Arte a diffusé hier soir un documentaire insane, en parfaite conformité avec la norme journalistique dominante, intitulé « que veut le pape ? ».
Je propose de faire ici l’analyse de quelques affirmations suintantes de bêtise dont ce reportage nous a gratifié:

Première affirmation péremptoire : « L’élection( de Benoît XVI) a peu à voir avec l’esprit saint ». Bien entendu, puisque des journalistes ( qui plus est certainement athées) le disent. Le documentaire cherche à prouver que l’élection de Benoît XVI résulte entièrement d’une homélie qu’il aurait prononcée durant le conclave en tant que doyen des cardinaux électeurs. Benoît XVI aurait effrayé tous les cardinaux avec le tableau extrêmement sombre qu’il leur aurait présenté. Cette explication témoigne d’une absence de compréhension totale de la stratégie du Sacré collège qui aboutit au choix, murement réfléchi, de Joseph Ratzinger. Le documentaire cherche à faire croire que Ratzinger a effrayé des petits enfants dans une cave lugubre pour qu’ils se précipitent dans ses bras protecteurs. C’est du délire pur. Depuis longtemps les cardinaux se préparaient à ce conclave, compte tenu de l’état de santé de Jean Paul II, depuis longtemps ils réfléchissaient à la situation de l’Eglise.

Deuxième affirmation : « Tous ses choix cachent sa volonté de remettre en question la plus importante réforme de l’Eglise : Vatican II. En 1962 Ratzinger a 32 ans, l’Eglise est alors une institutions arc-boutée sur ses dogmes vieux de plusieurs siècles : c’est l’époque de la messe en latin, de l’infaillibilité du pape, l’époque où l’Eglise considère encore les juifs comme le peuple déicide. »

Cette phrase en plus de témoigner, là aussi, de l’ignorance crasse des auteurs de ce documentaire traduit également leur idéologie progressiste et évolutionniste. Ignorance crasse car naturellement jamais Benoît XVI n’a entendu tirer un trait sur Vatican II. Il s’est suffisamment exprimé sur le sujet. Son attitude s’inscrit dans la continuité de celle de Jean Paul II qui consiste à vouloir tirer le maximum de Vatican II à la lumière de la tradition. Il s’agit de le recevoir en cohérence avec la tradition et non en rupture ( c’est ainsi que le documentaire fait totalement l’impasse sur le discours décisif du pontificat de Benoît XVI, celui prononcé en décembre 2005 à la curie romaine, où il développe ce qu’il entend par l’herméneutique de la continuité). Naturellement cette idée de continuité, de fidélité, est totalement incompréhensible pour les esprits gangrenés par l’évolutionnisme, pour qui tout est en régime de changement. Les auteurs du documentaire semble ainsi croire ( ou à faire croire) que l’Eglise n’est plus la gardienne du dépôt irréformable de la foi depuis Vatican II, qu’elle ne croit plus aux dogmes « vieux de plusieurs siècles ». En écrivant que l’époque antérieure à Vatican II est celle où l’ « Eglise est une institutions alors arc-boutée sur ses dogmes vieux de plusieurs siècles : c’est l’époque de la messe en latin, de l’infaillibilité du pape. » ils laissent entendre que, par contraste, Vatican II a réglé son compte à tous ces archaïsmes. Et c’est en effet comme cela que certains, en faisant violence aux textes et à leur degré d’autorité, ont compris Vatican II. Paul VI en constatant cela disait déjà que les fumées de Satan s’étaient introduites dans l’Eglise. Ce Vatican II « superdogme » a été dénoncé par Joseph Ratzinger depuis longtemps ( dans son discours aux évêques du Chili en 1988 notamment et dans ses écrits) et donc lors de son discours de décembre 2005 où il a dégagé tous les tenants et aboutissants de cette herméneutique de la rupture.

Naturellement le documentaire a largement donné la parole au pontifiant Hans Kung qui laisse entendre, en fin de reportage, que c’est par narcissisme, par goût pour le culte que l’on voue au pape, que Benoît XVI refuserait d’être ouvert au salvateur changement que lui-même, Hans Kung, naturellement incarne ( et on se demande qui est narcissique ?) « Il peut se montrer ouvert à la discussion, mais il s’inscrit dans un système qu’il ne veut pas changer. On prie pour lui, on le vénère, on lui baise la main. Quand un homme apparaît chaque jour comme le représentant de Dieu sur terre c’est difficile de changer. Je regrette qu’il n’y arrive pas. Je l’avais espéré, mais apparemment c’est trop dur pour lui. » conclut piteusement Hans Kung.


Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Mercredi 31 Mars 2010 à 09:45 | Commentaires (1)

Dans le quotidien jurassien de lundi, monsieur Pierre- André Chapatte a remis la compresse sur l’amalgame entre célibat des prêtres et pédophilie. Certes il ne pose pas abruptement l’équation : célibat des prêtres = pédophilie. Mais il écrit « La question du célibat des prêtres reste posée, même si elle n’explique pas à elle seule les scandales de pédophilie. »
C’est donc dire que le célibat fait partie de l’explication. Abracadabra, le tour est joué !!! Il n’en faut pas plus pour attiser la haine. Car cette haine s’accroît à mesure que la campagne médiatique mensongère s’éternise. J’ai entendu de nombreuses personnes m’exprimer cette haine dans des termes très violents : « il faut leur couper les coui… à ces prêtres » ou encore « cette Eglise est un repère de sadiques ... » Personnellement, toute cette déferlante me désole, me blesse, me met les nerfs à vif. Je ne lévite pas sur un nuage de paix, de grâce et de tranquillité, je suis un combattant de l’Eglise et je ne permettrai à personne, dans mon environnement immédiat, de la salir, sans exiger d’elle qu’elle produise des arguments rigoureux, qu’elle étaie ses accusations.
Or précisément, la façon dont monsieur Chapatte traite, dans son dernier article, de thèmes religieux très importants( outre celui du célibat), comme ceux de la confession et de la spiritualité (*) ne contient aucune rigueur et relève des clichés les plus ridicules. Il faut être coupé de toute la réalité de l’Eglise pour se permettre d’écrire des choses aussi creuses, d’accréditer de telles aberrations.

(*) « C’est ensuite le sentiment d’impunité qu’a conféré longtemps au clergé son statut social. Le prêtre était une autorité qui avait une emprise sociale incontestable. C’est enfin la culture du pardon de l’Eglise qui a longtemps donné le sentiment que la confession valait rémission des fautes et dispensait de la justice des hommes. »

(*)« S’il y a matière à scandale, c’est bien d’abord au sein d’une Eglise qui s’est occupé davantage de morale que de spiritualité. »


Monsieur,

Vous aurez beau tordre le réel dans tous les sens, vous faire l’écho de toutes les désinformations, de toutes les manipulations, ouvrir vos colonnes à des prêtres tenant des propos scélérats amalgamant pédophilie et célibat des prêtres, vous n’aurez jamais ce que vous revendiquez. Jamais la question du célibat des prêtres ne relèvera d’un choix. Jamais l’Eglise catholique ne pliera face aux infamantes campagnes dont vous êtes, vous et le Qj, un des relais.
Tous les ressorts de vos truquages, de vos amalgames ont été mille fois analysés, décortiqués, dénoncés, mais vous revenez sans cesse à charge. Il suffit en effet d’investiguer une heure en dehors des sentiers battus de la propagande pour comprendre que toute cette boue dont on tente d’éclabousser l’Eglise procède des macérations des ennemis de l’Eglise. Osez monsieur Chapatte vous pencher sur le réel, osez, par exemple, exercer votre esprit critique quelques minutes sur les affaires que l’on nous a présentées comme mettant prétendument en cause Benoît XVI ( celle du New York Times, celle du Süddeutsche Zeitung), osez vous informer sur l’étude indépendante du John Jay College of Criminal Justice de la City University of New York qui établit que sur la même période aux USA (1950-2000) il y eut 100 prêtres (pour 109000 en exercice au cours de cette période) condamnés pour 6000 professeurs d’éducation physiques et d’entraîneurs sportifs. Si vous vous permettiez, par exemple, de mettre en cause les enseignants en amalgamant de façon grotesque sport et pédophilie, votre légèreté exploserait au grand jour. Mais avec l’Eglise on peut s'en donner à cœur joie. Ça vous ne vous interroge pas, vous, de voir à quel point l’Eglise catholique est certainement la seule institution, et a fortiori la seule religion, que l’on peut prendre outrageusement et impunément pour cible ? Quelque chose ne vous démange pas le cortex à la vue du décalage entre le réel et ce que les médias propagent?
Il est vrai que les idéologies qui ont formaté la génération 68 étaient parmi les plus dévastatrices, et les plus aliénantes, corsetant les esprits, les retranchant du réel avec une vigueur dialectique sans précédant. Je peux ainsi parfaitement concevoir qu’il n’est pas aisé pour vous de retrouver le chemin du réel. Pour vous aider cependant à y parvenir, voici une analyse que P. Paul Marx, fondateur de Human Life International, a envoyé au Population Research Institute. Il s’agit d’une réflexion intitulée « Les prophéties d’Humanæ Vitæ »
"Le 25 juillet 1968, l’encyclique Humanæ Vitæ de Paul VI réaffirmait l’enseignement catholique sur la vie, l’amour et la sexualité humaine. Dans ce texte, il dressait la liste des conséquences d’une existence vécue en dehors de l’enseignement catholique. Il prédisait que :
1. La contraception conduirait à l’infidélité conjugale.
2. La pratique contraceptive conduirait à “un abaissement général de la moralité”.
3. La contraception conduirait les hommes à cesser de respecter le femmes dans leur intégralité, et les amènerait à traiter les femmes comme “de simples instruments du plaisir égoïste” plutôt que comme des partenaires chéries.
4. Et, finalement, l’acceptation généralisée de la contraception au sein des couples conduirait à l’imposition massive de la contraception par des gouvernements sans scrupule.
En d’autres mots, le pape Paul VI prédisait que la contraception évoluerait d’un “choix de mode de vie” à une arme de destruction massive. Comme sa prophétie a été affreusement justifiée par les programmes de contrôle démographique et de stérilisation imposée, par la réduction des taux de fécondité et la promotion de l’avortement pratiquement partout dans le monde. La destruction par la contraception de l’intégrité de l’acte marital – unitif et procréatif – a de terribles conséquences pour la société et pour nos âmes. La contraception, pour le dire autrement, est le rejet de la manière dont Dieu voit la réalité. C’est un coin enfoncé dans dans la sphère de communion la plus intime que l’homme puisse connaître en dehors du Saint Sacrement de la Messe. C’est un poison dégradant qui flétrit la vie et l’amour, dans le mariage comme dans la société. En brisant le lien ordonné, naturel et divin, entre le sexe et la procréation, les hommes et les femmes – mais plus particulièrement les hommes – se concentreront sur les possibilités hédonistes qu’offre le sexe. Les gens cesseront de considérer le sexe comme quelque chose qui était intrinsèquement lié à une nouvelle vie et au sacrement du mariage. Quelqu’un peut-il douter que c’est là où nous en sommes aujourd’hui ?
"

Tout est dit. L’Eglise, l’empêcheuse de jouir en rond, aux yeux de la génération 68 avait su - avant même la prise de pouvoir de la génération 68 - parfaitement diagnostiquer le mal dans lequel allait sombrer la société. C’était elle qui était avant-gardiste, et qui le sera toujours. C’est cela que l’on ne lui pardonne pas : de dire la vérité. C’est pour cela que se déchaînent sur elle tous les mensonges, les amalgames, les scélératesses. Un jour viendra où toute la lumière sera faite, où tout sera mis à nu.
On ne méditera jamais assez les paraboles du Christ, notamment celle en Luc 19,15-27.

Cordialement

Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Mardi 30 Mars 2010 à 10:15 | Commentaires (2)
Pour quiconque ne mange pas la propagande ventilée par les médias comme les ânes le foin, la semaine précédente aura été d’une fécondité hors du commun pour mesurer le degré de d’abrutissement des médias, leur totale intégration à l’idéologie dominante. A la vue de l’ampleur de la manipulation et de la désinformation il ne peut plus y avoir le moindre doute. Au mieux les médias sont entre les mains d’abrutis et d’incompétents patentés, au pire entre celles d’idéologues s’asseyant sur le réel ou le torturant. Chez la plupart il y a naturellement des deux, l’inculture, la paresse intellectuelle, le conformisme étant les plus serviles alliés de l’idéologie dominante.
Celle-ci ne pourra jamais se résoudre à l’existence de la doctrine catholique portée par l’Eglise. Et plus que jamais, pour aboutir de son projet de mort (extension de la logique marchande à tous les secteurs de la vie qui a pour pendant le démontage de toutes les figures d’autorité, de tous les repères symboliques, de toutes les institutions naturelles) seule l’Eglise catholique se dresse comme obstacle sur le chemin de l’idéologie dominante. Sous prétexte « d’ouverture » au monde, « du progrès », de prise en compte de « la modernité » ( tous ces mots ont un contenu conceptuel à peu près nul, ils n’ont qu’une valeur incantatoire(*)) elle intente donc un procès permanent à l’Eglise, présentée comme décidément trop ancrée dans le passé.
C’est ainsi que la semaine dernière, c’est sur la personne du pape (qui concentre sur lui tout ce que l’idéologie dominante déteste : rigueur, fidélité, autorité) que l’opération en cours, destinée à déstabiliser l’Eglise, a reporté toute sa haine. 3 affaires ont été sorties pour tenter de salir le pape, soit directement, soit indirectement. Or les 3 se révèlent être des pures manipulations, totalement bancales, ayant uniquement pour but d’introduire le doute dans la population. Prescrit à doses répétées, ce genre de mensonge médiatique finit par convaincre beaucoup de personnes qui concluent bien naturellement qu’il ne doit pas y avoir de fumée sans feu.(stratégie que Michel de Jaeghere avait analysé dans une interview qu’il m’avait accordée (**))

1) La première affaire concerne un prêtre pédophile que Jospeh Ratzinger aurait protégé durant son épiscopat à Munich. Or il s’avère que la personne en question n’a été accusée de crime de pédophilie qu’en 1985, date à laquelle Joseph Ratzinger dirigeait la Congrégation pour la doctrine de la fois depuis plusieurs années déjà. Cependant lorsque le prêtre a été transféré à Munich en 1980, Joseph Ratzinger, mis au courant de ses difficultés d’ordre psychologique (mais pas encore suspecté de pédophilie), avait demandé que ne lui soit affecté aucune tâche pastorale. Ce n’est donc que 4 ans plus tard qu’il se révéla être pédophile. Rien ici qui puisse être imputé au futur pape. Tout a été impeccablement réfuté par la curie de Munich et le directeur de la Salle de Presse du Vatican, le Père Federico Lombardi. Mais pour les médias, pour qui ne comptent absolument pas la vérité, cela ne crée aucune remise en cause, au contraire, il faut d’urgence trouvé un autre moyen pour que la rumeur ne retombe pas.

2) C’est le new York Times qui prend alors le relai. Il lance une accusation impliquant le pape et concernant un prêtre pédophile du Milwaukee (USA), le père Murphy. Selon le NYT, Joseph Ratzinger et le cardinal Bertone auraient enterré l’affaire qui leur avait été soumise en 1996. Or les faits datent de 1975. Instruites des accusations, les autorités religieuses du Milwaukee ont immédiatement transféré l’affaire aux autorités civiles qui ne trouvèrent pas les accusations assez lourdes pour condamner le père Murphy. Mais l’Eglise du Milwaukee, elle, poursuivit son enquête, limitant l’exercice du ministère du père Murphy. L’Eglise se révéla donc être plus intraitable que les autorités civiles. En 1996, suite à des problèmes de discipline liés à la confession (plus aucune plainte pour pédophilie n’ayant été déposée depuis celles remontant à 1975), l’évêque de Milwaukee réfère du cas à la Congrégation pour la doctrine de la foi. Or celle-ci répond qu’il faut continuer à maintenir les restrictions pastorales du prêtre. Là aussi donc, le dossier est vide. Il n’y a rien qui puisse être reproché au pape ou à l’Eglise. Au contraire puisque l’Eglise du Milwaukee et la Congrégation pour la doctrine de la foi se montrèrent plus exigeantes que les autorités civiles.

3) Dernier exemple de désinformation en date, celle que le QJ a présenté samedi dernier. Dans l’interview du jeune séminariste violé que reproduit le QJ, Joël Devillet accuse l’évêque, Mrg Léonard, d’avoir protégé le prêtre qui l’a violé. Cet évêque sera ensuite nommé primat de Belgique par Benoît XVI au grand dégoût de Joël Devillet. Or l’abbé mis en cause a été relevé de sa paroisse par Mrg Léonard et dût s’engager à suivre une thérapie. Quand il fut manifeste qu’il ne respectait pas son engagement, Mrg Léonard mis un terme à la carrière canonique du prêtre, ce qui entraîna la perte immédiate de son traitement. Il n’y eut donc pas attitude passive de l’évêque.


(*) car il faudrait que l’on nous explique en quoi l’ouverture est par soi quelque chose de bon. Toute personne qui s’ouvrirait à des pratiques malsaines, voir malhonnêtes, n’est-elle pas légitimement jugé comme bien naïve ou criminelle ; de même en quoi une pensée ou des mœurs du fait qu’ils sont modernes doivent-ils être appréciés positivement ; quant au progrès, on est en droit d’estimer que le XXe siècle a surtout fait progresser la barbarie et que le XXIe semble vouloir être son digne successeur…

(**)

« Vous dénoncez dans vos livres le dénigrement systématique dont est victime l’Eglise. Comment expliquer l’apathie du catholique de base à l’égard de cette volonté persistante de destruction ?

Michel de Jaeghere : Elle s’explique d’abord par le fait que ce dénigrement procède par un système du « goutte à goutte ». L’Eglise est périodiquement mise en cause par des campagnes de grande ampleur, comme celle que nous avons connue au début de l’année 2009 à l’occasion de la levée de l’excommunication des quatre évêques de la Fraternité Saint Pie X, mais celles-ci sont préparées par des attaques plus chafouines, où le catholicisme est discrédité de façon latérale, sur certains détails, certains aspects. On habitue, petit à petit, l’opinion à ce que la foi catholique soit considérée comme une opinion marginale, décalée, un peu ridicule, parfois dangereuse si elle est prise au pied de la lettre. On conduit les braves gens par une progression subtile de provocations, une accumulation d’images, de lois, d’informations à ne plus ressentir comme choquantes des situations qui le sont objectivement. Les catholiques en finissent, par là, par perdre conscience de ce qui se passe , à considérer comme normales des choses qui auraient horrifié leurs parents, qui les auraient eux-mêmes horrifiés il y a dix ou vingt ans : propos scabreux tenus à la télévision, expositions blasphématoires, caricatures de ce qu’ils sont dans les films, les romans, les séries de télévision, éloge sans retenue de toutes les déviances, quand ce ne sont pas les perversions. Quand surviennent les grandes campagnes contre l’Eglise, la violence de l’attaque, les amalgames diabolisants, les plongent dans la stupeur. Ils ne réagissaient pas jusqu’alors parce qu’ils n’avaient pas le sentiment d’être attaqués dans leur foi. Dorénavant, ils s’en abstiennent parce qu’ils sont terrorisés par la brutalité de l’adversaire
D’autres fois, on tente d’associer les catholiques eux-mêmes aux attaques dont l’Eglise fait l’objet, en créant une dialectique entre la hiérarchie et la « base ». Exploitant des situations marginales, on donne ainsi la publicité que l’on sait aux affaires de pédophilie qui impliquent un prêtre, en insinuant que c’est son célibat qui l’a poussé au crime, que le vrai responsable est l’institution, considérée comme criminogène, quand nul n’aurait idée d’incriminer l’Education nationale lorsqu’un instituteur est mis en cause dans une affaire de même nature.
On met de même en accusation l’enseignement moral de l’Eglise –sur la contraception, l’avortement, l’euthanasie-en affectant de croire qu’il est celui des vieux célibataires coupés des réalités de la vie qui forment la hiérarchie, et en invitant les catholiques de base à s’en désolidariser. Après avoir insulté leur foi, on met ainsi à l’épreuve leur fidélité en misant sur leur lâcheté.


Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Lundi 29 Mars 2010 à 08:51 | Commentaires (6)
dans son édition de ce jeudi, le QJ a publié un courrier de lecteur que j'ai envoyé suite à l'intervention d'un diacre au parlement des jeunes jurassiens. Mon courrier de lecteur ayant subi plusieurs coupes, je mets ici le lien où on peut le lire dans son intégralité.
c'est ici
Rédigé par Julien Gunzinger le Jeudi 25 Mars 2010 à 13:13 | Commentaires (0)
le baromètre de la bien-pensance: le vigilomètre
Rédigé par Julien Gunzinger le Mercredi 24 Mars 2010 à 09:38 | Commentaires (1)
David l’Epée révèle ici toutes les manipulations, les mensonges, les calomnies, les désinformations auxquels les journalistes de « Mise au point » sur la Tsr se sont livrés dans le sujet qu’ils ont consacré à la création d'un "mouvement des citoyens" dans les cantons de Vaud et de Neuchâtel.
C’est net, sans bavure, imparable. La chose est désormais définitivement entendue: l’équipe de « mise au point » ne fait pas un travail d’information, elle n’en a pas l’honnêteté intellectuelle, c’est une pure officine de propagande.

Merci David pour cette démonstration. C’est ici

Le sujet de « mise au point » est ici:// www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000#vid=11865390;start=00:08:42.000;end=00

Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Mardi 23 Mars 2010 à 09:20 | Commentaires (1)
Tribune répugnante dans le Qj du samedi 20 mars. Un prêtre y fait l’amalgame entre prêtrise et pédophilie. Ce prêtre écrit notamment « Selon l’évêque de Ratisbonne, le célibat imposé aux prêtres catholiques de rite latin n’a rien à voir avec cette affaire ( cas de pédophilie). Penser le contraire serait même une bêtise.Cette argumentation, qui cherche à « sauver » une telle discipline, me laisse perplexe. Des prêtres affrontés à un célibat mal assumé parce que vécu comme un devoir forcé ne sont-ils pas davantage exposés aux dérives de la pédophilie, surtout lorsqu’on leur confie des ministères auprès des enfants ou des adolescents ? Sans doute y a-t-il des pédophiles ailleurs que dans les cadres de l’Eglise. Il est vrai que, proportionnellement, ces cas sont rares dans nos rangs. Mais est-ce une raison pour ne pas remettre en question cette obligation universelle, tout en reconnaissant la valeur de ce charisme quand il est vécu dans la liberté et la générosité ? » Je crains, qu’en ce qui concerne ce prêtre, ces propos ne tombent pas, en effet, dans la catégorie de la bêtise, mais dans celle de la scélératesse. Car tous les chiffres attestent que pédophilie et célibat n’ont absolument aucun lien.

Quand la presse divulguera-t-elle les vrais chiffres qui établissent que l’Eglise catholique est de loin l’institution qui travaille le plus à prendre à bras le corps le problème de la pédophilie(*) et est la moins toucher par ce fléau ?(**) Les hommes d’Eglise qui se prêtent à cette mascarade, cherchant à faire avancer la cause du célibat des prêtres en tirant prétexte des cas de pédophilie dans l’Eglise, se rendent complices de la plus ignominieuse des campagnes de désinformation organisées par les médias contre l’Eglise ( et pourtant en matière de propagande, de persécution contre l’Eglise ils sont champions) . Travailler de la sorte, de l’intérieur, à la diffamation de l’Eglise, à sa défiguration c’est certainement l’un des crimes les plus abominables qui soit et cela dénote une absence totale d’amour pour l’Eglise et la vérité.
Plus que jamais il faut marteler et marteler la vérité. Non seulement le célibat sacerdotal est le plus à même de permettre aux prêtres d’exercer pleinement leur sacerdoce et de signifier, à l’époque où nous vivons (gangrenée par le pan-sexualisme, par la logique de la consommation du désir ***) , la sainteté à laquelle l’homme est appelée, mais, de plus, céder sur ce point reviendrait, de la part de l’Eglise, à tendre de nouvelles verges à ses ennemis pour se faire battre. Car la liste des scandales, dont les ennemis se prélèveraient pour détruire l’ordination et ravaler le prêtre au rang du pasteur protestant, s’allongerait alors vertigineusement. C’est bien là, naturellement, le but ultime de la manœuvre : mettre un terme au sacrifice de notre Seigneur lors de la messe en abolissant l’ordination.

Voici une liste, de loin pas exhaustive, des scandales que n’hésiteront pas à brandir les ennemis de l’Eglise dès lors que le célibat des prêtres serait aboli.

Tel prêtre bas sa femme :

Tel prêtre a flanqué une fessée à son gamin

Tel prêtre refuse d'être caution de sa femme

Tel prêtre trompe sa femme

Tel prêtre a des relations incestueuses

Tel prêtre est divorcé

Tel prêtre est entretenu par sa femme

Tel prêtre a fait un mariage d'argent

...
(*) depuis 2001, les structures mises en place par l'Eglise permettent un quadrillage et un traitement sans faille des cas accusations de pédophilie. De 2001 à 2010 ", il y a eu "environ 3.000 accusations regardant des prêtres diocésains ou religieux pour des crimes commis ces 50 dernières années", a déclaré Mgr Charles J. Scicluna, ministère public du tribunal de la Congrégation pour la doctrine de la foi dans une interview à Avvenire, le journal de la Conférence épiscopale italienne. Sur les 3000 accusations seulement 10% se révèlent concernées des actes de pédophilie réels.
Le Père Lombardi, porte-parole du Vatican, a également souligné dans une note publiée le 9 mars :
« Ces faits mobilisent l’Eglise dans l‘élaboration de réponses appropriées et s’insèrent dans un contexte et une problématique plus large concernant la protection des enfants et des jeunes contre les abus sexuels dans la société. Les fautes commises dans les institutions et par des responsables ecclésiaux sont évidemment particulièrement répréhensibles, au vu de la responsabilité éducative et morale de l’Eglise. Mais toutes les personnes objectives et informées savent que le problème est beaucoup plus large, et qu’il n’est pas juste de concentrer ces accusations sur l’Eglise seulement. Ainsi, par exemple, des statistiques récemment fournies par les autorités compétentes en Autriche disent que, sur une même période de temps, les cas avérés dans les institutions dirigées par l’Eglise étaient au nombre de 17, alors que 150 autres étaient recensés dans d’autres institutions. Il serait bon de se préoccuper aussi de ceux-là. »

(**)les chiffres préoccupants sont ceux-ci ( ils émanent d’une étude indépendante menée aux Usa par le John Jay College of Criminal Justice de la City University of New York: une institution qui fait autorité aux USA en matière de criminologie. Cette étude est la seule de cette ampleur dont nous disposons en occident sur le sujet)
- 80 % des pédophiles sont homosexuels, 20 % seulement sont hétérosexuels
- sur un total de 109000 prêtres, de 1950 à 2002, seulement un peu plus d’une centaine ont été condamnés pour pédophilie ( soit 0,11%) D'autres catégories socio-éducatives ne peuvent pas se prévaloir de chiffre aussi faibles. Naturellement tout le boucan que la société fait autour de ces 0.11% est inversement proportionnel au silence dont elle couve les autres catégories sociales pour des raisons idéologiques évidentes. Tout est fait pour laisser entendre que l'Eglise est en première ligne dans les affaires de pédophilie.
- Philippe Jenkin montre également que les cas de pédophilie est de 2 à 10 fois supérieurs parmi les membres du clergé protestants ( selon les dénominations protestantes retenues) par rapport aux prêtres. La plupart des pasteurs étant mariés.
- durant une même période de temps, alors qu'un peu plus de 100 cas d’actes pédophilies s’avéraient imputables à des prêtres, 6000 le furent à des professeurs d’éducation physique et à des entraîneurs d’équipes sportives]b ( la plupart mariés, naturellement)
- les prêtres pédophiles sont à 90% homosexuels

(***)Soljenitsyne disait que l’on mettait plus facilement un peuple en esclavage par la pornographie qu’avec des miradors. Voire également un précédent article ici:// www.wmaker.net/eschaton/Les-sepulcres-blanchis-principaux-rabatteurs-des-pedophiles_a84.html



Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Lundi 22 Mars 2010 à 09:18 | Commentaires (0)
Les hyènes chassent en meute, c’est bien connu. Tout comme ce fut le cas lors de la levée de l’excommunication des évêques d’Ecône, de l’excommunication de la mère de la petite fille avortée au Brésil, de la béatification de Pie XII, les hyènes se saisissent des cas de prêtres pédophiles pour mordre et répandre leur bave. L’enjeu ? Toujours le même : humilier l’Eglise et la faire plier. Obtenir l’abolition du célibat des prêtres ( pour les raisons évoquées ici même:// www.wmaker.net/eschaton/Les-sepulcres-blanchis-principaux-rabatteurs-des-pedophiles_a84.html) et une repentance publique de Benoît XVI. L'un des chefs de cette meute n'est autre que Hans Kung. Pauvre gaillard qui croit avoir l’envergure d’un Luther quand il n’a que celle d’un Judas sénile,qui n’a que revanche en tête et qui croit que son heure a enfin sonné. A sa suite il n’entraîne que les médias et les cathos alignés sur Golias bien plus que sur Rome.
Ainsi, lorsque du tumulte d’indignation orchestré par les médias une voix forte détonne, il y a lieu de la relayer. Cette voix, c’est celle d’Eric Zemmour. Dans sa rubrique quotidienne « Z comme Zemmour », sur RTL, il a parfaitement exprimé les objectifs réels poursuivis par les attaques contre le pape et le célibat des prêtres.
Voici un extrait de son émission du 17 mars :
« (…)Comme pour la querelle sur Pie XII, tout ceci n’est qu’un prétexte, un authentique affrontement politique.(…) Benoît XVI, en se réconciliant avec les traditionalistes, a engagé une remise en cause partielle mais réelle de Vatican II, que certains historiens considèrent comme le vrai acte de naissance de l’idéologie de mai 68. Cette tentative de remettre des repères fondamentaux traditionnels dans l’Eglise est considérée comme un scandale réactionnaire par les Eglises les plus modernistes, comme celles de France et d’Allemagne. Ces dernières se servent donc de leurs relais dans les médias pour assiéger la papauté et l’empêcher de mener son projet politique à son terme. Mais on est là fort loin de nos chers enfants martyrisés. »


Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Vendredi 19 Mars 2010 à 13:33 | Commentaires (2)

Mrg Gherardini vient de publier un livre « Vatican II. Un débat à ouvrir » dans lequel il tente de soumettre le Concile Vatican II à l’herméneutique de continuité prônée par Benoît XVI. Il s’agit pour l’auteur de faire le point sur le Concile à l’heure où les discussions doctrinale sur sa réception sont en cours avec la Fraternité sacerdotale Saint Pie X. C’est un livre majeur dont le journal « Renaissance catholique » a fait une présentation. La voici.



Un débat à ouvrir


La traduction française du livre publié en avril 2009, en Italie, Concilio Ecumenico Vatican II : un discoro da fare, vient d’être présentée à l’occasion du Ixe congrès théologique du Courrier de Rome qui s’est tenu à paris en janvier 2010 et dont le thème était – mais ce n’était pas un hasard : « Vatican II. Un débat à ouvrir »

L'auteur, Mrg Brunero Guerardini, est un ancien professeur d’ecclésiologie et d’oecuménsime à l’université pontificale du Latran ( dont il fut Doyen de la Faculté de Théologie). Il a publié une centaine d’ouvrages. Il est actuellement chanoine de l’Archibaslilique Vaicane et directeur de la revue internationale de théologie Divinitas. Le livre est présenté par un évêque tout à fait « officiel » en exercice, Mrg Mario Oliveri, évêque d’Albergo-Imperia(Italie). L’éditeur est la maison d’édition de la congréagation des Franciscains de Marie-Immaculée.
Mrg Gherardini se place dans la ligne de l’herméneutique ( interprétation) de la continuité de Benooît XVI : « Vatican II n’a jamais prêté son aide directe à l’affaiblissement ou même au dépassement des positions doctrinales, disciplinaires, liturgiques et pastorales de l’Eglise préconciliaire. C’est le post-concile qui s’en est occupé ». Mais il « n’est pas certain que l’on puisse en dire autant de son aide indirecte. Les intéressés ayant participé à l’opération d’affaiblissement et de dépassement(…) ont fait cette aide indirecte comme un canon herméneutique. » La suite de sa démonstration fait de cette litote une certitude et la frontière entre les textes du concile et leurs applications est tellement poreuse que tout remonte, en définitive, à ce dernier.
Une herméneutique de continuité doit être théologique et répondre à la question : « Le concile Vatican II s’inscrit-il ou non dans la Tradition ininterrompue de l’Eglise, depuis ses débuts jusqu’à nos jours ? » Il ne suffit pas d’affirmer vouloir appliquer Vatican II une telle interprétation : il faut démontrer que ce concile est bien en continuité avec ceux qui l’ont précédé. De plus, pour effectuer une telle démonstration, il n’est pas pertinent de s’appuyer sur le concile lui-même, et sur le seule concile, comme on le fait constament avec pour conséquence « une colossale tautologie ». Ainsi le document de la Congrégation pour la doctrine de la Foi (200/) b[« s’appuie sur Lumen Gentium pour la question du subsistit in et la résout par les paroles mêmes du Concile, et seulement par ces mêmes paroles. »]b L’enseignement de Pie XI sur le même sujet dans l’encyclique Mystici Corporis est ainsi « rendu vain ou annulé ».
Pointant « le déroulement désastreux de l’après-concile », Mrg Gherardini constate que c’est une herméneutique de rupture qui s’est développée alors (« et qui poursuit encore son chemin »), sous l’effet d’un « esprit du concile » qui n’a pas surgi de lui-même après celui-ci : le concile l’ « avait diffusé à pleines mains ». Et cette herméneutique de rupture « se mêlait de vrai modernisme ».
S’agissant de l’autorité du concile, Mrg Gherardini met en pleine lumière son caractère volontairement et essentiellement pastoral et non dogmatique. Il en déduit que celles de « ses doctrines qui ne sont pas réductibles à des définitions précédentes ne sont ni infaillibles ni irréformables et ( ne sont) donc pas non plus contraignantes ».
Sur « le grand problème de la liberté religieuse » et sur la possibilité « d’inscrire Dignitatis Humanae dans l’herméneutique de continuité », Mrg Gherardini répond que les contenus des précédents Magistères « ne trouvent ni continuité ni développement dans celui de Dignitatis Humanae ». Il pose la question : « Deux Magistères alors ? » et répond que « malheureusement, l’évidence du fait que chacun ( des contenus) semble suivre son propre chemin ferait bien penser à un Magistère dédoublé. » Sur l’œcuménisme, Mrg Gherardini souligne que « ce qui pollua l’atmosphère postconciliaire ne fut pas seulement le débat théologique d’inspiration hégélienne et existentialiste(…) : la pollution majeure vint d’un œcuménisme certes non dépourvu de règles, mais dont les règles fallacieuses étaient de rechercher ce qui unit, et non pas la solution de ce qui divise ». Quant au fameux « dialogue » avec les frères séparés, « tel qu’il a été théorisé et tel qu’il est mis en pratique, (il) est la négation de toute continuité. Il constitue un nouveau début et il en est l’instrument : une Eglise nouvelle, non plus « catholique romaine » mais celle du concile Vatican II. »
Au terme de sa quête – difficile et infructueuse – d’une continuité du concile et du subconscile avec le Magistère antérieur ( dont nous n’avons pu donner que quelques exemples), Mrg Gherardini adresse une supplique au souverain Pontife, afin que l’autorité suprême intervienne pour que l’on puisse « savoir si, dans quel sens, et jusqu’à quel point le Concile Vatican II, et surtout le postconcile, peuvent s’interpréter dans la ligne d’une continuité indiscutable, même si elle est évolutive, ou si au contraire ils lui sont étrangers, voire s’ils sont pour elle un obstacle. »
Il ne paraît pas exagéré de parler d’un livre-événement, comme en 1985 pour le lota unum de Romano Amerio. Du fait de son contenu même et de la rigueur des démonstrations qu’il développe. Parce que, avec ce livre, ce n’est plus au sein du monde ecclésiastique la seule Fraternité sacerdotale Saint Pie X qui se permet une critique publique du concile : c’est aussi un prélat très « officiel », soutenu par un évêque non moins officiel en exercice qui appuie pleinement sa supplique. Enfin, parce que cet argumentaire apparaît au moment où les représentants de la Fraternité Saint Pie X rencontrent ceux de la Congrégation pour la doctrine
De la Foi pour, précisément, disputer de la réception du concile.

Alain Rostand


Renaissance catholique: ici
Rédigé par Julien Gunzinger le Mercredi 17 Mars 2010 à 11:04 | Commentaires (0)
L’offensive médiatique contre l’Eglise a été massive la semaine passée. Les sépulcres blanchis ont ,sur toutes les ondes, dans tous les journaux, entonné le même couplet indigné, tirant prétexte des cas de pédophilie touchant quelques prêtres en Allemagne pour porter leurs attaques sur le célibat des prêtres, instruisant le procès de Benoît XVI, suggérant qu’un front important parmi les théologiens serait contre le célibat des prêtres. Il faut être totalement abruti par les médias pour croire une seule seconde que le souci de protéger les enfants victimes de pédophiles est au cœur de l’affaire. Évidemment, l’enjeu, le seul, l’unique c’est de faire plier encore et encore l’Eglise catholique, tenter de lui arracher une déclaration de repentance et ultimement lui faire renoncer, à l’heure de la masturbation, de la capote, de la bisexualité, de la jouissance obligatoire, à cette pratique totalement ringarde consistant à exiger des prêtres qu’ils soient célibataires et chastes.
Nos sociétés marchandes, dont la survie au début du XXe siècle a été assurée par la mutation du capitalisme de production en capitalisme de consommation ( consommation des biens d’équipements tout d’abord, puis, à la faveur de mai 68, consommation du désir, de la jouissance) ne peuvent fonctionner que par un abaissement continu de tous les interdits moraux de manière à faire de chaque pulsion une source de rendement. D’où la nécessité de la culture transgressive soixante-huitarde qui permit de faire passer pour des conquêtes du progrès et de la liberté ce qui constituait en fait le pré-requis culturel de la mise en place du turbo capitalisme et de l’économie du désir. Il faut être totalement coupé du réel comme seuls savent l’être les grandes figures morales de la bien-pensance pour croire que l’étendard de la liberté individuelle (la reconnaissance de l'égalité des droits de chacun quelque soit son mode de vie) ne soit pas autre chose que le cache sexe du turbo capitalisme financier, qui est le nerf du processus de déréalisation en cours, de la virtualisation de tous les rapports humains.(*)
Au nombre des piliers de la bien-pensance, nous avons naturellement tous les médias dominants, dont certainement aucun de ses prestigieux membres n’a jamais entendu parler d’Edward Bernays ( mais que Goebbels lui lisait assidument) qui a forgé les instruments indispensables de l’économie du désir. Neveu de Freud, il organisa la première opération publicité transgressive de choc. Le 31 maris 1929 il envoya une escouade de jeunes filles affriolantes défilée sur la 5e avenue, prévenant la presse qu’elles allaient allumer des « torches of freedom ». Une fois les journalistes ayant répondu massivement à l'appel, les jolies jeunes filles allumèrent leurs flambeaux de la liberté : leur cigarette. Dany Robert Dufour, dans « la cité perverse » explique « Tout l’esprit du nouveau capitalisme de la consommation est lisible dans cet acte inaugural de Bernays. On voit qu’il commence par une offre de libération faite au consommateur, présent comme répondant à une demande, éventuellement inconsciente. Mais, comme l’industriel qui propose son objet n’agit pas par philantropie, mais par intérêt, l’offre qu’il fait n’est vraiment intéressante pour lui que si elle est susceptible de mettre en branle une véritable dépendance. Pas étonnant, donc, que tout ait commencé par la cigarette, produit addictif par excellence. »(**)
Dans un contexte pareil, où le turbo capitalisme et les bien-pensants sont historiquement et philosophiquement organiquement liés, marchant main dans la main, le maintien des traditions catholiques est un verrou à faire sauter de toute urgence. Pour les intellos-bobos cela constituera une victoire de plus contre la bête immonde(***), congénitalement oppressive, et pour leurs macros ( ceux pour qui ils tapinent en somme, puisque ce qui leur sert de prêt-à penser n’a d’autre utilité que de servir de rabattage pour ceux qui assument ne penser qu’au pognon), un marché du désir en expansion, sévissant jusque dans les sacristies, un repère de continence et de maîtrise de plus démantelé, pour le plus grand profit de l’industrie du sexe( et de toute l'économie du désir), qui pourra fourrer son doigt dans la culotte de clients toujours plus jeunes.
N'en déplaisent à tous les catholiques partisans de l’ouverture au monde, qui rêvent d’une Eglise progressiste etc, toutes ces manœuvres médiatiques relèvent de la logique de la cité terrestre. Combattre le célibat des prêtres c’est tout simplement s’aligner sur la logique de l’économie du désir dont l'aboutissement est le règne de la pédophilie généralisée.


(*) sauf pour ceux qu’il prend par derrière très profond ( comme les Grecs actuellement, d’où l’expression bien connue, "va te faire voir chez les Grecs").
(**)préalablement Bernays avait consulté à Abraham Arden Brill, fondateur de la New York Psychoanalytic Society, qui lui avait expliqué que la cigarette étant un symbole phallique représentant le pouvoir sexuel masculin il fallait lier la cigarette à une forme de contestation de ce pouvoir, de sorte que les femmes en possession de leur "propre pénis" fumeraient.
(***) « Le libéralisme est, fondamentalement, une pensée double: apologie de l'économie de marché, d'un côté, de l'Etat de droit et de la "libération des mœurs" de l'autre. Mais, depuis George Orwell, la double pressée désigne aussi ce mode de fonctionnement psychologique singulier, fondé sur le mensonge à soi-même, qui permet à l'intellectuel totalitaire de soutenir simultanément deux thèses incompatibles. Un tel concept s'applique à merveille au régime mental de la nouvelle intelligentsia de gauche. Son ralliement au libéralisme politique et culturel la soumet, en effet, à un double bina affolant. Pour sauver l'illusion d'une fidélité aux luttes de l'ancienne gauche, elle doit forger un mythe délirant: l'idéologie naturelle de la société du spectacle serait le "néoconservatisme", soit un mélange d'austérité religieuse, de contrôle éducatif impitoyable, et de renforcement incessant des institutions patriarcales, racistes et militaires. Ce n'est qu'à cette condition que la nouvelle gauche peut continuer à vivre son appel à transgresser toutes les frontières morales et culturelles comme un combat "anticapitaliste". La double pensée offre la clé de cette étrange contradiction. Et donc aussi celle de la bonne conscience inoxydable de l'intellectuel de gauche moderne. »(Jean Claude Michéa, la double pensée)
Rédigé par Julien Gunzinger le Lundi 15 Mars 2010 à 09:09 | Commentaires (1)
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"Nous te prions, Seigneur, de faire de nous des combattants de la foi inflexibles et miséricordieux, témoins brûlants, dans ce monde ravagé par l’apostasie, de ton alliance nouée dans ton sang."



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