Une initiative qui relance le combat !

L’initiative qui conteste le remboursement de l’avortement par l’assurance de base a donc finalement abouti. Le système politique et médiatique oblige désormais à ruser pour tenter de regagner des voix dans ce combat contre cette  monstruosité qu’est l’avortement. C’est pourquoi cette initiative ne pose pas frontalement la question de la légalité de l’avortement. Elle cherche à recréer une dynamique d’hostilité à l’avortement. Je lui en sais gré même si elle met largement en avant des questions d’ordre économique.

Il faut être de mauvaise foi comme seuls savent l’être certains journalistes pour faire grief au comité d’initiative de ne pas oser exprimer le fond de leur pensée. Sur un sujet aussi crucial, comment, lorsque l’on sait les enjeux ultimes liés à cette question, le dressage que l’opinion subit par les mêmes journalistes, ne pas tenter par des voies latérales de chercher à subvertir l’ordre moral et meurtrier actuel qui stigmatise comme obscurantistes, fascos ou intégristes les opposants à l’avortement.

 

Dans son éditorial d’hier, monsieur Pierre André Chapatte témoigne, pour sa part, à son corps défendant ( car son propos est de nous convaincre que la Suisse est très responsable vis-à-vis de l’avortement, qu’elle ne prend pas du tout le problème à la légère) de la banalisation effroyable que subit cette pratique  monstrueuse. Ne le compare-t-il pas en effet  à une vaccination ?    « Exclure l’IVG de l’assurance de base au prétexte qu’elle porte atteinte à l’éthique personnelle serait enfin contraire à la solidarité dans notre système de santé. D’autres thérapies ne font pas l’unanimité – voyez par exemple la procréation assistée, les vaccinations. »

Il se trouve que ma femme est exactement enceinte de 10 semaines. La photo  qui illustre cet article est précisément celle de la main d’un malheureux bébé qui a été victime d’un avortement à dix semaines, soit le terme du délai légal pour avorter sans condition en Suisse. Pour avorter au-delà de ce délai une femme doit faire valoir des risques de santé ou de détresse profonde, ce qui est le cas de 6% des avortements en Suisse(*). Puisse cette photo ouvrir les yeux à tous les messieurs Chapatte de la terre.

L’ordre moral inversé meurtrier a provoqué un tel aveuglement intellectuel et moral que tous les moyens sont bons pour tenter de le détruire. L’initiative fait valoir des raisons économiques, pourquoi pas ! Tout est bon à prendre dès lors que sont en jeu la vie des créatures les plus innocentes qui soient et le salut de ceux qui soutiennent et pratiquent l’avortement.

 

(*) si vous cliquez sur le lien en dessous vous verrez une photo particulièrement insoutenable, celle d’un bébé avorté à 24 semaines comme cela est possible en Suisse. Je dissuade les personnes sensibles de cliquer sur ce lien, mais j’aimerais que cette photo prive  de sommeil tous les journalistes qui sont de mauvaise foi ou qui associent la question éthique de l’avortement à celle de la vaccination.  

 

Julien Gunzinger

Rédigé par Julien Gunzinger le Mercredi 6 Juillet 2011 à 07:01 | Commentaires (0)
Année après année il se confirme que les éditoriaux de monsieur Chapatte, dans le Quotidien jurassien, relatifs au pape et à l’Eglise catholique sont des concentrés de tous les clichés et de toutes les contre-vérités ventilés par la doxa. Il est vrai qu’il n’est pas le seul dans sa profession à se faire ainsi le perroquet de la doxa, tant les journalistes qui traitent de ces questions dans les médias officiels ont généralement autant de moyens(intellectuels et spirituels) pour le faire qu’un hippopotame pour jouer de la clarinette.

L’éditorial dont monsieur Chapatte nous gratifie aujourd’hui au sujet de la récente déclaration du pape concernant le préservatif n’échappe naturellement pas à cette règle. Monsieur Chapatte recourt ainsi à toute une mise en scène rhétorique pour parvenir à l’effet désiré : l’Eglise catholique, à travers la personne du pape, est en décalage avec la réalité, a toujours un wagon de retard avec les nécessités du temps.

Analysons un peu la méthode faite d'outrance, de déformation, d’omissions et d’affirmations gratuites. Cela se révélera très instructif sur la réelle connaissance qu’a la corporation des commentateurs autorisés (quoique « illégitimes ») des enseignements de l’Eglise.

Monsieur Chapatte écrit que pour la première fois un pape ose désormais parler du préservatif sans le dénoncer comme un mal absolu. C’est donc que cela a été fait par le passé. C’est naturellement une sottise totale, puisque si l’Eglise a toujours considéré comme un mal la contraception, ce n’est qu’à l’acharnement médiatique que l’on doit cette impression que le préservatif est devenu sa seule préoccupation. Réellement, l’Eglise, par la voix du pape, n’a jamais parlé dans une encyclique du préservatif, ni dans Humanae vitae, ni dans Centesimus annus, ni dans Evangelium vitae. Par contre d’une façon infiniment subtile, belle et mystique les papes ont expliqué la place qu'occupe la sexualité dans le projet divin.

Mais il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, et pire journaliste que celui qui impute péremptoirement des propos à une personne qu’il ne se donne pas la peine de lire. La preuve, monsieur Chapatte, quelques lignes plus haut, reprend une des ses antiennes favorites « Rome s’est cependant préoccupée trop longtemps de morale seulement et pas assez de foi et de charité. »

Pour écrire une chose pareille il faut s’ endormir sur l’essentiel des encycliques produites par le magistère pour n’être réveillé que lorsque le boucan médiatique tire à vue sur l’une d’elles évoquant des points de morale. Il faut résumer l’enseignement de l’Eglise à ce que votre attention issue d'un dressage pavlovien a su capter.

La démonstration est facile à faire. Jean Paul II a écrit une quinzaine d’encycliques. Quatre d’entre elles ont ouvertement un contenu moral, les autres traitent de l’eucharistie, d’œcuménisme, de l’Esprit Saint, de la miséricorde de Dieu, de la mission etc. Sur les 4 encycliques à portée morale, deux abordent les questions d’éthique sexuelle, les deux autres parlent de doctrine sociale.
Voyons ce qu’il en est avec Benoît XVI. Trois encycliques à ce jour. Une encyclique à contenu morale, mais relative à la doctrine sociale. Aucune ne portant sur l’éthique sexuelle. (on peut faire la même démonstration avec les papes antérieurs naturellement).

Mais à quoi servent alors ces clichés propagés de façon constante? A quoi servent ces déformations et contre-vérités répétées à satiété (certainement servilement, par conformisme, sans intention de mentir)? A laisser entendre que l’Eglise est crispée sur les questions de morale et à fortiori sur le PRESERVATIF, qu'elle est à mille années lumières des réalités de ce monde. Elles servent à créer une image rebutante de l’Eglise.

Ce premier résultat obtenu, monsieur Chapatte, peut, par contraste, se montrer grand seigneur, ouvert et tolérant en félicitant le pape pour ses récents progrès. Il écrit « Il est donc remarquable que ce même pape tienne quelques mois plus tard un langage plus nuancé. » et un peu plus loin « Le réalisme a fini toutefois par s’imposer au pape » Si j’avais le talent de Flaubert, une telle condescendance pourrait m’inspirer la création d’un Homais à la puissance dix. Mais voyons ce qui suscite cet élan de contentement de soi chez ce monsieur Homais qui fait dans le journalisme. Il s’agit naturellement de la phrase du pape dans laquelle ses détracteurs ont l’impression qu’il s’est rendu à leurs arguments. Monsieur Chapatte produit un extrait de la déclaration, mais en omettant de mentionner avec précision l’exemple que le pape à pris pour illustrer son propos. Or en s’y référant, il devient aisé de comprendre que Benoît XVI, contrairement à ce que prétendent tous les journalistes alignés sur leur ignorance(ce qui ne les empêche nullement de se gonfler de suffisance) ne fait que développer un propos qu’il avait déjà tenu il y a plusieurs années.

En effet, du temps où il s’appelait Joseph Ratzinger, l’actuel Benoît XVI s’était livré, devant des journalistes de la presse étrangère en Italie, à un commentaire très intéressant d’un discours tenu par Jean Paul II sur la question du sida (*) Jospeh Ratzinger expliquait « Se polariser sur le préservatif comme moyen de prévention, c’est mettre au second plan toutes les réalités et tous les éléments humains qui entourent le malade, et qui doivent demeurer présents dans notre réflexion. La question du préservatif est marginale, je dirais casuistique. » Or la casuistique, précise Tony Anatrella, dans le livre d’où je tire cet extrait, est « une démarche de réflexion morale appliquée à un cas précis(étude d’un cas), en vue de prendre une décision réfléchie et responsable. Dans cette étude, on tient compte de la situation de la personne, de ce que disent les principes de théologie morale et le droit canon, mais aussi les sciences pour éclairer le débat. »(l’Eglise et l’amour). C’est donc dire que le préservatif ne peut être un mal absolu ( comme l’est par exemple la mise à mort de quelqu’un pour la seule raison qu’il est d'une origine décrétée nuisible ou inférieure).


Nos messieurs Homais qui font dans le journalisme devraient donc s’instruire un minimum avant de déblatérer que ce même pape tient désormais des propos plus nuancés. Car l’exemple que prend le pape pour présenter l’usage du préservatif comme un éventuel moyen de vivre de façon plus humaine sa sexualité est très précis. Cela concerne un prostitué mâle. En l’occurrence le fait de mettre un préservatif n’a aucune finalité contraceptive. Cela n’a qu’une finalité préventive dans le cadre d’une relation moralement d’ores et déjà doublement inacceptable. Un peu comme si lors d’un braquage avec prise d'otages un des braqueurs refusait de se servir d’une arme chargée. Son acte serait totalement condamnable, mais à un degré moindre que celui de son complice disposant d’une arme chargée. Comme le dit le pape, l’usage d’un préservatif dans l’exemple du prostitué mâle n’est pas considéré par l’Eglise comme une « une solution réelle, ou morale ».

Bref tout le propos de monsieur Homais est à côté, ce n'est qu'une pure construction fantasmatique. Et son final est à l’image de tout le reste, du pur jus de cervelle porté à ébullition par un imaginaire déréglé et par de mauvaises lectures.. « Les affaires de pédophilie qui secoue l’Eglise ont sans doute contribué à cette approche plus pragmatique des problèmes. Les événements ont contraint Benoît XVI à prendre en compte toute la dimension des souffrances humaines, pour les victimes de la pédophilie, mais aussi celles du sida. » Mêler les réflexions du pape sur le préservatif au problème de la pédophilie de certains prêtres n’a aucun sens. C’est une fois de plus chercher à amalgamer des questions qui n’ont rien à voir. Et puis, monsieur Chapatte croit-il vraiment que le pape ne peut prendre la mesure des souffrances du monde que lorsque l’Eglise est elle-même frappée? Croit-il être le seul à être touché par les souffrances humaines? Monsieur Chapatte enchaîne « Rome ne pouvait donc ignorer plus longtemps que le sida infecte encore chaque jour 7000 personnes dans le monde (chiffres de l’ONU), surtout en Afrique où les trois quarts en meurent. » Monsieur Homais croit-il vraiment que l’Eglise se complaisait dans une sorte d’indifférence de confort jusqu’aux récents propos du pape ? On touche ici à la quintessence de l’absurde. Surtout quand il a été prouvé que tous les arguments de notre éditorialiste virtuose ne reposent sur rien. Mais monsieur Chapatte montre en fait réellement ici son vrai visage, car tout comme monsieur Homais prétendait être entièrement préoccupé du sort de son prochain alors que ses proches sombraient sous yeux sans qu’il s’en aperçoive, monsieur Chapatte continue de soutenir dur comme fer que le préservatif est la solution en Afrique, alors que tout indique qu'il fait partie du problème. (**)


(*)(15 novembre 1989, l’Eglise face au sida. Discours dans lequel le pape d’alors ne parla jamais du préservatif).

(**)Rapport de l’Illinois Right to Life Committee. : "En fait, l’étude indique que, sur 42 femmes dont les partenaires ont toujours utilisé des préservatifs, 12 ont contracté le HPV. Ainsi, 28.5% des femmes ont attrapé le HPV même avec une utilisation à 100% du préservatif", a déclaré William Beckman, directeur exécutif de l’Illinois Right to Life Committee.
"Qui pourrait considérer cela comme un taux d’échec acceptable alors qu’il s’agit de risquer sa vie avec un virus cancérigène ?"
Conclusion :
"Si cette étude est la preuve de quoi que ce soit, c’est la preuve que les préservatifs n’assurent pas une protection satisfaisante contre le HPV. C’était la position prise par les défenseurs de l’abstinence en premier lieu. Cette étude ne va certes bousculer leur position".

Mgr Hugh Slattery, évêque de Tzaneen, en Afrique du Sud :
"L'Afrique du Sud et les pays voisins du Botswana et du Swaziland ont les taux d'infection les plus élevés au monde et les taux de distribution de préservatifs également les plus élevés. La conclusion est évidente : plus de préservatifs signifient plus de cas de SIDA et plus de morts. Il est bien sûr ‘politiquement incorrect' aussi bien ici que dans le monde occidental, d'envisager l'éventualité que le préservatif puisse en réalité alimenter cette maladie mortelle au lieu de la freiner"

Deux études scientifiques américaines qui précisent que le préservatif renforce la propagation du Sida : ici et ici

Edward C. Green est directeur du Projet de recherche sur la prévention du sida à la prestigieuse université de Harvard aux Etats-Unis. Voilà ce qu’il déclare dans la National Review Online « Le Pape a raison. Ou pour répondre plus précisément : les meilleures données dont nous disposons confirment les propos du Pape. » « Il existe une relation systématique, mise en évidence par nos meilleures enquêtes, y compris pris celles menées par l’organisme “Demographic Health Surveys” financé par les Etats-Unis, entre l’accès facilité aux préservatifs et leur usage plus fréquent et des taux d’infection par le virus du sida plus élevés, et non plus faibles. Cela pourrait être dû en partie au phénomène connu sous le nom de “compensation du risque”, ce qui veut dire que lorsque l’on a recours à une “technologie” de réduction du risque comme le préservatif, l’on perd souvent le bénéfice lié à la réduction du risque par une “compensation” qui consiste à prendre davantage de risques qu’on ne le ferait en l’absence de technologie de réduction du risque. »
Autrement dit, le préservatif diminue le risque de contamination – sans l’annuler - mais favorise les comportements à risques qui aboutissent à davantage de contaminations.

Plus important encore, les chiffres de l’ONU pour l’Afrique sont parfaitement éloquents. Partout où l’éducation, l’abstinence et la fidélité ont été promues plutôt que la simple distribution de préservatifs, la progression du sida a été enrayée. De même lorsque les jeunes retardent l’âge de leur premier rapport et ne multiplient par les partenaires la séropositivité chute généralement de 50%. Cela a été constaté au Zimbabwe, au Burkina Faso, en Ethiopie, au Cameroun. Les morts y sont en nette diminution : – 200 000 par rapport à 2006 et 2007. En Ouganda, où l’Eglises, en coopération avec le gouvernement, a particulièrement pu sensibilisé la population aux thèmes de l’abstinence et de fidélité, le taux d’infection est tombé de 15 à 5%. Désormais 6,2% des Ougandais de 15 à 49 ans sont séropositifs, ils étaient 15% au début des années 1990. Par contraste, le taux d’infection progresse dans d’autres pays où les campagnes ne se sont fondées que sur le préservatif.

Mgr N’Koué, évêque de Natitingou dans le Nord du Bénin

"Lors de la rencontre des évêques du Bénin et d’une délégation du ministère de la santé à Kandi, le 23 novembre dernier, la délégation ministérielle a bien reconnu l’efficacité des moyens préconisés par l’Eglise ; de là une question : pourquoi ne met-on pas autant de vigueur et d’investissement pour promouvoir ces deux moyens ? Non seulement on ne les prend pas en compte, mais encore on les occulte, ce qui est encore plus coupable. Cette délégation a reconnu aussi que le préservatif en latex n’est pas fiable à 100%. Elle a aussi reconnu que la chaleur chez nous et le peu de soin qu’on porte à la conservation des produits pharmaceutiques détériorent les préservatifs et diminuent encore leur supposée efficacité. (...)
Plus on fait la promotion du préservatif, plus on encourage les dépravations sexuelles et plus le nombre de cas de sida augmente. Les statistiques nous disent que l’année dernière il y a eu en Afrique 2,4 millions de victimes. Le sida tuerait 11 fois plus que nos guerres ethniques. Cela ne peut réjouir que ceux qui proclament que l’Afrique est surpeuplée. Il y a des voies plus puissantes, plus efficaces et surtout plus humaines que le préservatif : l’éducation intégrale des adolescents et des jeunes, l’usage responsable de la sexualité. L’exhortation au port du préservatif tend à dévaloriser la sexualité et à l’ordonner au seul plaisir immédiat. Le sexe sans amour nous rabaisse au rang de l’animal ou de la bête en chaleur. Il est urgent de retrouver le chemin du bon sens et de la responsabilité. «Errare humanum est», on peut se tromper mais persévérer dans son erreur c’est diabolique. Et c’est triste de savoir que ce sont nos pauvres piécettes qui font tourner les usines des pays étrangers qui fabriquent ces préservatifs qui ne préservent pas. Pauvre Afrique, secoue la tête et dis NON au préservatif. Aie pitié des nombreux orphelins abandonnés à leur sort."!



Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Mardi 23 Novembre 2010 à 13:38 | Commentaires (2)
Ceux deux derniers jours, nous avons eu droit, coup sur coup, à deux belles envolées d’indignation de notre grande conscience morale jurassienne : Pierre-André Chapatte. Sa première charge était dirigée contre l’initiative favorable à la réintroduction de la peine de mort pour les meurtres avec abus sexuel, sa seconde contre le durcissement de la politique de Sarkozy à l’égard des Roms et la délinquance d’origine étrangère. Passons en revue quelques-uns des arguments que Monsieur Chapatte invoque pour s’ériger en juge de moralité.

ce que cache la relégation morale


Monsieur Chapatte écrit dans son premier éditorial « Le lancement d’une initiative populaire pour rétablir la peine de mort en cas de meurtre avec abus sexuel nous rappelle avec stupeur que ces libertés peuvent aller jusqu’à verser dans l’ignominie. » Avec le terme d’ignominie monsieur Chapatte se situe donc d’entrée, pour réprouver le contenu de cette initiative ( qui, au passage, émane des parents de victimes de pervers sexuels) sur le plan moral. Selon lui, l'abolition de la peine de mort est un principe qui doit être considéré comme définitivement acquis. C’est parfaitement son droit de l’estimer tel. Reste que cela pose un grave problème philosophique. Si la condamnation de la peine de mort est un principe, c'est qu'il n'est pas contingent. C'est ce que monsieur Chapatte semble soutenir lorsqu'il écrit "Tout de même, s’il est un principe dont on pouvait penser qu’il était admis une bonne fois pour toutes, c’était bien l’abolition de la peine de mort." La peine de mort doit donc être regardée comme condamnable en tout temps et en tout lieu. Quelques soient les circonstances, exécuter un homme c'est toujours commettre une grave injustice à l'égard de la dignité de la nature humaine. Ce principe ne peut donc, pour se justifier, que s’adosser à une vision progressiste de l’histoire, puisqu’au temps de la chrétienté, par exemple, la peine de mort était considérée comme légitime. Il faut donc en conclure que nous avons moralement progressé par rapport aux "âges obscurs de la chrétienté". Situer l’abolition de la peine de mort au rang de principe et non pas au niveau de la règle de droit contingente vous situe alors de facto dans le champ philosophique d’une vision du monde bien précise qui fait de la catégorie du Progrès le moteur de l’histoire : l’homme progresse moralement et ce progrès est immanent à l’histoire, peu à peu l’homme sort de l’âge des Ténèbres, Youpiii ! En l'occurrence, la rhétorique de l’ignominie masque donc l’appartenance de celui qui y recourt à un horizon philosophique bien précis.

l'idéologie dissimulée derrière le moralisme de la bienpensance


Asséner des jugements qui déchoient de leur moralité vos opposants relève d’une pratique très courante dans le monde de la bienpensance qui domine les médias. C’est une façon très commode d’imposer sa vision du monde ( consciemment ou non). C’est le béaba du terrorisme intellectuel. Mais pour que cela porte, il faut veiller à occulter l’arrière fond philosophique auquel est adossée cette morale, laisser croire qu’il va de soi. C’est ainsi que monsieur Chapatte, après avoir sentencieusement rétrogradé moralement ceux qui n’adhèrent pas à sa vision du monde, invoque le formalisme juridique pour verrouiller tout débat sur la question de la peine de mort. Le droit suisse ne permet pas selon lui que l’on revienne sur l’abolition de la peine de mort, puisque la Suisse a ratifié le CEDH. L’argument juridique souffre déjà d’une première insuffisance, car il n’y a pas en Suisse à proprement parler de hiérarchie des normes juridiques. « La Suisse ne dispose certes pas d'une stricte hiérarchie des normes, mais le droit international prime en principe les lois fédérales, tout au moins lorsque le législateur fédéral n'a pas voulu sciemment adopter une règle contraire au droit international. » précise le conseil fédéral dans une réponse sibylline faite à monsieur Mörgeli.

De plus, l’article de monsieur Chapatte est très révélateur, car c’est bien au nom de la morale qu’il récuse en premier lieu cette initiative pour ensuite invoquer le formalisme juridique. Or le formalisme juridique entend précisément n’avoir aucune préoccupation morale, ne relevant que d’une logique procédurale. C’est naturellement une position insoutenable puisque le droit est plus petit que l’ensemble des relations humaines, il ne peut, en conséquence, selon le célèbre juriste français Jean Carbonnier, se substituer à la norme véritable qui relève d’une croyance partagée. En cherchant à marier ces deux arguments hétérogènes ( morale et formalisme juridique), monsieur Chapatte lève en fait tout simplement le voile sur la conception qu’il se fait de la démocratie ( qui est également celle non assumé et non avoué du formalisme juridique) : la démocratie est légitime quand elle entérine ses options philosophiques, ses valeurs mais elle est populiste lorsqu’elle prétend s’y soustraire. La diabolisation morale de l’adversaire, que permet la rhétorique de l’ignominie, n’a d’autre fonction que de dissimuler ce tour de passe-passe intellectuel(*).

les apories de la démocratie libérale


L’éditorial de monsieur Chapatte nous plonge en fait dans le profond paradoxe de la démocratie libérale qui revendique une parfaite neutralité axiologique. Il n’en est naturellement jamais rien. Aucun régime politique ne peut être neutre, puisque la dynamique profonde des hommes, qui les conduit à à s’unir pour se constituer en tribus puis en nation, repose sur des croyances communes, généralement structurées autour d'une foi commune. Tout État a à charge de défendre cette croyance commune, puisqu’il a assurer la pérennité de son peuple. C’est ce qui fait toute la légitimité d’un débat sur l’identité nationale, comme celui que Sarkozy a tenté de lancer en France, mais qui a été torpillé par la bienpensance précisément parce que celle-ci entend substituer à la réalité des nations ( leur origine religieuses et métaphysiques à la source de leurs valeurs, de leur morale) le principe libéral de neutralité, qui se décline en idéologie d'indifférence ( toutes les croyances se valent) et de métissage( toutes les cultures doivent être brassées). Le libéralisme est donc la pire des escroqueries puisqu’il promeut de facto une idéologie en prétendant être neutre. Il est tout à la fois le chancre des nations européennes et de la démocratie car celle-ci ne saurait être opérationnelle dans l’infidélité aux deux traditions dont elle est issue : la tradition gréco-latine et la tradition chrétienne. La démocratie est donc rigoureusement obligée d’être discriminatoire, de privilégier les traditions dont sont issues les nations qui l’ont élue. Toute prétention de sa part à vouloir s’affranchir de son lignage la condamnera. Car la démocratie, en effet, n’est jamais qu’un régime politique dont se sont dotées les nations issues de ce lignage. Si la démocratie ne remplit plus son rôle, qui est d’assurer la survie de ces peuples, ceux-ci seront légitimés à renoncer à elle. Or le logiciel libéral travaille depuis longtemps à saper les bases des identités nationales en promouvant des principes philosophiques qui sont aux antipodes de ceux des deux traditions évoquées. Le logiciel libéral a en effet comme ressort principal l’idée que la société n’est soumise à aucune loi naturelle transcendante, qu’il n’existe aucun ordre transcendant auquel la société doit être configurée. C’est la position de Créon contre Antigone et la suggestion faite par le serpent à Eve. Le logiciel libéral conçoit l'homme de façon abstraite comme un être totalement souverain qui n’a pas à être formé en vue d’un bien qui lui est transcendant. Le logiciel libéral récuse toute idée du bien transcendant, abandonnant aux individualités le soin d’élire le bien de leur choix. Au niveau de l’organisation politique d’une telle société atomisée, plus aucune discrimination favorisant tel type de bien plutôt que tel autre ne peut dès lors être autorisée. La vie politique en régime libéral ne peut donc que progressivement prendre le contre-pied des traditions profondes des nations européennes. Les grands visionnaires, comme les papes du XVIIIe et XIXe siècle, avaient parfaitement compris la logique dévastatrice du libéralisme. A partir de l’analyse de ses principes ils anticipaient les conséquences du libéralisme. A l’aube du XXIe siècle, nous mangeons pour notre part quotidiennement ses fruits pourris : pornocratisation des mœurs, dévastation du lien social, explosion de la délinquance, dévastation de la famille, matérialisme, destruction de la morale économique…


des bienfaits du débat sur l'identité nationale

C’est bien pourquoi il est plus urgent que jamais - c’est peut-être la dernière chance pour la démocratie - d’engager des débats sur l'identité nationale. Mais c’est pourquoi également les séides du système font tout pour en contester la légitimité. Ce qui donne sous la plume de monsieur Chapatte, dans son second éditorial : « La France républicaine est méconnaissable. Elle commence par ouvrir un débat scabreux sur l’identité française. Elle s’engage ensuite sur le terrain glissant de l’amalgame entre immigration et criminalité. » L’enjeu est énorme. C’est tout simplement de l’âme de nos nations et de notre civilisation dont il est question. Allons-nous vers une super-démocratie évidée de toute substance, expurgée du sang de nos pères, sans plus aucune piété filiale, allons-nous vers cet âme articielle et métallique qu’il est nécessaire de forger pour l’avènement du règne du petit consommateur décervelé, que l’on peut tondre à loisir, jouet des manipulations de l’oligarchie ou sommes-nous encore capables de grandeur, aspirons-nous encore à dilater nos âmes pour les rendre dignes de la de la mission qui nous a été donnée et qui a fait la grandeur de l’Europe : allez par toutes les nations les baptiser au nom du père, du fils et du saint esprit ?


l'ère du mépris, le triomphe de la culture de la mort


Depuis 30 ans maintenant, depuis que la gauche a troqué les habits de la révolution économico-sociale pour ceux de la révolution sociétale, la culture officielle, les médias lui ont emboîté le pas pour permettre à la dynamique interne au libéralisme de franchir un nouveau seuil. Les grandes incantations morales au nom de la lutte contre les discriminations ont servi à faire honte à celles et ceux qui ne considèrent pas que tous les mœurs se valent ou que toutes les traditions se valent. Par de subtils instrumentalisations de l’actualité ( sida, profanation de cimetières juifs, vandalisme contre des mosquées, terrorisme) on a frappé d'infamie morale celles et ceux qui estimaient qu’il fallait se donner les moyens d’assimiler à nos traditions les populations étrangères, celles et ceux qui pensaient que l’Etat avait à promouvoir un certain type de mœurs et à soutenir la famille et la natalité. Tout cela a été parfaitement réfléchi en certains milieux pour créer une situation de multiculturalisme explosif, pour empêcher tout retour en arrière et présenter ensuite le multiculturalisme non plus comme un simple état de fait mais comme un principe.

Sans débat de fond sur nos identités nationales nous ne nous en sortirons pas. Tout autre démarche ne peut que conduire ceux-là mêmes qui ont participé au déploiement de l’idéologie multiculturelle à utiliser à des fins électoralistes la violence que sème leur idéologie. Ce que fait effectivement monsieur Sarkozy. Nous donnons raison sur ce point à monsieur Chapatte. Les mesures d'expulsions prises contre les Roms ne servent que d'écran de fumée pour ne pas avoir à traiter à la racine le problème que pose l'immigration et surtout l'idéologie libérale et multiculturelle. Mais il ne faut pas être dupe, dans l'agenda libéral, Sarkozy joue la figure du dur intransigeant que la gauche libérale, tendance bisounours, présente comme celle du salaud, raciste limite nazi. Or tout cela n'est que du théâtre pour ne pas avoir revenir sur la dogmatique libérale et multiculturelle. Sarkozy a à plusieurs reprises exprimé son adhésion totale à cette dogmatique(**). En clair les Roms ne sont que les bouc-émissaires d'une opération de communication destinée à faire croire que le problème d'immigration, de délinquance étrangère et de d'identité nationale sont traités lors même qu'il n'en est rien.



(*) dans un précédent éditorial de monsieur Chapatte( analysé ici ), celui-ci suivait déjà la même ligne, condamnant la démocratie quand elle ne servait pas les fins qu’il lui avait assignées.

(**)le 17 décembre 2008, à Polytechnique, Sarkozy s'est exprimé en ces termes : « L’objectif, c’est relever le défi du métissage. (…) Ce n’est pas un choix, c’est une obligation. (…) On ne peut pas faire autrement. Au risque de nous trouver confrontés à des problèmes considérables. (comme si les problèmes n’étaient pas la conséquence de leur politique ils veulent maintenant rejeter la faute sur le peuple) Nous devons changer (…) partout en même temps, dans l’entreprise, dans les administrations, à l’éducation, dans les partis politiques. Et on va se mettre des obligations de résultat. Si ce volontarisme républicain ne fonctionnait pas, il faudra alors que la République passe à des méthodes plus contraignantes encore. »


Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Mardi 24 Août 2010 à 15:40 | Commentaires (0)
Le Quotidien jurassien ne pouvait pas me faire un plus beau cadeau, le 6 juillet, jour de mon anniversaire, il a en effet publié un article puissamment inspiré, comme chaque fois qu'il traite un sujet relatif à l’Eglise catholique. La journaliste Catherine Jouault, de l'AFP, après avoir relevé les récentes nominations à la curie, conclut en se demandant si Benoît XVI a vraiment la volonté d’appliquer le programme de décentralisation et de collégialité voulue par Vatican II. Se blotissant derrière l’autorité d’un autre journaliste, Giancarlo Zizola , Catherine Jouault écrit « Pour M. Zizola, les récents mouvements «sont un pas en avant» dans la «nécessaire réforme générale de la curie romaine». Mais il en faudra d’autres pour que Benoît XVI soit «le pape qui a fait les modifications définies par le Concile Vatican II (1962-1965) que Jean Paul II n’a pas eu le courage de faire», à savoir: «réduction de la curie, décentralisation du pouvoir et gouvernement collégial de l’Eglise».

Les journalistes sont généralement totalement incultes en matière religieuse, ne faisant que propager les modes de l’air du temps, jouets dociles des réels forgeurs d’opinion. Ainsi, Vatican II a été l’objet de l'une des plus grandes manipulations médiatique de ces 40 dernières années. Rapidement il a été instrumentalisé pour lui faire dire le contraire de ce qu’il développait et pour le détourner des intentions qui étaient les siennes. L’esprit grégaire qui anime beaucoup de journalistes - qu’ils prennent étrangement pour un trait de « progressisme » - a largement contribué à cette manœuvre. Ils ont ainsi cherché à imputer la même signification à la collégialité dont parle Vatican II qu’à celle qui est au principe du mode de fonctionnement de certaines institutions politiques ( comme c’est le cas en Suisse), à savoir un système de gouvernement où les décisions procèdent d’un organe collectif dont les membres ont des pouvoirs égaux. Or, s’ils s’étaient donné la peine d’aller voir dans le texte de la constitution dogmatique de l’Eglise, Lumen Gentium, ils auraient compris que cela n’a jamais été le sens que l’Eglise donne à la collégialité. Le prétendre c’est croire que Vatican II aurait aboli Pastor Æternus, ce qui ne fait qu’attester encore plus l’incompétence de ceux qui le soutiennent. C’est ainsi qu’avant de nous raconter des sornettes, le journaliste auquel le QJ ouvre ses colonnes ( mais la rédaction du QJ tout autant) aurait pu constater en lisant Lumen gentium que le pouvoir du souverain pontife ne se dilue dans aucune collégialité. En effet, Lumen gentium rappelle que le pape a la plénitude de juridiction sur l’Église entière, et c’est là, conformément donc à la Constitution Pastor Aeternus de Vatican I, un pouvoir direct, plénier et immédiat sur l’ensemble des évêques, des diocèses et des fidèles. C’est ce qui est rappelé dans la note explicative de Lumen Gentium. « Quand l’action du chef fait défaut, les évêques ne peuvent pas agir en tant que collège, ainsi qu’il ressort de la notion de « collège ». Cette communion hiérarchique de tous les évêques avec le Souverain Pontife est certainement habituelle dans la Tradition. » ainsi dans l’Eglise il n’existe qu’un pouvoir suprême qui appartient en propre au successeur de Pierre.

La théologie que promeut Lumen gentium est celle du cardinal Journet : « Le pouvoir de régir l’Église universelle réside d’abord dans le Souverain Pontife, puis dans le collège épiscopal qui lui est uni… Il peut être exercé soit, uniquement par le Souverain Pontife, soit solidairement par le Souverain Pontife et le Corps épiscopal : le pouvoir du Souverain Pontife uni au collège apostolique constituant non pas deux pouvoirs adéquatement distincts, mais un seul pouvoir suprême considéré d’une part dans la tête de l’Église enseignante, où il réside tout entier et comme dans sa source, d’autre part à la fois dans la tête et dans le corps de l’Église enseignante, auquel il se communique et dans lequel il trouve son sujet plein et inté¬gral. » (L’Église du Verbe incarné)Le pouvoir suprême réside donc dans le saint Père comme dans sa source et dans l’épiscopat uni à lui comme dans son terme.

Quant à la façon dont le pouvoir collégial doit fonctionner, la note précise « Pour régler, promouvoir et approuver l’exercice collégial, le Souverain Pontife procède suivant sa propre discrétion, en considération du bien de l’Église. ». on ne saurait être plus clair. Tous ceux qui prétendent que Vatican II a changé le mode de gouvernement de l’Eglise, introduit la démocratie dans l’Eglise, sont soit des vils faussaires, soit des ignares. On peut comprendre le désarroi de nos progressistes manipulateurs, manipulés- ignares, mais il n’y a eu aucune révolution dans l’Eglise à Vatican II. L’Eglise reste égale à elle-même, telle que le Christ l’a voulue, une institution « monarchique et hiérarchique » ainsi que l’a affirmé Paul VI dans son discours après la promulgation.

Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Mercredi 7 Juillet 2010 à 21:46 | Commentaires (0)

éditorial du 5 avril 2010 de Pierre André Chapatte

Le silence et l’autisme de Rome


Rome, Pâques 2010. Le silence du pape face à la tourmente qui frappe l’Eglise. «Des ragots sans importance du moment» pour le doyen des cardinaux Mgr Angelo Sodano. Deux jours plus tôt, le prédicateur du Vatican, le père Raniero Cantalamessa, avait l’imprudence de faire une analogie entre la déferlante des révélations sur les cas de pédophilie dans le clergé et l’antisémitisme. Les excuses présentées par le prédicateur pour ce parallélisme choquant et déplacé n’y changent rien. Il règne au Vatican un état d’esprit totalement décalé des réalités.

Rome ne donne pas le sentiment d’avoir compris que ces affaires de pédophilie qui affectent l’Eglise catholique ne relèvent pas d’un anti-catholicisme primaire ni seulement d’une presse avide de scandales. Que le pape et son entourage ne veuillent pas jeter de l’huile sur le feu, cela se comprend. Mais de là à se taire, à relativiser les faits ou à se défendre en se réfugiant derrière la thèse de la cabale, cela ajoute le ridicule aux scandales. Ce n’est pas en glissant les affaires embarrassantes sous le tapis ou en cherchant à en faire porter à d’autres le chapeau que la hiérarchie romaine apaisera l’indignation des fidèles et de la société. Rome ne réalise pas que ces scandales, même s’ils ne sont le fait que d’une minorité, atteignent la crédibilité d’une Eglise qui, élevant la morale sexuelle à un niveau quasi dogmatique, s’est montrée d’une indulgence coupable envers ses propres faiblesses.

«Ce n’est pas en accusant la société de tous les maux qu’on éclaire les gens» soulignait l’archevêque de Poitiers, Mgr Albert Rouet, dans une interview clairvoyante parue dans Le Monde samedi. Et de constater «un certain gel de la parole» et «un climat de suspicion malsain» au sein de l’institution sous l’emprise du centralisme romain. Ces affaires de pédophilie dans le clergé ne sont par les premiers orages qui secouent l’Eglise. Leur gestion calamiteuse met toutefois en évidence aujourd’hui une crise de gouvernance. On lit l’inquiétude qu’elle suscite dans les propos de la plupart des responsables locaux de l’Eglise, à l’instar de l’archevêque de Poitiers. La base s’inquiète de l’autisme romain.


lettre ouverte:

Décidément vous ne vous lassez pas monsieur Chapatte, à croire que vous n’aurez de cesse qu'une fois votre profession définitivement déshonorée.

Le Qj et vous-mêmes participez, dans cette affaire, à une opération de déstabilisation abjecte. Plusieurs fois le Qj s’est fait le relai d’informations mensongères tentant d’atteindre le pape. Je pense notamment aux mises en cause de Benoît XVI dans l’affaire de Munich ou de Milwaukee. Or il suffisait de soumettre ces informations à une analyse de 10 minutes pour se rendre contre qu’elles n’avaient aucun fondement. On attend toujours les correctifs. Pire, le Qj a participé à une opération locale de désinformation. En effet, dans l’article que le Qj a consacré à Joël Devillet(27 mars) tout était orienté pour accréditer que Mrg Lenoard avait été d’un total laxisme. Or il ne fut pas même fait mention du jugement rendu dans cette affaire innocentant Mrg Leonard de cette accusation(*). C’était quand même le minimum auquel vous étiez tenus. Et il faudrait considérer que vous faites correctement votre travail ? Que ceux qui pensent qu’il y a une cabale ajoutent, comme vous dites, « le ridicule aux scandales » ? Vous accumulez les fautes déontologiques graves et vous vous permettez de faire la leçon, de juger la communication du Vatican. Je suis désolé d’avoir à vous le dire, mais vos éditoriaux relèvent de l’incontinence anale, votre travail journalistique doit inspirer le plus profond dégout à toute personne qui n’a pas fait le deuil de son sens critique.
Naturellement, vous ne participez à aucune cabale consciemment. Vous n’avez tout simplement pas le niveau pour être parmi les tireurs de ficelles. Vous n’êtes que des pions dans cette entreprise. Vos orientations idéologiques et votre absence de culture font de vous de dociles et zélés petits roquets.

Petite démonstration des procédés manipulatoires ( les derniers en date) dont se rend complice le QJ. Dans un article paru aujourd’hui en page 15 signé de Mira Obermn de l’AFP, cette dernière affirme que les chercheurs du John Jay Collge of criminal justice ont établi que « plus de 4392 prêtres et diacres avaient agressé sexuellement au moins 10677 enfants de 1950 et 2002. »
Toute cette phrase est mensongère. L’étude en question parle très précisément de 4392 ( pas de plus de 4392) prêtres et diacres accusés ( ce qui n’est pas exactement la même chose que d’être coupable). Ces accusations ont donné lieu à un peu plus d’une centaine de condamnations. Pourquoi un aussi faible nombre de condamnés ? Essentiellement parce que dans 78,2% des chefs d'accusation cela concerne des actes commis sur des mineurs ayant passé l’âge de puberté. Or avoir des relations sexuelles avec un jeune de 17 ans ce n’est certes pas moralement digne, mais ce n’est pas de la pédophilie.
Conclusion : vous êtes partie prenante dans une pure opération de propagande, le relai, dans notre canton, de la haine envers l’Eglise, et le nier vous fait bel et bien sombrer dans le ridicule. Dans une homélie pascale, saint Jean Chrysostome disait au sujet de la résurrection du Christ « Et l’enfer en est irrité, car tourné en ridicule, irrité, parce qu’enchaîné, irrité, parce que réduit à la mort, irrité, parce qu’anéanti. » Voilà qui met très bien en perspective vos agissements.


(*) La demande de Joël Devillet contre Mgr Léonard non fondée
FAITS DIVERS jeu 19 fév

Le tribunal civil de Namur a déclaré jeudi non fondée la demande de Joël Devillet à l'encontre de Mgr Léonard, évêque de Namur. Abusé sexuellement par l'abbé Hubermont alors qu'il était enfant de choeur, Joël Devillet reprochait à Mgr Léonard une certaine passivité dans la prise de sanctions à l'égard de l'abbé pédophile.

Il réclamait réparation à l'Evêché de Namur à la suite de son éviction après trois années d'étude de formation au grand séminaire par les autorités ecclésiastiques qui avaient jugé son profil psychologique inadéquat pour accéder à la prêtrise. Le tribunal civil l'a débouté. Dans son délibéré, il a estimé que Joël Devillet n'apportait pas la démonstration que ses reproches à l'encontre de Mgr Léonard seraient à l'origine de son échec lors de sa formation de séminariste. Par ailleurs, le tribunal civil de Namur a postposé sa décision à statuer sur les préjudices moraux et psychologiques subis par la victime jusqu'à ce que la procédure civile dirigée par Joël Devillet contre l'ancien abbé pédophile Gilbert Hubermont, actuellement pendante devant le tribunal de première instance d'Arlon, arrive à son terme.



Julien Gunzinger

ici
Rédigé par Julien Gunzinger le Mardi 6 Avril 2010 à 13:40 | Commentaires (13)

Dans le quotidien jurassien de lundi, monsieur Pierre- André Chapatte a remis la compresse sur l’amalgame entre célibat des prêtres et pédophilie. Certes il ne pose pas abruptement l’équation : célibat des prêtres = pédophilie. Mais il écrit « La question du célibat des prêtres reste posée, même si elle n’explique pas à elle seule les scandales de pédophilie. »
C’est donc dire que le célibat fait partie de l’explication. Abracadabra, le tour est joué !!! Il n’en faut pas plus pour attiser la haine. Car cette haine s’accroît à mesure que la campagne médiatique mensongère s’éternise. J’ai entendu de nombreuses personnes m’exprimer cette haine dans des termes très violents : « il faut leur couper les coui… à ces prêtres » ou encore « cette Eglise est un repère de sadiques ... » Personnellement, toute cette déferlante me désole, me blesse, me met les nerfs à vif. Je ne lévite pas sur un nuage de paix, de grâce et de tranquillité, je suis un combattant de l’Eglise et je ne permettrai à personne, dans mon environnement immédiat, de la salir, sans exiger d’elle qu’elle produise des arguments rigoureux, qu’elle étaie ses accusations.
Or précisément, la façon dont monsieur Chapatte traite, dans son dernier article, de thèmes religieux très importants( outre celui du célibat), comme ceux de la confession et de la spiritualité (*) ne contient aucune rigueur et relève des clichés les plus ridicules. Il faut être coupé de toute la réalité de l’Eglise pour se permettre d’écrire des choses aussi creuses, d’accréditer de telles aberrations.

(*) « C’est ensuite le sentiment d’impunité qu’a conféré longtemps au clergé son statut social. Le prêtre était une autorité qui avait une emprise sociale incontestable. C’est enfin la culture du pardon de l’Eglise qui a longtemps donné le sentiment que la confession valait rémission des fautes et dispensait de la justice des hommes. »

(*)« S’il y a matière à scandale, c’est bien d’abord au sein d’une Eglise qui s’est occupé davantage de morale que de spiritualité. »


Monsieur,

Vous aurez beau tordre le réel dans tous les sens, vous faire l’écho de toutes les désinformations, de toutes les manipulations, ouvrir vos colonnes à des prêtres tenant des propos scélérats amalgamant pédophilie et célibat des prêtres, vous n’aurez jamais ce que vous revendiquez. Jamais la question du célibat des prêtres ne relèvera d’un choix. Jamais l’Eglise catholique ne pliera face aux infamantes campagnes dont vous êtes, vous et le Qj, un des relais.
Tous les ressorts de vos truquages, de vos amalgames ont été mille fois analysés, décortiqués, dénoncés, mais vous revenez sans cesse à charge. Il suffit en effet d’investiguer une heure en dehors des sentiers battus de la propagande pour comprendre que toute cette boue dont on tente d’éclabousser l’Eglise procède des macérations des ennemis de l’Eglise. Osez monsieur Chapatte vous pencher sur le réel, osez, par exemple, exercer votre esprit critique quelques minutes sur les affaires que l’on nous a présentées comme mettant prétendument en cause Benoît XVI ( celle du New York Times, celle du Süddeutsche Zeitung), osez vous informer sur l’étude indépendante du John Jay College of Criminal Justice de la City University of New York qui établit que sur la même période aux USA (1950-2000) il y eut 100 prêtres (pour 109000 en exercice au cours de cette période) condamnés pour 6000 professeurs d’éducation physiques et d’entraîneurs sportifs. Si vous vous permettiez, par exemple, de mettre en cause les enseignants en amalgamant de façon grotesque sport et pédophilie, votre légèreté exploserait au grand jour. Mais avec l’Eglise on peut s'en donner à cœur joie. Ça vous ne vous interroge pas, vous, de voir à quel point l’Eglise catholique est certainement la seule institution, et a fortiori la seule religion, que l’on peut prendre outrageusement et impunément pour cible ? Quelque chose ne vous démange pas le cortex à la vue du décalage entre le réel et ce que les médias propagent?
Il est vrai que les idéologies qui ont formaté la génération 68 étaient parmi les plus dévastatrices, et les plus aliénantes, corsetant les esprits, les retranchant du réel avec une vigueur dialectique sans précédant. Je peux ainsi parfaitement concevoir qu’il n’est pas aisé pour vous de retrouver le chemin du réel. Pour vous aider cependant à y parvenir, voici une analyse que P. Paul Marx, fondateur de Human Life International, a envoyé au Population Research Institute. Il s’agit d’une réflexion intitulée « Les prophéties d’Humanæ Vitæ »
"Le 25 juillet 1968, l’encyclique Humanæ Vitæ de Paul VI réaffirmait l’enseignement catholique sur la vie, l’amour et la sexualité humaine. Dans ce texte, il dressait la liste des conséquences d’une existence vécue en dehors de l’enseignement catholique. Il prédisait que :
1. La contraception conduirait à l’infidélité conjugale.
2. La pratique contraceptive conduirait à “un abaissement général de la moralité”.
3. La contraception conduirait les hommes à cesser de respecter le femmes dans leur intégralité, et les amènerait à traiter les femmes comme “de simples instruments du plaisir égoïste” plutôt que comme des partenaires chéries.
4. Et, finalement, l’acceptation généralisée de la contraception au sein des couples conduirait à l’imposition massive de la contraception par des gouvernements sans scrupule.
En d’autres mots, le pape Paul VI prédisait que la contraception évoluerait d’un “choix de mode de vie” à une arme de destruction massive. Comme sa prophétie a été affreusement justifiée par les programmes de contrôle démographique et de stérilisation imposée, par la réduction des taux de fécondité et la promotion de l’avortement pratiquement partout dans le monde. La destruction par la contraception de l’intégrité de l’acte marital – unitif et procréatif – a de terribles conséquences pour la société et pour nos âmes. La contraception, pour le dire autrement, est le rejet de la manière dont Dieu voit la réalité. C’est un coin enfoncé dans dans la sphère de communion la plus intime que l’homme puisse connaître en dehors du Saint Sacrement de la Messe. C’est un poison dégradant qui flétrit la vie et l’amour, dans le mariage comme dans la société. En brisant le lien ordonné, naturel et divin, entre le sexe et la procréation, les hommes et les femmes – mais plus particulièrement les hommes – se concentreront sur les possibilités hédonistes qu’offre le sexe. Les gens cesseront de considérer le sexe comme quelque chose qui était intrinsèquement lié à une nouvelle vie et au sacrement du mariage. Quelqu’un peut-il douter que c’est là où nous en sommes aujourd’hui ?
"

Tout est dit. L’Eglise, l’empêcheuse de jouir en rond, aux yeux de la génération 68 avait su - avant même la prise de pouvoir de la génération 68 - parfaitement diagnostiquer le mal dans lequel allait sombrer la société. C’était elle qui était avant-gardiste, et qui le sera toujours. C’est cela que l’on ne lui pardonne pas : de dire la vérité. C’est pour cela que se déchaînent sur elle tous les mensonges, les amalgames, les scélératesses. Un jour viendra où toute la lumière sera faite, où tout sera mis à nu.
On ne méditera jamais assez les paraboles du Christ, notamment celle en Luc 19,15-27.

Cordialement

Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Mardi 30 Mars 2010 à 10:15 | Commentaires (2)
dans son édition de ce jeudi, le QJ a publié un courrier de lecteur que j'ai envoyé suite à l'intervention d'un diacre au parlement des jeunes jurassiens. Mon courrier de lecteur ayant subi plusieurs coupes, je mets ici le lien où on peut le lire dans son intégralité.
c'est ici
Rédigé par Julien Gunzinger le Jeudi 25 Mars 2010 à 13:13 | Commentaires (0)

Pie XII et Jean Paul II: la sainteté n’exige-t-elle pas patience et vertu?
Pierre-André Chapatte


Le pape Benoît XVI dépose cette année sous le sapin de Noël des cadeaux qui embarrassent. Des cadeaux sous la forme de la proclamation de «vénérables» de deux de ses prédécesseurs, Jean Paul II et Pie XII, étape décisive sur la voie de leurs prochaines béatifications ou canonisation. Pour le premier, le processus de béatification paraît prématuré. Pour le second, il est en l’état franchement troublant.
Les critères de la sainteté ne sont pas forcément tous les mêmes devant Dieu ou devant Rome. Les papes paraissent devenir de saints hommes par leur seule fonction. Une tradition s’installe en effet qui porte le pape à élever quasi systématiquement à la sainteté son ou ses prédécesseurs. Ce n’était pas la coutume autrefois. Benoît XVI s’inscrit dans cette nouvelle habitude et la bouscule à la fois en allant plus vite que les autres. Comme quoi l’accélération du mode de vie saisit aussi le Vatican.
Pour Jean Paul II, le processus de béatification a été mis en route deux mois seulement après sa mort alors qu’une attente de cinq ans constitue la norme habituelle. Admirateur et proche collaborateur de son prédécesseur, Benoît XVI a sans doute ici été sensible à la «vox populi» qui clamait sur la Place Saint-Pierre de Rome à la mort de Jean Paul II «Santo subito» (saint tout de suite). Même si cette voix du peuple n’était pas si spontanée que l’on pensait et qu’elle avait été savamment orchestrée, selon la correspondante du journal français La Croix, notamment par la communauté des Focolari, des dignitaires de la Curie romaine et des prélats polonais. Quoi qu’il en soit et au-delà même des miracles qui peuvent lui être attribués pour accéder à la sainteté, son rayonnement et son rôle historique ont conféré à Jean Paul II une dimension exceptionnelle et incontestable. Le passe-droit dont il bénéficie aujourd’hui pour sa béatification est en outre censé faciliter la procédure engagée par Benoît XVI pour Pie XII.
Car le cas de Pie XII est autrement plus complexe et sujet à polémique. Le processus de sa béatification avait été lancé par Paul VI en 1967 mais laissé en l’état en raison des controverses soulevées par son attitude durant la Deuxième Guerre mondiale face à l’Holocauste. On reproche au pape de l’époque son pesant silence face à l’extermination des juifs par le régime nazi. Ses défenseurs lui sont au contraire gré de sa prudence toute diplomatique qui a permis de sauver aussi des vies et de garder le contact avec les catholiques allemands. La décision de Benoît XVI fâche la communauté juive et suscite pas mal d’incompréhension dans les rangs des catholiques eux-mêmes. Ce pape austère et traditionnel n’a pas laissé le souvenir du saint homme dont le Vatican voudrait nous convraince aujourd’hui.
Ici aussi Benoît XVI pèche par trop de précipitation. L’histoire n’a pas encore pu trancher de l’attitude exacte de Pie XII durant la dernière guerre. Il faudrait pour cela que les archives du Vatican soient ouvertes. Or elles ne le sont pas encore. C’est dire que le pape prend une décision qui restera entachée du soupçon en refusant de laisser les historiens éclaircir d’abord les faits historiques. Il expose aussi l’Eglise au risque d’un désaveu si les archives, une fois accessibles, venaient à confirmer un silence coupable de Rome à face à la question juive. La sainteté n’exige-t-elle pas patience et vertu?


Commentaire de cet éditorial du 24 décembre


En cette fin d’année, monsieur Chapatte ne pouvait que faire écho aux grognements de la meute. Quand on a une réputation de journaliste modéré, soucieux plus que tout du respect de la dignité humaine, quand on situe au firmament de la production intellectuelle les commentaires des éditorialistes parisiens bon teint, quand on rêve d’en être adoubé, il ne faut pas manquer une seule occasion de donner des gages à la pensée unique. C’est ainsi que monsieur Chapatte, à sa manière, à fleurets mouchetés, s’est fait le colporteur, en début d’année, de tous les clichés ineptes au sujet du pape.
On mesure les ravages accomplis par la propagande sur un esprit lorsque celui-ci accepte l’usage que la propagande fait du sens des mots, lorsqu’il n’est plus capable de prendre le moindre recul avec lui. J’ai bien peur que nous en soyons là avec monsieur Chapatte. C’est ainsi que le mot de traditionnel, dans ce montage pavlovien, est immédiatement connoté négativement. Monsieur Chapatte faisant reproche à Pie XII de son côté austère et traditionnel.

D’autres mots sont particulièrement choyés par les éditorialistes dans le vent, ceux comme "polémique"," troublant", "controversé". Ces termes se coulent avantageusement dans une rhétorique sans aucune consistance, molle, une rhétorique désengagée, de spectateur qui n’offre prise à aucune réfutation mais qui se prête à merveille à toutes les opérations de dénigrement. Ces termes permettent de ne prendre aucune position et donc d’esquiver toute réfutation. C'est une rhtéorique d’eunuque, précisément celle dont abusent nos éditorialistes au sujet de Pie XII. Ils pourraient dire, « le pape Pie XII a commis telles ou telles choses condamnables », ou « Pie XII n’a pas jugé bon de faire telle chose indispensable » . Mais parler ainsi, avec cette netteté ( comme je l'ai fait ici ), demande de connaître son sujet et peut vous valoir d’être contesté sur le fond. On comprend pourquoi nos éditorialistes ne veulent pas occuper ce terrain là. Ils préfèrent se réfugier dans le prétendument neutre, dans le descriptif. La preuve que Pie XII est controversé, que son élévation au rang de vénérable est sujet à polémique c’est que nous l’affirmons, et que cette affirmation est reprise en boucle.
C’est ainsi que va la propagande moderne : cent bouches folles, répétant toutes la même chose, font l’actualité. Elles n’apportent rien, aucun élément pour attester que ce qu’elles disent est vrai si ce n’est qu’elles le disent. Et tout ce vide sonore, tout ce vide retentissant se permet au final de faire des reproches à notre pape actuel, de jeter le soupçon ( un de plus) sur ses pratiques, d’affirmer qu’il a péché.
Ô vanité des vanités ! Ô néant !!!

Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Jeudi 24 Décembre 2009 à 14:18 | Commentaires (0)

Dans son éditorial du 14 décembre 2009, voici ce qu'écrivait Monsieur Chapatte.

Le peuple n'a pas tous les droits et n'a pas toujours raison. Il le sait bien


Le peuple peut-il se prononcer sur n’importe quel sujet? Le peuple a-t-il tous les droits? Le peuple a-t-il toujours raison? Ce sont les questions qui se posent avec une acuité nouvelle après l’initiative antiminarets acceptée le 29 novembre et d’autres encore en débat comme celle de l’UDC qui réclame le renvoi des délinquants étrangers. Ces questions sont posées en fait depuis que le droit interne d’un pays n’est plus le seul à s’appliquer et que les Etats ont développé un droit international et des institutions supranationales qui s’imposent, contrôlent ou suppléent au droit interne d’un pays.
La démocratie semi-directe que l’on connaît dans notre pays n’est donc pas sans limite. La Suisse s‘est inscrite dans une communauté internationale qui a progressé en inscrivant dans le bronze la défense des libertés et des droits fondamentaux. Le monde n’est de loin pas encore parfait, mais il s’est éloigné de la barbarie pour s’engager dans une civilisation respectueuse des droits de la personne par un nombre de règles que seules les dictatures ne respectent pas. Il serait absurde de permettre que ces mêmes règles puissent être contournées par une démocratie populaire érigée en un nouvel absolutisme. Le résultat reviendrait au même: que ce soit par la volonté du prince ou par celle du peuple,les droits fondamentaux seraient bafoués

Ces limites du droit international aux droits populaires montrent bien que le peuple n’a pas tous les droits ni qu’il a toujours raison. D’ailleurs, le peuple admet implicitement lui-même qu’il n’a pas toujours raison et qu’il peut se tromper. Par exemple quand il refuse à plusieurs reprises le droit de vote des femmes avant de le leur reconnaître plus tard. Même chose pour l’adhésion à l’ONU. Les Suisses ont dit non avant de répondre oui. Idem encore dans nos relations avec l’Union européenne. Le peuple n’a pas voulu de la participation à l’Espace économique européen en 1992, mais il a approuvé par la suite des accords bilatéraux qui conduisent à peu près au même résultat mais par une voie plus lente, plus difficile et plus coûteuse.

Les règles du jeu démocratique en Suisse ne sont cependant pas claires. Qui doit décider ou non de la validité d’une initiative au regard de nos engagements internationaux? Dans les cantons, les parlements ont cette compétence, avec des recours aux tribunaux. Au niveau fédéral, le Gouvernement et le Parlement se montrent incapables ou s’estiment mal placés pour trancher. S’ils laissent aller un texte devant le peuple, ils prennent le risque de le rendre inapplicable. S’ils refusent, ils s’exposent à la critique d’un choix politique. Il faudrait donc sortir cette compétence de l’exécutif et du législatif pour la confier à une autorité judiciaire – le Tribunal fédéral ou mieux, une Cour constitutionnelle suisse à créer. La décision de valider ou d’invalider une initiative ne doit pas être un choix politique, mais une affaire juridique. Et donc à trancher par des hommes de droit et non des politiques.

Pierre-André Chapatte


Cher monsieur,

Votre éditorial du 14 décembre a particulièrement retenu mon attention. Le vote du peuple suisse du 29 novembre, qui n’a pas votre agrément, vous fait vous poser une grave question. Le peuple est-il réellement le souverain absolu ? Il est troublant de constater qu’à l’occasion de cette votation cette question se mette à tourmenter la génération de mai 68. L’une des personnes les plus représentatives de cette période, Daniel Cohn Bendit, a exprimé, dans des termes voisins des vôtres, sa réprobation de voir le peuple être saisi de ce genre de question. La ruse de la raison, que votre génération aimait à convoquer pour désigner à l’humanité son plan de marche, semble vouloir vous administrer une leçon dont vous paraissez cette fois incapable de percevoir l’enseignement. Votre génération, qui n’a eu de cesse de vouloir défendre le sujet souverain maître de son destin, de vouloir déboulonner la statue du commandeur, de vouloir mettre à bas toutes les autorités, dissoudre tous les tabous au nom de la liberté individuelle, au nom du désir par nature transgressif ( cette définition du désir est celle d’un autre enfant de 68, un certain Nicolas Sarkozy) ne se satisfait soudainement plus du choix d’un peuple composé de sujets souverains. Après avoir tant loué les vertus de la dissolution de tout ordre morale, de toute limite discriminatoire au prétexte qu’ils résulteraient d’un montage culturel arbitraire qui porte atteinte à la liberté de chacun, vous voilà à la recherche d’une limite pour tenir la bride aux sujets souverains que votre génération chérissait autrefois. Vous ne pouvez dès lors esquiver l’interpellation suivante : pourquoi donc ce choix là du peuple, précisément, vous jette ainsi hébété à la recherche d’un principe limitatif? Pourquoi sur un problème comme celui de l’avortement votre génération ne s’est-elle pas soucier d’un tel principe ?J'ai ma petite idée à ce sujet et je vais prendre le soin d'analyser votre éditorial pour vous l'exposer.

A vous lire, ce principe limitatif semble résider entièrement dans l’ordre juridique. La norme juridique internationale viendrait avantageusement limiter la volonté populaire. Cependant, il ne vous échappe pas, je pense, qu’invoquer l’ordre juridique, fût-il international, est une gageure. En effet tout ordre juridique, selon les principes du droit démocratique en vigueur dans les régimes libéraux, est fondé sur la souveraineté populaire. En ce sens aucun traité international ne peut se prévaloir de se situer au-dessus de la souveraineté populaire puisque pas même la constitution dans nos régimes démocratiques n’est au-dessus de la souveraineté populaire(*).C’est absolument imparable. La souveraineté est par nature illimitée. Si la souveraineté absolue réside dans le peuple, alors la démocratie n’a pas de limite. Tout ordre juridique ne fait en ce sens que figer la volonté du peuple à un certain instant. Il est à sa remorque et ne fonde aucune norme supérieure qui ne puisse être changée par la volonté du souverain. Or dans votre hâte à vouloir lui faire jouer le rôle de limite absolue vous ne faites que démontrer que votre conception de la liberté, du sujet souverain, a en fait pour vocation de consacrer un ordre métaphysique précis. Tant que la volonté populaire allait dans le sens de cette métaphysique il n’y avait rien à lui reprocher. Quelle est-elle cette métaphysique ? C’est celle qui veut que l’homme n’est tenu par aucune nature humaine, qu’il peut en conséquence se donner les principes qu’il souhaite car il est libre de déterminer ce qu’est le bien et le mal. Il est bien évident que c’est cette idée là qui anime fondamentalement l’ordre libéral, car le libéral qui penserait que l’homme a une nature humaine précise, ne pourrait que faire procéder le bien commun du respect de cette nature humaine. Il serait amené à devoir justifier que certaines formes de vie soient privilégiées plutôt que d’autres, à accepter le principe de discrimination et il ne serait tout simplement plus libéral. Tout l’ordre libéral repose donc sur la dogmatique de l’indifférenciation ( il n’y a pas de nature humaine, ou plutôt chacun peut choisir la sienne, c’est indifférent) qui promeut infailliblement une société où il est interdit de privilégier certaines valeurs morales, certains principes métaphysique ou religieux au prétexte que se serait faire violence à la liberté de chacun. D’où naturellement le silence de toutes les autorités morales de cette métaphysique sur les questions de l’avortement. Puisque l’avortement est une conquête de cet homme qui n’entend être soumis à aucune loi morale, aucun ordre transcendant. D’où la montée aux créneaux des ces mêmes autorités morales sur l’affaire des minarets, puisque le peuple a estimé que tout ne se valait pas, que notre pays doit se protéger de certains symboles religieux.

Tant que la volonté du peuple ne remettait pas en cause, par ses choix, la dogmatique de l’indifférenciation, il n’y avait pas de problème. L’espace publique pouvait être progressivement vidé de tout ce qui renvoyait aux principes moraux, symboliques et religieux hérités du passé au prétexte qu’ils étaient attentatoires à la liberté pour chacun de choisir son mode de vie, ses principes, qu’ils étaient discriminatoires ( mot affreux entre tous). Mais par la grâce de cette initiative et des réactions des opposants formés à l’école de 68, on distingue désormais, jour après jour, que leur pensée recouvre une imposture (certainement ne s’en rendent-ils pas compte, pour la plupart d’entre eux). En fait, notre ordre politique est entièrement sommé de se soumettre à la métaphysique de l’indifférenciation. Et si les peuples n’y sont pas favorables, il faut alors organiser leur neutralisation comme vous l’avez clairement expliqué.

Cher monsieur, votre réaction est en fait salvatrice pour la pensée, car enfin nous allons pouvoir débattre terme à terme de la métaphysique qui est la vôtre et qui définit son plan de route à l’ordre libéral. Désormais l’ordre libéral ne peut plus faire croire à quiconque qu’il ne veut promouvoir qu’une stricte neutralité métaphysique ou religieuse dans un souci de paix civil et de concorde. Il est de part en part au service d’une métaphysique, il est la force agissante promouvant une certaine idée de l’homme. Nous allons donc pouvoir discuter à nouveau du fond des choses. Et notamment de cette question: est-ce que votre idée de l’homme est la bonne? Ce sujet est à nouveau devenu politique. Les masques sont tombés en Suisse et dans la foulée ils tombent également partout en Europe.
Vive la pensée libre, vive le vrai débat d’idées libéré de la logique de la diabolisation, de la stigmatisation.

(*)C’est ainsi que notre constitution dans son article 193 prévoit la révision totale de la constitution.


Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Vendredi 18 Décembre 2009 à 14:54 | Commentaires (0)

courrier de lecteur


Extrait d'un article du Quotidien jurassien dans son édition du 24 avril 2009

« Pour fêter ses dix ans Juragai organisera samedi 25 avril dès 22 h dans son local à la route de Bâle 3 à Delémont une soirée disco animée par un collectif de DJ. L'association proposera en suite le 2 mai à ses 115 membres du Jura mais également du Jura bernois et de Bienne de partir à la découverte des animaux homosexuels du zoo de Bâle et plus particulièrement d un couple de flamants rosés lesbiennes avant de par ticiper le 6 juin à la parade de l Europride 2009 à Zurich. »

Mon courrier de lecteur paru le 28 avril 2009 dans le quotidien jurassien

A propos des 10 ans de Juragai

L'association des homosexuels jurassiens "Juragai" fête ses 10 années d existence. Pour célébrer dignement cet événement elle organise plusieurs journées festives dont l'une consacrée à rendre visite à un couple de flamants roses lesbiennes vivant en captivité au zoo de Bâle. Pour ma part je ne considérerai le combat contre les discriminations pleinement achevé que lorsque ce couple de flamants roses lesbiennes aura le droit de quitter le zoo de Bâle pour venir assister aux ébats d un couple d'homosexuels humains. »
Rédigé par Julien Gunzinger le Mercredi 13 Mai 2009 à 09:00 | Commentaires (0)
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Julien Gunzinger
Blog d'un catholique jurassien

"Nous te prions, Seigneur, de faire de nous des combattants de la foi inflexibles et miséricordieux, témoins brûlants, dans ce monde ravagé par l’apostasie, de ton alliance nouée dans ton sang."



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