes sur lesquelles ils n’ont aucune prise.
Comme l’homme est la résultante de conditionnements extérieurs, il n’y a de nature humaine que sensible, si bien que les races sont différents. En conséquence, les auteurs des Lumières sont également de fiévreux racistes. Voilà ce que Voltaire écrit, par exemple, des noirs "leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence mettent entre eux et les autres espèces d’hommes des différences prodigieuses". Les Juifs ne s’en sortent pas mieux à ses yeux "Vous ne trouverez en eux qu’un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition et à la plus invincible haine pour les peuples qui les tolèrent et qui les enrichissent". Buffon le célèbre naturaliste français, étend son racisme aux paysans français qu’ils dotent des mêmes caractéristiques que les peuples inférieurs. Selon lui, ils sont « grossiers, pesants, mal faits, stupides, et leurs épouses, presque toutes laides". Voltaire, naturellement, abonde dans son sens. Ce sont, selon lui, "des rustres vivant dans des cabanes avec leurs femelles et quelques animaux... partant un jargon qu’on n’entend pas dans les villes ; ayant peu d’idées et par conséquent peu d’expressions ... ; se rassemblant certains jours dans une espèce de grange pour célébrer des cérémonies où ils ne comprennent rien... »
Tout l’enjeu, pour les hommes des Lumières, est de façonner cette terre glaise à l’état brut que forment les peuples pour l’adapter à leurs vues. Georges Gusdorf écrit à ce sujet "ce remodelage procédant du dehors au dedans suscitera l’homme nouveau selon les voies et moyens d’une pédagogie totalitaire, dont on retrouve les linéaments dans les Traités d’Helvétius, de d’Holbach, de Condorcet, de Bentham et dans l’oeuvre réformatrice des législateurs révolutionnaires. L’intention des Lumières est orientée vers la formation en série de citoyens coulés dans le même moule, ce qui conduirait à une dépersonnalisation générale"
La ruse suprême des délires de nos illuminés, dont sont sortis tous les totalitarismes, a été parfaitement résumée par Voltaire. "Le bien de la société exige que l’homme se croit libre". Toute la manœuvre consiste donc à agiter le chiffon rouge de la liberté sous les yeux du troupeaux- composés d’ineptes hagards - pour le mener où on veut le mener. Et en premier lieu il faut le faire participer au grand renversement de l’ordre ancien. Car c’est dans la dynamique même du pervers que de faire adhérer sa victime à ses vices, que faire prêter la main du plus grand nombre aux crimes qu'il perpètre. Ce qui est visé c’est de faire abandonner au peuple ses habitus hérités des siècles de civilisation chrétienne et classique. Ce n’est qu’une fois que le peuple aura profondément opéré sa mue, lorsqu’il sera conforme à ce qu’il est dans l’esprit des géniteurs de l’ordre nouveaux, un vulgaire matériau à la disposition des illuminés, que l’inspiration profonde des Lumières ( de la modernité) se sera concrétisée. Et tout cela, notez le bien, au nom de la liberté. N’est-ce pas fantastique ?
Ce qui est central, c’est de bien saisir que l’histoire de la modernité est entièrement balisées par une philosophie qui réduit l’homme à une nature humaine purement sensible, sans aucune vocation spirituelle. Il fallut donner la chiquenaude à ce mouvement. Ce fut l’oeuvre de la révolution, puis comme un torrent roulant sur une pente favorable, il n’a eu de cesse de tout entraîner sur son passage. Les principes philosophiques ont épousé mille et uns visages, comme celui du marxisme, du libéralisme, du naturalisme, du modernisme, de l’écologisme politique, du fascisme, de l’existentialisme. Par moment il s’est crispé dans des formes extrêmes, comme le communisme et le fascisme, pour sauver le logiciel alors que le réel ( la réalité sociale et économique) s’insurgeait. Depuis il a investi dans des méthodes de manipulation plus douces: les mass médias ( toute l’industrie du spectacle) et le conditionnement idéologique de l’école publique. Ce sont eux qui ont essentiellement à charge de promouvoir le visage qui est le sien de nos jours : le multiculturalisme. Celui-ci consiste essentiellement à dire que ce ne sont pas les valeurs morales et les principes transcendants qui constituent ce que les hommes ont de plus précieux, mais qu’il faut organiser le grand brassage, tout dissoudre pour permettre la paix, la société d’abondance, la tolérance, la liberté. Au nom de la liberté de nos chères petites têtes blondes à choisir leurs propres valeurs, leur propre religion, on décide, par exemple, qu’il faut qu’à l’âge de 6 ans elles soient confrontées à la diversité, que toutes les religions doivent leur être présentées, toutes les cultures. On développe ainsi l’idée que tout se vaut, on réduit leur esprit en une bouillie indifférenciée en les empêchant de se fixer sur des repères solides.
Mais depuis le 11 septembre, le processus s’est soudainement emballé. L’élimination de populations civiles par centaines de milliers au nom des droits de l’homme a pris une nouvelle dimension. On commence à se demander si l’affreux Bush n’a pas servi d’épouvantail pour mieux nous vendre Obama derrière. Dans cet emballement de la fureur, nombreux sont ceux qui soupçonnent que quelque chose cloche : Obama envoie des milliers d’hommes en Afghanistan, mais il reçoit le prix nobel de la paix ; Obama prétend lutter contre la crise économique, mais il s’est entouré des pires raclures de Wall Street qui sont à l’origine de la crise ( Tim Geithner, Lawrence Summers) ; les révolutions colorées, que l’on présente comme des mouvements spontanés, s’avèrent n’être que des sordides opérations de subversion organisées par les services secrets britanniques et américains ; les banques ont été renflouées par milliers de dollars mais on ne remet surtout pas en cause la dérégulation monétaire, le principe même de l’argent dette qui est à la source des crises depuis un siècle ; on commence à comprendre les liens qui existent entre la dévastation des structures traditionnelles, comme la famille, et l’explosion de la délinquance, l’effondrement de culture classique et les nouvelles orientations pédagogiques mais on il faut continuer d’avancer à grands pas dans le même sens ( projet de mariage homosexuel, réforme harmos, pédagogie constructiviste) ; aucune étude scientifique n’a établi une quelconque nocivité de la fumée passive mais partout il faut interdire la fumée dans les lieux de convivialité. Et rien dans les médias dominants ne doit filtrer de ces inquiétudes et contradictions, ou alors de façon allusives, juste pour servir d’alibi : « voyez on en a parlé ». En fait, l’écart entre l’idéologie et le réel devient tel que l’on sent que tout le système se raidit, que partout les espaces de liberté pour en discuter se résorbent, fondent comme neige au feu. Des libéraux authentiques s’en indignent, mais c’est qu’ils n’ont pas compris la logique d’ensemble du processus. Ils n’ont pas compris que la démocratie libérale n’était viable, qu’elle était capable de promouvoir authentiquement le bien commun que lorsqu'elle reposait encore largement sur des habitus, des valeurs qu’elle n’avait pas engendrés, mais dont elle avait hérité. Je comprends le désarroi des libéraux authentiques. Mais eux ne comprennent pas, malheureusement, que les procédures démocratiques concourent au bien commun pour peu qu’elles soient irriguées par une culture de vie et non par une culture de mort. Or le processus de fond qui travaille notre culture depuis des siècles vide « l’homme de sa substance », comme disait Bernanos. Il est fondamentalement dressé contre la nature humaine. Le logiciel des Lumières est un anti-humanisme. Il l’est dès l’origine et n’a eu de cesse, au cours de ces derniers siècles, de pénétrer les consciences pour les soumettre à son projet. Intention formulée explicitement par un autre grand illuminé, Jean-Jacques Rousseau "S’il est bon de savoir employer les hommes tels qu’ils sont, il vaut mieux encore les rendre tels qu’on a besoin qu’ils soient,- l’autorité la plus absolue est celle qui pénètre jusqu’à l’intérieur de l’homme, et ne s’exerce pas moins sur la volonté que sur les actions". Dissimulé derrière ses identités multiples, ce projet a réduit la conscience que les hommes ont de leur réelle identité et destinée à une peau de chagrin, les dépouillant des ressources que la civilisation chrétienne et classique avait patiemment fait murir en eux. Et se faisant, il a créé les conditions objectives de leur exploitation sans limite. Le terme de ce processus est la déréalisation totale de l’homme et de la politique et par conséquent de la démocratie, qui tend à être toujours plus virtuelle. En Suisse, nous avons été emporté un peu moins loin par cette lame de fond. Mais partout ailleurs en Europe et aux USA, les hommes ont été privés des outils institutionnels et surtout culturels et moraux permettant à la démocratie de travailler au bien commun.
Pour que la démocratie ne mue pas une nouvelle fois en un totalitarisme il n’y a désormais plus d’autre moyen que de porter la hache au principe même qui nous aliène : la conception de l’homme que les Lumières ont porté à bout de bras. La question politique décisive, cruciale, est désormais la question anthropologique. Faute de braquer les projecteurs sur cet enjeu, le processus de « déréalisation » de l’homme et de la politique ira à son terme, processus dont Debord disait qu’il constitue un moment où le faux est devenu le vrai apparent.
Julien Gunzinger
Comme l’homme est la résultante de conditionnements extérieurs, il n’y a de nature humaine que sensible, si bien que les races sont différents. En conséquence, les auteurs des Lumières sont également de fiévreux racistes. Voilà ce que Voltaire écrit, par exemple, des noirs "leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence mettent entre eux et les autres espèces d’hommes des différences prodigieuses". Les Juifs ne s’en sortent pas mieux à ses yeux "Vous ne trouverez en eux qu’un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition et à la plus invincible haine pour les peuples qui les tolèrent et qui les enrichissent". Buffon le célèbre naturaliste français, étend son racisme aux paysans français qu’ils dotent des mêmes caractéristiques que les peuples inférieurs. Selon lui, ils sont « grossiers, pesants, mal faits, stupides, et leurs épouses, presque toutes laides". Voltaire, naturellement, abonde dans son sens. Ce sont, selon lui, "des rustres vivant dans des cabanes avec leurs femelles et quelques animaux... partant un jargon qu’on n’entend pas dans les villes ; ayant peu d’idées et par conséquent peu d’expressions ... ; se rassemblant certains jours dans une espèce de grange pour célébrer des cérémonies où ils ne comprennent rien... »
Tout l’enjeu, pour les hommes des Lumières, est de façonner cette terre glaise à l’état brut que forment les peuples pour l’adapter à leurs vues. Georges Gusdorf écrit à ce sujet "ce remodelage procédant du dehors au dedans suscitera l’homme nouveau selon les voies et moyens d’une pédagogie totalitaire, dont on retrouve les linéaments dans les Traités d’Helvétius, de d’Holbach, de Condorcet, de Bentham et dans l’oeuvre réformatrice des législateurs révolutionnaires. L’intention des Lumières est orientée vers la formation en série de citoyens coulés dans le même moule, ce qui conduirait à une dépersonnalisation générale"
La ruse suprême des délires de nos illuminés, dont sont sortis tous les totalitarismes, a été parfaitement résumée par Voltaire. "Le bien de la société exige que l’homme se croit libre". Toute la manœuvre consiste donc à agiter le chiffon rouge de la liberté sous les yeux du troupeaux- composés d’ineptes hagards - pour le mener où on veut le mener. Et en premier lieu il faut le faire participer au grand renversement de l’ordre ancien. Car c’est dans la dynamique même du pervers que de faire adhérer sa victime à ses vices, que faire prêter la main du plus grand nombre aux crimes qu'il perpètre. Ce qui est visé c’est de faire abandonner au peuple ses habitus hérités des siècles de civilisation chrétienne et classique. Ce n’est qu’une fois que le peuple aura profondément opéré sa mue, lorsqu’il sera conforme à ce qu’il est dans l’esprit des géniteurs de l’ordre nouveaux, un vulgaire matériau à la disposition des illuminés, que l’inspiration profonde des Lumières ( de la modernité) se sera concrétisée. Et tout cela, notez le bien, au nom de la liberté. N’est-ce pas fantastique ?
Ce qui est central, c’est de bien saisir que l’histoire de la modernité est entièrement balisées par une philosophie qui réduit l’homme à une nature humaine purement sensible, sans aucune vocation spirituelle. Il fallut donner la chiquenaude à ce mouvement. Ce fut l’oeuvre de la révolution, puis comme un torrent roulant sur une pente favorable, il n’a eu de cesse de tout entraîner sur son passage. Les principes philosophiques ont épousé mille et uns visages, comme celui du marxisme, du libéralisme, du naturalisme, du modernisme, de l’écologisme politique, du fascisme, de l’existentialisme. Par moment il s’est crispé dans des formes extrêmes, comme le communisme et le fascisme, pour sauver le logiciel alors que le réel ( la réalité sociale et économique) s’insurgeait. Depuis il a investi dans des méthodes de manipulation plus douces: les mass médias ( toute l’industrie du spectacle) et le conditionnement idéologique de l’école publique. Ce sont eux qui ont essentiellement à charge de promouvoir le visage qui est le sien de nos jours : le multiculturalisme. Celui-ci consiste essentiellement à dire que ce ne sont pas les valeurs morales et les principes transcendants qui constituent ce que les hommes ont de plus précieux, mais qu’il faut organiser le grand brassage, tout dissoudre pour permettre la paix, la société d’abondance, la tolérance, la liberté. Au nom de la liberté de nos chères petites têtes blondes à choisir leurs propres valeurs, leur propre religion, on décide, par exemple, qu’il faut qu’à l’âge de 6 ans elles soient confrontées à la diversité, que toutes les religions doivent leur être présentées, toutes les cultures. On développe ainsi l’idée que tout se vaut, on réduit leur esprit en une bouillie indifférenciée en les empêchant de se fixer sur des repères solides.
Mais depuis le 11 septembre, le processus s’est soudainement emballé. L’élimination de populations civiles par centaines de milliers au nom des droits de l’homme a pris une nouvelle dimension. On commence à se demander si l’affreux Bush n’a pas servi d’épouvantail pour mieux nous vendre Obama derrière. Dans cet emballement de la fureur, nombreux sont ceux qui soupçonnent que quelque chose cloche : Obama envoie des milliers d’hommes en Afghanistan, mais il reçoit le prix nobel de la paix ; Obama prétend lutter contre la crise économique, mais il s’est entouré des pires raclures de Wall Street qui sont à l’origine de la crise ( Tim Geithner, Lawrence Summers) ; les révolutions colorées, que l’on présente comme des mouvements spontanés, s’avèrent n’être que des sordides opérations de subversion organisées par les services secrets britanniques et américains ; les banques ont été renflouées par milliers de dollars mais on ne remet surtout pas en cause la dérégulation monétaire, le principe même de l’argent dette qui est à la source des crises depuis un siècle ; on commence à comprendre les liens qui existent entre la dévastation des structures traditionnelles, comme la famille, et l’explosion de la délinquance, l’effondrement de culture classique et les nouvelles orientations pédagogiques mais on il faut continuer d’avancer à grands pas dans le même sens ( projet de mariage homosexuel, réforme harmos, pédagogie constructiviste) ; aucune étude scientifique n’a établi une quelconque nocivité de la fumée passive mais partout il faut interdire la fumée dans les lieux de convivialité. Et rien dans les médias dominants ne doit filtrer de ces inquiétudes et contradictions, ou alors de façon allusives, juste pour servir d’alibi : « voyez on en a parlé ». En fait, l’écart entre l’idéologie et le réel devient tel que l’on sent que tout le système se raidit, que partout les espaces de liberté pour en discuter se résorbent, fondent comme neige au feu. Des libéraux authentiques s’en indignent, mais c’est qu’ils n’ont pas compris la logique d’ensemble du processus. Ils n’ont pas compris que la démocratie libérale n’était viable, qu’elle était capable de promouvoir authentiquement le bien commun que lorsqu'elle reposait encore largement sur des habitus, des valeurs qu’elle n’avait pas engendrés, mais dont elle avait hérité. Je comprends le désarroi des libéraux authentiques. Mais eux ne comprennent pas, malheureusement, que les procédures démocratiques concourent au bien commun pour peu qu’elles soient irriguées par une culture de vie et non par une culture de mort. Or le processus de fond qui travaille notre culture depuis des siècles vide « l’homme de sa substance », comme disait Bernanos. Il est fondamentalement dressé contre la nature humaine. Le logiciel des Lumières est un anti-humanisme. Il l’est dès l’origine et n’a eu de cesse, au cours de ces derniers siècles, de pénétrer les consciences pour les soumettre à son projet. Intention formulée explicitement par un autre grand illuminé, Jean-Jacques Rousseau "S’il est bon de savoir employer les hommes tels qu’ils sont, il vaut mieux encore les rendre tels qu’on a besoin qu’ils soient,- l’autorité la plus absolue est celle qui pénètre jusqu’à l’intérieur de l’homme, et ne s’exerce pas moins sur la volonté que sur les actions". Dissimulé derrière ses identités multiples, ce projet a réduit la conscience que les hommes ont de leur réelle identité et destinée à une peau de chagrin, les dépouillant des ressources que la civilisation chrétienne et classique avait patiemment fait murir en eux. Et se faisant, il a créé les conditions objectives de leur exploitation sans limite. Le terme de ce processus est la déréalisation totale de l’homme et de la politique et par conséquent de la démocratie, qui tend à être toujours plus virtuelle. En Suisse, nous avons été emporté un peu moins loin par cette lame de fond. Mais partout ailleurs en Europe et aux USA, les hommes ont été privés des outils institutionnels et surtout culturels et moraux permettant à la démocratie de travailler au bien commun.
Pour que la démocratie ne mue pas une nouvelle fois en un totalitarisme il n’y a désormais plus d’autre moyen que de porter la hache au principe même qui nous aliène : la conception de l’homme que les Lumières ont porté à bout de bras. La question politique décisive, cruciale, est désormais la question anthropologique. Faute de braquer les projecteurs sur cet enjeu, le processus de « déréalisation » de l’homme et de la politique ira à son terme, processus dont Debord disait qu’il constitue un moment où le faux est devenu le vrai apparent.
Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Mardi 23 Février 2010 à 08:32
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Commentaires (2)
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Julien Gunzinger
Blog d'un catholique jurassien
"Nous te prions, Seigneur, de faire de nous des combattants de la foi inflexibles et miséricordieux, témoins brûlants, dans ce monde ravagé par l’apostasie, de ton alliance nouée dans ton sang."
"Nous te prions, Seigneur, de faire de nous des combattants de la foi inflexibles et miséricordieux, témoins brûlants, dans ce monde ravagé par l’apostasie, de ton alliance nouée dans ton sang."
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