Dans le quotidien jurassien de lundi, monsieur Pierre- André Chapatte a remis la compresse sur l’amalgame entre célibat des prêtres et pédophilie. Certes il ne pose pas abruptement l’équation : célibat des prêtres = pédophilie. Mais il écrit « La question du célibat des prêtres reste posée, même si elle n’explique pas à elle seule les scandales de pédophilie. »
C’est donc dire que le célibat fait partie de l’explication. Abracadabra, le tour est joué !!! Il n’en faut pas plus pour attiser la haine. Car cette haine s’accroît à mesure que la campagne médiatique mensongère s’éternise. J’ai entendu de nombreuses personnes m’exprimer cette haine dans des termes très violents : « il faut leur couper les coui… à ces prêtres » ou encore « cette Eglise est un repère de sadiques ... » Personnellement, toute cette déferlante me désole, me blesse, me met les nerfs à vif. Je ne lévite pas sur un nuage de paix, de grâce et de tranquillité, je suis un combattant de l’Eglise et je ne permettrai à personne, dans mon environnement immédiat, de la salir, sans exiger d’elle qu’elle produise des arguments rigoureux, qu’elle étaie ses accusations.
Or précisément, la façon dont monsieur Chapatte traite, dans son dernier article, de thèmes religieux très importants( outre celui du célibat), comme ceux de la confession et de la spiritualité (*) ne contient aucune rigueur et relève des clichés les plus ridicules. Il faut être coupé de toute la réalité de l’Eglise pour se permettre d’écrire des choses aussi creuses, d’accréditer de telles aberrations.

(*) « C’est ensuite le sentiment d’impunité qu’a conféré longtemps au clergé son statut social. Le prêtre était une autorité qui avait une emprise sociale incontestable. C’est enfin la culture du pardon de l’Eglise qui a longtemps donné le sentiment que la confession valait rémission des fautes et dispensait de la justice des hommes. »

(*)« S’il y a matière à scandale, c’est bien d’abord au sein d’une Eglise qui s’est occupé davantage de morale que de spiritualité. »


Monsieur,

Vous aurez beau tordre le réel dans tous les sens, vous faire l’écho de toutes les désinformations, de toutes les manipulations, ouvrir vos colonnes à des prêtres tenant des propos scélérats amalgamant pédophilie et célibat des prêtres, vous n’aurez jamais ce que vous revendiquez. Jamais la question du célibat des prêtres ne relèvera d’un choix. Jamais l’Eglise catholique ne pliera face aux infamantes campagnes dont vous êtes, vous et le Qj, un des relais.
Tous les ressorts de vos truquages, de vos amalgames ont été mille fois analysés, décortiqués, dénoncés, mais vous revenez sans cesse à charge. Il suffit en effet d’investiguer une heure en dehors des sentiers battus de la propagande pour comprendre que toute cette boue dont on tente d’éclabousser l’Eglise procède des macérations des ennemis de l’Eglise. Osez monsieur Chapatte vous pencher sur le réel, osez, par exemple, exercer votre esprit critique quelques minutes sur les affaires que l’on nous a présentées comme mettant prétendument en cause Benoît XVI ( celle du New York Times, celle du Süddeutsche Zeitung), osez vous informer sur l’étude indépendante du John Jay College of Criminal Justice de la City University of New York qui établit que sur la même période aux USA (1950-2000) il y eut 100 prêtres (pour 109000 en exercice au cours de cette période) condamnés pour 6000 professeurs d’éducation physiques et d’entraîneurs sportifs. Si vous vous permettiez, par exemple, de mettre en cause les enseignants en amalgamant de façon grotesque sport et pédophilie, votre légèreté exploserait au grand jour. Mais avec l’Eglise on peut s'en donner à cœur joie. Ça vous ne vous interroge pas, vous, de voir à quel point l’Eglise catholique est certainement la seule institution, et a fortiori la seule religion, que l’on peut prendre outrageusement et impunément pour cible ? Quelque chose ne vous démange pas le cortex à la vue du décalage entre le réel et ce que les médias propagent?
Il est vrai que les idéologies qui ont formaté la génération 68 étaient parmi les plus dévastatrices, et les plus aliénantes, corsetant les esprits, les retranchant du réel avec une vigueur dialectique sans précédant. Je peux ainsi parfaitement concevoir qu’il n’est pas aisé pour vous de retrouver le chemin du réel. Pour vous aider cependant à y parvenir, voici une analyse que P. Paul Marx, fondateur de Human Life International, a envoyé au Population Research Institute. Il s’agit d’une réflexion intitulée « Les prophéties d’Humanæ Vitæ »
"Le 25 juillet 1968, l’encyclique Humanæ Vitæ de Paul VI réaffirmait l’enseignement catholique sur la vie, l’amour et la sexualité humaine. Dans ce texte, il dressait la liste des conséquences d’une existence vécue en dehors de l’enseignement catholique. Il prédisait que :
1. La contraception conduirait à l’infidélité conjugale.
2. La pratique contraceptive conduirait à “un abaissement général de la moralité”.
3. La contraception conduirait les hommes à cesser de respecter le femmes dans leur intégralité, et les amènerait à traiter les femmes comme “de simples instruments du plaisir égoïste” plutôt que comme des partenaires chéries.
4. Et, finalement, l’acceptation généralisée de la contraception au sein des couples conduirait à l’imposition massive de la contraception par des gouvernements sans scrupule.
En d’autres mots, le pape Paul VI prédisait que la contraception évoluerait d’un “choix de mode de vie” à une arme de destruction massive. Comme sa prophétie a été affreusement justifiée par les programmes de contrôle démographique et de stérilisation imposée, par la réduction des taux de fécondité et la promotion de l’avortement pratiquement partout dans le monde. La destruction par la contraception de l’intégrité de l’acte marital – unitif et procréatif – a de terribles conséquences pour la société et pour nos âmes. La contraception, pour le dire autrement, est le rejet de la manière dont Dieu voit la réalité. C’est un coin enfoncé dans dans la sphère de communion la plus intime que l’homme puisse connaître en dehors du Saint Sacrement de la Messe. C’est un poison dégradant qui flétrit la vie et l’amour, dans le mariage comme dans la société. En brisant le lien ordonné, naturel et divin, entre le sexe et la procréation, les hommes et les femmes – mais plus particulièrement les hommes – se concentreront sur les possibilités hédonistes qu’offre le sexe. Les gens cesseront de considérer le sexe comme quelque chose qui était intrinsèquement lié à une nouvelle vie et au sacrement du mariage. Quelqu’un peut-il douter que c’est là où nous en sommes aujourd’hui ?
"

Tout est dit. L’Eglise, l’empêcheuse de jouir en rond, aux yeux de la génération 68 avait su - avant même la prise de pouvoir de la génération 68 - parfaitement diagnostiquer le mal dans lequel allait sombrer la société. C’était elle qui était avant-gardiste, et qui le sera toujours. C’est cela que l’on ne lui pardonne pas : de dire la vérité. C’est pour cela que se déchaînent sur elle tous les mensonges, les amalgames, les scélératesses. Un jour viendra où toute la lumière sera faite, où tout sera mis à nu.
On ne méditera jamais assez les paraboles du Christ, notamment celle en Luc 19,15-27.

Cordialement

Julien Gunzinger

Rédigé par Julien Gunzinger le Mardi 30 Mars 2010 à 10:15 | Commentaires (2)

Commentaires

1.Posté par Marcel Wanger le 07/04/2010 15:59
Notre PAC trouve enfin quelqu´un pour lui faire face. Après des années de monopole voici enfin la fin d´un règne et surtout d´un style.

Nous nous sommes un peu fatigués de sa vision très personnelle de l´Eglise catholique.

Place à une nouvelle vision de l´Eglise catholique romaine dé68tardisée.

Marcel

2.Posté par Aglae d'Assilia le 09/04/2010 14:04
Très bien dit, Monsieur Guntzinger.


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