C’est énorme, le peuple suisse a accepté l’initiative anti-minaret à 57.5%. Les Jurassiens eux-mêmes se sont prononcés favorablement à 51%. C’est une claque sans précédant pour l’ensemble des milieux officiels. Jamais ils n’avaient autant fait chorus, jamais ils n’avaient été à ce point sur la même ligne. C’est un événement politique majeur dans l’histoire de notre pays. Le découplage du peuple et de ses représentants a la dimension d’un gouffre. Sur les sujets de fond, où l’identité des peuples européens est en jeu, ceux-ci témoignent, depuis de nombreuses années (quand on leur permet de se prononcer) d’une extrême méfiance à l’égard de l’avenir que leur préparent leurs élites culturo-mondaine. Nous entendons déjà ces dernières s’indigner ( comme toujours lorsque le peuple dans un pays européen n’obéit pas à leurs injonctions) : « les Suisses ne savent pas ce qu’ils ont fait, ils ont été manipulés par des campagnes populistes et démagogiques, il faut faire appel à la cour de Justice européenne, il faut faire leur instruction pour qu’ils sachent où sont leurs intérêts ».


O les belles âmes qui n’ont eu de cesse durant cette campagne de diaboliser les partisans de cette initiative, de les faire passer pour des nostalgiques de la peste brune, de leur faire croire qu’ils attireraient sur la Suisse l’opprobre internationale. Alors que tout au contraire, si les peuples d’Occident pouvaient se prononcer sur un tel objet, ils s’exprimeraient certainement dans le même sens.
L’UDC qui a mené cette campagne seul contre tous a de quoi gonfler la poitrine. Pour autant, le résultat de ce week-end doit certainement être également mis sur le compte du rejet par le peuple du diktat que nos élites culturo-mondaines ont voulu lui imposer. Gageons que nombreux sont ceux qui sont venus à soutenir cette initiative par dégoût envers cette moralisation obscène du débat que les partisans du non ont orchestré. Les raccourcis insanes avec le nazisme, avec le racisme, la xénophobie ont certainement convaincu de nombreuses personnes que cette initiative était l’occasion de dire non à la bienpensance érigée en dogme. C’est ainsi que lors du débat qui a été organisé au centre St François à Delémont, le mois passé, une seule personne, Dominique Baettig, représentait la sensibilité des partisans de l’initiative. En face de lui, le front uni de 6 adversaires. Je m’étais levé, moi qui n’était pas partisan de cette initiative, pour dénoncer « que sur un sujet qui allait certainement diviser le peuple dans un rapport de 50-50, une seule personne partisane de l’initiative se retrouvait confrontée à 6 opposants. » Cette parodie de débat fut à l’image de ce que fut le traitement de cette campagne. Tous ceux qui ont contribué à l’étouffement, sous la chape morale qu’ils ont voulu imposer, de questions légitimes, devront apprendre de leur échec. Plutôt que de stigmatiser, ils devront apprendre le dialogue, eux qui se posent en champion de la tolérance, de l’accueil de l’autre. Partis politiques, médias, milieux d’Eglise portent la responsabilité de cette fracture désormais ouverte.
Dans le milieu catholique jurassien certains agents pastoraux sont allés jusqu’à prétendre que l’on ne pouvait pas se dire chrétien et voter oui à cette initiative. Pour soutenir leur odieuse affirmation ils sont allés jusqu’à se revendiquer ni plus, ni moins, de l’autorité du Vatican(*) ( dont souvent ils contestent pourtant les positions ).
Le peuple suisse a bien plus de maturité politique que tous les donneurs de leçons patentés réunis. Il l’a déjà prouvé par le passé en refusant de convoler avec l’Union européenne ( qui jour après jour révèle toujours plus son projet despotique, voire totalitaire…c.f mon dernier post : « despotisme éclairé et union européenne »). Il a dit non autant aux minarets qu’au moralisme obscène de l’idéologie du métissage à laquelle les élites culturo-mondaines vouent un culte idolâtre.



(*)le dossier que vous pouvez télécharger ici ( dialogue avec un agent pastoral) montre de quelle façon un agent pastoral s’est permis de prétendre que voter oui à l’initiative n’était pas chrétien. Cet échange a eu lieu sur un groupe facebook qui a bénéficié d’une importante couverture médiatique ce qui l’a propulsé de facto au rang de lieu officiel du débat. M’y étant fait exclure de façon insultante parce que, tout en affirmant mon hostilité à l’initiative, je dénonçais le moralisme obscène qui sévissait chez les opposants, j’y suis revenu, sous une identité factice, alerté par un ami qui m’a signalé que le modérateur du groupe cherchait à instrumentaliser l’identité chrétienne. Je l’ai combattu sur ce point très précis. Acculé, une fois mis le nez dans la fausseté de ses affirmations, il a malheureusement tenté d’esquiver par l’insulte et par des insinuations peu odorantes.


Julien Gunzinger

dialogue_avec_un_agent_pastoral.doc dialogue avec un agent pastoral.doc  (57.5 Ko)

Rédigé par Julien Gunzinger le Lundi 30 Novembre 2009 à 10:38 | Commentaires (0)

Un lecteur a laissé un commentaire fort intéressant suite à mon dernier post "la menacée menacée par les médias". Je le mets en évidence ici pour pouvoir lui répondre.


"Que, dans le cadre de la guerre froide, les Etats-Unis aient toujours soutenu la construction européenne, c'est un secret de Polichinelle. Et alors ? Qu'est-ce que ça prouve ? Les USA ont aussi toujours soutenu les islamistes, les talibans, contre les laïcs. Cela prouve simplement qu'ils n'ont jamais su où étaient vraiment leurs intérêts. Contrairement à l'Angleterre du 19ème siècle, les USA n'ont pas la capacité intellectuelle de gouverner le monde.
Par ailleurs, le bloc soviétique s'est toujours opposé à l'intégration. L'URSS souhaitait une Europe divisée parce que plus "finlandisable", plus docile à ses pressions. Ce que je ne comprends pas, c'est qu'il y ait des gens de gauche qui ne savent pas que le mur de Berlin s'est effondré et qui continuent de défendre des positions qui n'ont plus lieu d'être."


Cher monsieur,

il ne s'agit pas que d’un soutien à la construction européenne!!! Il s'agit en fait de son pilotage. Monnet l'autre grande figure ( qui repose au Panthéon) de la construction européenne était pour De Gaule " un malade, soucieux que de servir les intérêts américains." De bout en bout l'Europe est une construction destinée à servir les intérêts américains. Pour y parvenir les Usa ont pratiqué un stratagème classique inventé par les chinois « la stratégie des chaînes ». Elle leur permit de contrôler la construction européenne en la confinant dans un système absurde autobloquant. Par ce processus les nations européennes ont en fait consenti à abandonner leur souveraineté pour que le projet mondialiste puisse se déployer. La France, en ce sens, était le verrou qui empêcha longtemps le projet des élites transnationales. Même après le départ de De Gaulle, son héritage n'a pas pu être liquidé d'un bloc. Il a fallu beaucoup de concessions progressives, lentes pour qu'avec Sarkozy la France soit, au niveau de l'appareil d'Etat, entièrement converti au mondialisme. Mais le peuple, à mon avis réserve une belle surprise à ses élites décadentes.
Le projet européen participe du projet de neutralisation de la démocratie, formulé par la commission trilatérale en 1975 consacré à la gouvernabilité des sociétés modernes ( the crisis of democraty, 1975)(*).
Dans ses mémoires, Jacques Delors a vendu la mèche, il y reconnaît que la construction européenne, en effet, est « une sorte de doux despotisme éclairé. » M. Tommaso Padoa-Schioppa, qui dirige un important think-tank européiste, qui milita ardemment pour le reconversion du Traité constitutionnel, qui fut ministre de l’économie et des finance sous Prodi et qui fut membre du directoire central de la banque européenne , bref un des éléments moteurs de la construction européenne, est lui carrément passé aux aveux dans le numéro 87 de la revue "Commentaire" : « L'aventure européenne a également fait émerger, tout en montrant leur efficacité, des modes d'action politique bien différents de ceux qui caractérisent les démocraties contemporaines, fondées sur les partis, les élections, des procédures et structures préétablies, le cadre national et la professionnalisation de la politique. (…) A côté du politicien de métier, existent ceux qui conçoivent la politique comme une lutte dont le but est de créer un pouvoir différent, tout en sachant que, une fois créé, ce pouvoir sera, presque à coup sûr, pris par d'autres (…) La construction européenne est une révolution, même si les révolutionnaires ne sont pas des conspirateurs blêmes et maigres, mais des employés, des fonctionnaires, des banquiers et des professeurs (…) L'Europe s'est formée en pleine légitimité institutionnelle. Mais elle ne procède pas d'un mouvement démocratique (…) Entre les deux pôles du consensus populaire et du leadership de quelques gouvernants, l'Europe s'est faite en suivant une méthode que l 'on pourrait définir du terme de despotisme éclairé".

Cependant vous avez raison. Les USA n’ont plus la puissance de contrôler le monde. Mais les USA ne sont eux-mêmes qu’une étape dans le projet mondialiste. Le projet mondialiste ce n’est pas l’extension du pouvoir américain à toute la planète. Les gauchistes se trompent lourdement en pensant que le mondialisme consiste en un asservissement des nations à la puissance impériale américaine. Le projet mondialiste a pour visée ultime la dissolution de la souveraineté de toutes les nations, y compris la nation américaine, dans les instances de gouvernance mondiale.

(*)Ce rapport constitue la matrice idéologique du nouvel ordre mondial. Dès son chapitre introductif il oppose les intellectuels qui se déterminent en fonction de valeurs, et dont l'activité met donc en péril les équilibres fondateurs de la société libérale, et ceux qui se cantonne à une approche purement technique et politique des problèmes de la société industrielle avancée..


Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Dimanche 29 Novembre 2009 à 17:35 | Commentaires (0)

Julien Gunzinger, rue des sels 18, 2800 Delémont
no tel: 0788638062


Rédigé par Julien Gunzinger le Vendredi 27 Novembre 2009 à 16:36 | Commentaires (0)

Dubaï est en situation de faillite, la Grèce risque de lui emboiter le pas d’ici peu. Le petit couplet sur « la reprise » que tous les médias dominants ( les médias alignés, faudrait-il dire pour être plus juste) chantent depuis quelques semaines va être balayé par la crise des Etats qui est sur le point de prendre le relai de la crise bancaire.
Ce que met à jour la période de chaos que nous commençons à peine de traverser, c’est le gros mensonge qui est en train de faire voler en éclats nos démocraties. En effet, l’un des fondements de la démocratie c’est le fameux quatrième pouvoir : l’indépendance de la presse et sa diversité. Or il est bien évident que depuis longtemps la presse est aux ordres, que sa diversité n’est que de façade. Sur ce qui est central, décisif, vital pour la pérennité du système pourri qui menace de nous entraîner tous par le fond, il n’y a aucune diversité. Les médias dominants ne font ainsi largement plus leur travaille. L’exemple de la crise financière est déjà suffisamment éloquent. Les mêmes qui plastronnaient dans tous les médias, exhortaient à toujours plus de libéralisme, ce sont encore et toujours à eux que les médias dominants ( mais surtout dominés par une idéologie. Ce n’est que par aveuglément idéologique qu’ils sont ainsi rendus si dociles. Ils sont avant tout la proie de l’ignorance, de leur misère culturelle) tendent leurs micros. Mais voici un autre exemple, encore plus déroutant de l’état de délabrement où se trouvent nos médias, de leur faillite.


Durant toutes les campagnes en faveur de l’adhésion à l’Europe dans les pays qui tenaient à leur indépendance ( surtout à l’égard des USA), je veux notamment parler de la France mais aussi de la Suisse, il a été répété et martelé que l’Union européenne était la meilleure garantie pour peser face aux Usa. C’était l’argument massue, celui qui a trompé tout le peuple de gauche. Or la réalité est tout autre. En 2001 le gouvernement de Clinton a déclassifié des documents du département d’Etat pour les années 50 et 60. Aucun des médias des pays non- atlantistes n’en a fait état. En Angleterre, Ambrose Evans-Pritchard du Daily Telegraph, un des journaux les plus anciens et les plus sérieux du monde, les a étudiés de près et en a rendu compte dans son article du 19 juin 2001. Voilà ce qu’il rapporte, c’est de la dynamite.


«Des documents gouvernementaux américains déclassifiés montrent que la communauté du renseignement des États-Unis a mené une campagne dans les années cinquante et soixante visant à créer une dynamique pour une Europe unie. Cette communauté a financé et dirigé le mouvement fédéraliste européen.(…)

Les dirigeants du Mouvement européen - Retinger, le visionnaire Robert Schuman et l'ancien Premier ministre belge Paul-Henri Spaak - ont tous été considérés comme des hommes de main par leurs commanditaires américains. L'implication des Etats-Unis a été traitée comme une opération secrète. Le financement de l'ACUE provenait des fondations Ford et Rockefeller ainsi que de groupes ayant des liens étroits avec le gouvernement américain.(…)


Le chef de la Fondation Ford, l'ex-officier de l'OSS Paul Hoffman, fût nomméà la tête de l'ACUE à la fin des années cinquante. Le Département d'État (Ndt : affaires étrangères) a également joué un rôle. Une note de service de la section européenne, en date du 11 juin 1965, conseille au vice-président de la Communauté économique européenne, Robert Marjolin, de poursuivre discrètement le chemin vers l'union monétaire.

La note recommande l'absence de débat jusqu'au moment où "l'adoption de ces propositions serait devenu pratiquement incontournable".


Depuis toujours l’Europe n’est donc que la projections des intérêts géostratégiques américains, les plus grands chantres des USA étaient traités comme des salariés par les USA. Les documents sont là, personne ne veut aller voir. Il faut que la petite berceuse « l’Europe permettra de tenir en respect les USA » puisse continuer à nous assoupir.


Julien Gunzinger

Pour s'amuser un peu en cette période où la propagande fait rage: ici...

A 1min 37 on voit la police tout court prendre le relai de la police de la pensée, lorsque cette dernière s'avère quand même insuffisante, malgré tout le dispositif de dissuasion
Rédigé par Julien Gunzinger le Vendredi 27 Novembre 2009 à 11:21 | Commentaires (3)

les socialistes français, sous l'impulsion de Manuel Valls, ont dernièrement relancé la question de l' euthanasie, de la nécessité d'une aide active à mourir. Heureusement la proposition de loi a été refusée à l'Assemblée nationale... jusqu'à la prochaine offensive.
Nous avons là une démonstration parfaite du rôle que joue la gauche dans la division des tâches de la religion libérale. Un exemple parfait pour illustrer le petit texte de Jean Claude Michéa que j'avais publié ici dans une précédente chronique.

« la tableau libéral définit un tableau à double entrée, la droite moderne (celle qui a renoncé à rétablir l'alliance du trône et de l'autel) représente l'entrée par le marché et son expansion perpétuelle, la gauche moderne (celle qui a définitivement renoncé depuis Mai 68 étudiant, au compromis historique passé avec le mouvement ouvrier socialiste lors de l'affaire Dreyfus) représente le mode d'entrée privilégié par le Droit et sa culture transgressive. (...) L'une procède plutôt de Turgot et d'Adam Smith, l'autre plutôt de Benjamin Constant et de John Stuart Mil ( parfois revêtus, il est vrai, du manteau de cuir de Trotsky, pour de vagues raisons historiques encore partiellement agissantes) c'est pourquoi le clivage historique droite/ gauche, tel qu'il en est venu à fonctionner de nos jours, est la clé politique ultime des progrès constants de l'ordre capitaliste. Il permet, en effet, de placer en permanence les classes populaires devant une alternative impossible.
Soit elles cherchent à se mettre à l'abri des effets économiques du libéralisme, elles vont alors avec la gauche valider toutes les conditions culturelles du système qui engendre ses effets. Soit elles se révoltent contre cette apologie perpétuelle de la transgression et elle tombe entre les griffes de la droite et l'extrême droite qui démantèlent leurs conditions d'existence matérielles. »


Le problème de l'euthanasie illustre parfaitement cela, mais tout autant l'alignement des médias sur les impératifs de la logique libérale, leur totale inféodation à celle-ci. En effet, à intervalle régulier, les médias se font la caisse de résonance de cette question. Il y a une évidente collusion entre le monde médiatique et le monde politique sur le sujet. les campagnes médiatiques servant à préparer l'opinion. L'enjeu fondamental c'est le coût des vieux. D'une part ils vivent toujours plus longtemps, alors qu'ils ne rapportent rien, ils sont massivement détenteur du capital qu'ils ont accumulé durant les 30 glorieuses; d'autre part si nous disposons bien des moyens techniques de prolonger leur vie, nos moyens économiques fondent comme neige au feu. Il faut donc engager la procédure qui permettra leur liquidation légale.
Comment s'y prendre? Il s'agit de faire passer cette logique économique, cette régression civilisationelle, pour un progrès, la solution à un combat héroïque. C’est pour cela que régulièrement les médias reviennent à charge avec un cas très émouvant, extrême, atypique d’euthanasie. La puissance du lobby anti-catholique ( franc-maçon et autres mouvement tout à l'égout pro-choice )déploie une grande mise en scène médiatico-politique pour préparer l'opinion à ce qu'elle consente à faire péter le verrou de la défense de la vie à tout prix( le le symétrique de l’avortement, la liquidation des vieux étant le pendant de l'infanticide).
Ainsi une fatalité libérale est transfigurée en un combat héroïque pour le droit à mourir dans la dignité. L'avortement et l'euthanise font système ensemble, puisque l'avortement est une extension de la dynamique libérale qui consiste en gros réduire les enfants à la logique de la marchandise: j’en veux, j’en veux pas alors que l'euthanasie est un moyen de gérer les vieux comme on gère l’obsolescence économique d'une marchandise: ils coutent chers, il sont toujours plus nombreux, vivent trop longtemps, ne rapportent plus rien, les générations suivantes ont besoin de pognon...
En réalité les personnes qui sont assistées en fin de vie craignent qu'on les débranche. Il n'y a qu'une toute petite minorité qui le souhaite, mais le complexe idéologique, que forme les médias et les politiques, travaille à faire avaliser l'idée contraire.. Les médias suggèrent que les gens subissent un implacable harcèlement thérapeutique alors qu’ils souhaiteraient être débranchés. Par la promotion systématique de ceux qui voudraient mourir ils mentent, manipulent la réalité.



"On ne peut penser qu’une société puisse combattre efficacement le crime quand elle le légalise elle-même dans le cadre de la vie naissante."

(Benoît XVI, 16 septembre 2006)


Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Jeudi 26 Novembre 2009 à 08:44 | Commentaires (0)

le nom de plus aucune personne ayant une charge pastorale ne sera cité ici


A l’heure où le Vatican a engagé des discussions avec la fraternité St Pie X sur la bonne interprétation à faire du Concile Vatcian II, à l’heure où le monde catholique, dans son ensemble, doit faire un effort d’intelligence dans la foi pour parvenir à l’unité, à l’heure ou Benoît XVI, dans le prolongement de l’enseignement de Jean Paul II, insiste pour faire de la Raison la meilleure alliée de la foi, sa plus fidèle servante pour accéder à une compréhension profonde de la révélation dépassant le sentimentalisme romantique qui l’a trop souvent maintenue captive des idéologies du monde, je souhaite, par ce blog, m’inscrire dans ce mouvement. Je ne poursuis aucune autre intention, et surtout pas celle de me livrer à une chasse aux personnes. J’ai bien trop de respect pour le mystère de chacun pour identifier quiconque aux idées qu’il défend. Je n’entends donc ici faire que le procès de certaines idées que j’estime incompatible avec la révélation et non pas celui des personnes. C’est pourquoi j’ai décidé de ne plus citer le nom des personnes, ayant une charge pastorale dans le Jura, dont je conteste les idées. Je ne veux blesser personne. Je reconnais humblement que mon ton, parfois polémique, a pu choquer. Je prie toutes les personnes qui ont pu se sentir agressées de m’en excuser.
J’ai été porté par la colère en début d’année lorsque notre Saint Père a été trainé dans la boue, j’étouffais quotidiennement sous le flot de désinformations dont les médias nous submergeaient, au Jura comme ailleurs. Devant le silence de nos autorités ecclésiastiques je me suis avancé sabre au claire. Le soupçon m’est venu que de nombreux catholiques, de nombreux clercs se satisfaisaient de cette cabale médiatique. J’y ai vu une connivence idéologique avec le fond de la pensée moderne qui est pour moi, cela va sans dire, en opposition radicale avec le message du Christ. J’ai voulu faire contre-feu. Mon ton parfois polémique et provocateur ne poursuivait pas d’autre but. Je ne suis pas un incendiaire. Je veux juste faire entendre une voix différente qui est trop souvent couverte, à mon sens, par le bruit des cymbales du monde. Je n’accuse personne, je ne fais le procès de personne, je revendique juste le droit de parler des enjeux de notre époque à la lumière d’orientations théologiques et philosophiques qui sont dans la ligne, à mon sens, de l’enseignement du magistère.


Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Mercredi 25 Novembre 2009 à 08:15 | Commentaires (0)

Quelques précisions encore sur la royauté du Christ pour saisir toute sa portée dans la confusion actuelle.


Quas Primas l’a rappelé vigoureusement, la royauté du Christ ne doit pas être limitée à une dimension purement intérieure et spirituelle comme on nous la présente trop souvent en chaire de nos jours. Tout le propos de cette encyclique est de rappeler la doctrine éternelle de l’Eglise pour qui même si le royaume du Christ « concerne avant tout l’ordre spirituel» ce serait cependant « une grossière erreur de refuser au Christ-Homme la souveraineté sur les choses civiles quelles qu’elles soient» écrit Pie XI.

Ainsi ce n’est pas que dans un sens uniquement « métaphorique », rappelle Pie XI, qu’il faut comprendre la Royauté de notre Seigneur « car le nom et la puissance de roi doivent être attribués au sens propre du mot, au Christ dans son humanité»

Et pour bien situer à quel niveau se situe cet enseignement Pie XI écrit : «C’est un dogme de foi catholique (rappelé par le concile de Trente) que le Christ a été donné aux hommes à la fois comme Rédempteur et comme Législateur, à qui ils sont tenus d’obéir... Les Evangiles nous montrent Jésus dans l’exercice même de son pouvoir législatif. »

C’est donc bien également sur le domaine civil que le Christ-Roi étend sa souveraineté.Quas Pirmas et Ubi Arcano Dei Consilio, la première encyclique de Pie XI, sont consacrées, en partie, à illustrer les ravages que cause la soustraction de la loi des hommes à la loi du Christ. « Il est l’unique auteur, pour 1’Etat comme pour chaque citoyen, de la prospérité et du vrai bonheur : la cité ne tient pas son bonheur d’une autre source que les particuliers, vu qu’une cité n’est pas autre chose qu’un ensemble de particuliers unis en société. Les chefs d’État ne sauraient donc refuser de rendre - en leur nom personnel, et avec tout leur peuple - des hommages publics de respect et de soumission à la souveraineté du Christ » Or de nos jours, plus que jamais, la royauté du Christ a été écartée de la vie publique. Et l’essentiel des homélies de nos prêtres l’invite d’ailleurs à rester confinée dans le sanctuaire de la vie intérieure. Est-ce bien le rôle des prêtres de reléguer sa royauté à cette seule dimension?
En tous les cas, c’est un enseignement constant du magistère : dès lors que l’ordre public n’est plus référé au Roi de l’Univers et ordonné à sa loi ( que l’on appelle la loi naturelle), il est irrémédiablement voué à engendrer le chaos, à sombrer dans une logique conduisant au totalitarisme écrivait Jean Paul II dans centisimus annus.


Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Mardi 24 Novembre 2009 à 08:12 | Commentaires (0)

C'était hier la fête du Christ-Roi


La fête du Christ-Roi a été instituée par Pie XI dans sa lettre encyclique Quas Primas. Dans celle-ci il reprenait l’enseignement de sa première lettre encyclique Ubi Arcano Dei Consilio où il rappelait déjà, au sortir de la guerre, que la seule paix véritable est celle que procure le Christ. « Jamais ne pourrait luire une ferme espérance de paix durable entre les peuples tant que les individus et les nations refuseraient de reconnaître et de proclamer la souveraineté de Notre Sauveur. » écrit-il dans Quas Primas. Il poursuit ainsi « Il ( le Christ) est l’unique source du salut, de celui des sociétés comme de celui des individus : Il n’existe de salut en aucun autre; aucun autre nom ici bas n’a été donné aux hommes qu’il leur faille invoquer pour être sauvés. Il est l’unique auteur, pour 1’Etat comme pour chaque citoyen, de la prospérité et du vrai bonheur : la cité ne tient pas son bonheur d’une autre source que les particuliers, vu qu’une cité n’est pas autre chose qu’un ensemble de particuliers unis en société. Les chefs d’État ne sauraient donc refuser de rendre - en leur nom personnel, et avec tout leur peuple - des hommages publics de respect et de soumission à la souveraineté du Christ; tout en sauvegardant leur autorité, ils travailleront ainsi à promouvoir et à développer la prospérité nationale... Les États, à leur tour, apprendront par la célébration annuelle de cette fête que les gouvernants et les magistrats ont l’obligation, aussi bien que les particuliers, de rendre au Christ un culte public et d’obéir à ses lois. Les chefs de la société civile se rappelleront, de leur côté, le dernier jugement, où le Christ accusera ceux qui L’ont expulsé de la vie publique, mais aussi ceux qui L’ont dédaigneusement mis de côté ou ignoré, et punira de pareils outrages par les châtiments les plus terribles; car Sa dignité royale exige que l’État tout entier se règle sur les commandements de Dieu et les principes chrétiens dans l’établissement des lois, dans l’administration de la justice, dans la formation intellectuelle et morale de la jeunesse qui doit respecter la saine doctrine et la pureté des moeurs»
Or notre époque tourmentée, prise dans un tourbillon de crises, organise, plus que jamais, la paix dans l’indifférence totale au message du Christ. Cette paix est celle que proposent les dirigeants de notre monde qui puisent leur légitimité et leurs arguments dans le chaudron des idéologies ( matérialisme, laïcisme, marxisme, progressisme, technico-scientisme, droit de l’hommisme )qui pullulent depuis plus de deux siècles. Chacune d’entre elles n’est qu’une partie détachée, sécularisée de la révélation. La religion qui les domine et les structure est à, mon sens, la religion de l’homme, dont le libéralisme est l’expression politique la plus achevé. Cette religion repose sur l’idée qu’il n’y a aucune vérité éternelle qui soit accessible à la Raison et à laquelle l’homme doit se soumettre, qu’en conséquence l’homme est seul maître de sa destinée, qu’il doit forger lui-même, en les extrayant de sa seule volonté, les normes de la vie publique, que tout est fluent, en régime d’évolution, qu’il n’y a rien de fixe et d’éternel. Bref que là où l’homme décidera d’aller, là sera son paradis. Je pense que cette religion de l’homme est sur le point de tomber le masque en opérant la fusion, sous nos yeux, de toutes les idéologies dont elle a emprunté les traits au cours des 200 dernières années. Elle a pour relai tous les médias alignés, qui tètent tous à l’un ou à l’autre de ses seins. Elle a pour horizon un gouvernement mondial qui n’aura de démocratique que le nom, qui sera le noyau organisateur de l’aliénation des hommes aux logiques pulsionnelles de la jouissance et de la consommation. Sous la prétention de vouer un culte à l’homme, elle n’est que ruse et mensonge pour obtenir sa mise en bouillie et son articulation aux intérêts supérieurs d’une caste oligarchique.
Plus que jamais il faut nous ranger sous la bannière du Christ-Roi pour recevoir la seule paix qui soit, la sienne.

Gloire à toi, Christ-Roi

Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Lundi 23 Novembre 2009 à 00:20 | Commentaires (0)

Un petit extrait du livre magistral de Jean-Claude Michéa, "L’empire du moindre mal", qui résume brillamment l’imposture du clivage gauche-droite actuel.




« la tableau libéral définit un tableau à double entrée, la droite moderne (celle qui a renoncé à rétablir l'alliance du trône et de l'autel) représente l'entrée par le marché et son expansion perpétuelle, la gauche moderne (celle qui a définitivement renoncé depuis Mai 68 étudiant, au compromis historique passé avec le mouvement ouvrier socialiste lors de l'affaire Dreyfus) représente le mode d'entrée privilégié par le Droit et sa culture transgressive. (...) L'une procède plutôt de Turgot et d'Adam Smith, l'autre plutôt de Benjamin Constant et de John Stuart Mil ( parfois revêtus, il est vrai, du manteau de cuir de Trotsky, pour de vagues raisons historiques encore partiellement agissantes) c'est pourquoi le clivage historique droite/ gauche, tel qu'il en est venu à fonctionner de nos jours, est la clé politique ultime des progrès constants de l'ordre capitaliste. Il permet, en effet, de placer en permanence les classes populaires devant une alternative impossible.
Soit elles cherchent à se mettre à l'abri des effets économiques du libéralisme, elles vont alors avec la gauche valider toutes les conditions culturelles du système qui engendre ses effets. Soit elles se révoltent contre cette apologie perpétuelle de la transgression et elle tombe entre les griffes de la droite et l'extrême droite qui démantèlent leurs conditions d'existence matérielles. »

Jean Claude Michéa
Rédigé par Julien Gunzinger le Vendredi 20 Novembre 2009 à 01:07 | Commentaires (0)

Le gentil agent pastoral Noël Pedreira, véritable croisé de toutes les causes portant l’estampille du conformisme bienpensant, a créé un groupe sur facebook pour convaincre les députés du parlement jurassiens des jeunes de revenir sur leur décision de soutenir l’initiative anti-minaret. L’annonce de la création de ce groupe ayant été faite avec tambours et trompettes dans le Quotidien jurassien - promouvant de facto ce groupe au rang de lieu de débat officiel sur la question – je m’y suis introduit. Je n’y suis pas resté longtemps. En effet, alors que plusieurs messages se livraient à de profondes réflexions, identifiant les jeunes députés à des nazillons, alors que Monsieur Perdeia, lui-même, dénonçait la xénophobie des partisans de l’initiative, j’ai été exclu du groupe après avoir engagé un dialogue fort intéressant avec 2 jeunes gens, au motif que je jouais au vieux moralisateur cherchant à les ramasser avec ma « prétendue science ». Bref, les propos les plus gratuitement injurieux y avaient leur place mais aucune voix dissonante ne pouvait s’y exprimer. Ce groupe avait juste pour vocation d’être la caisse de résonance des platitudes homologuées par le gentil agent pastoral.

Je mets ici un échange que j’ai eu avec un jeune homme sur le groupe du gentil agent pastoral avant de m’en faire évincer.



M'adressant à deux jeunes avec lesquels je discutais sur le groupe
:


Mais arrêtez vos fadaises sur le ralliement à Hitler auquel aspireraient les jeunes jurassiens. Arrêtez de vous la jouer "no passaran". Rangez votre épouvantail et regarder le réel. C'est fini ce totalitarisme là. Celui qui pointe le bout de son nez fait son lit de ce que vous appelez la tolérance, le bon sens qui ne sont que des postures creuses, des idées vides. Il faut être conscient de sa spécificité de son identité, il faut savoir la cultiver avant de pouvoir jouer les hôtes débonnaires. Or la tolérance à la sauce bobo c'est, comme je l'ai écrit, "Chacun fait, fait, fait ce qu’il lui plaît, plaît, plaît." Plus rien n’est reconnu comme structurant pour tous, comme norme pour tous ( à part donc l’amouuuuurr que l’on doit à chacun, le respect des différences de chacun), on est dans le déni total de tout ce qui a fait notre civilisation, de tout ce qui constitue le sol sur lequel on marche. L'atomisation des goûts, des valeurs ne produit pas un corps social, mais une chose un peu flasque, offerte aux assauts de tout ce qui est saillant. Vous dites les jeunes sont idiots. Et bien pour ma part je ne trouve pas du tout idiot de considérer que l'Islam pose un problème culturel de "fond", comme tu dis X. Considérer l'Islam comme quelque chose de pas du tout anodin ne relève absolument pas des catégories du racisme mais de la plus profonde clairvoyance. C'est cela, je pense, que les jeunes du parlement ont voulu exprimer. C'est cela que la pensée dominante ne parvient pas à intégrer. Cette pensée pour qui la tolérance est le concept roi, la lumière ordonnatrice de l'univers. Qui d'entre vous à étudier l'islam, autant dans sa doctrine, son histoire, que dans ses objectifs géopolitiques? A mais c'est juste, peu importe le réel, il faut être tolérant, de gentils petits toutous....
Julien Gunzinger

Réponse d’un jeune interlocuteur :

Si jamais tu es le seul de nous trois avoir parlé d'Hitler et ce deux fois. Alors dis-nous qui est le plus obsédé du nazisme?
De plus ce n'est pas parce que nous votons dans le sens du conformisme que nous le sommes! Et combien même il faut mieux être un mouton à l'esprit ouvert qu'un marginal à l'esprit obtu!
"c'est fini ce totalitarisme là" que tu dis? et bien absolument pas car comme nous le montre l'histoire en temps de crise les gens votent dans les extrêmes... qui mènent tout droit au totalitarisme.
"Qui d'entre vous à étudier l'islam, autant dans sa doctrine, son histoire, que dans ses objectifs géopolitiques?"
Tu l'as étudier toi? car comme le disait fort justement François quasiment toutes les religions sont fondées sur des bases discriminatoires Ex: Eve tirée de la côte d'Adam, la chasse aux sorcières au temps de l'inquisition...
Enfin le plus drôle c'est d'avoir trouvé un anticonformiste tel que toi utilisant FACEBOOK. Trop drôle hein vive l anticonformisme... »

Ma réponse:

cher monsieur,

Je me permets de vous écrire personnellement, car je n'ai plus accès au groupe, le modérateur m'en a exclu.
Si j’ai cru bon de dénoncer les propos insultants, gratuits et grotesques qui associent les jeunes jurassiens du parlement aux nazis c’est qu’ils ont été tenus à plusieurs reprises sur le groupe par des personnalités « importantes », notamment un conseiller communal, et que le modérateur n’a pas cru nécessaire de nuancer. Par ailleurs il me semble que X s’est lui aussi aventuré sur cette pente très glissante, mais son message a été écarté ( comme d’autres que j’ai écrits). Bref, je ne suis pas obsédé par le nazisme, mais bel et bien par le phénomène totalitaire. Je pense que notre époque est désormais largement prête pour un nouveau totalitarisme. Il faut absolument vous défaire d’une idée toute faite. Les totalitarismes ne se sont jamais présentés comme des totalitarismes. Ils ne vous collent pas leur groin suintant sous les yeux en vous disant « coucou c’est moi ». Ils se lovent dans les catégories mentales d’une époque et apparaissent, tout au contraire, comme vierges de toute tare, comme des solutions saines et vigoureuses à une situation de détresse. Dois-je vous rappeler l’exemple du communisme, le plus dévastateur (en terme de morts) de tous les totalitarismes, cette peste qui a fermenté dans les esprits ( à commencer par le mien, j’ai été marxiste jusqu'à 26 ans) et qui continue d’ailleurs son petit bonhomme de chemin ( voire le livre « le communisme du XXIe siècle » de Renaud Camus). Il faut tout de suite vous défaire de cette idée que le totalitarisme, actuellement en voie d’achèvement, va proposer des solutions en les puisant dans les marmites du nazisme, du fascisme ou du communisme historique. Naturellement le but ultime est le même : transformer l’homme, le réduire en bouillie pour l’agréger à un corps social collectif tout puissant.
Si vous lisez Anna Arendt, Karl Polanyi, Dany-Robert Dufour, Georges Orwel ou Jean-Claude Michéa ( des auteurs de gauche, rassurez-vous) vous constaterez que le totalitarisme résulte d’une atomisation du corps social ( Polanyi), de la fluidité des masses dit Arendt, de leur mise en troupeau ( Dufour reprenant Kant). Donc d’un phénomène de dissociété ( terme forgé par Freud repris par un autre homme de gauche Jacques Généreux). Les quatre auteurs désignent le libéralisme comme responsable. Pas le libéralisme confiné à l’économique, mais le libéralisme politique ( ou métaphysique). C'est-à-dire l’idée que la société doit être organisée sur le principe de la neutralité axiologique de l’Etat sous prétexte que l’individu est souverain maître de ses choix, qu’aucune norme directrice morale, aucun principe discriminant de vérité ne doit dominer l’espace public. C’est cette structure fondamentale ( que j’appelle le laïcisme) qui est le support religieux de tous les totalitarismes. Le totalitarisme n’est pas du tout le fait d’une montée aux extrêmes, mais il est le remède que l’on apporte aux conséquences du libéralisme. Le foyer infectieux de tous les totalitarismes c’est le libéralisme. Pourquoi ? Parce qu’il est le masque d’une authentique religion. Une religion qui ne se reconnaît pas comme telle et qui n’a surtout pas en vue le bien de l’homme. Vous écrivez « toutes les religions sont fondées sur des bases discriminatoires ». Vous avez parfaitement raison. Mais la discrimination est la vertu par excellence de l’intelligence. Il n’y aucun raisonnement qui ne peut être mené sans recourir aux principes logiques de non-contradiction, d’identité ou du tiers exclu qui permettent de discriminer le vrai du faux. Comme toutes les religions prétendent détenir la vérité, exclusive des autres, elles sont discriminantes dans leur essence. Mais ce que vous ne comprenez pas c’est que le libéralisme est aussi un montage qui s’adosse à un principe de discrimination posé en absolu. Le libéralisme pose ainsi en absolu que la société ne doit pas être organisée autour d’un principe de vérité. Pourquoi le pose-t-il ? Parce selon lui aucun système de vérité ne peut prétendre être le détenteur exclusif de la vérité. Mais comment le sait-il ? Par voie de révélation ? Comment peut-il se prononcer de façon absolue alors qu’il nie l’existence d’un critère d’absoluité ? Le libéralisme est en fait le masque d’une religion honteuse. Toute notre société est en fait sous le joug d’une religion. Celle-ci a fait descendre ses dogmes dans les lois, les institutions. Les intellectuels libéraux ( je mets dedans tous les penseurs de la droite d’affaire et de la gauche bobo, mais naturellement son air d’influence ne s’arrête pas là) forment le clergé de cette religion. Il ne s’agit pas de lutter contre la discrimination (comme il est dans la logique du libéralisme de le faire. Lutte contre la discrimination qui comme j’ai essayé de l’expliquer se fait au nom d’une discrimination : l’affirmation que la vérité se tient dans l’absence de vérité ou de la vérité de tous) , mais de réfléchir, de saisir laquelle des vérités proposées est la vraie et d'en tirer les conséquences. Dès lors que l’on ne répond qu’à la logique de non discrimination ( il faut abolir toutes les discriminations) on est en fait dans la réalisation d’une religion, d’une idéologie. CE N'EST PAS MOI, QUI SUIS UN CATHOLIQUE QUE LES BEAUX ESPRITS QUALIFIENT AISéMENT D'INTéGRISTE, QUI LE DIT, MAIS DES GENS COMME dANY rOBERT dUFOUR, COMME mICHéA QUI SONT DES INTELLECTUELS PARMI LES MEILLEURS QUE LA GAUCHE PRODUIT.
Il faut être capable d’un certain recul historique et philosophique sur l’état de notre société pour saisir ce qui la travaille en profondeur . Nous ne sommes jamais sortis en fait des guerres de religions. Une nouvelle religion a tout simplement écrasé les autres depuis la révolution. Tout comme il ne faut pas traquer la résurgence du nouveau totalitarisme avec le portrait robot des nazis ou des cocos de l’époque, il faut être capable de prendre énormément de recul avec les sentences de la doxa qui désigne intégriste telle ou telle catégorie d’individus. Tout est bien plus pervers et subtile que cela. La pensée commune, celle qui est enseigné à l’école, dans les médias et largement à l’université ne sert qu’à asseoir une représentation du monde bien précise, qui repose sur une certaine métaphysique, une certaines religion.
Je ne suis pas anticonformisme par anticonformisme, mais parce que j’ai suffisamment été regardé de l’autre côté du décor pour comprendre que nous vivons, intellectuellement, dans un réel décor à la Potemkine. Rien ne tient. La dénonciation de la pensée unique a été largement circonscrite à la dénonciation du libéralisme économique, mais ce n’est que l’arbre qui cache la forêt. C’est cela qui est fabuleux dans la recherche profonde, philosophique, théologique et historique. Plus vous avancez, plus vous saisissez en profondeur la nature de la manipulation et du mensonge et plus, par contraste, la beauté de la vérité vous éblouit.
Enfin sur l’Islam. Oui je l’ai étudié ! Pour faire court, toute la différence tient dans le statut de la révélation. En Islam, la révélation ne concerne pas dieu qui demeure impénétrable, mais ses décrets : Adam a reçu le même message que Mahommed. Il n’y eu aucune modification,ni progression. C’est la raison pour laquelle il est également aussi appelé (le Coran) Rappel. Il est l’écho exact de ce qui a été dit à Musa et Isa, répété et non développé, ni complété, ni accompli. Il ne comprend aucun ajout, aucune différence substantielle. En conséquence, pour l’Islam l’histoire n’apporte rien, elle ne compte pas, il n’y a pas d’élection d’un peuple, d’attente, d’alliance. En résumé, Dieu est donc radicalement distinct de l’homme, distant aussi au plan relationnel, la révélation est radicalement extérieure. Et cette Révélation ne porte pas sur Dieu lui-même.
Pour les chrétiens l’Ecriture est inspirée, les écrivains agissent « en vrais auteurs » (dei verbum, VII), portés de façon interne par l’Esprit Saint. Ils y a donc collaboration humaine à la mise au point du message. Le prophète en Islam a lui, tout au contraire, un rôle passif. Cela atteste la proximité de l’homme et de dieu dans l’alliance que Jésus réalisera à travers sa mort et sa résurrection « ceci est mon sang ( proximité), le sang de l’Alliance, qui va être répandu pour une multitude en rémission des péchés » (Mt 26,28)
En conséquence il y a un espace de relation qui est ouvert, un espace de partenariat, des domaines de compétence qui sont délégués à l’homme ( comme la politique) ,dans le christianisme, qui n’existe pas pour les musulmans. C’est une détermination métaphysique. Dieu est le Patron, le Protecteur, 56e nom, il est le régnant absolu et souverain : cela suscite adoration chez le serviteur. Il n’y a pas de cause seconde à distinguer de la cause première, cela crée une atomisation de tout ce qui n’est pas dieu. Ce qui veut dire que tout relève de dieu, alors que pour les chrétiens Dieu, cause première, confère la dignité de la causalité à l’homme, cause seconde. L’homme est libre, peut engager dans le monde des chaînes de causalité qui lui sont propres. Pour un musulman rien de tel, tout est entre les mains de Dieu.


En conclusion : Chaque religion et système de pensée a une cohérence profonde dans laquelle la vision de l’absolu et le chemin spécifique pour aller vers cet absolu, les conceptions de soi-même, du monde et des autres se tiennent. C’est une dynamique d’interprétation de l’existence humaine qui façonne les adeptes, sans qu’ils en aient forcément conscience. C’est le cas pour le libéralisme, le christianisme, l’islam. Il s’agit ensuite de discriminer quelle religion ou métaphysique est la vraie, en s’engageant corps et âme dans la recherche. De voir les pans entiers du décors intellectuel à la Potemkine tombés sous la puissance de l'irruption de la Lumière constitue, je vous l'assure, une des choses les plus exaltantes sur cette terre.

Bien à vous

Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Jeudi 19 Novembre 2009 à 14:07 | Commentaires (0)
1 2

Profil
Julien Gunzinger
Blog d'un catholique jurassien

"Nous te prions, Seigneur, de faire de nous des combattants de la foi inflexibles et miséricordieux, témoins brûlants, dans ce monde ravagé par l’apostasie, de ton alliance nouée dans ton sang."



Galerie

RSS ATOM RSS comment PODCAST Mobile