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Mardi 18 Juin 2013
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Blog de promotion de la doctrine sociale catholique et de résistance au mondialisme
Dans mon précédent article je parlais de l’égarement des chrétiens rendus perméables aux idéologies du monde et, par conséquent, partiellement responsables de la montée en puissance du totalitarisme actuel : le mondialisme, tout comme les Jedi, dans Star Wars, ont été aveuglés et rendus incapables de comprendre que la République passait sous le joug d’un Seigneur Sith.
Or ce week-end s’est tenue à Delémont, au centre Saint François, une réunion-débat sur le thème des chrétiens en politique. L’abbé Claude Ducarroz - celui-là même qui se fit l’écho, l’année passée, des thèses des pires ennemis de l’Eglise en établissant un parallèle entre le célibat des prêtres et la pédophilie (*) ; celui-là même qui brandit le concile pastoral Vatican II pour tous et pour rien alors que de l’avis même du pape son interprétation reste à faire ; celui-là même qui voit des fruits du concile partout alors qu’il est évident que la situation actuelle de l’Eglise est plus désastreuse qu’elle ne l’a jamais été dans toute son histoire – y a ,paraît-il, "dominé le débat", selon le journaliste du Quotidien jurassien. Avec de pareils meneurs pas étonnant que les chrétiens soient désormais sans boussole, tout acquis aux principes démo(n)cratiques , ces rabatteurs du totalitarisme.
Pour s’en assurer, voyons comment certains des principaux intervenants conçoivent leur engagement chrétien en politique. Madame Anne Seydou, conseillère aux Etats PDC, explique : « Il y a une politique chrétienne et une conception chrétienne de l’homme, dans le respect de l’homme et de la dignité humaine, contre toute forme de discrimination. Quand on est chrétien et PDC, on agit en politique ave une notion forte de la responsabilité individuelle à la base de la liberté de chacun mais dans un esprit de solidarité durable. » Il est parfaitement effarant de constater que ces propos, dès lors que l’on remplace quelques termes, pourrait être ceux de n’importe quel maçon. Il suffit de troquer le terme de chrétien par celui d’humaniste ou de progressiste pour s’en convaincre : c’est exactement le même fond de commerce idéologique que ceux des ennemis de l’Eglise, maçons ou athées militants. Mme Seydou évoque ensuite la doctrine sociale de l’Eglise dont elle prétend qu’elle constitue la base du PDC, or la doctrine sociale qui a été formellement initiée par Léon XIII est entièrement articulée autour d’une conception de la liberté radicalement différente de celle promue par la modernité libérale et dont se revendique pourtant madame Seydou. Elle est aux antipodes de l’idée qui veut que toutes les opinions ont droit de cité, que l’erreur peut côtoyer la vérité sans dommage, que l’Etat n’a aucune compétence en matière religieuse et doit juste garantir à chacun de pouvoir vivre et défendre publiquement tout ce qui lui passe par la tête. La liberté pour le chrétien est toujours en rapport avec la vérité «Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples; vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres» (Jn 8,32), cela n’a rien à voir avec la conception libérale négative pour qui être libre c’est être libéré de toute contrainte.
Didier Nicoulin explique ensuite pouvoir se retrouver avec ses valeurs chrétiennes au sein de Combat socialiste. L’Etat providence porté à bout de droit par une formation comme Combat socialiste ne lui pose donc pas de problème en tant que chrétien. Le traitement de l’explosion du lien social par le recours à la froide logique anonyme de l’Etat, l’absorption par l’Etat, à l’envers du principe chrétien de subsidiarité, de l’essentiel des compétences relevant des communautés naturelles ( famille, quartier, entreprise) , la mise en pièces de ces mêmes communautés naturelles ( avortement, destruction de l'autorité paternelle, adoption pour couples homosexuels) ne sont donc pas contradictoires pour lui avec « ses valeurs chrétiennes » dont il dit qu’elles lui permettent de se retrouver « au sein de combat de socialiste » . Il ne comprend donc pas que l’Etat Providence loin d’apporter de solutions aux ravages réels du turbo-capitalisme favorise son extension en détruisant le lien social réel, incarné et solidaire pour lui substituer des relations anonymes et mécanisées : le turbo capitalisme tout comme l’Etat providence sont dans les faits d’insatiables dévoreurs de liens sociaux ( les deux vivent de leur destruction), les deux marchent main dans la main. J’ajoute que la logique de l’Etat providence favorise également l’expansion d’une mentalité « d’ayant droit ». Je ne veux naturellement pas stigmatiser ici les personnes qui sont dans des situations de détresse, nous sommes tous à la recherche d’aide lorsque le malheur nous frappe. Je veux parler d’un état d’esprit qui s’étend au plus grand nombre et qui nous fait considérer comme un dû que l'Etat nous sorte de nos difficultés : « l’Etat pourvoira » se rassure-t-on, plutôt que de s’en remettre à la vraie Providence.
Le discours de l’abbé Ducarroz, qui a fait si forte impression au journaliste du QJ, est tout aussi dépourvu du moindre accent chrétien véritable et relève de la même eau tiède ruisselante de l’essentiel des échoppes politiques actuelles. « Il faut marier dans un équilibre toujours à refaire le caractère sacré de toute personne et le caractère aussi sacré de la solidarité humaine.(…) C’est la démocratie, un espace où la bonne relation entre ces trois dimensions( le moi, la communauté, la dimension verticale) de l’homme peut sans cesse être recherchée. » Discours tout à la gloire de la démo(n)cratie et de l’homme donc ! On y trouve rien sur le fait que le bien commun de la cité doit être finalisé par le bien suprême : Dieu. Rien sur le fait que la cité a obligation de tout mettre en œuvre pour permettre à ses membres de faire leur salut, en ne légiférant en rien contre la loi divine et la loi naturelle. Pas étonnant que l’essentiel des chrétiens, avec de tels pasteurs, se soit rallié à la démo(n)cratie et à ses principes ( loi du nombre qui refuse la normativité de la loi divine et de la loi naturelle). Pas étonnant dès lors que l’essentiel des chrétiens ne peut plus comprendre que la Bête fait son miel des principes démo(n)cratiques. L’abbé Duccroz a beau dénoncé que nous sommes engagés dans le même processus qui a fait naître Hitler, il ne comprend pas vraiment ce qu’il dit, puisqu’il ne comprend pas c’est la démo(n)cratie qui porte en son sein tous les régimes totalitaires. Plus que jamais il faudrait que les paroles puissantes d’un Maritain, celui d’Antimoderne , nous enseignent à nouveau: « De nos jours, il n’est que trop vrai, les nations ont frémi et les peuples ont médité des projets insensés contre leur créateur ; et presque commun est devenu ce cri de ses ennemis : retirez-vous de nous. De là, en la plupart, un rejet total de tout respect de Dieu. De là des habitudes de vie, tant privée que publique, où nul compte n’est tenu de sa souveraineté. Bien plus, il n’est effort ni artifice que l’on ne mette en œuvre pour abolir entièrement son souvenir et jusqu’à sa notion(…). » Mais quel ecclésiastique aurait de nos jours le courage et la lucidité pour les reprendre à son compte ?
(*) « Et puis il nous faut réfléchir courageusement. Selon l’évêque de Ratisbonne, le célibat imposé aux prêtres catholiques de rite latin n’a rien à voir avec cette affaire. Penser le contraire serait même une bêtise. Cette argumentation, qui cherche à « sauver » une telle discipline, me laisse perplexe. Des prêtres affrontés à un célibat mal assumé parce que vécu comme un devoir forcé ne sont-ils pas davantage exposés aux dérives de la pédophilie, surtout lorsqu’on leur confie des ministères auprès des enfants ou des adolescents ? » écrivait-il dans un article paru dans le Temps.
Julien Gunzinger