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Vendredi 10 Février 2012
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Blog de promotion de la doctrine sociale catholique et de résistance au mondialisme
Il n’y a rien de plus hilarant, pour celui qui se donne un peu les moyens de comprendre l’état de notre civilisation, que de se plonger dans les auteurs des Lumières, celles que l’on nous présente comme la référence absolue de notre éthique démocratique. Les Lumières qui auraient été les grandes championnes de la liberté contre tous les obscurantismes, les Lumières championnes de la tolérance.
Or dès que l’on se donne la peine de lire nos grandioses « illuminés », on se rend compte que le contraste entre la propagande et la réalité est total. Les hommes des Lumières étaient tout sauf des zélateurs de la liberté. D’ailleurs pour eux, la liberté n’existait pas, l’homme n’étant qu’un simple matériau déterminé par des causes extérieures. Ainsi selon le baron d’Holbach, l’homme "est dans chaque instant de sa vie un instrument passif entre les mains de la nécessité" n’est qu’une "machine", une "horloge", un "clavecin sensible et animé". Pour un Voltaire, le peuple ne mérite pas d’accéder à la connaissance, il en est totalement indigne. "Le vulgaire ne mérite pas qu’on songe à s’éclairer" écrit Voltaire. " écrit-il. La vérité, explique-t-il encore, "n’est pas faite pour tout le monde. Le gros du genre humain en est indigne". Aux philosophes revient le devoir de créer un système politique qui, tirant parti de cette ignorance entretenue, produira les meilleures conséquences pour tous, étant convenu que les hommes ne sont que des ventres sur pattes, mus par des causes sur lesquelles ils n’ont aucune prise.
Comme l’homme est la résultante de conditionnements extérieurs, il n’y a de nature humaine que sensible, si bien que les races sont différents. En conséquence, les auteurs des Lumières sont également de fiévreux racistes. Voilà ce que Voltaire écrit, par exemple, des noirs "leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence mettent entre eux et les autres espèces d’hommes des différences prodigieuses". Les Juifs ne s’en sortent pas mieux à ses yeux "Vous ne trouverez en eux qu’un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition et à la plus invincible haine pour les peuples qui les tolèrent et qui les enrichissent". Buffon le célèbre naturaliste français, étend son racisme aux paysans français qu’ils dotent des mêmes caractéristiques que les peuples inférieurs. Selon lui, ils sont « grossiers, pesants, mal faits, stupides, et leurs épouses, presque toutes laides". Voltaire, naturellement, abonde dans son sens. Ce sont, selon lui, "des rustres vivant dans des cabanes avec leurs femelles et quelques animaux... partant un jargon qu’on n’entend pas dans les villes ; ayant peu d’idées et par conséquent peu d’expressions ... ; se rassemblant certains jours dans une espèce de grange pour célébrer des cérémonies où ils ne comprennent rien... »
Tout l’enjeu, pour les hommes des Lumières, est de façonner cette terre glaise à l’état brut que forment les peuples pour l’adapter à leurs vues. Georges Gusdorf écrit à ce sujet "ce remodelage procédant du dehors au dedans suscitera l’homme nouveau selon les voies et moyens d’une pédagogie totalitaire, dont on retrouve les linéaments dans les Traités d’Helvétius, de d’Holbach, de Condorcet, de Bentham et dans l’oeuvre réformatrice des législateurs révolutionnaires. L’intention des Lumières est orientée vers la formation en série de citoyens coulés dans le même moule, ce qui conduirait à une dépersonnalisation générale"
La ruse suprême des délires de nos illuminés, dont sont sortis tous les totalitarismes, a été parfaitement résumée par Voltaire. "Le bien de la société exige que l’homme se croit libre". Toute la manœuvre consiste donc à agiter le chiffon rouge de la liberté sous les yeux du troupeaux- composés d’ineptes hagards - pour le mener où on veut le mener. Et en premier lieu il faut le faire participer au grand renversement de l’ordre ancien. Car c’est dans la dynamique même du pervers que de faire adhérer sa victime à ses vices, que faire prêter la main du plus grand nombre aux crimes qu'il perpètre. Ce qui est visé c’est de faire abandonner au peuple ses habitus hérités des siècles de civilisation chrétienne et classique. Ce n’est qu’une fois que le peuple aura profondément opéré sa mue, lorsqu’il sera conforme à ce qu’il est dans l’esprit des géniteurs de l’ordre nouveaux, un vulgaire matériau à la disposition des illuminés, que l’inspiration profonde des Lumières ( de la modernité) se sera concrétisée. Et tout cela, notez le bien, au nom de la liberté. N’est-ce pas fantastique ?
Ce qui est central, c’est de bien saisir que l’histoire de la modernité est entièrement balisées par une philosophie qui réduit l’homme à une nature humaine purement sensible, sans aucune vocation spirituelle. Il fallut donner la chiquenaude à ce mouvement. Ce fut l’oeuvre de la révolution, puis comme un torrent roulant sur une pente favorable, il n’a eu de cesse de tout entraîner sur son passage. Les principes philosophiques ont épousé mille et uns visages, comme celui du marxisme, du libéralisme, du naturalisme, du modernisme, de l’écologisme politique, du fascisme, de l’existentialisme. Par moment il s’est crispé dans des formes extrêmes, comme le communisme et le fascisme, pour sauver le logiciel alors que le réel ( la réalité sociale et économique) s’insurgeait. Depuis il a investi dans des méthodes de manipulation plus douces: les mass médias ( toute l’industrie du spectacle) et le conditionnement idéologique de l’école publique. Ce sont eux qui ont essentiellement à charge de promouvoir le visage qui est le sien de nos jours : le multiculturalisme. Celui-ci consiste essentiellement à dire que ce ne sont pas les valeurs morales et les principes transcendants qui constituent ce que les hommes ont de plus précieux, mais qu’il faut organiser le grand brassage, tout dissoudre pour permettre la paix, la société d’abondance, la tolérance, la liberté. Au nom de la liberté de nos chères petites têtes blondes à choisir leurs propres valeurs, leur propre religion, on décide, par exemple, qu’il faut qu’à l’âge de 6 ans elles soient confrontées à la diversité, que toutes les religions doivent leur être présentées, toutes les cultures. On développe ainsi l’idée que tout se vaut, on réduit leur esprit en une bouillie indifférenciée en les empêchant de se fixer sur des repères solides.
Mais depuis le 11 septembre, le processus s’est soudainement emballé. L’élimination de populations civiles par centaines de milliers au nom des droits de l’homme a pris une nouvelle dimension. On commence à se demander si l’affreux Bush n’a pas servi d’épouvantail pour mieux nous vendre Obama derrière. Dans cet emballement de la fureur, nombreux sont ceux qui soupçonnent que quelque chose cloche : Obama envoie des milliers d’hommes en Afghanistan, mais il reçoit le prix nobel de la paix ; Obama prétend lutter contre la crise économique, mais il s’est entouré des pires raclures de Wall Street qui sont à l’origine de la crise ( Tim Geithner, Lawrence Summers) ; les révolutions colorées, que l’on présente comme des mouvements spontanés, s’avèrent n’être que des sordides opérations de subversion organisées par les services secrets britanniques et américains ; les banques ont été renflouées par milliers de dollars mais on ne remet surtout pas en cause la dérégulation monétaire, le principe même de l’argent dette qui est à la source des crises depuis un siècle ; on commence à comprendre les liens qui existent entre la dévastation des structures traditionnelles, comme la famille, et l’explosion de la délinquance, l’effondrement de culture classique et les nouvelles orientations pédagogiques mais on il faut continuer d’avancer à grands pas dans le même sens ( projet de mariage homosexuel, réforme harmos, pédagogie constructiviste) ; aucune étude scientifique n’a établi une quelconque nocivité de la fumée passive mais partout il faut interdire la fumée dans les lieux de convivialité. Et rien dans les médias dominants ne doit filtrer de ces inquiétudes et contradictions, ou alors de façon allusives, juste pour servir d’alibi : « voyez on en a parlé ». En fait, l’écart entre l’idéologie et le réel devient tel que l’on sent que tout le système se raidit, que partout les espaces de liberté pour en discuter se résorbent, fondent comme neige au feu. Des libéraux authentiques s’en indignent, mais c’est qu’ils n’ont pas compris la logique d’ensemble du processus. Ils n’ont pas compris que la démocratie libérale n’était viable, qu’elle était capable de promouvoir authentiquement le bien commun que lorsqu'elle reposait encore largement sur des habitus, des valeurs qu’elle n’avait pas engendrés, mais dont elle avait hérité. Je comprends le désarroi des libéraux authentiques. Mais eux ne comprennent pas, malheureusement, que les procédures démocratiques concourent au bien commun pour peu qu’elles soient irriguées par une culture de vie et non par une culture de mort. Or le processus de fond qui travaille notre culture depuis des siècles vide « l’homme de sa substance », comme disait Bernanos. Il est fondamentalement dressé contre la nature humaine. Le logiciel des Lumières est un anti-humanisme. Il l’est dès l’origine et n’a eu de cesse, au cours de ces derniers siècles, de pénétrer les consciences pour les soumettre à son projet. Intention formulée explicitement par un autre grand illuminé, Jean-Jacques Rousseau "S’il est bon de savoir employer les hommes tels qu’ils sont, il vaut mieux encore les rendre tels qu’on a besoin qu’ils soient,- l’autorité la plus absolue est celle qui pénètre jusqu’à l’intérieur de l’homme, et ne s’exerce pas moins sur la volonté que sur les actions". Dissimulé derrière ses identités multiples, ce projet a réduit la conscience que les hommes ont de leur réelle identité et destinée à une peau de chagrin, les dépouillant des ressources que la civilisation chrétienne et classique avait patiemment fait murir en eux. Et se faisant, il a créé les conditions objectives de leur exploitation sans limite. Le terme de ce processus est la déréalisation totale de l’homme et de la politique et par conséquent de la démocratie, qui tend à être toujours plus virtuelle. En Suisse, nous avons été emporté un peu moins loin par cette lame de fond. Mais partout ailleurs en Europe et aux USA, les hommes ont été privés des outils institutionnels et surtout culturels et moraux permettant à la démocratie de travailler au bien commun.
Pour que la démocratie ne mue pas une nouvelle fois en un totalitarisme il n’y a désormais plus d’autre moyen que de porter la hache au principe même qui nous aliène : la conception de l’homme que les Lumières ont porté à bout de bras. La question politique décisive, cruciale, est désormais la question anthropologique. Faute de braquer les projecteurs sur cet enjeu, le processus de « déréalisation » de l’homme et de la politique ira à son terme, processus dont Debord disait qu’il constitue un moment où le faux est devenu le vrai apparent.
Julien Gunzinger
Comme l’homme est la résultante de conditionnements extérieurs, il n’y a de nature humaine que sensible, si bien que les races sont différents. En conséquence, les auteurs des Lumières sont également de fiévreux racistes. Voilà ce que Voltaire écrit, par exemple, des noirs "leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence mettent entre eux et les autres espèces d’hommes des différences prodigieuses". Les Juifs ne s’en sortent pas mieux à ses yeux "Vous ne trouverez en eux qu’un peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition et à la plus invincible haine pour les peuples qui les tolèrent et qui les enrichissent". Buffon le célèbre naturaliste français, étend son racisme aux paysans français qu’ils dotent des mêmes caractéristiques que les peuples inférieurs. Selon lui, ils sont « grossiers, pesants, mal faits, stupides, et leurs épouses, presque toutes laides". Voltaire, naturellement, abonde dans son sens. Ce sont, selon lui, "des rustres vivant dans des cabanes avec leurs femelles et quelques animaux... partant un jargon qu’on n’entend pas dans les villes ; ayant peu d’idées et par conséquent peu d’expressions ... ; se rassemblant certains jours dans une espèce de grange pour célébrer des cérémonies où ils ne comprennent rien... »
Tout l’enjeu, pour les hommes des Lumières, est de façonner cette terre glaise à l’état brut que forment les peuples pour l’adapter à leurs vues. Georges Gusdorf écrit à ce sujet "ce remodelage procédant du dehors au dedans suscitera l’homme nouveau selon les voies et moyens d’une pédagogie totalitaire, dont on retrouve les linéaments dans les Traités d’Helvétius, de d’Holbach, de Condorcet, de Bentham et dans l’oeuvre réformatrice des législateurs révolutionnaires. L’intention des Lumières est orientée vers la formation en série de citoyens coulés dans le même moule, ce qui conduirait à une dépersonnalisation générale"
La ruse suprême des délires de nos illuminés, dont sont sortis tous les totalitarismes, a été parfaitement résumée par Voltaire. "Le bien de la société exige que l’homme se croit libre". Toute la manœuvre consiste donc à agiter le chiffon rouge de la liberté sous les yeux du troupeaux- composés d’ineptes hagards - pour le mener où on veut le mener. Et en premier lieu il faut le faire participer au grand renversement de l’ordre ancien. Car c’est dans la dynamique même du pervers que de faire adhérer sa victime à ses vices, que faire prêter la main du plus grand nombre aux crimes qu'il perpètre. Ce qui est visé c’est de faire abandonner au peuple ses habitus hérités des siècles de civilisation chrétienne et classique. Ce n’est qu’une fois que le peuple aura profondément opéré sa mue, lorsqu’il sera conforme à ce qu’il est dans l’esprit des géniteurs de l’ordre nouveaux, un vulgaire matériau à la disposition des illuminés, que l’inspiration profonde des Lumières ( de la modernité) se sera concrétisée. Et tout cela, notez le bien, au nom de la liberté. N’est-ce pas fantastique ?
Ce qui est central, c’est de bien saisir que l’histoire de la modernité est entièrement balisées par une philosophie qui réduit l’homme à une nature humaine purement sensible, sans aucune vocation spirituelle. Il fallut donner la chiquenaude à ce mouvement. Ce fut l’oeuvre de la révolution, puis comme un torrent roulant sur une pente favorable, il n’a eu de cesse de tout entraîner sur son passage. Les principes philosophiques ont épousé mille et uns visages, comme celui du marxisme, du libéralisme, du naturalisme, du modernisme, de l’écologisme politique, du fascisme, de l’existentialisme. Par moment il s’est crispé dans des formes extrêmes, comme le communisme et le fascisme, pour sauver le logiciel alors que le réel ( la réalité sociale et économique) s’insurgeait. Depuis il a investi dans des méthodes de manipulation plus douces: les mass médias ( toute l’industrie du spectacle) et le conditionnement idéologique de l’école publique. Ce sont eux qui ont essentiellement à charge de promouvoir le visage qui est le sien de nos jours : le multiculturalisme. Celui-ci consiste essentiellement à dire que ce ne sont pas les valeurs morales et les principes transcendants qui constituent ce que les hommes ont de plus précieux, mais qu’il faut organiser le grand brassage, tout dissoudre pour permettre la paix, la société d’abondance, la tolérance, la liberté. Au nom de la liberté de nos chères petites têtes blondes à choisir leurs propres valeurs, leur propre religion, on décide, par exemple, qu’il faut qu’à l’âge de 6 ans elles soient confrontées à la diversité, que toutes les religions doivent leur être présentées, toutes les cultures. On développe ainsi l’idée que tout se vaut, on réduit leur esprit en une bouillie indifférenciée en les empêchant de se fixer sur des repères solides.
Mais depuis le 11 septembre, le processus s’est soudainement emballé. L’élimination de populations civiles par centaines de milliers au nom des droits de l’homme a pris une nouvelle dimension. On commence à se demander si l’affreux Bush n’a pas servi d’épouvantail pour mieux nous vendre Obama derrière. Dans cet emballement de la fureur, nombreux sont ceux qui soupçonnent que quelque chose cloche : Obama envoie des milliers d’hommes en Afghanistan, mais il reçoit le prix nobel de la paix ; Obama prétend lutter contre la crise économique, mais il s’est entouré des pires raclures de Wall Street qui sont à l’origine de la crise ( Tim Geithner, Lawrence Summers) ; les révolutions colorées, que l’on présente comme des mouvements spontanés, s’avèrent n’être que des sordides opérations de subversion organisées par les services secrets britanniques et américains ; les banques ont été renflouées par milliers de dollars mais on ne remet surtout pas en cause la dérégulation monétaire, le principe même de l’argent dette qui est à la source des crises depuis un siècle ; on commence à comprendre les liens qui existent entre la dévastation des structures traditionnelles, comme la famille, et l’explosion de la délinquance, l’effondrement de culture classique et les nouvelles orientations pédagogiques mais on il faut continuer d’avancer à grands pas dans le même sens ( projet de mariage homosexuel, réforme harmos, pédagogie constructiviste) ; aucune étude scientifique n’a établi une quelconque nocivité de la fumée passive mais partout il faut interdire la fumée dans les lieux de convivialité. Et rien dans les médias dominants ne doit filtrer de ces inquiétudes et contradictions, ou alors de façon allusives, juste pour servir d’alibi : « voyez on en a parlé ». En fait, l’écart entre l’idéologie et le réel devient tel que l’on sent que tout le système se raidit, que partout les espaces de liberté pour en discuter se résorbent, fondent comme neige au feu. Des libéraux authentiques s’en indignent, mais c’est qu’ils n’ont pas compris la logique d’ensemble du processus. Ils n’ont pas compris que la démocratie libérale n’était viable, qu’elle était capable de promouvoir authentiquement le bien commun que lorsqu'elle reposait encore largement sur des habitus, des valeurs qu’elle n’avait pas engendrés, mais dont elle avait hérité. Je comprends le désarroi des libéraux authentiques. Mais eux ne comprennent pas, malheureusement, que les procédures démocratiques concourent au bien commun pour peu qu’elles soient irriguées par une culture de vie et non par une culture de mort. Or le processus de fond qui travaille notre culture depuis des siècles vide « l’homme de sa substance », comme disait Bernanos. Il est fondamentalement dressé contre la nature humaine. Le logiciel des Lumières est un anti-humanisme. Il l’est dès l’origine et n’a eu de cesse, au cours de ces derniers siècles, de pénétrer les consciences pour les soumettre à son projet. Intention formulée explicitement par un autre grand illuminé, Jean-Jacques Rousseau "S’il est bon de savoir employer les hommes tels qu’ils sont, il vaut mieux encore les rendre tels qu’on a besoin qu’ils soient,- l’autorité la plus absolue est celle qui pénètre jusqu’à l’intérieur de l’homme, et ne s’exerce pas moins sur la volonté que sur les actions". Dissimulé derrière ses identités multiples, ce projet a réduit la conscience que les hommes ont de leur réelle identité et destinée à une peau de chagrin, les dépouillant des ressources que la civilisation chrétienne et classique avait patiemment fait murir en eux. Et se faisant, il a créé les conditions objectives de leur exploitation sans limite. Le terme de ce processus est la déréalisation totale de l’homme et de la politique et par conséquent de la démocratie, qui tend à être toujours plus virtuelle. En Suisse, nous avons été emporté un peu moins loin par cette lame de fond. Mais partout ailleurs en Europe et aux USA, les hommes ont été privés des outils institutionnels et surtout culturels et moraux permettant à la démocratie de travailler au bien commun.
Pour que la démocratie ne mue pas une nouvelle fois en un totalitarisme il n’y a désormais plus d’autre moyen que de porter la hache au principe même qui nous aliène : la conception de l’homme que les Lumières ont porté à bout de bras. La question politique décisive, cruciale, est désormais la question anthropologique. Faute de braquer les projecteurs sur cet enjeu, le processus de « déréalisation » de l’homme et de la politique ira à son terme, processus dont Debord disait qu’il constitue un moment où le faux est devenu le vrai apparent.
Julien Gunzinger
Pierre Hillard l’a dénoncé dans ses ouvrages, produisant tous les documents qui l’établissent, mais l’information ne filtre pas dans la presse. Aucun média ne daigne se pencher sur le sujet qui est pourtant crucial, engage l’existence de centaines de millions de personnes. Pourquoi une telle omerta ? Mais sur quoi au juste ? Attention, tenez-vous bien !!! En 2015 un vaste marché intégré entre les USA et l’UE devrait voir le jour. Les milieux mondialistes y travaillent depuis de longues années, mais en mars 2009 une décision du parlement européen a été prise pour aboutir en 2015 à la création de ce vaste ensemble économique et social. On comprend mieux à quoi sert l’UE et tout son appareil technocratique : à coiffer la volonté des peuples, à les aliéner à un projet décidé, mis en œuvre par les élites mondialistes qui, à aucune étape de sa réalisation, ne se soucient de l’avis des peuples.
petit sujet ici
petit sujet ici
Il leur en aura fallu avaler des couleuvres aux tenants de la tradition, piétinés de mépris, il leur en aura fallu de la patience, de l'humilité et de la ténacité jusqu'à ce que leurs revendications soient enfin entendues: abolition de l'interdiction du rite tridentin et mise en discussion de certains éléments doctrinaux du concile Vatican II. Le débat est désormais à Rome, conformément aux voeux de toujours de l'abbé de Nantes. Jean Madiran, dans l'article ci-dessous, rappelle les grandes lignes de son combat.
Présence de l’abbé de Nantes
Il fut le premier. Non pas le premier à être inquiété ou révolté par ce qui se passait dans l’Eglise. Mais le premier à défendre clairement la nature et l’importance dogmatiques des anomalies et des scandales politiques, moraux, religieux qui s’installaient dans la vie de l’Eglise sans rencontrer d’opposition adéquate et suffisante. On était en présence d’un infléchissement religieux s’éloignant de plus en plus de l’Ecriture et de la Tradition, c’était une subversion allant jusqu’à effacer la distinction entre le bien et le mal, entre le défendu et l’obligatoire, entre le vrai et le faux, bref un « relativisme » entraînant l’évanouissement progressif des repères fondamentaux. L’abbé de Nantes avait vu, il avait dit que l’on irait jusque-là, qu’on y était déjà en substance. Il fut le premier à opérer une analyse et une synthèse des implications de la crise théologique issue de la Seconde Guerre mondiale, il fut le premier à en définir les causes et la gravité absolue.
Il fut le premier, aussi, à indiquer une solution : faire appel du Pape au Pape ; demander au Souverain Pontife, selon une procédure canonique parfaitement légitime, un jugement doctrinal sur le concile pastoral : plus précisément, sur les affirmations, insinuations et implications doctrinales de certains textes pastoraux contestés, Vatican II s’étant déclaré pastoral par distinction explicite d’avec doctrinal.
Dans l’immédiat après-concile des années 1966-1970, cette stratégie juridique et théologique rencontra presque uniquement l’incompréhension, voire la raillerie, même parmi les traditionalistes.
Pour l’abbé de Nantes, ce furent les années décisives de ses quarante à quarante-six ans.
16 juillet 1966
La mise en œuvre de sa stratégie commença le 16 juillet 1966 par sa lettre au cardinal Ottaviani, alors à la tête de ce qui était encore le Saint-Office. L’évêque de Troyes, dont il dépendait localement, voulut interdire une telle démarche. Cette prétention illégale fut la première de la longue série de décisions arbitraires qui lui seront infligées jusqu’à sa mort. Naturellement il passa outre à l’interdiction que l’évêque n’avait pas le droit de décréter.
L’abbé de Nantes demandait au Saint-Office que soient doctrinalement jugées ses critiques du concile. Se trouvant saisi d’une requête en bonne et due forme, le Saint-Office, devenu entre temps la Congrégation pour la doctrine, convoqua l’abbé de Nantes en 1968 puis, en 1969, publia une « Notification » qui déclarait l’abbé de Nantes « disqualifié » par ses violences verbales.
Une « notification » n’est pas un jugement. Une « disqualification » est une peine inconnue du droit canon. Le jugement réclamé sur des contestations doctrinales solidement argumentées était esquivé, et le restera. Quant à la « disqualification », elle entraîna une totale et définitive relégation sociologique. L’abbé de Nantes avait quarante-cinq ans.
8 avril 1970
C’est la période où je l’ai connu : de l’affaire Pax en France (1964) jusqu’au 8 avril 1970 où il me pria de ne plus revenir le voir à Saint-Parres lès Vaudes. Jusque là nous échangions informations et points de vue. L’épisode de sa « disqualification » nous avait permis de mieux nous connaître et avait fait naître entre nous, malgré notre divergence de comportement pratique concernant la messe nouvelle, une amitié dont j’écrivais en juin 1970 qu’elle « survivra, je l’espère ». En 1983 j’y ai ajouté une apostille : « Cette espérance ne s’est pas vérifiée. » (1) La rupture a été voulue par lui, et bientôt il la décora d’anathèmes incisifs. A peu près comme Mgr Lefebvre en 1988, l’abbé de Nantes en 1970 me manifesta qu’il fallait le reconnaître comme chef, approuver entièrement toutes ses positions et lui obéir sous peine d’être traité en ennemi. Pour Mgr Lefebvre, ce sera mon abstention de tout jugement public sur ses quatre consécrations épiscopales : j’estimais que les approuver ou les désapprouver était au-dessus de ma compétence, extérieur à mes responsabilités et à mon état de simple laïc. Pour l’abbé de Nantes, ce ne fut pas simplement notre divergence d’attitude pratique à l’égard de la messe ancienne et de la nouvelle mais, plus largement, la différence de nature entre sa voie et la mienne.
L’abbé de Nantes était en effet entré dans ce que j’ai appelé la « voie d’accusation ». Certes, ses accusations étaient d’emblée soumises par lui au jugement doctrinal de l’Eglise et spécifiquement du Souverain Pontife, – jugement qu’il n’a jamais pu obtenir, – c’était sa stratégie d’« appel du Pape au Pape », mais enfin ce n’étaient pas de simples doutes ni même de simples critiques, c’étaient bien des accusations, avec des qualifications d’hérésie, portées contre la personne même du Pape. Je trouvais que sa manière et ses violences verbales dépassaient le cadre légitime d’un « appel du Pape au Pape », et réclamaient, pour être moralement possibles, l’assurance d’une vocation extraordinaire, dont je n’étais pas juge ; et qui n’était pas mon cas. Ma voie plus modeste était (elle est toujours) la « voie de réclamation » : rendez-nous l’Ecriture, le catéchisme et la messe (2).
7 octobre 2000
Il convient d’insister avec précision sur la « Notification » de 1969, car elle décida de toute la suite (3).
Elle avait eu un précédent. Le « conseil permanent » de l’épiscopat français avait décrété en mars 1967 : « il n’y a pas lieu de prendre en considération ce qui est affirmé et développé dans ces lettres [de l’abbé de Nantes] ». Ce sont les Lettres à mes amis par lesquelles l’abbé de Nantes avait commencé son action publique à partir de 1956. Elles « affirmaient » en effet, mais aussi, le communiqué épiscopal le reconnaissait, elles « développaient » : elles argumentaient, elles motivaient, elles étaient des raisonnements à partir des faits. En face, on « affirmait » sans « développer », et désormais il en sera toujours ainsi. C’est-à-dire qu’on ne réfute pas. On condamne, mais ce n’est jamais une condamnation doctrinale explicitement argumentée. Ce sera une consigne disciplinaire : « ne pas prendre en considération ». Pendant trente-quatre ans de confrontation (1966-2000) l’abbé de Nantes aura allégué des faits constatés et des preuves argumentées, la consigne est restée de ne pas entrer en discussion.
Certes, on ne peut pas en conclure que ses argumentations étaient forcément probantes ni que ses constatations étaient toujours exactes. Mais cela était rendu vraisemblable par le fait extraordinaire que dès le début on s’était dispensé de prendre le risque d’en tenter une réfutation.
Cela est vrai pour sa contestation juridique comme pour sa contestation théologique. Il aura été frappé de « suspense a divinis » (interdiction d’administrer les sacrements) et d’« interdit » (défense de recevoir les sacrements) sans autre motif exprimé que ses violences verbales. Cela au moment même où Luther était réhabilité malgré les siennes, et placé par le futur cardinal Congar au rang de génie religieux plus grand que saint Thomas ; au moment même, au long moment où l’on « accompagne » les communistes, leur parti, leurs syndicats et associations, en reconnaissant leurs « intentions louables » et leur « part de vérité », –
cette fameuse part de vérité que contient toute erreur sauf l’erreur supposée de l’abbé de Nantes.
Au contraire, la « disqualification » prononcée contre lui porte sur « l’ensemble de ses écrits et de ses activités ». Ni l’épiscopat ni le Saint-Siège, en ces années 1956-2000, ne l’ont fait pour personne d’autre : l’ensemble de ses écrits et de ses activités ! Ils ne l’ont fait ni pour Schillebeeckx, ni pour Hans Küng, ni pour les auteurs du « Catéchisme hollandais » ou pour aucun de ceux qui ont mis en doute, voire clairement rejeté, les dogmes catholiques définis dans un langage traditionnel que récuse à leurs yeux la modernité. Depuis la suspense par l’évêque de Troyes en 1966 jusqu’au recours devant le Tribunal de la Signature apostolique rejeté comme « sans fondement » le 7 octobre 2000, c’est un long parcours où l’abbé de Nantes allègue des faits non contestés et des preuves non réfutées, et il aura toujours rencontré la même sentence : « sans fondement », « disqualifié », « pas lieu de prendre en considération ».
Mieux encore : non seulement la « disqualification » ne reconnaissait à l’abbé de Nantes aucune « part de vérité », mais on a vu, de 1969 jusqu’au 15 février 2010, et même au-delà, qu’avaient été disqualifiés en fait l’ensemble de ses activités et de ses écrits passés, présents et … à venir !
La Croix peut bien gémir qu’il fut un « opposant violent ». Violent sans doute : mais ce n’est que la manière verbale de s’opposer qui est ainsi qualifiée. En quoi opposant ? selon quel genre d’argumentation ? opposant sur quels points ? En cinquante ans, de 1960 à 2010, La Croix ne l’aura jamais dit.
15 février 2010
L’abbé Georges de Nantes, né le 3 avril 1924, ordonné prêtre le 27 mars 1948, est mort le 15 février 2010 des suites d’une longue maladie qui l’avait immobilisé dans le silence. Depuis l’an 2000 c’est le Frère Bruno qui dirige l’organe mensuel intitulé La Contre-Réforme catholique au XXIe siècle.
Sous ce drapeau de la « Contre-Réforme catholique » (CRC), l’abbé de Nantes laisse une œuvre importante et une école de pensée très active. Sa présence intellectuelle va lui survivre.
Ses fondations subsistent : principalement la communautés des Petits Frères du Sacré-Cœur (fondée en 1958) et la Ligue de Contre-Réforme catholique (fondée en 1970). Elles ont maintenu, elles maintiennent dans la foi catholique et dans la vie paroissiale deux générations de familles chrétiennes fidèles et ardentes : elles assurent un vrai catéchisme des petits enfants baptisés, une éducation dans la connaissance et l’observance de la loi naturelle, de l’Ecriture sainte, de la Tradition catholique. Ces multiples activités ont fait l’objet de rumeurs hostiles, d’accusations passionnées, dont il faudrait distinguer la part des quiproquos et celle des calomnies avant d’être en mesure d’en juger. Je n’en ai pas fait le tour. Si j’essaie de repenser aux audaces, aux démesures, aux témérités dont l’abbé de Nantes ne s’est pas privé, je me souviens surtout de la désinvolture avec laquelle il a prétendu bousculer, rectifier et dépasser saint Thomas, sans doute est-ce la meilleure fenêtre à ouvrir sur ses outrances.
Mais si l’on veut juger l’arbre à ses fruits, il y aura « lieu de considérer » aussi les œuvres historiques et théologiques écrites par les Petits Frères du Sacré-Cœur sous la direction ou sous l’inspiration de l’abbé de Nantes : l’étude approfondie du Coran, les travaux sur l’Ecriture, sur le Saint Suaire, les quatre gros tomes de Toute la vérité sur Fatima et les admirables pages d’une histoire de France restaurée dans sa vérité politico-religieuse.
En ces jours de deuil de la CRC, que de loin mais fraternellement nous voulons partager, j’ai tenu à rappeler ce que l’on a exclu des bibliographies universitaires, des bibliothèques municipales et paroissiales, et des séminaires : la haute présence intellectuelle parmi nous de l’abbé de Nantes, sa place au premier rang dans l’état de la question, – l’état réel des études et débats sur Vatican II, sur Fatima, sur la révolution nationale du maréchal Pétain, sur l’articulation naturelle de la pensée maurrassienne avec la théologie morale catholique, et finalement sur toute l’étendue politico-religieuse de l’école contre-révolutionnaire française.
(1) Cf. Editoriaux et chroniques, tome II (DMM 1984), p. 282, note 5.
(2) Sur cette distinction entre « voie d’accusation » et « voie de réclamation », cf. l’ouvrage Réclamation au Saint-Père (NEL 1974), p. 31 à 38.
(3) Pour l’analyse et le commentaire détaillés de la « disqualification », voir les pages 19 à 50 du 3e supplément au numéro 135 de la revue Itinéraires (juillet-août 1969).
JEAN MADIRAN
Voici un texte fulgurant du professeur Claude Rousseau. Il extrait des actes de l'université d'été de Renaissance catholique consacrée au choc des civilisation. ici
Claude Rousseau, ancien maître de conférences en philosophie politique à la Sorbonne, fait partie des neuf spécialistes réunis par nos amis de Renaissance Catholique pour réflechir au “choc des civilisations”. Il nous livre ici l’essentiel de sa propre contribution, développée dans un ouvrage collectif qui s’impose déjà comme un des plus importants de l’année pour donner du poids et du sens aux convictions qui nous animent dans le combat des idées. Découvrez cet ouvrage. Faites-le lire autour de vous.
(…) Une civilisation qui ne s’accorde qu’une valeur relative et ne s’apprécie qu’à moitié se condamne à mort. Montesquieu, pourtant représentant de cette famille de pensée, disait : “Les régimes sont comme toutes les choses du monde, s’ils veulent durer, il faut qu’on les aime.” Quand l’Occident se détache de lui-même pour se critiquer de façon impitoyable et y trouver sa gloire, il se condamne littéralement à s’autodétruire. À force d’encenser les valeurs des autres, il se suicide démographiquement parce qu’il ne s’aime plus, il se défait biologiquement. Une telle civilisation hypercritique est-elle encore une civilisation ? Lorsqu’on est incapable de préserver son être est-on encore une civilisation ? L’Occident libéral me semble disqualifié par le résultat pratique des théories qui le fondent. La thèse relativiste qu’il professe au terme d’une dialectique autodestructrice nous ramène à la question initiale : y a-t-il des raisons objectives de préférer une civilisation à une autre ?
Peut-on, en quittant l’idéologie moderne, poser cette question en termes francs et y répondre clairement ? Oui, à condition d’admettre – ce que les modernes ne veulent plus faire – l’existence d’une nature humaine, à laquelle les civilisations serviraient de cadre ou d’espace d’actualisation. Dans une civilisation, l’humanité revêt un certain mode de vie et d’être dont ses représentants estiment qu’il correspond aux exigences idéales d’une nature, d’une essence qui chercherait à s’y épanouir. Si nous entendons par civilisation un ensemble organique de manifestations esthétiques, religieuses, techniques, morales, politiques, etc., un ensemble cohérent de manifestations propres à une grande société, une grande nation ou un ensemble de nations, alors disons que ce qui ferait sa valeur serait sa capacité à favoriser, plus pleinement qu’une autre, l’actualisation historique de l’essence de l’homme. C’est ainsi que, traditionnellement, la question s’est posée, avant que la modernité ne nous ait obligés à l’occulter. (…)
Départager ce qui peut l’être, dans l’humilité
Nous sommes, nous hommes, simplement hommes, assujettis à un phénotype caractérisé qui nous limite et nous marque. Analogiquement, il en va de même des civilisations. Les civilisations finies, limitées par le cadre dans lequel elles opèrent, ne peuvent être que mimétiques au sens large du terme. Donc, la civilisation idéale n’existe nulle part et les civilisations finies n’en sont que des répliques, ce qui, d’ailleurs, doit nous inciter à une certaine modestie. Aucune civilisation n’est susceptible de creuser par rapport aux autres un Écart – avec une majuscule – qui lui permettrait de se désigner comme absolument référentielle. Il faut être humble. Les civilisations sont limitées, comme les hommes qu’elles regroupent, elles ne peuvent pas prétendre à plus.
Cette vérité élémentaire a été, très tôt, reconnue par la philosophie classique, y compris par ceux que l’on accuse parfois de l’avoir méconnue. Je pense à Platon et au projet de République idéale qui a fait sa célébrité et sa gloire. Platon a été le premier à savoir que la République décrite par l’ouvrage du même nom était inaccessible aux Grecs, aussi parfaits et bien éduqués qu’ils fussent. Platon était le premier à mesurer le caractère inaccessible de cette civilisation qu’il proposait à l’imitation de ses auditeurs(…) C’est un bel exemple d’humilité spéculative. Platon, et les classiques derrière lui, sont parfaitement conscients du fait qu’il n’y a pas de société parfaite, idéale, de civilisation absolue (…)
Comment essayer maintenant de départager ces incarnations de la civilisation, toutes plus ou moins boiteuses ? Comment opérer le tri entre ces sociétés dont aucune n’est parfaite, ni ne doit jamais songer qu’elle puisse l’être, mais qui sont susceptibles d’être pesées, jugées, appréciées l’une par rapport à l’autre ?
A la source des civilisations, il y a toujours une religion
Il y a un point de vue extrêmement simple, un critère qui permet de hiérarchiser les civilisations. J’aurais tendance à exprimer la chose de la manière suivante : “Dis-moi quel est ton dieu et je te dirai qui tu es.” Tant vaut le dieu qui fonde et inspire, de sa naissance à sa mort, une civilisation, tant vaut cette civilisation. À la source des civilisations, comme au principe de leur conservation au cours de leur histoire, il y a toujours eu la religion. C’est d’elle que découlent tous les aspects de la culture, c’est elle qui modèle la civilisation entendue comme manière d’être de l’homme. (…) La culture athénienne, le monde romain, le monde médiéval sont les produits spécifiques respectivement du paganisme et du catholicisme, ils incarnent la conception que les peuples se sont faits de Dieu et de l’absolu. Telle est la manière dont les hommes se représentent Dieu, telle est la manière dont ils s’organisent et façonnent le monde. Leur monde reflète l’idée qu’ils se sont faits du divin.
Autre façon de dire la même chose : la laïcité, cela n’existe pas, cela n’a jamais existé, cela n’existera nulle part. Une civilisation, quelle qu’elle soit, ne peut être qu’une extériorisation au plan temporel d’un dieu qui en est toujours l’âme et le principe. De là découle que les civilisations seront aussi spécifiques que les dieux qui les ont inspirées le sont eux-mêmes, et qu’elles vaudront ni plus ni moins que ce que valent ces dieux. Leur valeur grandit ou diminue à proportion de la distance plus ou moins grande qui les rapproche ou les éloigne du Dieu vrai dont les autres ne sont jamais qu’une caricature. (…)
Le Dieu chrétien, par les caractères qu’Il présente et que n’importe qui peut observer, a un impact positif sur la civilisation. Ils lui sont propres, porteurs d’une organisation temporelle du monde dont les autres civilisations sont incapables parce que le dieu qui les anime est démuni de ces attributs ou qualités. Quels sont donc ces caractères ? Je crois qu’on peut les déduire de la nature concrète de la civilisation occidentale.
Un Dieu qui nous demande de nous dépasser
D’abord, sur le plan civilisationnel qui nous intéresse ici, le Dieu chrétien est un Dieu transcendant, d’une transcendance qui n’est pas séparative car ce Dieu s’incarne, il descend vers nous, il nous invite à monter vers Lui : loin de nous abaisser, il nous pousse à nous élever jusqu’à Lui pour nous efforcer d’être digne de l’image de Lui qu’il a inviscérée en notre personne. La transcendance du Dieu chrétien n’a rien à voir avec la transcendance musulmane : c’est une transcendance qui élève au lieu d’abaisser. Sur le plan civilisationnel, cela a une conséquence tout à fait prodigieuse : le Dieu chrétien est un Dieu qui invite l’homme à se dépasser sans cesse. Ce n’est ni Brahmâ, ni le Tao, ni Allah qui diraient : ”Imitez-moi”, c’est Jésus-Christ qui le dit et Lui seul. Le Dieu chrétien nous invite à nous dépasser nous-mêmes, autrement dit, il invite la société qu’il ”investit” à ne pas s’endormir, ne pas s’amollir, ne pas se contenter de soi, à s’exercer sans cesse à une tension intérieure pour faire toujours mieux dans tous les domaines. Le monde occidental originel est un monde de l’effort permanent, à l’opposé des trois autres univers évoqués précédemment.
En effet, dans le monde musulman et sans doute en raison de la transcendance boiteuse qui le caractérise, l’homme n’est pas appelé à un dépassement de soi, rien ne tenaille son univers, ni exigence ni effort. Allah est transcendant, mais sa transcendance est celle d’un dominateur, d’un maître, détaché de l’humanité qu’il dirige, extérieur à elle, il lui donne, mais jamais ne se donne. Cette transcendance n’élève pas, elle écrase. De plus, en ignorant que “de minimis non curat prætor”, et que ce prætor, c’est le Dieu chrétien, elle se perd dans le détail, la minutie, l’accessoire, au détriment de la magnanimité. Elle prive ainsi l’homme de toute initiative, elle achève de l’asservir. La transcendance islamique écrase l’homme et le conduit directement vers l’immobilisme, au point que l’on peut dire que l’islam n’a d’histoire que depuis que nous lui en avons donné une. (…) L’Occident, lui, est actif, il lui est interdit de rester en friche.
Un Dieu qui prédispose à la conscience de soi
Le second caractère du Dieu chrétien, c’est la personnalité : Dieu est conscient de soi, dans le christianisme. Dieu est Logos. C’est un caractère qu’il nous délègue, dans une faible mesure, certes, mais qu’il nous délègue : l’homme qui est la réplique d’un tel Dieu est fondamentalement, dans le christianisme, conscience de soi, c’est-à-dire personne. Ce n’est pas par hasard que le “gnoti seauton” est né dans ce monde grec, que la Providence avait voulu pour précéder son “installation historique”. Et ce n’est pas par hasard que Descartes, qui trahit la conscience chrétienne, est né en terre chrétienne quelque temps après. Ni Socrate ni Descartes ne sont concevables ailleurs qu’en Occident. Et lorsque Valéry, pourtant athée, disait qu’”en Occident seulement, Dieu atteint le profond de la conscience”, il avait raison. L’”intimior meo” identifié à Dieu par saint Augustin n’existe nulle part ailleurs qu’en Occident. Cette dimension “conscientielle” de l’homme qui est due à “l’auto-pensée” de Dieu est inconnue des autres dieux : regardez le couple Brahman-Atman ou le Tao chinois absolument exclusif d’une dimension personnelle de Dieu, tout comme Allah d’ailleurs qui ne la connaît pas non plus, immédiat et totalement “irréflexif”. L’Occident, par participation à l’essence d’un tel Dieu, sera une civilisation de la conscience, de la conscience critique de soi-même, capable de se déformer en hypercritique mais positive en tant que telle.
Un Dieu qui nous invite à pénétrer dans l’intelligence du monde
Troisième caractère du Dieu chrétien. Il affirme : “Je suis la Vérité et la Vie”, invitant par là ses disciples à s’y attacher puisqu’Il l’incarne. Les disciples d’un tel Dieu ne seront pas la vérité, ils pourront tout au plus la chercher ou essayer de la posséder. Où donc ? Dans les livres. Il n’y en a jamais eu que deux : l’écriture, le Livre de Dieu, et aussi le livre du monde qui a également Dieu pour auteur. En d’autres termes, il y a un ordre du monde à l’observation duquel le Dieu chrétien convie notre raison. Et dont, chose extraordinaire, la foi peut devenir, par accident, l’instrument de la raison : “Credo ut intelligam”. Je crois, non seulement pour être sauvé, mais aussi parce que de surcroît ma foi me permet de comprendre des choses que ma pauvre raison n’aurait pu atteindre seule. Le Dieu chrétien invite l’homme, par la connaissance, à déchiffrer un ordre du monde dont sa pensée est l’auteur. Il nous invite à pénétrer dans l’intelligence du monde, mieux encore que ne le faisaient déjà les Grecs. La civilisation occidentale, comme l’athée Husserl le reconnaissait lui-même “c’est le désir de connaître infiniment”. Aristote aurait dit : “d’actualiser la faculté naturelle supérieure de l’animal logique”, par opposition encore et toujours avec l’islam, l’Inde et l’Orient.
En effet, Allah n’exige que soumission, une foi servile que les scholastiques qualifiaient parfois d’”obsequium fidei”. Elle est l’acceptation totale de ce qu’Allah nous enjoint de penser et de faire pour accéder au paradis qui est un paradis charnel. Il ne demande pas à l’homme de le connaître, ni de connaître le monde. Il demande simplement à l’homme d’avoir en lui une espèce de foi du charbonnier modèle arabe qui suffira à son bonheur. L’islam a toujours ignoré la “theoria”, la Vérité en soi, il ne recherche rien d’autre que l’accomplissement de gestes qui commandent l’accès au paradis charnel, d’où l’infécondité scientifique et technique du monde arabe qui est d’origine religieuse. Auguste Comte et ses semblables se trompaient en disant que les Arabes devaient aux Grecs les sciences expérimentales et que nous leur devions la Renaissance. Cela est impossible, parce que ce serait métaphysiquement ou plutôt théologiquement contradictoire. (…)
Une volonté d’ordonner le monde
Enfin, dernier caractère parmi les plus manifestes du Dieu chrétien, Il est un Dieu créateur. Créateur d’ordre, Il ordonne le chaos par lequel le monde a commencé. Il produit de l’ordre, ce que les scholastiques plus tard appelleront “l’ordo universum”, l’ordre du monde que l’homme doit imiter et dont il doit s’inspirer dans l’ordre pratique, dans l’ordre politique tout particulièrement, qui est l’ordre pratique par excellence. Dans l’ordre politique, quand un opérateur sage et diligent, un fondateur d’état par exemple, travaille, il fait quelque chose d’analogue à ce qu’a fait Dieu en ordonnançant initialement l’univers. (…)
C’est ce que les Grecs et les Romains ont essayé à leur manière. À travers la Cité, la République, l’Empire, ils cherchaient à bâtir une société en quête d’harmonie, d’ordre et de raison. Cette volonté d’ordonner le monde pratique est propre à l’Occident préchrétien et chrétien. Dans son discours sur la “civilisation amoureuse de l’ordre”, Maurras écrit : “Le grand effort de la civilisation ne consiste qu’à sortir de la confusion. Distinguer, analyser, classer pour organiser”. La philosophie chrétienne est la source de cette pensée.
Le concept d’État est ignoré par l’Islam et par l’Orient qui préconisent la force sous toutes ses formes tout simplement parce qu’elle symbolise la transcendance aveugle du dieu correspondant. Le despotisme oriental, dont Montesquieu nous dit justement qu’il est d’origine islamique, ignore l’ordre et assujettit les hommes à l’usage de la force arbitraire, acceptée comme telle parce qu’”à transcendance nue, force nue”. Les formes du pouvoir politique y sont essentiellement élastiques. On ne songe pas à créer un ordre, des normes, des règles auxquelles soumettre les individus, car ces impératifs seraient étrangers à un monde en perpétuelle mutation qui exige que l’homme s’adapte pour trouver le bonheur.
En Occident, Dieu souffle aux hommes l’idée que l’ordre est un impératif pratique, et leur fait ainsi concevoir l’État. Là où le Dieu ne pense pas l’ordre, là où sa pensée ne débouche pas sur une création ordonnée, il n’y a pas d’état qui tienne. Il y a des substituts d’État : des chefferies tribales, des empires despotiques, des règnes familiaux, consensuels, mous, constamment évolutifs, sans ressort et sans âme : l’État n’existe pas.
La conclusion de ces observations est que si une civilisation creuse l’écart avec les autres, c’est celle de l’Occident originel parce qu’elle encourage l’effort, la réflexion, et engendre la science et la politique. Jusqu’à preuve du contraire, il n’y a que le premier Occident qui ait été capable de produire cela. L’Occident, entendons par là le bloc gréco-romano-médiéval, est, de ce point de vue, la civilisation référentielle, celle qui sans incarner la civilisation majusculaire qui n’existe pas, s’en écarte moins que les autres, c’est-à-dire exprime mieux l’homme universel que les autres à travers son particularisme et sa finitude forcée.
La tension vers l ‘universel
L’Occident classique est la seule civilisation qui ait prétendu explicitement à l’universel, la seule à avoir considéré que ses croyances, mœurs, coutumes, relevaient assez de l’essence humaine pour convenir à tous. Alexandre déjà, César, la monarchie de la “dilatatio fidei”, la monarchie médiévale, que font-ils ? Ils poursuivent un tel idéal, parfois à leur insu, impliquant chez eux la conscience du fait que le monde occidental a quelque chose de normatif et qu’il doit y faire participer les autres civilisations. Alors que, fait historique patent, la Chine accepte de ne valoir que pour elle-même et reste enfermée calmement dans un empire dont elle ne déborde jamais. Le bouddhisme se répand certes, en Orient, mais toujours par accident sans l’avoir voulu ni cherché. L’Islam quant à lui, loin de vouloir se répandre, ne cherche qu’à détruire ce qui n’est pas lui. Il y a un universalisme positif et un universalisme négatif. Le second consiste à détruire l’opposant, le premier à le convertir. L’islam ne cherche pas à convertir, à se dilater, à s’étendre, il cherche tout simplement à supprimer, physiquement au besoin, ce qui n’est pas lui. L’Occident se dilate, tend à s’épandre parce qu’il sent qu’il a le devoir de le faire au nom de l’Universel dont il est porteur là où les autres mondes ne bougent pas, restés figés en eux-mêmes, ou ne se répandent que par accident.
Le deuxième caractère référentiel du monde occidental est d’être consciemment mortel. En raison de l’effort vers l’ordre qui l’anime, il doit devenir et rester ce qu’il est ou se défaire. Les mondes orientaux, eux, connaissent des transformations qui les altèrent sans les détruire. On le voit dans le bouddhisme aux mille visages, aux avatars incessants, qui reste toujours le bouddhisme parce qu’intrinsèquement, il n’est probablement pas grand-chose. L’islam lui-même tolère les édulcorations. L’Asie du Sud-Est en est un exemple. L’islam perdure imperturbablement, sans trop savoir en quoi il consiste d’ailleurs dans la majorité des territoires qu’il contrôle. L’Occident ne supporte pas ce genre d’abâtardissement, il a le choix entre être vraiment lui-même ou s’autodétruire radicalement. Il a commencé de le faire à l’âge des Lumières et il continue aujourd’hui en rejetant les valeurs sur lesquelles il s’était construit, en acceptant une immigration massive qui est une insulte à ces mêmes valeurs, en s’entichant puérilement de “l’autre” jusqu’à devenir par cette valorisation masochiste étranger à lui-même. Il s’agit d’un suicide. Les Romains le disaient déjà des Grecs : “Corruptio meliorum pessima”, la corruption des meilleurs est la pire. La décadence de l’Occident répond à sa grandeur et la confirme en la détruisant.
Caude Rousseau
Claude Rousseau, ancien maître de conférences en philosophie politique à la Sorbonne, fait partie des neuf spécialistes réunis par nos amis de Renaissance Catholique pour réflechir au “choc des civilisations”. Il nous livre ici l’essentiel de sa propre contribution, développée dans un ouvrage collectif qui s’impose déjà comme un des plus importants de l’année pour donner du poids et du sens aux convictions qui nous animent dans le combat des idées. Découvrez cet ouvrage. Faites-le lire autour de vous.
(…) Une civilisation qui ne s’accorde qu’une valeur relative et ne s’apprécie qu’à moitié se condamne à mort. Montesquieu, pourtant représentant de cette famille de pensée, disait : “Les régimes sont comme toutes les choses du monde, s’ils veulent durer, il faut qu’on les aime.” Quand l’Occident se détache de lui-même pour se critiquer de façon impitoyable et y trouver sa gloire, il se condamne littéralement à s’autodétruire. À force d’encenser les valeurs des autres, il se suicide démographiquement parce qu’il ne s’aime plus, il se défait biologiquement. Une telle civilisation hypercritique est-elle encore une civilisation ? Lorsqu’on est incapable de préserver son être est-on encore une civilisation ? L’Occident libéral me semble disqualifié par le résultat pratique des théories qui le fondent. La thèse relativiste qu’il professe au terme d’une dialectique autodestructrice nous ramène à la question initiale : y a-t-il des raisons objectives de préférer une civilisation à une autre ?
Peut-on, en quittant l’idéologie moderne, poser cette question en termes francs et y répondre clairement ? Oui, à condition d’admettre – ce que les modernes ne veulent plus faire – l’existence d’une nature humaine, à laquelle les civilisations serviraient de cadre ou d’espace d’actualisation. Dans une civilisation, l’humanité revêt un certain mode de vie et d’être dont ses représentants estiment qu’il correspond aux exigences idéales d’une nature, d’une essence qui chercherait à s’y épanouir. Si nous entendons par civilisation un ensemble organique de manifestations esthétiques, religieuses, techniques, morales, politiques, etc., un ensemble cohérent de manifestations propres à une grande société, une grande nation ou un ensemble de nations, alors disons que ce qui ferait sa valeur serait sa capacité à favoriser, plus pleinement qu’une autre, l’actualisation historique de l’essence de l’homme. C’est ainsi que, traditionnellement, la question s’est posée, avant que la modernité ne nous ait obligés à l’occulter. (…)
Départager ce qui peut l’être, dans l’humilité
Nous sommes, nous hommes, simplement hommes, assujettis à un phénotype caractérisé qui nous limite et nous marque. Analogiquement, il en va de même des civilisations. Les civilisations finies, limitées par le cadre dans lequel elles opèrent, ne peuvent être que mimétiques au sens large du terme. Donc, la civilisation idéale n’existe nulle part et les civilisations finies n’en sont que des répliques, ce qui, d’ailleurs, doit nous inciter à une certaine modestie. Aucune civilisation n’est susceptible de creuser par rapport aux autres un Écart – avec une majuscule – qui lui permettrait de se désigner comme absolument référentielle. Il faut être humble. Les civilisations sont limitées, comme les hommes qu’elles regroupent, elles ne peuvent pas prétendre à plus.
Cette vérité élémentaire a été, très tôt, reconnue par la philosophie classique, y compris par ceux que l’on accuse parfois de l’avoir méconnue. Je pense à Platon et au projet de République idéale qui a fait sa célébrité et sa gloire. Platon a été le premier à savoir que la République décrite par l’ouvrage du même nom était inaccessible aux Grecs, aussi parfaits et bien éduqués qu’ils fussent. Platon était le premier à mesurer le caractère inaccessible de cette civilisation qu’il proposait à l’imitation de ses auditeurs(…) C’est un bel exemple d’humilité spéculative. Platon, et les classiques derrière lui, sont parfaitement conscients du fait qu’il n’y a pas de société parfaite, idéale, de civilisation absolue (…)
Comment essayer maintenant de départager ces incarnations de la civilisation, toutes plus ou moins boiteuses ? Comment opérer le tri entre ces sociétés dont aucune n’est parfaite, ni ne doit jamais songer qu’elle puisse l’être, mais qui sont susceptibles d’être pesées, jugées, appréciées l’une par rapport à l’autre ?
A la source des civilisations, il y a toujours une religion
Il y a un point de vue extrêmement simple, un critère qui permet de hiérarchiser les civilisations. J’aurais tendance à exprimer la chose de la manière suivante : “Dis-moi quel est ton dieu et je te dirai qui tu es.” Tant vaut le dieu qui fonde et inspire, de sa naissance à sa mort, une civilisation, tant vaut cette civilisation. À la source des civilisations, comme au principe de leur conservation au cours de leur histoire, il y a toujours eu la religion. C’est d’elle que découlent tous les aspects de la culture, c’est elle qui modèle la civilisation entendue comme manière d’être de l’homme. (…) La culture athénienne, le monde romain, le monde médiéval sont les produits spécifiques respectivement du paganisme et du catholicisme, ils incarnent la conception que les peuples se sont faits de Dieu et de l’absolu. Telle est la manière dont les hommes se représentent Dieu, telle est la manière dont ils s’organisent et façonnent le monde. Leur monde reflète l’idée qu’ils se sont faits du divin.
Autre façon de dire la même chose : la laïcité, cela n’existe pas, cela n’a jamais existé, cela n’existera nulle part. Une civilisation, quelle qu’elle soit, ne peut être qu’une extériorisation au plan temporel d’un dieu qui en est toujours l’âme et le principe. De là découle que les civilisations seront aussi spécifiques que les dieux qui les ont inspirées le sont eux-mêmes, et qu’elles vaudront ni plus ni moins que ce que valent ces dieux. Leur valeur grandit ou diminue à proportion de la distance plus ou moins grande qui les rapproche ou les éloigne du Dieu vrai dont les autres ne sont jamais qu’une caricature. (…)
Le Dieu chrétien, par les caractères qu’Il présente et que n’importe qui peut observer, a un impact positif sur la civilisation. Ils lui sont propres, porteurs d’une organisation temporelle du monde dont les autres civilisations sont incapables parce que le dieu qui les anime est démuni de ces attributs ou qualités. Quels sont donc ces caractères ? Je crois qu’on peut les déduire de la nature concrète de la civilisation occidentale.
Un Dieu qui nous demande de nous dépasser
D’abord, sur le plan civilisationnel qui nous intéresse ici, le Dieu chrétien est un Dieu transcendant, d’une transcendance qui n’est pas séparative car ce Dieu s’incarne, il descend vers nous, il nous invite à monter vers Lui : loin de nous abaisser, il nous pousse à nous élever jusqu’à Lui pour nous efforcer d’être digne de l’image de Lui qu’il a inviscérée en notre personne. La transcendance du Dieu chrétien n’a rien à voir avec la transcendance musulmane : c’est une transcendance qui élève au lieu d’abaisser. Sur le plan civilisationnel, cela a une conséquence tout à fait prodigieuse : le Dieu chrétien est un Dieu qui invite l’homme à se dépasser sans cesse. Ce n’est ni Brahmâ, ni le Tao, ni Allah qui diraient : ”Imitez-moi”, c’est Jésus-Christ qui le dit et Lui seul. Le Dieu chrétien nous invite à nous dépasser nous-mêmes, autrement dit, il invite la société qu’il ”investit” à ne pas s’endormir, ne pas s’amollir, ne pas se contenter de soi, à s’exercer sans cesse à une tension intérieure pour faire toujours mieux dans tous les domaines. Le monde occidental originel est un monde de l’effort permanent, à l’opposé des trois autres univers évoqués précédemment.
En effet, dans le monde musulman et sans doute en raison de la transcendance boiteuse qui le caractérise, l’homme n’est pas appelé à un dépassement de soi, rien ne tenaille son univers, ni exigence ni effort. Allah est transcendant, mais sa transcendance est celle d’un dominateur, d’un maître, détaché de l’humanité qu’il dirige, extérieur à elle, il lui donne, mais jamais ne se donne. Cette transcendance n’élève pas, elle écrase. De plus, en ignorant que “de minimis non curat prætor”, et que ce prætor, c’est le Dieu chrétien, elle se perd dans le détail, la minutie, l’accessoire, au détriment de la magnanimité. Elle prive ainsi l’homme de toute initiative, elle achève de l’asservir. La transcendance islamique écrase l’homme et le conduit directement vers l’immobilisme, au point que l’on peut dire que l’islam n’a d’histoire que depuis que nous lui en avons donné une. (…) L’Occident, lui, est actif, il lui est interdit de rester en friche.
Un Dieu qui prédispose à la conscience de soi
Le second caractère du Dieu chrétien, c’est la personnalité : Dieu est conscient de soi, dans le christianisme. Dieu est Logos. C’est un caractère qu’il nous délègue, dans une faible mesure, certes, mais qu’il nous délègue : l’homme qui est la réplique d’un tel Dieu est fondamentalement, dans le christianisme, conscience de soi, c’est-à-dire personne. Ce n’est pas par hasard que le “gnoti seauton” est né dans ce monde grec, que la Providence avait voulu pour précéder son “installation historique”. Et ce n’est pas par hasard que Descartes, qui trahit la conscience chrétienne, est né en terre chrétienne quelque temps après. Ni Socrate ni Descartes ne sont concevables ailleurs qu’en Occident. Et lorsque Valéry, pourtant athée, disait qu’”en Occident seulement, Dieu atteint le profond de la conscience”, il avait raison. L’”intimior meo” identifié à Dieu par saint Augustin n’existe nulle part ailleurs qu’en Occident. Cette dimension “conscientielle” de l’homme qui est due à “l’auto-pensée” de Dieu est inconnue des autres dieux : regardez le couple Brahman-Atman ou le Tao chinois absolument exclusif d’une dimension personnelle de Dieu, tout comme Allah d’ailleurs qui ne la connaît pas non plus, immédiat et totalement “irréflexif”. L’Occident, par participation à l’essence d’un tel Dieu, sera une civilisation de la conscience, de la conscience critique de soi-même, capable de se déformer en hypercritique mais positive en tant que telle.
Un Dieu qui nous invite à pénétrer dans l’intelligence du monde
Troisième caractère du Dieu chrétien. Il affirme : “Je suis la Vérité et la Vie”, invitant par là ses disciples à s’y attacher puisqu’Il l’incarne. Les disciples d’un tel Dieu ne seront pas la vérité, ils pourront tout au plus la chercher ou essayer de la posséder. Où donc ? Dans les livres. Il n’y en a jamais eu que deux : l’écriture, le Livre de Dieu, et aussi le livre du monde qui a également Dieu pour auteur. En d’autres termes, il y a un ordre du monde à l’observation duquel le Dieu chrétien convie notre raison. Et dont, chose extraordinaire, la foi peut devenir, par accident, l’instrument de la raison : “Credo ut intelligam”. Je crois, non seulement pour être sauvé, mais aussi parce que de surcroît ma foi me permet de comprendre des choses que ma pauvre raison n’aurait pu atteindre seule. Le Dieu chrétien invite l’homme, par la connaissance, à déchiffrer un ordre du monde dont sa pensée est l’auteur. Il nous invite à pénétrer dans l’intelligence du monde, mieux encore que ne le faisaient déjà les Grecs. La civilisation occidentale, comme l’athée Husserl le reconnaissait lui-même “c’est le désir de connaître infiniment”. Aristote aurait dit : “d’actualiser la faculté naturelle supérieure de l’animal logique”, par opposition encore et toujours avec l’islam, l’Inde et l’Orient.
En effet, Allah n’exige que soumission, une foi servile que les scholastiques qualifiaient parfois d’”obsequium fidei”. Elle est l’acceptation totale de ce qu’Allah nous enjoint de penser et de faire pour accéder au paradis qui est un paradis charnel. Il ne demande pas à l’homme de le connaître, ni de connaître le monde. Il demande simplement à l’homme d’avoir en lui une espèce de foi du charbonnier modèle arabe qui suffira à son bonheur. L’islam a toujours ignoré la “theoria”, la Vérité en soi, il ne recherche rien d’autre que l’accomplissement de gestes qui commandent l’accès au paradis charnel, d’où l’infécondité scientifique et technique du monde arabe qui est d’origine religieuse. Auguste Comte et ses semblables se trompaient en disant que les Arabes devaient aux Grecs les sciences expérimentales et que nous leur devions la Renaissance. Cela est impossible, parce que ce serait métaphysiquement ou plutôt théologiquement contradictoire. (…)
Une volonté d’ordonner le monde
Enfin, dernier caractère parmi les plus manifestes du Dieu chrétien, Il est un Dieu créateur. Créateur d’ordre, Il ordonne le chaos par lequel le monde a commencé. Il produit de l’ordre, ce que les scholastiques plus tard appelleront “l’ordo universum”, l’ordre du monde que l’homme doit imiter et dont il doit s’inspirer dans l’ordre pratique, dans l’ordre politique tout particulièrement, qui est l’ordre pratique par excellence. Dans l’ordre politique, quand un opérateur sage et diligent, un fondateur d’état par exemple, travaille, il fait quelque chose d’analogue à ce qu’a fait Dieu en ordonnançant initialement l’univers. (…)
C’est ce que les Grecs et les Romains ont essayé à leur manière. À travers la Cité, la République, l’Empire, ils cherchaient à bâtir une société en quête d’harmonie, d’ordre et de raison. Cette volonté d’ordonner le monde pratique est propre à l’Occident préchrétien et chrétien. Dans son discours sur la “civilisation amoureuse de l’ordre”, Maurras écrit : “Le grand effort de la civilisation ne consiste qu’à sortir de la confusion. Distinguer, analyser, classer pour organiser”. La philosophie chrétienne est la source de cette pensée.
Le concept d’État est ignoré par l’Islam et par l’Orient qui préconisent la force sous toutes ses formes tout simplement parce qu’elle symbolise la transcendance aveugle du dieu correspondant. Le despotisme oriental, dont Montesquieu nous dit justement qu’il est d’origine islamique, ignore l’ordre et assujettit les hommes à l’usage de la force arbitraire, acceptée comme telle parce qu’”à transcendance nue, force nue”. Les formes du pouvoir politique y sont essentiellement élastiques. On ne songe pas à créer un ordre, des normes, des règles auxquelles soumettre les individus, car ces impératifs seraient étrangers à un monde en perpétuelle mutation qui exige que l’homme s’adapte pour trouver le bonheur.
En Occident, Dieu souffle aux hommes l’idée que l’ordre est un impératif pratique, et leur fait ainsi concevoir l’État. Là où le Dieu ne pense pas l’ordre, là où sa pensée ne débouche pas sur une création ordonnée, il n’y a pas d’état qui tienne. Il y a des substituts d’État : des chefferies tribales, des empires despotiques, des règnes familiaux, consensuels, mous, constamment évolutifs, sans ressort et sans âme : l’État n’existe pas.
La conclusion de ces observations est que si une civilisation creuse l’écart avec les autres, c’est celle de l’Occident originel parce qu’elle encourage l’effort, la réflexion, et engendre la science et la politique. Jusqu’à preuve du contraire, il n’y a que le premier Occident qui ait été capable de produire cela. L’Occident, entendons par là le bloc gréco-romano-médiéval, est, de ce point de vue, la civilisation référentielle, celle qui sans incarner la civilisation majusculaire qui n’existe pas, s’en écarte moins que les autres, c’est-à-dire exprime mieux l’homme universel que les autres à travers son particularisme et sa finitude forcée.
La tension vers l ‘universel
L’Occident classique est la seule civilisation qui ait prétendu explicitement à l’universel, la seule à avoir considéré que ses croyances, mœurs, coutumes, relevaient assez de l’essence humaine pour convenir à tous. Alexandre déjà, César, la monarchie de la “dilatatio fidei”, la monarchie médiévale, que font-ils ? Ils poursuivent un tel idéal, parfois à leur insu, impliquant chez eux la conscience du fait que le monde occidental a quelque chose de normatif et qu’il doit y faire participer les autres civilisations. Alors que, fait historique patent, la Chine accepte de ne valoir que pour elle-même et reste enfermée calmement dans un empire dont elle ne déborde jamais. Le bouddhisme se répand certes, en Orient, mais toujours par accident sans l’avoir voulu ni cherché. L’Islam quant à lui, loin de vouloir se répandre, ne cherche qu’à détruire ce qui n’est pas lui. Il y a un universalisme positif et un universalisme négatif. Le second consiste à détruire l’opposant, le premier à le convertir. L’islam ne cherche pas à convertir, à se dilater, à s’étendre, il cherche tout simplement à supprimer, physiquement au besoin, ce qui n’est pas lui. L’Occident se dilate, tend à s’épandre parce qu’il sent qu’il a le devoir de le faire au nom de l’Universel dont il est porteur là où les autres mondes ne bougent pas, restés figés en eux-mêmes, ou ne se répandent que par accident.
Le deuxième caractère référentiel du monde occidental est d’être consciemment mortel. En raison de l’effort vers l’ordre qui l’anime, il doit devenir et rester ce qu’il est ou se défaire. Les mondes orientaux, eux, connaissent des transformations qui les altèrent sans les détruire. On le voit dans le bouddhisme aux mille visages, aux avatars incessants, qui reste toujours le bouddhisme parce qu’intrinsèquement, il n’est probablement pas grand-chose. L’islam lui-même tolère les édulcorations. L’Asie du Sud-Est en est un exemple. L’islam perdure imperturbablement, sans trop savoir en quoi il consiste d’ailleurs dans la majorité des territoires qu’il contrôle. L’Occident ne supporte pas ce genre d’abâtardissement, il a le choix entre être vraiment lui-même ou s’autodétruire radicalement. Il a commencé de le faire à l’âge des Lumières et il continue aujourd’hui en rejetant les valeurs sur lesquelles il s’était construit, en acceptant une immigration massive qui est une insulte à ces mêmes valeurs, en s’entichant puérilement de “l’autre” jusqu’à devenir par cette valorisation masochiste étranger à lui-même. Il s’agit d’un suicide. Les Romains le disaient déjà des Grecs : “Corruptio meliorum pessima”, la corruption des meilleurs est la pire. La décadence de l’Occident répond à sa grandeur et la confirme en la détruisant.
Caude Rousseau
Sur la vidéo en dessous, vous pourrez assister à l'audition, par une commission du congrès, de l'inspectrice Colman à la réserve fédérale américaine. le Congrès veut des explications sur la disparition des 9000 milliards de dollars. Mais l'inspectrice Colman est incapable de fournir une explication, tentant d'esquiver les questions.
Regardez cette vidéo : ici
Où sont passés les 9 milles milliards de dollars ???? La pauvre petite dame sommée par le congrès de fournir des explications a bien de la peine à avouer qu’elle n’a aucune base légale pour fouiner dans les comptes de la Fed. Difficile d’avouer la raison pour laquelle son poste existe, faire croire que…que l’Etat surveille la Fed alors que c’est elle qui fait et défait les gouvernements.
Où sont passés les 9 mille milliards de dollars?
- dans tous les trous noirs du système financier mondial ( ceux que Denis Robert a étudié), ces trous noirs qui permettent des montages financiers occultes sur toute la planète, qui permettent de financer le commerce illégale des armes, le commerce de la drogue, des prises de participation croisées avec la mafia
- dans les comptes truqués des banques revêtant un intérêt stratégique pour le cartel des banques, pour les gonfler et ainsi obtenir un avantage sur des concurrentes; dans les comptes truqués des entreprises qui revêtent le même type d’intérêt stratégique.
Toute l’organisation du capitalisme depuis 200 ans n’est qu’une escroquerie. Les plus ardents partisans du capitalisme diront que le capitalisme c’est la liberté d’entreprendre, c’est un système économique performant qui permet, en vertu de la concurrence non faussée, la plus grande efficacité et patati et patata. Or le capitalisme ce n’est rien de tout cela, c’est en fait tout le contraire. C’est la main mise d’une clique sur le carburant de l’économie, la monnaie; sous la bannière de la liberté d’entreprendre, c’est en fait l’obligation de s’aliéner aux vampires de la finance. Dans son essence le capitalisme c’est la concurrence faussée puisque c’est le système économique qui permet à un secteur économique ( la finance) de dicter les règles du jeu, de faire et défaire les agents économiques et les gouvernements qui ne leur conviennent pas.
Le 4 février 1965 lors d’une conférence de presse voilà ce que révélait de Gaulle « A l’issue de la Conférence de Gênes, en 1922, on a reconnu à la livre et au dollar le privilège d’être tenues automatiquement comme équivalentes à l’or pour tous paiements extérieurs, tandis que les autres (devises) ne l’étaient pas. Puis la livre a été dévaluée en 1931 et le dollar en 1933. Avec la Seconde Guerre mondiale, les monnaies européennes furent ruinées par l’inflation. Possédant la majeure partie de l’or de la planète, les Etats-Unis tiraient un avantage évident. Il pouvait paraître naturel que les autres Etats fissent entrer indistinctement des dollars ou de l’or dans leurs réserves de change. Ce système s’appelait le Gold Exchange Standard ». Mais, estime le Général de Gaulle, « les conditions qui ont pu, naguère, susciter le Gold Exchange Standard se sont modifiées… Les monnaies des Etats de l’Europe occidentale sont aujourd’hui restaurées, à tel point que le total des réserves d’or des Six équivaut aujourd’hui à celui des Américains. Il le dépasserait même si les Six décidaient de transformer en métal précieux tous les dollars qu’ils ont à leur compte ». Aujourd’hui, « il existe un déséquilibre en quelque sorte fondamental. Pour toutes ces raisons, la France préconise que le système soit changé ». « La France, pour sa part, est prête à participer activement à la vaste réforme qui s’impose désormais dans l’intérêt du monde entier ».
De Gaulle contestait le privilège hallucinant des Etats- Unis de s’endetter à volonté sur le dos des autres nations sous prétexte que le reste de l’économie mondiale ne pouvait se passer de dollars pour garantir sa propre fabrication de monnaie. Par cette exigence imposée aux autres nations d’accepter le dollar, les Usa ne faisaient que prélever une sorte d’impôt sur leurs vassaux. De Gaulle : « Le fait que beaucoup d’Etats acceptent, par principe, des dollars au même titre que de l’or, pour les règlements des différences qui existent à leur profit dans la balance des paiements américaine ; ce fait entraîne les Américains à s’endetter gratuitement vis-à-vis de l’étranger. Car ce que les Américains doivent, ils le payent, tout au moins en partie, avec des dollars qu’il ne tient qu’à eux d’émettre. Etant donné les conséquences que pourrait avoir une crise qui surviendrait dans un pareille domaine, nous pensons qu’il faut prendre à temps les moyens de l’éviter. Nous estimons nécessaire que les échanges internationaux soient établis comme c’était le cas avant les grands malheurs du monde, sur une base monétaire indiscutable et qui ne porte la marque d’aucun pays en particulier. Quelle base ? En vérité, on ne voit pas qu’il puisse y avoir, réellement, de critère, d’étalon, autre que l’or ».
De Gaule avait osé mettre en cause le privilège du dollar, signifier que la France refusait la vassalité, mais là ou il se trompait c’était dans la mise en cause des USA en tant qu’Etat. Or ce n’est pas l’Etat fédéral qui contrôle la monnaie. La banque centrale a beau s’appeler la Fed, elle est une banque privée.
Ainsi Thomas Woodrow Wilson, président des USA sous le mandat duquel se constitua la Fed, passa aux aveux dans ces termes : « Je suis un homme très malheureux. J’ai inconsciemment ruiné mon pays. Une grande nation industrielle est contrôlée par son système de crédit. Notre système de crédit est concentré. La croissance de la nation, donc, et toutes nos activités sont aux mains de quelques hommes. Nous sommes devenus un des gouvernements les plus mal dirigés, le plus complètement contrôlé et dominé dans le monde civilisé. Nous ne sommes plus du tout un gouvernement d’opinion libre, ni un gouvernement par la conviction et le vote de la majorité, mais un gouvernement par l’opinion et la coercition d’une poignée d’hommes dominants ».
Auparavant, deux présidents américains avaient tenté de remettre en cause le pouvoir des oligarques: James Madison (1751-1836) ;Abraham Lincoln (1809-1865). Les deux furent assassinés pour avoir remis en question la création monétaire privée ! Juste avant de mourir, James Madison dira : « L’histoire révèle que les banques privées utilisent toutes les formes d’abus, d’intrigues, de supercheries et tous les moyens violents possibles afin de maintenir leur contrôle sur les gouvernements par le contrôle de l’émission monétaire ».
En 1861, pour financer la guerre civile, Lincoln fit imprimer des billets d’Etat, le greenback, pour contourner le privilège des banques privées qui pratiquaient des intérêts bien trop élevés. En 1865, il a été assassiné par un tireur isolé qui fut lui-même abattu lors de sa fuite. Andrew Johnson, son successeur, interrompra immédiatement l’expérience du greenback.
A noter encore que le 4 juin 1963, J.F. Kennedy signait le décret présidentiel N°111 110 par lequel le gouvernement américain se rappropriait le pouvoir de battre monnaie, privant en grande partie de son pouvoir le cartel des banques privées qui possède la Banque centrale américaine. On connaît la suite. Kennedy sera assassiné dans les mois qui suivent. Tout comme Andrew Johnson, son successeur, Lyndon Johnson, suspendra immédiatement la décision de Kennedy.
En France Pompidou succéda à De Gaull. Il a avait été formé par les Rothschild, passant de nombreux week-end avec Guy Rothschild au château de Ferrières. Qui plaça-t-il à la tête du ministère des finances? Valéry Giscard d’Estaing qui introduisit l’article 25 de la loi du 3 janvier 1974 : « Le Trésor public ne peut plus présenter ses propres effets à l’escompte de la Banque de France ». Cette loi Pompidou/Giscard a retiré à la France le pouvoir de créer la monnaie dont elle a besoin pour combler ses propres déficits, que ce soit en fonctionnement (adminstration, retraite…) ou en investissements pour son développement (écoles, routes, ponts, aéroports, ports, hôpitaux, bibliothèques, etc.). La France est ainsi tenue d’emprunter sur les marchés monétaires en émettant des obligations(bons du Trésor) sur lesquels, évidemment, elle doit payer un intérêt à ceux qui souscrivent, ce qui a pour effet d’augmenter la dette d’année en année d’un montant proche de celui du déficit, qu’il faut ensuite couvrir par de nouveaux emprunts, c'est-à-dire par l’émission d’obligations nouvelles auprès du public et surtout des investisseurs institutionnels (assurances, banques, etc)… la Haute finance apatride. Depuis 1973, 1 300 milliards d’euros d’intérêts ont été ainsi payés en 35 ans (à l’heure actuelle ça fait 120 millions d’euros par jour) à l’oligarchie financière
Cette mesure est naturellement étendue à l’échelle de toute l’Europe par l’article 104 de Maastricht, devenu article 123 du traité de Lisbonne. Décidément, les résultats du 6 décembre 1992 ont été salvateurs pour la Suisse contrairement à ce que raconte la propagande ( les médias officiels).Toute l’Europe a en effet livré sa monnaie aux banques et sociétés d’assurance. Les Gisacard, Pompidou, les Barre, les DSK, les Sarko, les Balladur, les Schröder sont tous vendus aux intérêts de l’oligarchie dont la destination est Babel.
9000 milliards dollars!!!! Chacun de ces 9000 milliards de dollars procède du mensonge, de l’exploitation, de la domination et chacun de ces 9000 milliards de dollars a contribué à l’extension de la corruption, du mensonge, de la servilité…Le capitalisme est un chien enragé qu’il faut abattre. Les peuples s’ils comprennent un jour le tour qu’on leur a joué pendront les banquiers avec les tripes des journalistes…C’est maintenant qu’il faut agir pour éviter l’embrasement général, car en laissant trainer les choses, nous allons tout droit au duel final : soit les peuples se feront écraser sous la botte de fer du fascisme financier, sous ils massacreront tous ses pions, petits et grands.….
Julien Gunzinger
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Où sont passés les 9 milles milliards de dollars ???? La pauvre petite dame sommée par le congrès de fournir des explications a bien de la peine à avouer qu’elle n’a aucune base légale pour fouiner dans les comptes de la Fed. Difficile d’avouer la raison pour laquelle son poste existe, faire croire que…que l’Etat surveille la Fed alors que c’est elle qui fait et défait les gouvernements.
Où sont passés les 9 mille milliards de dollars?
- dans tous les trous noirs du système financier mondial ( ceux que Denis Robert a étudié), ces trous noirs qui permettent des montages financiers occultes sur toute la planète, qui permettent de financer le commerce illégale des armes, le commerce de la drogue, des prises de participation croisées avec la mafia
- dans les comptes truqués des banques revêtant un intérêt stratégique pour le cartel des banques, pour les gonfler et ainsi obtenir un avantage sur des concurrentes; dans les comptes truqués des entreprises qui revêtent le même type d’intérêt stratégique.
Toute l’organisation du capitalisme depuis 200 ans n’est qu’une escroquerie. Les plus ardents partisans du capitalisme diront que le capitalisme c’est la liberté d’entreprendre, c’est un système économique performant qui permet, en vertu de la concurrence non faussée, la plus grande efficacité et patati et patata. Or le capitalisme ce n’est rien de tout cela, c’est en fait tout le contraire. C’est la main mise d’une clique sur le carburant de l’économie, la monnaie; sous la bannière de la liberté d’entreprendre, c’est en fait l’obligation de s’aliéner aux vampires de la finance. Dans son essence le capitalisme c’est la concurrence faussée puisque c’est le système économique qui permet à un secteur économique ( la finance) de dicter les règles du jeu, de faire et défaire les agents économiques et les gouvernements qui ne leur conviennent pas.
Le 4 février 1965 lors d’une conférence de presse voilà ce que révélait de Gaulle « A l’issue de la Conférence de Gênes, en 1922, on a reconnu à la livre et au dollar le privilège d’être tenues automatiquement comme équivalentes à l’or pour tous paiements extérieurs, tandis que les autres (devises) ne l’étaient pas. Puis la livre a été dévaluée en 1931 et le dollar en 1933. Avec la Seconde Guerre mondiale, les monnaies européennes furent ruinées par l’inflation. Possédant la majeure partie de l’or de la planète, les Etats-Unis tiraient un avantage évident. Il pouvait paraître naturel que les autres Etats fissent entrer indistinctement des dollars ou de l’or dans leurs réserves de change. Ce système s’appelait le Gold Exchange Standard ». Mais, estime le Général de Gaulle, « les conditions qui ont pu, naguère, susciter le Gold Exchange Standard se sont modifiées… Les monnaies des Etats de l’Europe occidentale sont aujourd’hui restaurées, à tel point que le total des réserves d’or des Six équivaut aujourd’hui à celui des Américains. Il le dépasserait même si les Six décidaient de transformer en métal précieux tous les dollars qu’ils ont à leur compte ». Aujourd’hui, « il existe un déséquilibre en quelque sorte fondamental. Pour toutes ces raisons, la France préconise que le système soit changé ». « La France, pour sa part, est prête à participer activement à la vaste réforme qui s’impose désormais dans l’intérêt du monde entier ».
De Gaulle contestait le privilège hallucinant des Etats- Unis de s’endetter à volonté sur le dos des autres nations sous prétexte que le reste de l’économie mondiale ne pouvait se passer de dollars pour garantir sa propre fabrication de monnaie. Par cette exigence imposée aux autres nations d’accepter le dollar, les Usa ne faisaient que prélever une sorte d’impôt sur leurs vassaux. De Gaulle : « Le fait que beaucoup d’Etats acceptent, par principe, des dollars au même titre que de l’or, pour les règlements des différences qui existent à leur profit dans la balance des paiements américaine ; ce fait entraîne les Américains à s’endetter gratuitement vis-à-vis de l’étranger. Car ce que les Américains doivent, ils le payent, tout au moins en partie, avec des dollars qu’il ne tient qu’à eux d’émettre. Etant donné les conséquences que pourrait avoir une crise qui surviendrait dans un pareille domaine, nous pensons qu’il faut prendre à temps les moyens de l’éviter. Nous estimons nécessaire que les échanges internationaux soient établis comme c’était le cas avant les grands malheurs du monde, sur une base monétaire indiscutable et qui ne porte la marque d’aucun pays en particulier. Quelle base ? En vérité, on ne voit pas qu’il puisse y avoir, réellement, de critère, d’étalon, autre que l’or ».
De Gaule avait osé mettre en cause le privilège du dollar, signifier que la France refusait la vassalité, mais là ou il se trompait c’était dans la mise en cause des USA en tant qu’Etat. Or ce n’est pas l’Etat fédéral qui contrôle la monnaie. La banque centrale a beau s’appeler la Fed, elle est une banque privée.
Ainsi Thomas Woodrow Wilson, président des USA sous le mandat duquel se constitua la Fed, passa aux aveux dans ces termes : « Je suis un homme très malheureux. J’ai inconsciemment ruiné mon pays. Une grande nation industrielle est contrôlée par son système de crédit. Notre système de crédit est concentré. La croissance de la nation, donc, et toutes nos activités sont aux mains de quelques hommes. Nous sommes devenus un des gouvernements les plus mal dirigés, le plus complètement contrôlé et dominé dans le monde civilisé. Nous ne sommes plus du tout un gouvernement d’opinion libre, ni un gouvernement par la conviction et le vote de la majorité, mais un gouvernement par l’opinion et la coercition d’une poignée d’hommes dominants ».
Auparavant, deux présidents américains avaient tenté de remettre en cause le pouvoir des oligarques: James Madison (1751-1836) ;Abraham Lincoln (1809-1865). Les deux furent assassinés pour avoir remis en question la création monétaire privée ! Juste avant de mourir, James Madison dira : « L’histoire révèle que les banques privées utilisent toutes les formes d’abus, d’intrigues, de supercheries et tous les moyens violents possibles afin de maintenir leur contrôle sur les gouvernements par le contrôle de l’émission monétaire ».
En 1861, pour financer la guerre civile, Lincoln fit imprimer des billets d’Etat, le greenback, pour contourner le privilège des banques privées qui pratiquaient des intérêts bien trop élevés. En 1865, il a été assassiné par un tireur isolé qui fut lui-même abattu lors de sa fuite. Andrew Johnson, son successeur, interrompra immédiatement l’expérience du greenback.
A noter encore que le 4 juin 1963, J.F. Kennedy signait le décret présidentiel N°111 110 par lequel le gouvernement américain se rappropriait le pouvoir de battre monnaie, privant en grande partie de son pouvoir le cartel des banques privées qui possède la Banque centrale américaine. On connaît la suite. Kennedy sera assassiné dans les mois qui suivent. Tout comme Andrew Johnson, son successeur, Lyndon Johnson, suspendra immédiatement la décision de Kennedy.
En France Pompidou succéda à De Gaull. Il a avait été formé par les Rothschild, passant de nombreux week-end avec Guy Rothschild au château de Ferrières. Qui plaça-t-il à la tête du ministère des finances? Valéry Giscard d’Estaing qui introduisit l’article 25 de la loi du 3 janvier 1974 : « Le Trésor public ne peut plus présenter ses propres effets à l’escompte de la Banque de France ». Cette loi Pompidou/Giscard a retiré à la France le pouvoir de créer la monnaie dont elle a besoin pour combler ses propres déficits, que ce soit en fonctionnement (adminstration, retraite…) ou en investissements pour son développement (écoles, routes, ponts, aéroports, ports, hôpitaux, bibliothèques, etc.). La France est ainsi tenue d’emprunter sur les marchés monétaires en émettant des obligations(bons du Trésor) sur lesquels, évidemment, elle doit payer un intérêt à ceux qui souscrivent, ce qui a pour effet d’augmenter la dette d’année en année d’un montant proche de celui du déficit, qu’il faut ensuite couvrir par de nouveaux emprunts, c'est-à-dire par l’émission d’obligations nouvelles auprès du public et surtout des investisseurs institutionnels (assurances, banques, etc)… la Haute finance apatride. Depuis 1973, 1 300 milliards d’euros d’intérêts ont été ainsi payés en 35 ans (à l’heure actuelle ça fait 120 millions d’euros par jour) à l’oligarchie financière
Cette mesure est naturellement étendue à l’échelle de toute l’Europe par l’article 104 de Maastricht, devenu article 123 du traité de Lisbonne. Décidément, les résultats du 6 décembre 1992 ont été salvateurs pour la Suisse contrairement à ce que raconte la propagande ( les médias officiels).Toute l’Europe a en effet livré sa monnaie aux banques et sociétés d’assurance. Les Gisacard, Pompidou, les Barre, les DSK, les Sarko, les Balladur, les Schröder sont tous vendus aux intérêts de l’oligarchie dont la destination est Babel.
9000 milliards dollars!!!! Chacun de ces 9000 milliards de dollars procède du mensonge, de l’exploitation, de la domination et chacun de ces 9000 milliards de dollars a contribué à l’extension de la corruption, du mensonge, de la servilité…Le capitalisme est un chien enragé qu’il faut abattre. Les peuples s’ils comprennent un jour le tour qu’on leur a joué pendront les banquiers avec les tripes des journalistes…C’est maintenant qu’il faut agir pour éviter l’embrasement général, car en laissant trainer les choses, nous allons tout droit au duel final : soit les peuples se feront écraser sous la botte de fer du fascisme financier, sous ils massacreront tous ses pions, petits et grands.….
Julien Gunzinger
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Julien Gunzinger
Blog d'un catholique jurassien
"Nous te prions, Seigneur, de faire de nous des combattants de la foi inflexibles et miséricordieux, témoins brûlants, dans ce monde ravagé par l’apostasie, de ton alliance nouée dans ton sang."
"Nous te prions, Seigneur, de faire de nous des combattants de la foi inflexibles et miséricordieux, témoins brûlants, dans ce monde ravagé par l’apostasie, de ton alliance nouée dans ton sang."
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