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Dimanche 27 Mai 2012
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Blog de promotion de la doctrine sociale catholique et de résistance au mondialisme
Dans son éditorial du 14 décembre 2009, voici ce qu'écrivait Monsieur Chapatte.
Le peuple n'a pas tous les droits et n'a pas toujours raison. Il le sait bien
Le peuple peut-il se prononcer sur n’importe quel sujet? Le peuple a-t-il tous les droits? Le peuple a-t-il toujours raison? Ce sont les questions qui se posent avec une acuité nouvelle après l’initiative antiminarets acceptée le 29 novembre et d’autres encore en débat comme celle de l’UDC qui réclame le renvoi des délinquants étrangers. Ces questions sont posées en fait depuis que le droit interne d’un pays n’est plus le seul à s’appliquer et que les Etats ont développé un droit international et des institutions supranationales qui s’imposent, contrôlent ou suppléent au droit interne d’un pays.
La démocratie semi-directe que l’on connaît dans notre pays n’est donc pas sans limite. La Suisse s‘est inscrite dans une communauté internationale qui a progressé en inscrivant dans le bronze la défense des libertés et des droits fondamentaux. Le monde n’est de loin pas encore parfait, mais il s’est éloigné de la barbarie pour s’engager dans une civilisation respectueuse des droits de la personne par un nombre de règles que seules les dictatures ne respectent pas. Il serait absurde de permettre que ces mêmes règles puissent être contournées par une démocratie populaire érigée en un nouvel absolutisme. Le résultat reviendrait au même: que ce soit par la volonté du prince ou par celle du peuple,les droits fondamentaux seraient bafoués
Ces limites du droit international aux droits populaires montrent bien que le peuple n’a pas tous les droits ni qu’il a toujours raison. D’ailleurs, le peuple admet implicitement lui-même qu’il n’a pas toujours raison et qu’il peut se tromper. Par exemple quand il refuse à plusieurs reprises le droit de vote des femmes avant de le leur reconnaître plus tard. Même chose pour l’adhésion à l’ONU. Les Suisses ont dit non avant de répondre oui. Idem encore dans nos relations avec l’Union européenne. Le peuple n’a pas voulu de la participation à l’Espace économique européen en 1992, mais il a approuvé par la suite des accords bilatéraux qui conduisent à peu près au même résultat mais par une voie plus lente, plus difficile et plus coûteuse.
Les règles du jeu démocratique en Suisse ne sont cependant pas claires. Qui doit décider ou non de la validité d’une initiative au regard de nos engagements internationaux? Dans les cantons, les parlements ont cette compétence, avec des recours aux tribunaux. Au niveau fédéral, le Gouvernement et le Parlement se montrent incapables ou s’estiment mal placés pour trancher. S’ils laissent aller un texte devant le peuple, ils prennent le risque de le rendre inapplicable. S’ils refusent, ils s’exposent à la critique d’un choix politique. Il faudrait donc sortir cette compétence de l’exécutif et du législatif pour la confier à une autorité judiciaire – le Tribunal fédéral ou mieux, une Cour constitutionnelle suisse à créer. La décision de valider ou d’invalider une initiative ne doit pas être un choix politique, mais une affaire juridique. Et donc à trancher par des hommes de droit et non des politiques.
Pierre-André Chapatte
Cher monsieur,
Votre éditorial du 14 décembre a particulièrement retenu mon attention. Le vote du peuple suisse du 29 novembre, qui n’a pas votre agrément, vous fait vous poser une grave question. Le peuple est-il réellement le souverain absolu ? Il est troublant de constater qu’à l’occasion de cette votation cette question se mette à tourmenter la génération de mai 68. L’une des personnes les plus représentatives de cette période, Daniel Cohn Bendit, a exprimé, dans des termes voisins des vôtres, sa réprobation de voir le peuple être saisi de ce genre de question. La ruse de la raison, que votre génération aimait à convoquer pour désigner à l’humanité son plan de marche, semble vouloir vous administrer une leçon dont vous paraissez cette fois incapable de percevoir l’enseignement. Votre génération, qui n’a eu de cesse de vouloir défendre le sujet souverain maître de son destin, de vouloir déboulonner la statue du commandeur, de vouloir mettre à bas toutes les autorités, dissoudre tous les tabous au nom de la liberté individuelle, au nom du désir par nature transgressif ( cette définition du désir est celle d’un autre enfant de 68, un certain Nicolas Sarkozy) ne se satisfait soudainement plus du choix d’un peuple composé de sujets souverains. Après avoir tant loué les vertus de la dissolution de tout ordre morale, de toute limite discriminatoire au prétexte qu’ils résulteraient d’un montage culturel arbitraire qui porte atteinte à la liberté de chacun, vous voilà à la recherche d’une limite pour tenir la bride aux sujets souverains que votre génération chérissait autrefois. Vous ne pouvez dès lors esquiver l’interpellation suivante : pourquoi donc ce choix là du peuple, précisément, vous jette ainsi hébété à la recherche d’un principe limitatif? Pourquoi sur un problème comme celui de l’avortement votre génération ne s’est-elle pas soucier d’un tel principe ?J'ai ma petite idée à ce sujet et je vais prendre le soin d'analyser votre éditorial pour vous l'exposer.
A vous lire, ce principe limitatif semble résider entièrement dans l’ordre juridique. La norme juridique internationale viendrait avantageusement limiter la volonté populaire. Cependant, il ne vous échappe pas, je pense, qu’invoquer l’ordre juridique, fût-il international, est une gageure. En effet tout ordre juridique, selon les principes du droit démocratique en vigueur dans les régimes libéraux, est fondé sur la souveraineté populaire. En ce sens aucun traité international ne peut se prévaloir de se situer au-dessus de la souveraineté populaire puisque pas même la constitution dans nos régimes démocratiques n’est au-dessus de la souveraineté populaire(*).C’est absolument imparable. La souveraineté est par nature illimitée. Si la souveraineté absolue réside dans le peuple, alors la démocratie n’a pas de limite. Tout ordre juridique ne fait en ce sens que figer la volonté du peuple à un certain instant. Il est à sa remorque et ne fonde aucune norme supérieure qui ne puisse être changée par la volonté du souverain. Or dans votre hâte à vouloir lui faire jouer le rôle de limite absolue vous ne faites que démontrer que votre conception de la liberté, du sujet souverain, a en fait pour vocation de consacrer un ordre métaphysique précis. Tant que la volonté populaire allait dans le sens de cette métaphysique il n’y avait rien à lui reprocher. Quelle est-elle cette métaphysique ? C’est celle qui veut que l’homme n’est tenu par aucune nature humaine, qu’il peut en conséquence se donner les principes qu’il souhaite car il est libre de déterminer ce qu’est le bien et le mal. Il est bien évident que c’est cette idée là qui anime fondamentalement l’ordre libéral, car le libéral qui penserait que l’homme a une nature humaine précise, ne pourrait que faire procéder le bien commun du respect de cette nature humaine. Il serait amené à devoir justifier que certaines formes de vie soient privilégiées plutôt que d’autres, à accepter le principe de discrimination et il ne serait tout simplement plus libéral. Tout l’ordre libéral repose donc sur la dogmatique de l’indifférenciation ( il n’y a pas de nature humaine, ou plutôt chacun peut choisir la sienne, c’est indifférent) qui promeut infailliblement une société où il est interdit de privilégier certaines valeurs morales, certains principes métaphysique ou religieux au prétexte que se serait faire violence à la liberté de chacun. D’où naturellement le silence de toutes les autorités morales de cette métaphysique sur les questions de l’avortement. Puisque l’avortement est une conquête de cet homme qui n’entend être soumis à aucune loi morale, aucun ordre transcendant. D’où la montée aux créneaux des ces mêmes autorités morales sur l’affaire des minarets, puisque le peuple a estimé que tout ne se valait pas, que notre pays doit se protéger de certains symboles religieux.
Tant que la volonté du peuple ne remettait pas en cause, par ses choix, la dogmatique de l’indifférenciation, il n’y avait pas de problème. L’espace publique pouvait être progressivement vidé de tout ce qui renvoyait aux principes moraux, symboliques et religieux hérités du passé au prétexte qu’ils étaient attentatoires à la liberté pour chacun de choisir son mode de vie, ses principes, qu’ils étaient discriminatoires ( mot affreux entre tous). Mais par la grâce de cette initiative et des réactions des opposants formés à l’école de 68, on distingue désormais, jour après jour, que leur pensée recouvre une imposture (certainement ne s’en rendent-ils pas compte, pour la plupart d’entre eux). En fait, notre ordre politique est entièrement sommé de se soumettre à la métaphysique de l’indifférenciation. Et si les peuples n’y sont pas favorables, il faut alors organiser leur neutralisation comme vous l’avez clairement expliqué.
Cher monsieur, votre réaction est en fait salvatrice pour la pensée, car enfin nous allons pouvoir débattre terme à terme de la métaphysique qui est la vôtre et qui définit son plan de route à l’ordre libéral. Désormais l’ordre libéral ne peut plus faire croire à quiconque qu’il ne veut promouvoir qu’une stricte neutralité métaphysique ou religieuse dans un souci de paix civil et de concorde. Il est de part en part au service d’une métaphysique, il est la force agissante promouvant une certaine idée de l’homme. Nous allons donc pouvoir discuter à nouveau du fond des choses. Et notamment de cette question: est-ce que votre idée de l’homme est la bonne? Ce sujet est à nouveau devenu politique. Les masques sont tombés en Suisse et dans la foulée ils tombent également partout en Europe.
Vive la pensée libre, vive le vrai débat d’idées libéré de la logique de la diabolisation, de la stigmatisation.
(*)C’est ainsi que notre constitution dans son article 193 prévoit la révision totale de la constitution.
Julien Gunzinger
Votre éditorial du 14 décembre a particulièrement retenu mon attention. Le vote du peuple suisse du 29 novembre, qui n’a pas votre agrément, vous fait vous poser une grave question. Le peuple est-il réellement le souverain absolu ? Il est troublant de constater qu’à l’occasion de cette votation cette question se mette à tourmenter la génération de mai 68. L’une des personnes les plus représentatives de cette période, Daniel Cohn Bendit, a exprimé, dans des termes voisins des vôtres, sa réprobation de voir le peuple être saisi de ce genre de question. La ruse de la raison, que votre génération aimait à convoquer pour désigner à l’humanité son plan de marche, semble vouloir vous administrer une leçon dont vous paraissez cette fois incapable de percevoir l’enseignement. Votre génération, qui n’a eu de cesse de vouloir défendre le sujet souverain maître de son destin, de vouloir déboulonner la statue du commandeur, de vouloir mettre à bas toutes les autorités, dissoudre tous les tabous au nom de la liberté individuelle, au nom du désir par nature transgressif ( cette définition du désir est celle d’un autre enfant de 68, un certain Nicolas Sarkozy) ne se satisfait soudainement plus du choix d’un peuple composé de sujets souverains. Après avoir tant loué les vertus de la dissolution de tout ordre morale, de toute limite discriminatoire au prétexte qu’ils résulteraient d’un montage culturel arbitraire qui porte atteinte à la liberté de chacun, vous voilà à la recherche d’une limite pour tenir la bride aux sujets souverains que votre génération chérissait autrefois. Vous ne pouvez dès lors esquiver l’interpellation suivante : pourquoi donc ce choix là du peuple, précisément, vous jette ainsi hébété à la recherche d’un principe limitatif? Pourquoi sur un problème comme celui de l’avortement votre génération ne s’est-elle pas soucier d’un tel principe ?J'ai ma petite idée à ce sujet et je vais prendre le soin d'analyser votre éditorial pour vous l'exposer.
A vous lire, ce principe limitatif semble résider entièrement dans l’ordre juridique. La norme juridique internationale viendrait avantageusement limiter la volonté populaire. Cependant, il ne vous échappe pas, je pense, qu’invoquer l’ordre juridique, fût-il international, est une gageure. En effet tout ordre juridique, selon les principes du droit démocratique en vigueur dans les régimes libéraux, est fondé sur la souveraineté populaire. En ce sens aucun traité international ne peut se prévaloir de se situer au-dessus de la souveraineté populaire puisque pas même la constitution dans nos régimes démocratiques n’est au-dessus de la souveraineté populaire(*).C’est absolument imparable. La souveraineté est par nature illimitée. Si la souveraineté absolue réside dans le peuple, alors la démocratie n’a pas de limite. Tout ordre juridique ne fait en ce sens que figer la volonté du peuple à un certain instant. Il est à sa remorque et ne fonde aucune norme supérieure qui ne puisse être changée par la volonté du souverain. Or dans votre hâte à vouloir lui faire jouer le rôle de limite absolue vous ne faites que démontrer que votre conception de la liberté, du sujet souverain, a en fait pour vocation de consacrer un ordre métaphysique précis. Tant que la volonté populaire allait dans le sens de cette métaphysique il n’y avait rien à lui reprocher. Quelle est-elle cette métaphysique ? C’est celle qui veut que l’homme n’est tenu par aucune nature humaine, qu’il peut en conséquence se donner les principes qu’il souhaite car il est libre de déterminer ce qu’est le bien et le mal. Il est bien évident que c’est cette idée là qui anime fondamentalement l’ordre libéral, car le libéral qui penserait que l’homme a une nature humaine précise, ne pourrait que faire procéder le bien commun du respect de cette nature humaine. Il serait amené à devoir justifier que certaines formes de vie soient privilégiées plutôt que d’autres, à accepter le principe de discrimination et il ne serait tout simplement plus libéral. Tout l’ordre libéral repose donc sur la dogmatique de l’indifférenciation ( il n’y a pas de nature humaine, ou plutôt chacun peut choisir la sienne, c’est indifférent) qui promeut infailliblement une société où il est interdit de privilégier certaines valeurs morales, certains principes métaphysique ou religieux au prétexte que se serait faire violence à la liberté de chacun. D’où naturellement le silence de toutes les autorités morales de cette métaphysique sur les questions de l’avortement. Puisque l’avortement est une conquête de cet homme qui n’entend être soumis à aucune loi morale, aucun ordre transcendant. D’où la montée aux créneaux des ces mêmes autorités morales sur l’affaire des minarets, puisque le peuple a estimé que tout ne se valait pas, que notre pays doit se protéger de certains symboles religieux.
Tant que la volonté du peuple ne remettait pas en cause, par ses choix, la dogmatique de l’indifférenciation, il n’y avait pas de problème. L’espace publique pouvait être progressivement vidé de tout ce qui renvoyait aux principes moraux, symboliques et religieux hérités du passé au prétexte qu’ils étaient attentatoires à la liberté pour chacun de choisir son mode de vie, ses principes, qu’ils étaient discriminatoires ( mot affreux entre tous). Mais par la grâce de cette initiative et des réactions des opposants formés à l’école de 68, on distingue désormais, jour après jour, que leur pensée recouvre une imposture (certainement ne s’en rendent-ils pas compte, pour la plupart d’entre eux). En fait, notre ordre politique est entièrement sommé de se soumettre à la métaphysique de l’indifférenciation. Et si les peuples n’y sont pas favorables, il faut alors organiser leur neutralisation comme vous l’avez clairement expliqué.
Cher monsieur, votre réaction est en fait salvatrice pour la pensée, car enfin nous allons pouvoir débattre terme à terme de la métaphysique qui est la vôtre et qui définit son plan de route à l’ordre libéral. Désormais l’ordre libéral ne peut plus faire croire à quiconque qu’il ne veut promouvoir qu’une stricte neutralité métaphysique ou religieuse dans un souci de paix civil et de concorde. Il est de part en part au service d’une métaphysique, il est la force agissante promouvant une certaine idée de l’homme. Nous allons donc pouvoir discuter à nouveau du fond des choses. Et notamment de cette question: est-ce que votre idée de l’homme est la bonne? Ce sujet est à nouveau devenu politique. Les masques sont tombés en Suisse et dans la foulée ils tombent également partout en Europe.
Vive la pensée libre, vive le vrai débat d’idées libéré de la logique de la diabolisation, de la stigmatisation.
(*)C’est ainsi que notre constitution dans son article 193 prévoit la révision totale de la constitution.
Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Vendredi 18 Décembre 2009 à 14:54
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Blog d'un catholique jurassien
"Nous te prions, Seigneur, de faire de nous des combattants de la foi inflexibles et miséricordieux, témoins brûlants, dans ce monde ravagé par l’apostasie, de ton alliance nouée dans ton sang."
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