Parmi les défenseurs de la messe de Paul VI, l’argument est de dire que le Novus Ordo Missae n’est pas en cause, ce qui l’est c’est ce qu’en firent les prêtres rebelles. Or dès le début le Novus Ordo Missae(NOM) était bancal puisque le N° 7 de l'Institutio Generalis (constituant l’introduction du NOM) dut même être changé. Le cardinal Ottaviani, ex-secrétaire du Saint Office, envoya à Paul VI un bref examen critique faisant état de toutes les déviations et erreurs contenues dans le NOM. Il resta sans réponse. Il est facile de comprendre que le NOM consacre l’évolution du mouvement liturgique initié par Dom Guéranger et St Pie X et qui fut malheureusement tôt dévoyé par les Beauduin, Dom Parsch, le révérend Père Bouyer…
Accuser les prêtres rebelles d'être responsables n'a aucun sens, car chacun put tirer du NOM ce qu'il voulait, puisqu’il était de par son imprécision et son ambiguïté  évolutif. Il en va du NOM comme de tout le Concile Vatican II, inconsistant, approximatif, ambigu, loin de la rigueur scolastique. Et dire que Paul VI prétendit que le concile  Vatican II était même plus important que celui de Nicée! Quelle farce! Un concile devrait être la clé la plus achevée pour  permettre la meilleure réception et compréhension de la foi, or le principe même de l'herméneutique de la continuité atteste que ce concile est absolument défaillant, puisque son interprétation reste à faire à la lumière de la tradition, selon Jean Paul II et Benoît XVI. C'est ce qui atteste de sa faillite radicale et de celle du magistère qui l'a suivi. Nous en sommes là et notre bon pape Benoit XVI cherche à sortir l'Eglise de l'impasse dans laquelle elle se trouve comme il peut.

Tout comme il est aisé de comprendre que le NOM est le produit du mouvement liturgique dévoyé, il est également très aisé de comprendre que Vatican II est marqué de l’empreinte de la nouvelle théologie, celle des Congar(*), des Chenu, des Lubac, Blondel, Rahner tous condamnés sous Pie XI et Pie XII. C’est cela la greffe odieuse dont souffre l’Eglise et qu’elle rejette : une théologie moderniste qui a dévalué la théologie scolastique, fait perdre le sens des notions précises, nettes au profit d’une chose informe.

Il est de bon ton, dans les milieux conciliaires ultramontains, de dire que les traditionalistes d’Ecône érigent leur autorité au-dessus de celle du Magistère et tombent par conséquent dans le même travers que les protestants. Or c’est tout le contraire puisqu’ils s’en tiennent aux définitions rigoureuses, à la trame théologique objective de la scolastique, à la tradition de toujours. On leur fait alors grief d’avoir commis une OPA sur la tradition mais d’être dans les faits en rupture avec la « tradition vivante ». Or ce terme de tradition vivante, dont se revendique les conciliaires ultramontains opposés à la FSSPX, est précisément une imposture, car il n’est pas conforme au sens que l’Eglise a toujours donné à la tradition, comme il a été formulé par Saint Vincent de Lérins et repris à Vatican I. Au cœur du problème entre la FSSPX et les conciliaires ultramontains  se trouve la question de la métaphysique et de l’épistémologie auxquelles on recourt pour expliciter les vérités de foi. La nouvelle théologie a cru dépasser saint Thomas, elle n’était que la fille de l’orgueil. Le drame fut que plusieurs papes lui ont emboité le pas et que ses formules ont été consacrées lors de Vatican II.

Face aux mensonges systématiques des idéologies du monde, à la force de frappe manipulatrice des médias, à la crise spirituelle, morale, économique, politique qui frappe, l’Eglise devra revenir à sa rigueur d’antan, abandonner le corpus libéral ( donc maçon) qui obscurcit son intelligence et la rend légitimement sans force pour les gens en recherche de vérité authentique. C’est tellement évident !

Prions pour nos "frères égarés" par les tours de passe- passe de la nouvelle théologie...




(*) Voici quelques propos d'Yves Congar qui éclairent sur  l’orientation de son esprit. Yves Congar fut très actif dans la rédaction de Dignitatis Humanae et Lugmen Gentium. Alors que ses écrits venaient d'être condamnés et éloigné du Saulchoir, il écrivait« continuer au maximum à écrire dans le même sens, utilisant toutes les chances encore libres. Là est surtout mon combat. je sais ( et "ils" savent) qu'à plus ou moins longe échéance, tout ce que je dis et écris est la négation du système. Oui, là est mon vrai combat: dans mon travail théologique, historique, ecclésiologique et pastoral. le cours que je fais en ce moment, de Ecclesia, exactement comme su de rien n'était, c'est cela une vraie réponse, c'est cela ma vraie dynamite sous le fauteuil des scribes." ( Une vie pour la vérité,Yves Congar)
Ailleurs voici le tableau qu'il brossait de l'Eglise:

« Tandis que le protestantisme se libérait et que le monde de l’idéalisme et l’immanentisme incorporé au catholicisme poursuivait son développement propre, l’Eglise catholique , elle, se resserrait sur elle-même dans une sorte d’isolement ; elle se retirait sur ses positions s’y barricadait, elle prenait des attitudes de défense ; les croyants, eux, prenaient à l’égard de toute nouveauté et de tout progrès une attitude boudeuse, méfiante, rétrograde, parfois même ironique et persiflante. Au vrai l’Eglise, depuis le bouleversement de la Réforme vit dans un véritable état de siège. M.Dutronay l’a très joliment comparé à « une mère qui a perdu ses enfants dans un accident ». Et dès lors, la voici qui hérisse de protections, de défenses, de barrières, les libres ébats des survivants ; au lendemain d’une crise ou d’ »un coup dur », on prend des mesures policières, des mesures de sécurité ; ainsi, dans l’Eglise, soumet-on les manifestations de la pensée à des mesures de sécurité ; étroite surveillance des écrits, serment antimoderniste…les Initiatives, sans aucun doute, en sont atteintes. Nous n’oublierons certes pas la grandeur de cette attitude de défense : il s’agissait avant tout de sauver l’essentiel, la pureté du surnaturel. il reste cependant ceci ; c’est là que nous voulions en venir : tandis que le monde moderne, coupé de l’Eglise, poursuit son évolution propre et s’applique à résoudre des problèmes renouvelés, l’Eglise se referme et se concentre sur elle-même, constituant un monde à part, proprement conservateur, où il s’agit de garder un dépôt , et où des hommes, isolés de la vie qui marche, répètent en une langue à eux leurs problèmes à eux, exploitant le trésor du dogme presque uniquement en son aspect abstrait et catholique »(Vie intellectuelle du 25 juillet 1935)

 Tout est ici inversé, puisque dans le réel, ce sont les idéologies modernes qui imposent progressivement leur dictature, persécutent l’Eglise, formatant les esprits par l’école obligatoire prétendument neutre, par les médias, robotisant les esprits, dévastant toute vie sociale réelle. La charge de Congar est tout simplement le renversement de la réalité. On y sent la fascination que le monde a exercé sur les esprits des libéraux…Plus que jamais tout ce discours inepte doit soulever en nous l’écœurement, nous qui sommes certes mieux instruits que ne pouvait l’être un Congar sur les avancés et les intentions du monde.

Julien Gunzinger


Rédigé par Julien Gunzinger le Mardi 21 Juin 2011 à 08:01 | Commentaires (2)

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"Nous te prions, Seigneur, de faire de nous des combattants de la foi inflexibles et miséricordieux, témoins brûlants, dans ce monde ravagé par l’apostasie, de ton alliance nouée dans ton sang."



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