voici un commentaire qui a été laissé à mon dernier article.

"Pourquoi parlez-vous « de la culture de la mort » alors qu'il ne s'agit que de prévenir les grossesses non désirées et de mettre en œuvre des politiques d'instruction et d'émancipation des femmes des pays les plus pauvres? Ne s'agit-il pas d'un à priori idéologique? Aucun « mode de vie hédoniste et consumériste » ne pourra être conservé et j'imagine que vous l'avez déjà compris. En effet la fin des énergies fossiles prévue pour le milieu du siècle va tout bouleverser et si nous voulons que TOUS les humains présents à ce moment là aient un niveau de vie suffisant, il faut bien qu'ils ne soient pas trop nombreux. Les véritables humanistes sont les personnes qui s'inquiètent de la démographie excessive."


j'ai estimé que ces propos méritaient une réponse détaillée.



Littéralement prévenir les grosses non-désirés cela veut dire empêcher les grossesses. Mais il est évident que les partisans de la dépopulation ne s'en tiennent pas à cela, ils entendent promouvoir partout le droit de tuer l'enfant dans le ventre de sa mère. Les journaux que j''ai cités ( dans mon précédent article) ne s'y sont pas trompés puisqu'ils se félicitent que Obama ait fait sauter la politique de Mexico qui interdisait de financer des ONG pratiquant l'avortement ou l'encourageant. Cette mesure fut même la première prise par Obama. Tout un symbole. Dernièrement Mme Clinton, en réponse à une question qui lui a été posé au congrès, a été très explicite. " Il se trouve que nous (l’actuelle administration américaine) pensons que le planning familial constitue une part importante de la santé féminine et que la santé reproductive comporte un accès à l’avortement dont je crois qu’il doit être sûr, légal et rare".

Donc c'est clair! ce qui permet la réduction de la population mondiale, dans l'esprit des personnes qui l'appellent de leurs vœux, c'est l'extension à toute la terre des techniques et services de cette santé reproductive. Comme quoi les humanistes dont vous me faites les louanges peuvent légitimement inspirer d'autres sentiments.
De nombreux scientifiques disent que l'on peut nourrir une population mondiale de 13 milliards d'habitants. Évidemment il est pas possible que 13 milliards d'habitants disposent chacun d'un 4x4 ou de deux écrans plasmas. Il faut donc organiser la décroissance des biens matériels et la croissance des biens spirituels ( connaissance, culture, échange, débats...). Il n'y a aucune fatalité à devoir embrayer sur une dépopulation. Ceux qui le souhaitent ne font que masquer que l'enjeu est de perpétuer un modèle de vie ( philosophique) de jouisseur, hédoniste. Le seul écologisme conséquent c'est celui que défend Benoît XVI, celui qui affirme que la pollution de la nature n'est pas séparable de la pollution des mœurs. On ne peut séparer la pollution de la nature de notre environnement avec celle de notre nature, par son déni ou son mépris.
Car derrière le respect de son cadre de vie par l'écologisme moderne que se cache-t-il ? En fait, que le respect des volontés de l’individu. Pour prendre une image il respecte la nature comme on respecterait un marteau, il se borne à ne pas vouloir l’abîmer pour qu’il puisse servir encore, donc il ne respecte que la volonté de celui qui s’en sert. Ainsi cette écologisme est partie intégrante de la métaphysique moderne qui veut que l’homme n’a d’autre nature que celle qu’il se donne, qui récuse donc l’idée classique de nature selon laquelle on y est fidèle par le respect de la loi morale naturelle. Cet écologisme procède du dogme contemporain de la souveraineté du moi. Il est mu par la crainte que les ressources de la terre ne se tarissent et que l’humanité perde les moyens de faire ce qui lui plaît. C’est donc bien un hédonisme, qui se donne pour collectif. Mais on le sait cette collectivisation du plaisir, comme toutes les collectivisations, n’est qu’un alibi moral pour ceux qui entendent maintenir prioritairement leurs propres privilèges hédonistes.

Ce qui nous permet logiquement de conclure avec Claude Polin« si l’écologisme d’aujourd’hui, ramené à ses principe, est bien un avatar de la sacralisation du moi, du culte de la majorité de nos contemporains voue à la subjectivité, et de manière générale, de la conviction, résolument moderne, que l’homme n’est pas une puissance qui doit passer à l’acte, un être qui a à accomplir le modèle qu’il porte en soi, mais au contraire un être dont toute l’essence consiste à choisir d’être ce qu’il veut, si en un mot l’écologisme contemporain est bien l’effet d’une conception moniste de la nature humaine, - alors l’écologisme est un avatar de la pensée révolutionnaire dans ce qu’elle a de plus profond, et incarne, sans toujours en avoir conscience, la plus pure haine de la Nature des classiques et de la Tradition. »

le débat se poursuit ici

Rédigé par Julien Gunzinger le Mercredi 16 Décembre 2009 à 11:35 | Commentaires (0)

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Blog d'un catholique jurassien

"Nous te prions, Seigneur, de faire de nous des combattants de la foi inflexibles et miséricordieux, témoins brûlants, dans ce monde ravagé par l’apostasie, de ton alliance nouée dans ton sang."



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