Eric Zemmour était en grande forme la semaine passée. En quelques répliques bien senties il a dégonflé deux grosses baudruches: Georges-Marc Benamou et Dominique Wotlon.
Ce qui est troublant cependant, c'est de le voir mener tout seul, dans le monde médiatique, le combat contre les moulins à vent de la bienpensance. Eric Zemmour est en effet le seul à représenter, dans le monde médiatique, tous ceux, quelles que soient leurs appartenances antérieures, qui ont ouvert les yeux sur la grande farce qu’interprètent les principaux acteurs de la vie politique en occident. Le seul à relayer les thèses des grands analystes ( Jean-Claude Michéa, Dany Robert Dufour, Bernard Stiegler, Pascal Bernardin) qui ont démontré la parfaite homogénéité des impératifs de la haute finance avec l’idéologie du métissage droit-de- l’hommiste. Reste à savoir si Eric Zemmour ne sert que d’alibi au système. Le fait est que sur les plateaux de télévision ne sont jamais invités les puissants analystes dont j’ai cité quelques noms. Tout est fait pour laisser croire qu’Eric Zemmour ne représente que lui-même ou, pire, est une marionnette de l’extrême droite. Or, parmi les analystes que j’ai cités trois se considèrent comme étant de gauche et recourent au corpus conceptuel du socialisme ( marxien, orwellien, proudhonien etc...). Il ne s’agit pas ici de mettre en cause l’honnêteté intellectuelle d’Eric Zemmour. Il est parfaitement conscient, lui-même, de servir peut-être d’alibi au système. Il a déjà répondu à cette interrogation et il a dit se moquer de savoir si le système lui aurait assigné un rôle, l’essentiel étant pour lui de défendre ses idées. Mais son isolement ne peut que préoccuper toute personne qui refuse le rouleau compresseur de la propagande médiatique.

Nous traversons en effet actuellement une crise civilisationnelle majeure. Les partisans éternels de la mise en bouillie des hommes l'ont compris et cherchent à en tirer profit, notamment en manipulant la servilité intellectuelle de l’essentiel du personnel médiatique.
Ce qu'il y a de particulièrement effrayant c'est de voir la convergence des intérêts : ceux du monde de la finance et ceux des aliénés à l'idéologie du métissage-droit-de-l'hommiste. Cette convergence nous demande de réviser toute notre grille d’analyse philosophique et politique pour comprendre ce qu’il se passe actuellement, mais aussi pour mieux comprendre notre histoire. Car il est évident que notre situation est l’aboutissement d’une histoire : par le passé de nombreuses forces ont travaillé pour que nous en soyons là. Je suis convaincu que l'assaut final est désormais engagé sur ces deux fronts, celui de la finance et de la culture.

Samedi soir dernier, en vaillant combattant de la liberté, Eric Zemmour a fait mordre la poussière à l’une des créatures les plus odieuses du système. Débattant du livre que Georges-Marc Benamou a osé commettre sur les premiers résistants français à l’occupation nazie, Eric Zemmour a permis au plus grand nombre de prendre la mesure des ténèbres qui envahissent l'esprit d'un homme comme Benamou. Aucune lumière ne peut pénétrer dans un tel esprit qui amalgame tout, n'a aucun goût pour la vérité, ne sait que se dérober en insultant...

Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Lundi 31 Mai 2010 à 08:14 | Commentaires (0)
l'obscurantisme moderne

Chaque civilisation a sa scène primitive, son mythe fondateur, ses figures légendaires. Notre civilisation (qui selon nous est entrée en agonie) si affranchie de toutes croyances qu’elle prétend être, n’échappe pas à la règle. Pire, en exigeant du miroir qu’elle s’est donné (une rationalité mutilée) qu’il lui confirme jour après jour qu’elle est la plus belle de toutes, elle s’est asservie d’autant plus intensément à la puissance du mythe qu’elle s’est privée des moyens de le voir. Toutes les autres civilisations ont su qu’elles plaçaient à la source de leur être une transcendance dont le discours mythique cherchait approximativement à définir les traits, lui donner une figure. Toutes ont su qu'elles devaient la fermeté du sol sur lequel elles s'édifiaient à la mort de quelque divinité ( dans les religions païenne c'est le thème de la théomachie). Recourir à une figure divine pour expliquer ce qui se dérobe à la raison n’a rien d’irrationnel. C’est au contraire une démarche de salubrité mentale qui fait justice à notre raison. Car quel homme peut-il vivre sans chercher un principe qui soit à son origine ? Les premiers mots du petit d’homme témoignent déjà de cette exigence de notre humaine condition de pouvoir nommer, articuler une antécédence à notre existence. La supériorité des autres civilisations sur la nôtre réside précisément dans cette sagesse qui les a amenées à reconnaître dans leurs institutions, leurs créations, les miroitements de la transcendance. La nôtre, dressée sur ses petits ergots, s’est imaginé qu’elle pourrait convoquer le monde à l’existence. Comme un coq qui croirait que son chant fait apparaître le soleil, notre civilisation a cru que l’univers pouvait se passer de la transcendance, qu’elle ferait jaillir de sa seule raison les principes de son existence. En congédiant toutes les explications métaphysiques et religieuses, elle n’a pas vu qu’elle se condamnait au pire des obscurantismes, un obscurantisme au carré, celui que décrit la célèbre blague de l’homme qui cherche une pièce d’or sous un lampadaire alors qu’il l'a perdue deux rues plus bas et qui rétorque à un passant qui le lui fait observer : « Oui mais en bas il n’y a pas de lampadaire ! ». Nous sommes comme cet homme qui cherche à la lumière artificielle, celle que sa raison a produite, ce qui doit être cherché ailleurs, en recourant à une autre Lumière. En circonscrivant le monde au petit halo de lumière que produisent nos lampadaires, nous avons acédé au pire des mythes, faisant de notre lumière la Lumière ultime, nous avons élevé l’homme au rang de Dieu. A l’instant même où nous avons prétendu nous passer de transcendance nous avons porté l’homme au firmament, nous l’avons divinisé. C’est un obscurantisme au carré car en plus de faire de l’homme un dieu, toutes les possibilités pour l’homme de saisir en quoi cette pensée participe de la pensée mythique ont été taries.

quelques étapes qui conduisirent à notre obscurantisme

Pour dénouer les liens de ce mythe qui nous entravent autant spirituellement, politiquement, qu’économiquement, il s’agit de revenir à quelques-unes des étapes qui lui ont permis d’élire domicile dans nos âmes.
La scène primitive d’où ce mythe a pris son essor opposa l'Église à l’un des plus puissants esprits de son temps, Galileo Galilei. La reconstruction du procès de Galilée au XIXe siècle a présenté l’Eglise poursuivant Galilée de son fiel parce qu’il prétendait que la terre tournait autour du soleil, contrairement à ce que l'Eglise enseignait. Or il n’en est rien. La résistance que l’Eglise opposa aux thèses de Galilée est en fait essentiellement de nature épistémologique. Instruite de la place organique qu’occupe la connaissance dans la cohérence d’une société, l'Église refusa à Galilée l’autorité supérieure à celle des Ecritures qu’en scientifique il prétendait disposer sur la nature du monde. Galilée ne se contentait pas d’affirmer que la terre tournait autour du soleil ( sans pouvoir le prouver du reste), il prétendait pouvoir, à partir de sa méthodologie, interpréter mieux que l’Eglise les Ecritures. Convaincu que la science mathématique naissante déterminait absolument la structure intime du réel, il affirmait que c’était à partir d’elle qu’il fallait désormais lire les Ecritures et corriger les dogmes de la foi. C’est sur ce problème éminemment philosophique que s’est cristallisée la controverse et non pas sur la révolution de la terre autour du soleil, que l'Église, à titre d’hypothèse, était prête à admettre. Et le fait que Galilée était impuissant à prouver le système de Copernic, ne fit qu’accentuer la méfiance de l'Église à son égard. Il était en fait suspect à ses yeux d’une double dérive : d’une part il faisait de la science un système d’énoncés absolus en vertu desquels il revendiquait le droit d’interpréter les Ecritures, d’autre part il ne parvenait pas à démontrer la pertinence du système de Copernic, qu’il disait précisément être de nature scientifique. Or avec le recul il est désormais avéré que c’est bien l’Eglise qui était dans le juste. En refusant de céder aux sirènes de la science nouvelle, elle anticipait de cinq siècles les propres conclusions auxquelles certains scientifiques sont parvenus dans le premier quart du XXe siècle. La science n’est pas un système d’énoncés absolus, elle porte sur des objets de connaissance relatifs aux données empiriques et aux hypothèses qu’elle formule. L'Église n’avait pas à aliéner l’interprétation des Ecritures aux découvertes que la science faisait dans son ordre propre, puisque ces découvertes, en effet, sont toujours susceptibles d’être dépassée, n’ont rien d’absolu.
Toutefois, dans cet intervalle de cinq siècles, c’est bien la perspective de Galilée, consistant à conférer à la seule démarche empirico-mathématique la possibilité de livrer un enseignement sur la nature du monde, qui s’est imposée. Pour comprendre comment s’est formé le mythe qui a donné son élan à la civilisation occidentale, il est important d’insister encore sur ce point. Galilée a produit une vision du monde qui est lovée dans un mythe, celui qui consiste à croire que la science mathématisée rend compte absolument de la nature du réel, que par cette seule démarche le réel se révèle à nous. Ce mythe témoigne d'une régression considérable par rapport à la pensée de Saint Thomas d’Aquin ( XIIIe siècle). Car le docteur commun de l’Eglise catholique avait clairement déjà reconnu que l’articulation des mathématiques aux données empiriques permettait d’accéder à un certain type d’intelligibilité du réel, mais suffisamment instruit des limites du formalisme mathématique il savait pertinemment qu’en opérant de la sorte on ne saisissait qu’une seule dimension du réel. La connaissance scientifique exige en effet toujours un dépouillement délibéré de l’objet étudié pour n’en retenir que des déterminations quantitatives, observables, mesurables, reléguant le reste dans l’inexistant.Prétendre que tout le réel se résorbait désormais dans la méthode empirico-mathématique c’était évacuer des pans entiers du réel et les exigences de la raison, bref succomber à une pensée mythique au nom de la science, de la raison elle-même.
L’assomption de l’ego de Galilée au rang d’autorité ultime du réel aurait pu ne pas déboucher sur le mythe fondateur de notre civilisation si Descartes ne l’avait rejoint à tire-d’aile ( d’ailes angéliques nous allons le voir). Car comme l’écrit Jacques Maritain, l’un des plus grands philosophes chrétiens du XXe siècle, « la philosophie de Descartes est une adaptation merveilleusement servile de la philosophie à l'état dynamique des sciences et de la recherche scientifique à son époque. Il transférerait précisément dans l'ordre philosophique cela même qu'au point de vue méthodologique et dans l'ordre physicomathématique la science exigeait. La science vise à l'interprétation mathématique de la nature sensible alors on pense que la science doit rendre raison de toute la réalité ontologique par l'étendue et le mouvement, si elle ne le peut tout de suite elle le pourra plus tard. Tout état de connaissance dans lequel les choses ne sont pas expliquées de cette façon-là devrait être considéré comme un état provisoire. La science mathématisée se confondant avec la philosophie de la nature devient le premier centre d'organisation de la philosophie, c'est à partir d'elle que se construira la métaphysique. ».

L'idéalisme, pire fléau de la vie de l'esprit

Alors que pour St Thomas l’élément premier de la connaissance c’est l’être (l’évidence première étant que les choses sont) Descartes, ébloui par Galilée et son mathématisme, veut faire procéder le savoir de la pensée elle-même. Tout comme le savoir scientifique trouve son intelligibilité dans le nombre auquel la chose est réduite, Descartes fait du premier objet de connaissance non pas le réel, mais la pensée. Ce qui est retenu comme méthode pour dégager les lois mathématiques qui régissent la physique, l’abstraction des qualités sensibles des choses pour ne retenir que les figures et les nombres, doit être transféré à la métaphysique. Le sujet connaissant doit exclure tout ce qui relève du témoignage des sens pour parvenir aux notions élémentaires (décalque de l’idée de nombre et de figure dans l’ordre métaphysique), les idées claires et distinctes. La réduction est ici identique à celle qu’opère la science mathématico-empirique sur ses objets, les idées claires et distinctes étant innées en l’homme, il ne les tire pas des choses. Ce qui donne son intelligibilité aux choses se sont les idées que l’homme a en lui. Il y a coupure totale avec le monde. Les idées ne sont pas tirées du monde, elles siègent en l’homme tout comme les essences mathématiques existent en soi, suivent leur propres règles. Le monde est dès lors perdu. Il est réduit en science à une dimension purement mathématique et métaphysiquement il ne contribue en rien à former nos idées.
En bref, à partir de Galilée, seule la science empirico-mathématique a son mot à dire sur l’ordre de la nature, alors qu'elle n’en est que la dimension intelligible au regard des mathématiques. Comme l’écrivit Péguy le réel de la science n’est qu’un réel mutilé, puisque le scientifique ne regarde jamais la nature telle qu’elle se donne mais « il place la nature dans les conditions de son entendement » A l’expérience « comme elle est, comme elle sort du ventre de la nature, la terreuse expérience toute pleine encore des scories(…) la science moderne substitue l’expérience comme elle n’est pas, l’expérience comme elle devrait être, l’expérience comme elle fait bien, l’expérience lavée, débarbouillée, vêtue, habillée, par les soins, les mains des meilleurs faiseurs, aseptisée, présentable, conforme, commode, obéissante, de bonne façon, de bonne tenue, celle qui se pliera aux hypothèses, qui entre bien, qui entrera comme un gant dans la conformation des lois »
Descartes donne sa caution à cette vision du monde, puisque selon lui ce n’est jamais dans un rapport de réception du réel ( qui renverrait à une certaine humilité) que l’homme a à se situer, les sens ne participent pas à l’élaboration du savoir, tout part de la raison elle-même. L’homme trouve innées en lui les vérités à partir desquelles il pourra se faire une juste représentation du monde, tout comme les mathématiques ne doivent rien aux sens, et existent comme structures innées à l’entendement. Dès lors le monde n’ayant plus rien à dire, plus rien de normatif à communiquer (l’homme extrayant de sa seule raison toute la vérité) il pourra devenir l’objet de conquête des hommes dans un premier temps. C’est ce qui caractérisera le projet de la modernité. Descartes leformulera on ne peut plus clairement « faire de l’homme le propriétaire de la nature… ». un peu plus de deux siècles plus tard, Hugo témoignera de la force opératoire de ce projet en ces termes « de toutes les dents du temps, celle qui travaille le plus, c’est la pioche de l’homme. L’homme est un rongeur. Tout sous lui se modifie, s’altère, soit pour le mieux, soit pour le pire. Soit il défigure, soit il transfigure. La balafre du travail humain est visible sur l’œuvre divine. » Mais la modernité va être inévitablement doublée par ce qu’elle a initié dans un second temps, car ce que la réduction de la nature aux mathématiques et l’avènement du sujet cartésien retranché dans l’enceinte du moi portait en germe c’était bien plus que la mise au pas du monde, bien plus que sa mise en chantier permanente, c’était en fait la rampe de lancement d’une nouvelle religion. Car dès lors que le monde n’est que ce que l’esprit humain peut en dire, dès lors que plus aucun rapport d’extériorité ne subsiste, dès lors que rien de ce qui est extérieur à l’homme ne subsiste, tout ce qui fermente dans l’esprit humain fait monde. Tout est légitime, rien ne doit être regardé comme universel, si ce n’est la liberté de chacun de pouvoir définir quelle est sa nature, la nature du monde. Le dernier universel est donc celui des droits de l’homme, cette figure en creux, émaciée de la vérité, que chacun peut combler de ce qui lui plaît. L’homme n’est plus ordonné à rien du tout, il est plasticité totale, comme le monde l’a été sous la modernité. N’étant plus rien en soi, il est mûr pour toutes les refontes possibles et imaginables. C’est là toute la tragédie de la post-modernité dans laquelle nous barbotons jusqu’au cou. A la mise en chantier du monde, succède la mise en chantier de l’homme. Or contrairement à ce que l’on voudrait nous faire croire, les deux premiers totalitarismes doivent tout à cette vision de l’homme qui promeut un homme sans plus aucune consistance, malléable à volonté, effondré en quelque sorte sur lui-même.

la religion de l'homme divinisé, ses lois, ses martyrs, ses diables, ses prophètes, son clergé

Pour les raisons profondes que nous avons évoquées, Galilée et Descartes doivent être donc regardés comme les deux géniteurs de la religion de l'homme divinisé qui, comble d’impudence, imposture ultime, prétend être affranchie de toute dimension religieuse et métaphysique. Elle qui a ses tables de loi (la déclaration de 1789), ses martyrs ( Kennedy, Luther King, Jean Moulin), ses diables ( Eichmann, Klaus Barbie), ses prophètes ( Bernard Henri Lévy, Bernard Kouchner) son bas clergé ( le monde médiatique), son haut clergé ( Simone Veil, Elie Wiesel), son inquisition ( les lobby pro-choice, amnisty international, etc…), sa liturgie ( les prides et parades de toutes sortes…). Elle prétend être la tolérance même, alors que c’est par l’asservissement qu’elle opère, exigeant de nous que nous communiions à ces principes premiers ( l’indifférentisme métaphysique, la reconnaissance que toutes les formes de vie, de valeurs doivent êtres regardées comme légitimes) pour ne pas être exclus du champ du débat, pour ne pas être juridiquement stigmatisés. Cette religion est donc celle de l’homme se faisant Dieu. Mais comme elle est singerie du christianisme, un surgeon pourri du christianisme, sous ses airs d’humanisme, elle est naturellement entièrement au service des puissants. Dans les faits cette religion affecte un profond respect pour toutes les formes d’expression, toutes les aspirations, mais, comme nous l’avons dit, d’une part elle procède par la stigmatisation, la relégation de ceux qui ne partagent pas ses principes premiers ( notre Pape en sait quelque chose), et surtout, d’autre part, elle n’est que la façade rutilante d’une réalité autrement répugnante. Dans la pratique, elle apporte son onction aux rapports de forces les plus brutaux, elle fait de la loi du plus fort le principe du droit. La domination que les élites culturelles, politiques et économiques exercent sur les grands médias de communication leur permet de poursuivre la mise en chantier de l’homme sans avoir à recourir comme par le passé à la violence physique. La manipulation des codes symboliques y suffit largement. Le nazisme et le communisme avaient besoin de mettre en scène régulièrement les signes de leur puissance, la légitimité de leur idéologie au moyen de la mobilisation des masses. Désormais la propagation permanente de la religion de l'homme divinisé et de ses droits sur toutes les ondes, par le matraquage de la publicité, les sitcoms, les prides etc crée un imaginaire politique nébuleux qui fait croire que la liberté de chacun est en jeu dès lors que l’on n’accepterait pas le clonage thérapeutique, le mariage des homosexuels, la recapitalisation de l’UBS, la libre circulation des personnes… A chaque fois on fait appel à notre intérêt privé immédiat : si vous étiez gay vous seriez bien content n’est-ce pas, si le marché du crédit ne s’effondre pas vous serez bien content n’est-ce pas, si vous vouliez aller vous établir en France vous seriez bien content n’est-ce pas? Ne pas y consentir serait tout simplement porter atteinte à votre propre liberté. La religion des droits de l’homme et tous les thèmes qu’elle développe pour étendre sa puissance se lovent en fait autour d’une idée mensongère parce que réductrice de la liberté, et par conséquent d’une idée tout autant réductrice de l’homme. Un homme conçu comme simple monade isolée, porteur de sa propre vérité, cherchant par tous les moyens à satisfaire ses pulsions. Dans les faits elle permet à une catégorie d’individus très restreinte de mener grand train, celle dont les revenus lui permettent de s’adonner à la consommation de loisir, qui n’a pas de réelles attaches, qui place son existence sous le seul horizon terrestre, qui est détachée de toute religiosité. Cette liberté n’est que celle du jouisseur, de celui qui fait de l’aménagement de son petit confort terrestre le point omega de sa quête. Ainsi ce qui se drape dans la religion des droits de l’homme n’est rien d’autre que la destruction de la réelle liberté, celle qui est la préoccupation de la plus grande majorité des gens confrontés aux exigences de l’éducation de leurs enfants, qui doivent leur enseigner d’en rabattre sur leurs désirs pour avoir une chance d’accéder précisément à un début d’autonomie. La religion des droits de l’homme ne sert donc en fait que de cache-sexe à un individu assoiffé de jouissance matérielle. Terme logique de la mise en orbite du monde autour du moi galiléen et cartésien. Cette religion ne sert qu’une seule finalité : mettre l’homme en bouillie, le réduire à un tube digestif, à être disponible aux marques, à le rendre suffisamment étranger à lui-même pour permettre à quelques-uns de jouir sans entrave.


Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Vendredi 28 Mai 2010 à 07:52 | Commentaires (1)
L’occident a opéré, au cours des XVIe et XVIIe siècles, une mutation radicale de ce que jusqu’alors on avait entendu par rationalité. Toutes les grandes traditions de sagesse ont en effet toujours considéré dans la Raison, non seulement la faculté qui permettait à l’homme de dominer le règne animal par le surcroît de moyens qu’elle mettait à sa disposition, mais surtout celle qui lui assurait de s’élever des données empiriques pour rejoindre l’ordre ultime des choses, leur essence. Pour les deux grandes traditions dont le christianisme a épousé les contours pour en subvertir le contenu, la tradition hébraïque et la tradition grecque, l’existence d’un Etre supérieur ne relève pas d’une donnée de la foi, mais doit être comprise comme une réalité de Raison. Ce n’est qu’au cours des XVIe et XVIIe siècles que la Raison fut progressivement rabaissée pour être ensuite réduite à sa dimension utilitaire, simple appendice de la vie biologique lui permettant de persévérer dans son être plus avantageusement que les autres créatures. La Raison fut ainsi déchue de son ancien statut qui en faisait le signe de la destination suprasensible de l’homme. Elle devint instrumentale, au service du projet biologique, au service des parties inférieures de l’homme. C’est dans ce renversement total de perspective qu’il faut comprendre le grand défi lancé à la modernité par Descartes : que l’homme devienne maître et possesseur de la nature.

Pour les anciennes traditions de sagesse, la vie biologique était une étape en vue de l’intellectualité, la vie contemplative. Le but de l’homme était de s’immortaliser en actualisant ses parties les plus nobles et non pas de durer à tout prix sur cette terre. La modernité naissante, elle, conçoit exactement le projet inverse, précisément parce qu’elle a déchu la Raison de sa position native, l’a réduite à être la servante de la vie biologique.

Toute l’épopée de la modernité est en fait contenue dans ce vice originel de la rationalité moderne. L’homme n’étant plus polarisé par les fins sublimes de sa nature, il n’est plus qu’un appétit qui va. Tout son être se porte vers son for externe pour exiger de la nature, et des autres, qu’ils satisfassent ses désirs sensibles. Toutes les ressources de la Raison sont investies dans la technique qui devient le prolongement de la main captatrice. Quant à ceux qui ne trouvent pas place dans ce projet, ils sont au pire broyés dans les rouages de la société technicienne, au mieux, s’ils montrent quelques dons artistiques, affectés à son ornementation.

La pensée mit trois bons siècles à tirer toute la mesure de cette révolution métaphysique. Au XVIIIe apparut alors Kant qui pensa (croyait-il) avoir définitivement fait glisser la pierre tombale sur la fosse que Galilée et Descartes avaient entrepris de creuser à la Raison( avec un grand R) et que Hobbes, Locke, Rousseau avaient recouverte de pelletées de terre. Avec Kant l’acte de décès de la Raison métaphysique est orgueilleusement prononcé à la face du monde. Feuerbach, Comte, Marx, Nietzsche et tous les penseurs qui s’en sont laissés imposer par lui et qui s’inscrivent dans son sillage poussent alors sa propre logique jusqu’au bout : s’il n’y a plus moyen d’établir rationnellement l’existence d’une nature humaine, de Dieu ou de l’ordre du cosmos, alors cela ne peut que vouloir dire que tout ce qui s’abrite derrière ces termes est vide de contenu, n’est qu’une donnée de notre appareil psychique. On peut dès lors concéder encore aux faibles le droit de croire à de telles chimères, mais les esprits forts se doivent de concevoir d’ores et déjà l’architecture de l’humanité nouvelle, fragile esquif voguant hagarde dans l’univers. A ciel ouvert, le XXe siècle deviendra alors le laboratoire des docteurs Diafoirus appelant toujours à de nouvelles saignées et auxquels une bonne moitié de l’humanité servira de cobaye.

Le XXIe siècle commence, lui, sur les chapeaux de roue : fanatisme religieux, fanatisme laïque, fanatisme des droits de l’homme, fanatisme économique et financier, fanatisme libéral. Devant la folie meurtrière du XXe siècle, nous avons fui comme des écoliers, à peine extraits des griffes perverses d’un sadique, pour nous blottir dans les bras de sa mère. Nous ne cessons de plonger au cœur du chaos qui jalonne l’histoire de la modernité depuis que notre Raison a été mutilée. Plus que jamais le réel nous semble opaque, plus que jamais nous sommes démunis devant ses emballements. En nous privant de toutes les dimensions de la Raison nous avons tout simplement éteint la lumière et, enténébrant notre vue, nous avons tant poussé l’ordre naturel des choses dans ses retranchements, que nous recueillons maintenant les fruits de sa colère.

Or il est une vérité dont personne ne peut faire l’économie, à moins de faire du langage lui-même un discours aussi vide et stérile qu’un pet de mouette lâché au grand large. C’est que l’existence de Dieu est un fait de Raison. Les preuves données par Aristote et reprises par St Thomas d’Aquin au XIIIe siècle sont toujours d’actualité, car elles sont des vérités éternelles. Les cinq preuves inventoriées par St Thomas ont toutes la même structure logique. C’est pourquoi je ne recourrai qu’à la plus évidente d’entre elles.

Tout ce qui est a une cause. Il n’est pas de réalité mondaine qui doive son existence à elle-même. Or si l’on remonte la chaîne des causes à l’infini, sans y mettre un terme, il est impossible que rien ne soit. Pour la simple raison, que si z a pour cause y qui a pour cause x, qui a pour cause w et si w n’a pas pour cause v, w pas plus que x, pas plus y, pas plus z ne sont. Or Z est, donc v doit être. Il faut donc qu’à la chaîne des causalités existe un terme, une cause non causée. Cette cause non causée, dit St Thomas, est ce que d’ordinaire nous appelons Dieu. Une cause non causée est ce qui est par soi, a l’être en soi, c’est l’acte pur, l’être pur. L’Etre dans sa plénitude si l’on veut. Il ne peut pas ne pas exister une cause transcendante au monde, une cause que l’on doit appeler L’Etre. C’est bien ainsi que Dieu se donne d’ailleurs à se connaître à Moïse « je suis qui je suis. »(Ex 3,14) Oui, très bien, peut-on objecter, mais cet Etre peut très bien être la matière par exemple, le cosmos pris dans son entier et ayant toujours existé. Impossible ! Car si la matière était cette cause, si elle était plénitude d’Etre, alors il n’y aurait de toute éternité qu’une matière compacte, traversée d’aucun mouvement. En effet si la matière est l’Etre, alors elle est nécessairement de toute éternité et aucun changement ne saurait intervenir puisqu’un changement introduit une nouveauté. Pour qu’il y ait changement il faut que ce qui n’était pas devienne. Mais d’où la matière tirerait-elle cette nouveauté ? Du néant ? Si la matière était l’Etre, rien ne pourrait jamais s’ajouter ou être soustraite à elle, puisque pour se faire elle devrait soit rejoindre le néant ou tirer quelque chose du néant. Ce qui ne veut absolument rien dire. Ainsi si la matière est l’Etre, rien de nouveau ne peut y être introduit, donc aucun changement ne peut intervenir. Ce qui est manifestement contraire à la réalité. Mais alors cette cause en soi, si elle n’est pas matérielle, est esprit, auquel cas comment expliquer la matière ? Parce que cette cause est substance transcendante, Etre pur, absence de limite. Par là même cet l’Etre peut appeler à l’existence ce qu’il veut ( comme la matière), introduire de nouvelles formes dans la matière ou la doter de mouvement. Qui peut le plus peut le moins. L’analogie de la page blanche vaut ce qu’elle vaut mais elle dit un peu ce qu’il est en est de l’Etre. En effet sans support substantiel(comme l’est une page blanche) aucune couleur ne peut apparaître, sans un Etre, substance transcendante, aucune matière douée de mouvements et animée ne peut être.

On peut emprunter aux données de la science moderne d’autres éléments pour mieux faire comprendre cette preuve. Le deuxième principe de la thermodynamique nous apprend que l’énergie dans l’univers va en se dégradant. C’est ce que l’on appelle le principe d’entropie. En se dégradant l’énergie empêche les liaisons électroniques de se faire au sein de la matière. Ainsi si la matière était l’Etre et que l’univers avait toujours existé, l’énergie se serait en fait déjà totalement dégradée et la vie ne pourrait de toute éternité jamais s’être développée, de toute éternité il n’y aurait jamais eu que de la matière inerte. Une autre démonstration empruntant des données au corpus scientifique est celle dite du singe dactylographe. Celle-ci s’énonce ainsi : la probabilité pour qu’un singe écrive par hasard une seule ligne de 20 caractères d’une page de Hamlet est de 26 à la puissance 20, soit la probabilité d’acheter consécutivement quatre billets de loterie et de gagner le gros lot à chaque fois. Transposé à l’origine des plus petits organismes vivants, cet argument probabiliste rend totalement impossible l’émergence de la vie selon les seules lois du hasard. En effet, sachant que le plus petit organisme vivant nécessite, pour assurer des fonctions élémentaires d’assimilation et de reproduction, une séquence parfaitement agencée de cent mille bases azotées, la probabilité pour que le hasard ait présidé à cet agencement est de 4 à la puissance cent mille. En fait cela relève du zéro absolu. Il est strictement impossible, que la forme la plus élémentaire de l’existence prenne vie d’elle-même, en s’abandonnant aux seules mécanismes du hasard. Il faut donc postuler l’existence d’un Etre organisateur, intelligent.

La dernière objection qu’on peut opposer à ces démonstrations est celle de l’absurde. Vous avez raison, rétorque ainsi le partisan de l’absurde, la raison ne peut que poser l’existence d’un premier principe transcendant. Toutefois le hic, c’est que la raison n’a pas forcément raison. Le réel peut être irréductible à la raison, auquel cas vous n’avez rien prouvé du tout. Cet argument est une version remodelée, moderne, de celui dont Kant s’est servi. Kant disait qu’avoir le concept de quelque chose, ce n’est pas disposer de cette chose. Avoir le concept de 100 thalers ce n’est pas les avoir en poche. La raison opère un passage à la limite indu lorqu’elle infère de l’existence d’un concept l’existence de la chose qu’il décrit. Certes, mais partir du concept d’un objet pour en induire l’existence est une dynamique que ne suivent précisément pas nos démonstrations. Et puis c’est oublier que le concept de 100 thalers prend bien racine dans le réel. Pour en avoir le concept il faut bien qu’ils existent quelque part ( peut-être pas dans notre poche, certes). Partir du réel pour en induire l’existence d’un Etre premier, ce n’est pas partir d’un concept, mais du réel, l’existence des choses pour rendre compte de leur raison d’être. Or la personne qui objecte que la raison n’a peut-être pas forcément raison ne quitte pas le domaine de la rationalité quand elle pose son énoncé. Elle attend de son interlocuteur qu’il lui dise : c’est vrai, vous avez raison. Comme quoi elle se place elle aussi sous le patronage de la raison pour faire valoir son argument. Si bien que celui-ci revient à dire : en raison, la raison n’a pas forcément raison. Ce qui est à proprement parler un énoncé vide de sens qui fait écho au pet de mouette que nous évoquions au début de cet article.

Ainsi la reconquête de la Raison est un des premiers jalons que la foi doive s’efforcer de poser pour barrer la route à toutes les pensées irrationnelles, à tous les fanatismes qui, manipulant le réel, le mettant au supplice, nous expose à en subir la violence du retour. Ce projet a toujours été celui de Jean Paul II, comme en attestent ses encycliques « Fides et ratio » et « Veritatis splendor », de même que de Benoît XVI, qui s’en est fait l’ardent promoteur dans son discours de Ratisbonne, lorsqu’il y a défendu l’idée que la Raison métaphysique était le réel lieu de compréhension et de fécondité autour duquel les différentes religions et traditions du monde pouvaient se retrouver pour œuvrer à une authentique concorde. De façon plus générale, c’est ce projet qui gouverne toute la tradition de l’Eglise catholique, faisant du christianisme le seul rationalisme intégral, puisque par l’incarnation du Logos il nous a été donné de nous unir au Fils, le Verbe de Dieu, la connaissance que Dieu ( Raison suprême transcendante à notre raison ) a de lui-même.


Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Mercredi 26 Mai 2010 à 08:49 | Commentaires (2)
Ce qu’il y a de pratique avec la presse officielle, c’est que comme du temps de la Pravda en Urss, elle aide de façon imparable à décrypter la propagande. Non qu’elle livre des analyses profondes, des informations objectivement traitées, mais, tout au contraire, parce qu’elle est totalement formatée aux besoins de la propagande. Ainsi tout ce qu’elle entérine doit créer la défiance chez toute personne décidée à ne pas marcher au pas.

C’est ainsi que Rémy Chételat, dans son éditorial du Qj vendredi passé, s’est félicité de la réforme de Wall Street : Barack Obama aurait virilement pris des mesures pour dompter la puissance financière. « Obama 1 - Wall Street O!» écrit-il en début d’éditorial.

C’est naturellement tout le contraire. Il ne faut jamais oublié que Barack Obama compte parmi ses conseillers et ministres deux des principaux responsables de l’abolition du Glass Steagel act ( loi votée sous Roosvelt qui séparait banques de dépôt et banques d’affaire) qui a permis sous Clinton l’explosion de la finance spéculative. Dans son livre « la face cachée des banques » Eric Laurent révèle qu’après l’abolition du Glass Steagal act, le marché des CDS passa ainsi de 631 milliards de dollars à 62000 milliards en 2008(*). Or le président messie Barack Obama a tout fait pour que ne puisse pas aboutir au sénat une loi configurée sur le modèle du Glass Steagal Act. C’est ainsi que ne figurent pas, dans la loi passée devant le sénat la semaine passée, l’amendement Cantwell-McCain( amendement bipartisan, puisque Maria Cantwell est démocrate et John McCain républicain) qui aurait rétabli la séparation entre banques de dépôt, banques d’affaire et sociétés d’assurance et aucun amendement anti-dérivé.

La loi votée au sénat n’est ainsi que poudre aux yeux, juste bonne à être vendue aux agences de presse. Tout comme la réforme de la santé a été présentée partout en Europe par les journalistes alignés comme une avancée sociale majeure - alors qu’elle n’a pour finalité que d’opérer des coupes dans les dépenses de santé, de servir les intérêts des grandes compagnies d’Assurances et d’introduire le système Nice aux Etats-unis qui délègue à des comités d’experts le soin de décider si les traitements sont économiquement rentables - la réforme anti-wall street est une pure opération de communication qui ne touche en rien aux fondamentaux de la domination de la haute finance. Mais tant que nos journalistes y croient, eux qui constituent le 4e pouvoir en démocratie, cette dernière est sauve.

(*) sur les mœurs de la haute finance et sur la docilité de Bush et Obama à son endroit, voici un extrait d’une interview d’un banquier de Morgan Stanley que l’on peut trouver dans le livre d’Eric Laurent. Il parle de l’arrivée des dérivés « nous pouvions sentir l’odeur de l’argent. L’homme qui a dirigé chez nous le département des dérivés est un Français, Patrick de St Aignan. Un de nos concurrents, Jp Morgan, ainsi que Salomon Brothers qui appartient à Citigroup ont été des précurseurs sur ces crédits, puis ensuite tout le monde s’est engouffré. Les bénéfices étaient énormes et les établissements financiers, face à ces profits, ressemblaient à des conducteurs grisés par la vitesse(…) la stabilité du secteur financier, des firmes comme des marchés d’action, constitue pour le gouvernement américain une priorité de sécurité nationale. C’est une des raisons pour lesquelles nous somme si arrogants, nous savons qu’en cas de crise la Fed et Washington voleront à notre secours. En y mettant le prix, en réalité, ce ne sont pas des centaines de milliards de dollars qui ont été prêtés aux banques par le gouvernement, mais des milliers de milliards de dollars.(…) Cet argent transfusé n’est pas mérité. Les établissements financiers ont réalisé des profits obscènes avec une absence totale de scrupules. Mais la maison-blanche, Bush d’abord, Obama ensuite, n’ont eu qu’un seul impératif : nous sauver à tout prix, parce que les marchés américains et les banques du pays garantissent la prééminence des USA sur le reste du monde. (…) il faut comprendre que les marchés financiers ne respectent jamais les règles du marché, ils les manipulent, ensuite, depuis 1989, nous avons tous pu observer que la Fed mais aussi le ministère des finances, par le biais d’agences qu’il contrôle ou de brockers, rachetait massivement des stocks d’actions ou de contrats à terme pour éviter un effondrement des marchés. Chaque fois que nous sautons, nous avons qu’un filet nous protège. »


Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Mardi 25 Mai 2010 à 09:47 | Commentaires (2)
Une initiative va bientôt relancer le débat sur l’IVG en Suisse. Quelle sera la position de nos autorités épiscopales? Oseront-elles descendre dans l’arène pour combattre l’avortement dans les termes les plus fermes qui soient ? Comme le disait Mère Teresa, cette barbarie est au principe du cortège de folies et de fureurs qui frappent nos sociétés « je pense que de nos jours, disait-elle, le plus grand destructeur de la paix est l’avortement parce que c’est une guerre contre l’enfant, un assassinant de l’enfant innocent. Un crime commis par la mère elle-même. Si nous acceptons qu’une mère puisse tuer son enfant, comment pouvons-bous dire aux autres de ne pas se tuer entre eux ?"
Dans une émission sur France Inter il y a quelques années(*), une auditrice interrogeait une vétérinaire en ces termes « Les chiennes sont très souvent pleines. Trop souvent… Que faire, Monsieur le docteur, quand la chienne attend de façon inopportune des petits ? Peut-on la soumettre à l’IVG ? » Réponse du vétérinaire « Jamais ! Physiologiquement, l’opération est dangereuse. De plus les conséquences psychiques sur l’animal son fort graves.je déconseille fortement une telle pratique sur les chiennes. » On est donc heureux d’apprendre que dans nos sociétés dites progressistes, les chiennes sont considérées comme plus sensibles et délicates que les femmes. C’est effectivement à cette régression que conduit l’avortement. Il est un nœud de violence que l’on exerce sur tous : l’enfant, la mère, la société, la civilisation.

Le film « the silent scream »( le cri muet) réalisé dans les années 80 par Bernard Nathanson(**) permet à toute personne douée de conscience de comprendre toute l’horreur de cette pratique. Dans le genre, des films bien plus percutants ont été réalisés depuis. Dans le film du docteur Nathanson les images terribles sont issues d’échographie, la réalité sanglante de l’avortement n’apparaît donc pas. C’est peut-être paradoxalement ce qui fait toute la force de ce film, car la souffrance du petit d’homme nous parvient dans sa dimension spirituelle terrifiante, alors que souvent les images plus réalistes, par la répulsion immédiate qu’elles inspirent, font détourner le regard ou le sature de la seule réalité sanglante de ce crime. Dans son livre « le livre noir de la culture de la mort » Remi Fontaine présente ainsi « Silent scream » « Ce film, il est vrai, vous fait les témoins oculaires de l’assassinat. C’est la raison pour laquelle il a provoqué une telle furie chez les partisans de l’ « IVG ». ceux qui voient le film et continuent à soutenir cette « libération » deviennent les complices avoués du crime. Mais vu ou pas vu, le film existe. Il est connu. ces mêmes parlementaires, qui osent nous parler humanité et droits de l’homme, ceux-là mêmes qui ont voté l’infanticide prénatal de la loi Veil, son remboursement par la Sécurité sociale, puis toutes les lois de cette culture de mort qui ont suivi, ne peuvent plus dire « je ne savais pas. »Ils savent ce qu’ils ont fait. Ils savent ce qu’ils défont…. »

(*)rapporté par Rémi Fontaine dans son livre "Le livre noir de la culture de lmort"
(**)Le professeur Nathanson était juif et athée. Il s’est depuis converti au catholicisme. En 1969 il fut l’un des fondateurs de la ligue pour le droit à l’avortement. Il dirigea une clinique qui pratiqua en deux ans 60000 avortements. C’est à la visiualisation des images dont il a fait « silent scream » qu’il a opéré un virage à 180 degrés.
Deuxième partie de "silent scream" ici

Julien Gunzinger
Rédigé par Julien Gunzinger le Vendredi 21 Mai 2010 à 08:42 | Commentaires (0)

Du Jean-Pierre Maugendre en grande forme dans son éditorial du dernier numéro de Renaissance catholique. Tous les arguments que j'ai développés au fort de la campagne de diffamation contre le pape et l'Eglise catholique sont ici synthétisés.


par Jean-Pierre Maugendre

Les loups sont à la curée. Toute la classe médiatique hurle à la mort contre le pape, lui demandant de sacrifier sur l’autel de l’innocence des enfants la règle du célibat sacerdotal, “perle précieuse” s’il en est. Mais qui sont-ils donc ces donneurs de leçons ?

Les amis ou les complices :

* des signataires de la pétition parue dans Le Monde du 26 janvier 1977 (69 personnes dont Jack Lang, Bernard Kouchner, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir…) qui, à l’occasion d’un procès mettant en cause trois adultes ayant eu des relations sexuelles avec des garçons et des filles de 13-14 ans, faisaient l’éloge de la pédophilie affirmant que les adolescents étaient pleinement responsables de leurs actes à partir de 13 ans.
* du député écolo-européen Daniel Cohn-Bendit écrivant dans son autobiographie, Le grand bazar (1975) : « Il m’est arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller ».
* de l’éditorialiste de Libération du 7 mai 1977 écrivant : « La tyrannie bourgeoise fait de l’amoureux des enfants un monstre de légende qui croque les chaumières. Nous casserons ensemble monstres et chaumières ».
* des défenseurs de Roman Polanski, accusé de viol sur une gamine de 13 ans préalablement droguée, ou de Frédéric Mitterrand, l’amateur de “garçons”. Sans oublier Pierre Bellanger, PDG de Skyrock, radio largement subventionnée par l’état,par le biais du Service d’Information du Gouvernement (SIG), condamné dans un silence médiatique assourdissant, le 5 février 2010, pour détournement de mineure.

Toute cette « canaille dorée pourrie jusqu’à l’os du croupion » (Bernanos) joue les vierges effarouchées alors qu’elle a promu la « licence sexuelle » et le « jouir sans entrave » au rang de droit non négociable de l’homme sans Dieu. Ceux qui dénonçaient l’amalgame homosexualité-pédophilie pratiquent sans vergogne celui entre sacerdoce catholique et pédophilie. Ils sont bien ces sépulcres blanchis que le Christ dénonce dans les Évangiles. La cible finale est bien le sacerdoce catholique avec sa règle du célibat sacerdotal et nullement, ce qu’un vain peuple pourrait croire, la défense de l’innocence enfantine. Sans cela, que n’eût-on écrit sur :

* les professeurs d’éducation physique pédophiles (6 000 condamnations en 50 ans aux états-Unis, pour une centaine de condamnations de prêtres dans le même temps) ;
* les amours enfantines de Mahomet avec son épouse préférée Aïcha âgée de 9 ans ;
* le parrainage par le Hamas, le 9 août 2009, de 450 mariages dans la bande de Gaza entre des hommes de 25-30 ans et des fillettes de moins de 12 ans ;
* les rabbins pédophiles comme David Kaye, piégé par la police américaine en mai 2008.

Il y a dans le monde 406 000 prêtres. N’y aurait-il qu’un pédophile prêtre (et non un prêtre pédophile) sur 1000 parmi eux, cela représenterait 400 personnes. Il sera donc toujours possible de trouver l’un ou l’autre cas scandaleux et de le monter en épingle pour discréditer l’institution, jetant un voile pudique sur les mêmes crimes commis par d’autres personnes dans d’autres cadres (familles, colonies de vacances laïques, écoles publiques…). Le Père Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, rappelle à ce sujet : « En 2008, aux États-Unis, ont été identifiés 62 000 auteurs d’abus commis sur mineurs, le groupe de prêtres catholiques étant tellement réduit qu’il n’a pu être proportionnellement quantifié ».

Dans son Enquête sur la christianophobie, toujours d’actualité, Michel De Jaeghere a démontré (pp. 73-78) que la part du clergé français en cause était de 0,4 % des effectifs ; ce qui est terrible et tragique mais ne correspond absolument pas à l’image qu’en donnent les médias.

En 2009, Benoît XVI a subi une offensive médiative générale à l’occasion d’abord des déclarations de Mgr Williamson sur la shoah, puis ce fut l’affaire de Recife et enfin les positions du pape sur le sida à l’occasion d’un voyage en Afrique. Aujourd’hui, une nouvelle offensive se développe à propos des cas de pédophilie connus de la hiérarchie catholique mais dissimulés, en particulier en Irlande. Le pape est personnellement mis en cause pour ce qui aurait été son silence coupable. Or, le 25 mars 2005, lors du chemin de croix du Vendredi Saint, à l’occasion de la méditation de la 9e station, celui qui n’était encore que le cardinal Ratzinger, néanmoins Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, n’hésitait pas à constater publiquement : « Que de souillures dans l’église, et particulièrement parmi ceux qui, dans le sacerdoce, devraient lui appartenir totalement ». Il rejoignait ainsi la terrible accusation de la Vierge Marie lors de son apparition à La Salette, en 1846, prédisant que le clergé deviendrait « un cloaque d’impureté ». Dès son élection en avril 2005, Benoît XVI s’est attaqué à cette question de la pédophilie. En mai 2006, le Père Maciel, fondateur des Légionnaires du Christ, sur lequel pesaient de graves accusations, a été interdit de ministère. La Lettre aux évêques d’Irlande du 19 mars 2010 manifeste à la fois une vraie compassion pour les victimes de ces « actes scandaleux et criminels » et la volonté de mettre en œuvre des mesures devant permettre que de tels événements ne se reproduisent pas. Le pape constate des « erreurs commises » et propose un « chemin de guérison » dont il fixe les étapes :

* « reconnaître devant le Seigneur et devant les autres les graves péchés commis contre des enfants sans défense »,
* réhabiliter « des pratiques sacramentelles et de dévotions qui soutiennent la foi »,
* remettre en cause « des façons de penser et de considérer les réalités séculières sans référence suffisante à l’Évangile »,
* décréter une année de jeûne, de prières et de pénitences jusqu’à Pâques 2011, une place particulière étant accordée à l’adoration eucharistique,
* organiser une visite apostolique qu’il conduira lui-même dans « plusieurs diocèses d’Irlande, ainsi que dans des séminaires et des congrégations religieuses »,
* enfin « une mission au niveau national (sera) prêchée pour tous les évêques, les prêtres et les religieux ».

L’ensemble, en cette année sacerdotale étant confié à la protection de saint Jean-Marie Vianney. Toute cette lettre est admirable : c’est l’appel à la conversion d’un père blessé mais ferme, compatissant avec les victimes mais exigeant avec les fautifs. Les remèdes proposés ne sont pas ceux du monde, ils attaquent le mal à la racine, dénonçant l’affaiblissement d’une foi et d’une piété emportées dans le tourbillon d’une société profondément érotisée où l’affichage complaisant, la pornographie omniprésente au cinéma, dans la rue, la publicité, à la télévision, avivent les tentations, en excitant les sens, alors qu’il est devenu « interdit d’interdire ».

Plus que jamais Benoît XVI a besoin de nos prières et de nos sacrifices car, n’en doutons pas, au-delà de cet épisode, c’est sa volonté de restauration de l’église qui est en cause. Au-delà des communiqués compassés des uns et des silences des autres, n’hésitons pas à nous engager, par exemple en signant la pétition du collectif Soutien à Benoît XVI :

www.soutienabenoitXVI.com
Rédigé par Julien Gunzinger le Jeudi 20 Mai 2010 à 01:10 | Commentaires (0)

Un article tiré du réseau Voltaire qui dégage les vrais enjeux de la crise de l'euro...





Crise et chuchotements:www.voltairenet.org/article165451.html

par Jean-Michel Vernochet*

La crise budgétaire grecque, devenue crise de l’euro, n’est pas la conséquence fatale d’une autorégulation des marchés, mais d’une attaque délibérée. Pour Jean-Michel Vernochet, elle participe d’une guerre économique conduite, depuis Washington et Londres, selon les mêmes principes que les guerres militaires actuelles : recours à la théorie des jeux et stratégie du chaos constructeur. L’enjeu final est de contraindre les Européens à s’intégrer dans un Bloc atlantique, c’est-à-dire dans un Empire où ils payeront automatiquement le déficit budgétaire anglo-saxon par le biais d’un euro dollarisé. Un premier pas a déjà été franchi avec l’accord conclu entre l’Union européenne et le FMI, accordant au Fonds une tutelle partielle sur la politique économique de l’Union.



Le directeur du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, et la chancelière allemande, Angela Merkel. Interdite de retourner au Deutschemark, l’Allemagne a dû consentir à un emprunt européen auprès du FMI.

L’attaque financière lancée contre la Grèce en raison de sa dette souveraine et de son insolvabilité potentielle, s’est vite révélée être en fait une offensive contre l’Euro et n’avoir qu’un rapport lointain avec les tares et déficits structuraux de l’économie hellénique elle-même. Des « vices » au demeurant largement partagés par la plupart des pays post industriels qui ont pris la très mauvaise habitude de vivre au-dessus de leurs moyens et à crédit ; d’où une inflation galopante de la dette, une « bulle » comme une autre vouée in fine à l’éclatement.

Or tout semble indiquer que derrière la brutalité de l’attaque et qu’au-delà d’une simple ruée au pillage des économies européennes, se profilent d’autres objectifs, d’ordre géopolitique notamment, et ceux-là mûrement réfléchis. Car, en aucun cas, les appétits, aussi aiguisés soient-ils, de prédateurs financiers anonymes ne peuvent expliquer l’intensité dans la durée d’une offensive qui, à court terme, menace de faire voler en éclat la zone euro, l’Union des vingt-sept, voire bien au-delà…

La multiplication des crises ces deux dernières décennies aidant, une lecture rapide du déplacement des pions sur le Grand échiquier eurasiatique laisse à penser que l’Europe est actuellement le théâtre d’une bataille dans le cadre d’une guerre géoéconomique (guerre au sens propre et entier), une bataille qu’elle a d’ailleurs déjà potentiellement perdue.

En effet, l’adoption d’un plan européen — sur les instances pressantes de la Maison-Blanche — pour le renflouement de la dette publique des Etats membres de l’Union ne constitue non seulement pas une panacée, un remède durable à la crise budgétaire structurelle qui affecte désormais « tous » les États occidentaux, mais va dans le sens désiré par le mentor états-unien d’une intégration rapide de l’Union européenne, préalable obligé à la constitution d’un bloc occidental soudé.

Un plan européen qui répond à une crise de confiance, de solvabilité (largement artificielle au départ, mais devenue contagieuse et faisant boule de neige), par la recapitalisation des États comme s’il s’agissait d’une simple crise de liquidités. Un plan européen de 750 milliards d’euros supérieur au plan Paulson d’un montant de 700 milliards de dollars destiné, après la débâcle des établissements financiers américains de septembre 2008, à les renflouer sur fonds publics. Une solution dont on voit les effets à présent en ce que la recapitalisation du secteur privé financier a eu pour conséquence aberrante d’accroître lourdement la dette des États des deux côtés de l’Atlantique.

Ainsi, la crise financière née aux États-unis, après avoir déclenché la récession c’est-à-dire désamorcé la pompe économique, a depuis, par voie de conséquence, tari les ressources fiscales des États rendant plus difficile encore le service d’une dette de plus en plus considérable. Or l’Union européenne vient d’ajouter de la dette à la dette avec ces quelque 750 milliards d’euros qui vont grever plus encore ses budgets nationaux (le taux moyen d’endettement de la zone euro étant actuellement de 78 %), ceci en vue d’hypothétiquement « rétablir la confiance des marchés »…

Pour ce faire l’UE vient — volontairement — de se placer sous la coupe du Fonds monétaire international qui va lui consentir des prêts à hauteur de 250 milliards d’euros. FMI qui avait jusqu’à présent plutôt vocation à soutenir les économies chancelantes du Tiers-Monde à grands coups de matraque assénés au moyen de ses plans dits d’ajustement structurel. C’est donc une entité supranationale à vocation « mondialiste » qui va en quelque sorte chapeauter, voire superviser plus ou moins directement les structures de gouvernance économique dont l’UE va assurément se doter si la zone euro ne se disloque pas spontanément entre temps.

Des structures intégratives réclamées à cor et à cri par Paul Volcker, directeur à la Maison-Blanche du Conseil pour la reprise économique (aux Etats-Unis), qui depuis Londres tance vertement les dirigeants européens exigeant la relance de l’euro dont Etats-uniens et Britanniques ont un besoin essentiel pour maintenir leur économie à flot.

Notons au passage que c’est vraisemblablement la mort dans l’âme que la chancelière allemande s’est résignée à souscrire à ce plan pharamineux de soutien aux pays défaillants de la zone euro alors que son homologue français — d’après une rumeur persistante — la menaçait de revenir au Franc si elle n’obtempérait pas. Mais s’il est vrai que « la fourmi n’est pas prêteuse », le retour au Deutsch Mark équivaudrait à signer l’arrêt de mort de l’économie allemande dont la monnaie trop forte ne lui permettrait plus alors d’exporter sa production industrielle, fondement de son économie. Un levier de chantage suffisant pour obliger Berlin d’accepter volens nolens, contrainte et forcée, de passer sous les fourches caudines dressées par l’administration Obama.

Oukases états-uniennes qui conduisent à un piège grand ouvert : les capitaux empruntés sur le marché ou prêtés par le FMI pour le sauvetage des « PIIGS » [1] menacés de cessation de paiement, doivent s’appuyer sur des structures garantissant la solvabilité à terme de l’euro ! Monnaie dont la solidité ne pourra être assurée que par ces institutions fédérales dont Jacques Attali se fait l’inlassable promoteur dans nos médias en réclamant « la création d’une Agence européenne du Trésor, immédiatement autorisée à emprunter au nom de l’Union, et d’un Fond budgétaire européen, immédiatement mandaté pour contrôler les dépenses budgétaires des pays dont la dette dépasse les 80 % du PIB ».

Il s’agit en fin de compte, ni plus ni moins, d’imposer la mise sous tutelle économique des États sous couvert de sauver la zone euro condamnée — paraît-il — à une inéluctable faillite… puisque l’abandon de la monnaie unique est un tabou intransgressible auquel nul ne songe apparemment à toucher.

Certains projets vont plus loin qui prévoient déjà que les budgets des Etats de la zone euro soient entièrement contrôlés et décidés par un triumvirat composé de la Commission de Bruxelles, de la Banque Centrale Européenne et de l’Eurogroupe. À ce stade quid de la volonté populaire et du Parlement de Strasbourg ?

Or nul ne se soucie de dénoncer le sophisme ou le paralogisme que constitue cette mise en équation de l’intégration économique et du retour à la confiance des marchés. D’abord pourquoi les marchés imposeraient-il leurs lois, eux et eux seuls ? En outre, ne serait-il pas temps de remettre en question le capitalisme actionnarial, anonyme et versatile, capable de ruiner les nations selon son bon plaisir ou ses calculs ?

La gouvernance économique européenne n’est à ce titre pas plus la panacée que l’inondation de liquidités n’est la solution à la crise actuelle. Le surendettement induit par le « plan » est à n’en pas douter une fausse solution imposée de l’extérieur avec pour finalité de nous enchaîner toujours davantage, nous autres Européens, aux marchés des capitaux et à leur dictature indicible.

L’idée de la gouvernance économique procède de la même démarche car elle est à proprement parler un non-sens en ce qu’elle ignore tous les différentiels sociétaux intervenant à tous les étages de la construction européenne : types ou modèles de croissance, régimes fiscaux et sociaux, et cætera. Une « idée » qui n’en est pas une, et parce qu’elle est de nature foncièrement idéologique… un projet derrière lequel se tiennent en embuscade nombre d’arrière-pensées tout à fait étrangères à la prospérité économique et au bien-être des peuples de l’Union.

D’aucuns ont bien vu que la crise n’était que le moyen et le prétexte de précipiter l’instauration d’un système fédéral dur pour les Vingt-sept en dépit et au mépris des volontés populaires auxquelles le Traité de Lisbonne a été imposé de la plus sournoise façon. Une crise qui est et demeure — gardons ce fait capital présent à l’esprit — artificielle, fabriquée, en un mot le contraire d’une « fatalité » inhérente à ce qui serait une vie autonome et désincarnée des marchés dirigés par une « main invisible ». Un processus réputé « machinal » mais qui pour être anonyme n’est pourtant pas moins constitué de la chair et des os de ces grands manieurs d’argent et autres donneurs d’ordre qui font la pluie et le beau temps sur les Bourses.

C’est pour cette raison que les Etats-Unis parlent un double langage par le truchement d’une double voix. Celle des « marchés » et celle de son président qui intervient pour tancer les Européens et les presser impérativement de stabiliser leur monnaie, autrement dit les politiques économiques européennes indissociables de la santé, bonne ou mauvaise, de leur monnaie. Cependant n’allez pas imaginer un seul instant que cela ressemble de près ou de loin à de l’ingérence dans les affaires de l’Europe continentale. Représentez-vous Mme Merkel et M. Sarkozy enjoignant la Maison-Blanche de faire le ménage à Manhattan ?

L’autre voix appartient à ceux qui font la pluie et le beau temps sur les marchés… bref, les donneurs d’ordre anonymes, inidentifiables pour les gouvernements eux-mêmes comme l’a piteusement avoué le ministre français des Finances, Mme Lagarde. Ceux qui jouent au yoyo avec les Bourses comme le chat joue avec la souris, anticipant les baisses et les hausses qu’ils suscitent de toutes pièces.

Ces oligarques se recrutent en premier lieu parmi les représentants de la haute finance, des complexes militaro-industriels, des méga groupes du pétrole et la chimie ou du génie génétique, mais également parmi les idéologues et théoriciens attachés à la légitimation du « système », les nouveaux clercs (prêtres) de la religion du profit comme nouveau monothéisme, celui du marché. Or ces gens-là ont un tout autre discours en acte.

Pour Paul Volcker, directeur à la Maison-Blanche du Conseil pour la reprise économique, les Européens doivent accepter une gouvernance économique externe et placer l’euro à parité avec le dollar.

Car comment expliquer l’évidente contradiction existant entre les inquiétudes exprimées par le président Obama — légitimes au demeurant, car les É-U ont besoin d’un euro fort pénalisant les exportations européennes, mais avantageant de cette manière les industries américaines ; un bonus utile au regard de déficits abyssaux (1400 milliards de dollars) et surtout nécessaire pour soutenir l’effort des guerres en cours, Irak, Afghanistan et Pakistan — et la poursuite de la déstabilisation en profondeur des économies occidentales par des attaques réitérées des marchés contre l’euro ?

Aussi voraces, inconséquents voire irrationnels soient-ils, les « opérateurs » sont conscients que la poursuite de l’offensive contre l’euro met en péril le système dans son ensemble et risque de précipiter l’économie mondiale dans une nouvelle phase de chaos. Alors pourquoi cette danse au bord de l’abîme ? Nul ne nous fera croire à cette billevesée selon laquelle les marchés vivent de leur vie propre, qu’ils sont incontrôlables et que tout cela ne serait dû qu’à un emballement de la machine économique… Bref, que tout cela serait « la faute à personne » , mais la simple conséquence d’une impossibilité à gérer les acteurs et les dérapages irrationnels des marchés ?

Alors disons-le tout net, le risque d’effondrement systémique est au cœur même de la partie qui se joue actuellement. Les grands joueurs, froids calculateurs, sont des adeptes manifestes de la « théorie des jeux » (de Neumann et Morgenstern), construction probabiliste à la base de ce qui fut la doctrine de la dissuasion nucléaire… Celui qui gagne est celui qui va le plus loin dans la surenchère létale. Un cas de figure qui correspond trait pour tait à ce que nous vivons actuellement : une déstabilisation croissante des économies européennes, avec des incidences non négligeables outre-Atlantique.

Ajoutons que le chaos financier, monétaire et économique, des deux côtés de l’Atlantique est une indéniable aubaine, pour ceux, répétons-le, qui prospèrent dans le ressac des cours de Bourse, provoquant et anticipant les mouvements de panique et d’euphorie pour jouer indifféremment les courants ascendants et descendants sur des marchés rendus hystériquement erratiques.

Au début du XXe siècle, l’économiste Werner Zombart théorisait pour sa part la « destruction créatrice » (reprise ensuite par Joseph Schumpeter). Depuis cette idée a fait son chemin via, entre autres, la théorie mathématique du Français René Thom (théorie dite des « catastrophes »). Revue et corrigée par Benoît Mandelbrot, celle-ci s’appliquera via la géométrie des fractales à la vie des marchés dès lors perçus comme relevant d’une théorie du chaos, décidément très à la mode.

Entre-temps l’économiste Friedrich Von Hayek, l’un des théoriciens du néolibéralisme, prétendit hisser l’économie libérale au statut de science exacte. Ainsi, selon son hagiographe Guy Sorman « le libéralisme converge avec les théories physiques, chimiques et biologiques les plus récentes, en particulier la science du chaos formalisée par Ilya Prigogine. Dans l’économie de marché comme dans la Nature, l’ordre naît du chaos : l’agencement spontané de millions de décisions et d’informations conduit non au désordre, mais à un ordre supérieur »… On ne saurait mieux dire, car a priori nous détenons là la clef d’interprétation de la crise.

À la fin des années 90, les néoconservateurs adeptes de Léo Strauss vont porter à son paroxysme logique le nouveau dogme du désordre supérieur en se faisant les chantres du chaos constreur comme légitimation a priori de toutes les guerres de conquête du XXIe siècle. De ce point de vue, chacun peut voir le chaos à l’œuvre dans le Greater Middle East comme il peut le voir à l’œuvre aujourd’hui en Europe.

Gageons que le nouvel ordre régional que les grands agenceurs de chaos entendent faire sortir de la crise actuelle, sera une Europe unifiée, centralisée et fédérative, placée sous la coupe directe des États-unis par le truchement de la Réserve fédérale américaine dont la Banque centrale européenne ne sera plus qu’une succursale, et sous le regard vigilant du FMI, représentant ou émanation d’un pouvoir mondial émergent, aussi déterritorialisé que tentaculaire.

On comprend assez vite que la déification du marché associée à l’idée d’un « chaos constructeur » lui-même complétée par un usage intensif de la théorie des jeux maniée par des adeptes de la démolition, constitue un mélange assez détonnant en passe de nous sauter au visage. Un constat s’impose ici : à savoir que le « chaos » (intentionnel) est à ce jour un mode de gouvernement, de transformation sociétale et de conquête sans coup férir. Une version dure du divide et impera (diviser pour régner) dussent les Nations périr et les peuples avec.

Car le jeu en vaut la chandelle si à l’arrivée l’Europe se trouve mise à genoux. La Grèce — certes l’un des ventres mous de la zone euro mais pas tellement plus que l’Italie, l’Espagne, l’Irlande, le Portugal — a été jusqu’ici une sorte d’électron libre contrariant une pleine intégration des Balkans dans le maillage géostratégique états-unien.

En guise de conclusion provisoire, si l’Union européenne, à l’occasion de la crise, avance à marche forcée vers une gouvernance économique fédérative, une étape sera franchie conduisant vers l’attribution d’un pouvoir quasi discrétionnaire à la Commission européenne pour l’essentiel composée de technocrates non élus et recrutés pour une allégeance atlantiste inoxydable. En clair, cela signifiera l’effacement des États-nations européens.

De facto plus rien ne s’opposera plus à l’intégration de l’Europe au sein d’un Bloc transatlantique. À terme la fusion de l’euro et du dollar scellera la réunion de l’Ancien monde et Nouveau monde. Il ne s’agit évidemment pas de pures spéculations mais d’une simple projection des tendances architectoniques visiblement à l’œuvre dans le cadre un d’un processus de redistribution ou de recomposition géopolitique, de la carte mondiale. Autant dire que si la zone euro n’éclate pas, le sort des peuples européens semble définitivement scellé, c’est-à-dire enchaîné pour le meilleur et pour le pire à la « Destinée manifeste » des Etats-Unis. Cela indépendamment d’une réforme du système économique mondial. Les financiers y laisseront peut-être également des plumes si la Communauté internationale s’entend pour brider leurs appétits en réglementant les marchés, il n’en reste pas moins que les promoteurs du chaos constructeur auront partie gagnée en créant les conditions de nouveaux embrasements.

Car le « pire », souvent évoqué en France par des hommes d’influence tels Bernard Kouchner et Jacques Attali, est ce qu’il y de moins improbable lorsque les gouvernements, le dos au mur, se voient réduits à la fuite en avant. Au Koweït en 1991, en Irak en 2003 parmi les buts de guerre à peine voilés se trouvaient en bonne place la relance du moteur économique par les chantiers prévus de reconstruction… Ceci pour ne pas mentionner d’autres intérêts plus évidents et plus immédiats tels les énergies fossiles, les ventes d’armes et tous les marchés qui en sont dérivés.

Quels que soient les accords sur l’enrichissement d’uranium à usage médical passés entre la Turquie et l’Iran, quels que soient les contrariétés diplomatiques que ces rapprochements entre alliés et ennemis des États-unis procurent au Département d’État, il suffit de relire le fabuliste Jean de La Fontaine pour savoir que la rhétorique du loup l’emporte toujours sur celle de l’agneau ! Attendons-nous, dans le contexte actuel d’extrême fragilité de l’économie mondiale, à une sortie de crise par la douloureuse porte du chaos constructeur.
Jean-Michel Vernochet
Rédigé par Julien Gunzinger le Mercredi 19 Mai 2010 à 09:49 | Commentaires (0)
Le soixantième anniversaire de l’appel de Robert Schuman, idole des OUI-OUI européistes éditorialistes, a été commémoré la semaine dernière à grands renfort de trompettes et de tambours. Inévitablement, les OUI-OUI européistes éditorialistes se font une idée de l’Europe et de ses pères qui procède de leur empressement à s’aboucher en tout à la pensée dominante. Leur éminente servilité intellectuelle en fait de parfaits propagandistes de la cause européenne et du culte de certains « grands hommes » qu’elle draine. C’est ainsi que les hagiographes de Robert Schuman le présentent sous les traits d’un « apôtre laïc », d’un « Gandhi chrétien » d’une « audace inouïe », d’un homme « sans ambition, d’une totale sincérité et humilité intellectuelles », le « plus modeste des grands hommes », « ayant la haine viscérale du mensonge », « aspirant à la sainteté » ( voire l’hommage de Michel Albert, Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences morales et politiques, à Robert Schuman en 2003)
Mais voici quelques précisions qui écornent un peu la légende dorée du saint homme. Je tire ces informations du dossier constitué par Asselineau que vous pouvez retrouver en intégralité dans le fichier collé.

- Lorrain, Robert Schuman fit le choix, après le décès de son père et de sa mère, de rester allemand. Il aurait pu s’installer en France, mais il préféra fréquenter les universités allemandes. Il se montra, comme le note l’historien François Roth, « respectueux des autorités et de l’ordre établi », ne participant à aucune des manifestations du souvenir français.
- Il parvient à se faire exempter du service militaire allemand, long de deux ans, mais durant la guerre il fut néanmoins mobilisé sous uniforme allemand comme adjoint administratif dans une sous-préfecture. La planque parfaite. Ce n’est qu’en 1918, alors que la défaite allemande est certaine qu’il reconnaît être saisi par une « une confiance et une affection sans réserve » pour la France.
- Dans l’entre deux guerres il est attiré par les régimes autoritaires et fascistes.
Naturellement, en 38 il applaudit aux accords de Munich et en 1940, il pense très rapidement, dès le 12 juin, qu’il « faut mettre bas les armes »
- Il vote les pleins pouvoirs à Pétain et est membre de son premier gouvernement. Le 12 juillet Pierre Laval ne veut plus de lui, mais selon l’historien François Roth, Schuman a bien fait partie du premier gouvernement avec son consentement et il fut écarté de l’équipe de Laval malgré lui.
- Schuman se rend ensuite en Lorraine pour prendre langue avec l’occupant. Celui-ci lui propose de collaborer. Schuman refuse et est placé en détention pendant 6 mois, environ. Contrairement à d’autres députés écroués il n’est pas envoyé en déportation mais placé en résidence surveillée, d’où il s’échappe en zone libre.
- Ce n’est qu’après le débarquement allié en Afrique et l’invasion de la zone libre consécutive que Schuman décide de rejoindre la clandestinité. Mais il ne rejoint jamais la résistance. Planqué durant la première guerre, munichois en 38, défaitiste en 40, il trouve refuge dès 42 dans des abbayes pour y vivre sa « clandestinité ». À la Libération, le ministre de la Guerre, André Diethelm exigea que « soit vidé sur-le-champ ce produit de Vichy ». Perçu comme un ex-ministre de Pétain et un parlementaire ayant voté les pleins pouvoirs au maréchal, il fut frappé « d’indignité nationale » et « d’inéligibilité ». Infamie annulée par décision de la Haute Cour le 15 septembre 1845 après que des amis de Schumann aient fait le siège de De Gaulle.
- Ministre des affaires étrangères il manœuvre avec dissimulation. Il ne mit dans la confidence que deux personnes avant la déclaration du 9 mai 1950 pour se réserver tout le succès de l’opération. C’est en tout cas ce que révèle un de ses proches, Raymond Poitevin qui écrivit que Schuman « restait discret vis-à-vis de l'Élysée dans certaines grandes occasions comme lorsqu'il prépara la ‘‘bombe’’ du 9 mai 1950. Cette même affaire le conduisit à n'informer que deux de ses collègues du gouvernement alors qu'il estimait qu'un ministre doit régulièrement tenir tous ses collègues ‘‘au courant des affaires de son ressort’’
- Or ce ne fut pas Schuman qui prit l’initiative de cette déclaration mais le secrétaire d’Etat Dean Acheson. Lors d’une réunion informelle il chargea Schumann de faire une proposition « de définir un projet sur l’avenir de l’Allemagne ». le 10 mai 1950 se tiendrait à Londres une réunion atlantique au sujet de la Sarre où la France perdrait définitivement la main si elle ne proposait rien. Comme Schumann n’avait pas l’esquisse d’une idée, c’est, révèle François Roth, Monnet, l’homme des usa, qui lui soumit un projet tout ficelé. De fait la déclaration Schuman n’en a que le nom, il ne contribua en rien à son contenu pour François Roth. Comme il n’en était pas l’auteur, sitôt après avoir fait la proposition d’une fédération européenne, il s’éclipse, ne répondant à aucune question des quelques 200 journalistes convoqués. La version officielle veut faire croire que personne n’avait été mis au courant, pas même du côté allemand. Mais en fait, Schuman put court-circuiter toute l’appareil d’Etat et ne subit aucune sanction parce que que tous avaient compris qu’une grande puissance était à la manœuvre en coulisse qui avait préalablement mis au parfum les Allemands(*)
- Asselineau apporte ensuite la démonstration que le projet européen dont Schuman était porteur est le décalque du projet d’union des usa avec le Canada. Il suffit de comparer la déclaration Schuman et la déclaration sherman pour comprendre que la même patte tire les ficelles.
Déclaration SCHUMAN - 9 mai 1950 « L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes, créant d’abord une solidarité de fait. La mise en commun des productions de charbon et d’ac ier assurera immédiatement l’établissement de bases communes de développement économique, première étape de la Fédération européenne ».
Déclaration SHERMAN - 18 septembre 1888
"L’union avec le Canada ne se fera pas en adoptant des lois hostiles mais plutôt en lui
faisant des propositions amicales. Cette union est inévitable.La seule politique de notre gouvernement est d’offrir au Canada la liberté des échanges commerciaux et de lui faire cette proposition de façon fraternelle afin que le peuple canadien y voie une invitation à faire partie de notre République »
.
- Ce que confirme le daily Telegraph du 19 septembre 2000 - Extraits : (Ambrose Evans-Pritchard) - "Des documents secrets du gouvernement américain qui viennent d’être déclassifiés montrent que la communauté des services secrets américains a mené une campagne, tout au long des années 50 et 60, afin de promouvoir l’unification européenne. (...) Les dirigeants du Mouvement Européen (Retinger, le visionnaire Robert Schuman et l’ancien premier ministre belge Paul-Henri Spaak) étaient tous traités comme des employés par leur parrains américains. Le rôle des États-Unis fut camouflé comme pour une opération secrète.
L’argent de l’ACUE (American Committee on United Europe : Comité Américain pour l’Europe Unie)
provenait des fondations Ford et Rockefeller, aussi bien que des milieux d’affaires ayant des liens
étroits avec le gouvernement américain. (...) .Le Département d’État jouait aussi un rôle.
Une note émanant de la Direction Europe, datée du 11 juin 1965, conseille au vice-président de la
Communauté Économique Européenne, Robert Marjolin, de poursuivre de façon subreptice
l’objectif d’une union monétaire. Cette note recommande « d’empêcher tout débat jusqu’au
moment où l’adoption de telles propositions deviendraient virtuellement inévitables.»


- Asselineau achève sa démonstration ainsi « Et il n’est pas sûr que Robert Schuman ait perçu la stratégie américaine vis-à-vis de l’Europe dans toute sa rouerie et dans toute son ampleur. Car la Déclaration qui porte son nom n’était que l’un des éléments - le premier - de la toile d’araignée dans laquelle Washington avait prévu de ligoter les États d’Europe les uns après les autres. Schuman n’a peut-être pas compris que le plan réel de Washington avec cette « construction européenne » était de neutraliser tous les États d’Europe en les liant, de plus en plus nombreux et jusqu’à l’absurde, dans une Tour de Babel totalement ingérable du fait de l’irréductible antagonisme des intérêts nationaux. Un ensemble autobloquant dont seul Washington pourrait être le « fédérateur extérieur », comme le dénonça si lucidement Charles de Gaulle dans sa conférence du 15 mai 1962, quinze mois avant que ne meure Robert Schuman dans un semi-oubli. Preuve que Charles de Gaulle était un grand homme d’État. Et que Robert Schuman non. »
(…) « En utilisant le ministre français des affaires étrangères, Truman et Dean Acheson, le Secrétaire d’État américain, firent preuve d’une grande sagacité politique, on peut même dire d'un coup de génie, qui leur avait d'ailleurs peut-être été soufflé par Jean Monnet. Car l’homme Schuman présentait de merveilleux atouts pour servir le dessein de Washington. Né Allemand puis devenu Français, n’ayant jamais combattu l’Allemagne et ayant même soutenu les Accords de Munich, le ministre français offrait un profil de rêve pour égarer les opinions publiques.
Il leur donnait à penser que la CECA était une construction « européenne », imaginée par un Français, et dont l’objectif était de parvenir à « la paix » et à la « réconciliation franco-allemande »(…) « Au fond, Robert Schuman ne fut, tristement, qu'un prête-nom. Et les dithyrambes consacrés à ce prétendu « père de l’Europe » ne sont que la marque pénible de l’ignorance ou de la duperie. »



La propagande fait son lit de l’ignorance et/ou de la duperie qui continuent à faire leur ravage chez nos OUI-Oui européistes éditorialistes. Toute l’histoire de l’Ue est celle d’un processus de vassalisation. Nos Oui-Oui éditorialistes croient que l’issue à la crise actuelle passe par une sortie vers le haut des réflexes nationalistes, Or toute l’aventure européenne n’est que la projections des intérêts nationaux états-uniens.


(*)Dans Une idée neuve pour l'Europe - La déclaration Schuman - 1950 - 2000 de Pascal Fontaine
« Jean Monnet et ses proches collaborateurs rédigèrent pendant les derniers jours d'avril 1950 une note de quelques feuillets qui contenait à la fois l'exposé des motifs et le dispositif d'une proposition qui allait bouleverser tous les schémas de la diplomatie classique. Loin de procéder aux traditionnelles consultations auprès des services ministériels compétents, Jean Monnet veilla à ce que ce travail soit entouré de la plus grande discrétion, afin d'éviter les inévitables objections ou contre-propositions qui en auraient altéré à la fois le caractère révolutionnaire et le bénéfice lié à l'effet de surprise. En confiant son document à Bernard Clappier, directeur du cabinet de Robert Schuman, Jean Monnet savait que la décision du ministre pouvait modifier le cours des événements. Aussi, quand, au retour d'un week-end dans sa région lorraine, Robert Schuman annonça à ses collaborateurs : ‘‘J'ai lu ce projet. J'en fais mon affaire’’, l'initiative était alors dans le
champ de la responsabilité politique. Au moment même où le ministre français défendait sa proposition, dans la matinée du 9 mai, devant ses collègues du gouvernement, un émissaire de son cabinet le communiquait en main propre au chancelier Adenauer, à Bonn. La réaction de ce dernier fut immédiate et enthousiaste. Il répondit immédiatement qu'il approuvait de tout coeur la proposition.
»

Julien Gunzinger


la_face_cachee_de_robert_schuman_9_mai_2010.pdf la-face-cachee-de-robert-schuman-9-mai-2010.pdf  (2.67 Mo)

Rédigé par Julien Gunzinger le Lundi 17 Mai 2010 à 23:34 | Commentaires (0)


un article qui démontre la collusion de toutes les partis de gouvernement ( droite et gauche) avec le projet totalitaire dont l'UE est le paravent.


Article proposé par le site mécanopolis

Au mépris des droits du Parlement et de la volonté des peuples, la Commission européenne, l’Eurogroupe et la BCE ont proposés, mercredi soir( 12 mai), de placer la mise sous tutelle économique des seize pays de la zone euro.


Le président de la Commission, José Manuel Barroso, se garde bien de parler de « gouvernement économique ». Il a d’ailleurs raison, car le terme exact serait plutôt « dictature économique ». Le projet a le mérite d’être clair : à brève échéance, les budgets des pays de la zone euro seront entièrement contrôlés et décidés par un « triumvirat », composé de la Commission européenne, de la Banque Centrale Européenne et de l’Eurogroupe. Le Parlement de Strasbourg sera totalement écarté des décisions, même à titre consultatif. Les pays récalcitrants se verront amender par Bruxelles, et leurs droits de vote seront suspendus.

C’est bien sûr la crise grecque et les attaques en cours contre le Portugal et l’Espagne qui servent de prétexte à cette abolition pure et simple de la démocratie européenne, préparée de longue date (1) et que la récente ratification du Traité de Lisbonne (2) permet de mettre en oeuvre aujourd’hui.

Barroso tombe le masque : l’Europe aura un régime policier

« Les États membres doivent avoir le courage de dire s’ils veulent une union économique ou pas », a prévenu mercredi José Manuel Barroso, dans un discours d’une brutalité insensée. « S’ils ne veulent pas d’une union économique, alors il faut oublier l’union monétaire. Nous devons nous attaquer aux racines du problème : le renforcement de la coordination des politiques économique ». Le message est limpide : qui n’est pas avec nous est contre nous. C’est donc bien un régime policier qui est en train de se mettre en place. La crise actuelle est utilisée pour constitutionnaliser le libéralisme, ce qu’aucune résolution démocratique n’aurait concédé, et la souveraineté des nations et des peuples est, de fait, morte et enterrée.

L’Allemagne, qui, comme nous l’avons indiqué à plusieurs reprises (3), dans un jeu de poker menteur, avait laissé entendre qu’elle était attachée aux souverainetés nationales – une stratégie qui n’avait pour seul objectif d’imposer son diktat – a finalement retrouvé ses penchants impérialistes naturels. La chancelière allemande, Angela Merkel, a parlé d’un « pas important dans la bonne direction », même si « cela signifie que les droits du Parlement soient quelque peu remis en cause ». Quelque peu ? Il faut se pincer pour le croire.

La France fait presque pire, par la voix de son secrétaire d’État aux Affaire européennes, Pierre Lellouche, qui a déclaré : « C’est la contrepartie du plan européen de sauvetage. La discipline de chacun devient l’affaire de tous. Bruxelles aura le droit de surveiller tous les comptes ».

D’autres collabos mondialistes se sont empressés de soutenir le projet, tel Pierre Moscovici, député socialiste et ex-ministre des Affaires européennes, pour qui « la commission semble enfin se réveiller. C’est une idée juste ».

Même son de cloche de la part du vendu Daniel Cohn-Bendit, eurodéputé d’Europe-Ecologie, qui affirme, sans en avoir honte, b[« que l’UE décide [des budgets] ne me choque pas »]b.

Que faire ?

La stabilitätkultur allemande semble donc avoir gagné la partie, au moins provisoirement. Néanmoins, la bataille ne fait que commencer. La proposition du « triumvirat » ne manquera de provoquer de furieux débats dans les États membres. En Espagne, au Portugal et en Italie, la contestation s’organise.

A l’heure où nous terminons la rédaction de cet article, nous apprenons qu’une bombe vient d’exploser à Athènes (voir l’article et la vidéo sur notre forum), devant la prison de haute sécurité de Korydallos, où sont notamment incarcérés des membres de l’organisation 17-Novembre.

Rarement, à l’échelle d’un continent, les temps n’ont été aussi pré-révolutionnaires.

Plus que jamais, nous devons garder à l’esprit ce fait d’expérience que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreints, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volonté, avoir des conséquences incalculables.

Mecanopolis

Sur le même sujet, lire également L’Europe donne son feu vert aux spéculateurs

Les citations de José Manuel Barroso, Angela Merkel, Pierre Lellouche, Pierre Moscovici et Daniel Cohn-Bendit sont issues des quotidiens Libération et Le Monde du 13 mai 2010

Notes :

1. Dès la préparation du traité de Maastricht, Jacques Delors, alors président de la Commission, avait proposé, en 1991, que Bruxelles puisse autoritairement décider des budgets des Etats membres. L’Allemagne, alors occupée par sa réunification (avec la RDA), avait refusé.

2. Le traité de Lisbonne a renforcé les pouvoirs de la Commission européenne et donné une existence juridique à l’Eurogroupe.

3. Lire notre article du 18 mars
Rédigé par Julien Gunzinger le Lundi 17 Mai 2010 à 00:08 | Commentaires (1)
Tout au long de la semaine nous avons eu droit dans la presse, et notamment dans le Qj, à des éditoriaux dignes de «Oui-Oui au pays merveilleux de Monnet et Schuman». Deux grands gaillards ces deux là, des européens convaincus, résolus à faire de l’Europe un poids lourd pouvant rivaliser avec les USA selon leurs hagiographes. Oui, mais voilà, y a comme un problème ! On sait en effet, depuis que des documents secrets du gouvernement américain ont été déclassifiés sous Clinton (voire ici ), que nos deux saints européistes étaient à la solde des Usa ( comme l’essentiel des fédéralistes), que ceux-ci les considéraient comme leurs salariés. Pas grave, puisque quand on est européiste, comme notre sympathique Oui-Oui, le réel ne doit pas faire obstacle à notre belle utopie, le mieux étant encore de s’asseoir sur le premier pour enocre davantage faire la promotion de la seconde. Et coup de bol, car après la commémoration des 60 ans de l’appel de Schumann, la crise grecque offrait à Oui-Oui une nouvelle occasion de souffler, jusqu’à s’époumoner, dans le drapeau aux 27 étoiles pour le faire claquer dans notre ciel helvético-sceptique.
Comme l’essentiel du personnel médiatique ( qui prend ses ordres où l’on sait), Oui-Oui pense que l’Europe avance à la faveur des crises et que celle qui la taraude actuellement est de nature à provoquer un grand bond en avant. Comment ? En accouchant enfin d’un gouvernement économique et budgétaire. Faut croire qu’il a été entendu en haut lieu Oui-Oui parce que la commission européenne vient de proposer d’imposer dès 2011 un examen des projets de budget, pour s’assurer que les déficits sont bien sous contrôle. Les projets de budget devraient ainsi passer d’abord devant les sages de la commission européenne, puis ensuite devant les augures du conseil des ministres européen pour finalement revenir aux parlements nationaux, qui pourraient leur faire de petits retouches cosmétiques. Sympa non la commission ? Elle va soulager les parlementaires des pays de chaque Etat. Eux qui croulent déjà sous leur travail consistant essentiellement à traduire les directives européennes ( 80% de leur job). Mais que Oui-Oui ne s’inquiète pas, on conservera les parlements nationaux ornementaux pour pas qu’il ne se réveille pas subitement dans le monde réel, au pays du gouvernement totalitaire global.
L’est finalement complexe Oui-Oui, il se voit comme le champion de la démocratie, du respect des personnes et tout le tralalala mais il n’aime rien tant que de se transformer en propagandiste pour amener les peuples et les nations à vendre leur liberté et leur génie, produit de la sueur de leurs pères. L’Allemagne étant celle qui peut mettre le plus de pognon sur la table il est évident que selon l’adage ayant cours dans le monde réel, « qui paye commande », c’est elle qui va tenir les rennes du futur gouvernement économique.
Faudrait une fois quand même lui expliquer à Oui-Oui, que les politiques monétaires et budgétaires sont l’expression de positions idéologiques, elles-mêmes reflets de culture et de mentalités différentes. Qu'en conséquence, un ministère européen du budget et de la finance relève de la mise en bouillie de toutes ces différence, véritable cauchemar que même Oui-Oui devrait être content de troquer, dès son réveil, contre le réel.

Julien Gunzinger


Rédigé par Julien Gunzinger le Vendredi 14 Mai 2010 à 09:32 | Commentaires (0)
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"Nous te prions, Seigneur, de faire de nous des combattants de la foi inflexibles et miséricordieux, témoins brûlants, dans ce monde ravagé par l’apostasie, de ton alliance nouée dans ton sang."



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