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Et si,... les Lorrains ! MALHOMME
Et si, ...les Lorrains ? » est une jeune association constituée d’hommes et de femmes de divers horizons, rassemblés dans une démarche prospective centrée sur la Lorraine et son avenir.

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· Notre réflexion se structure autour :

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· d’un cadre opérationnel, centré sur l’agglomération messine et la Lorraine

· Nos moyens d’action :

· L’organisation de débats publics

· L’intervention auprès des décideurs

· La proposition d’actions concrètes

. la réflexion collective


ENVIRONNEMENT développement durable

Mercredi 10 Mai

Sous la pression des anti-OGM
Confronté à la levée de boucliers d'une partie de la population de Sanry-sur-Nied, Julien Pidolle se demande s'il va pouvoir mener à bien la seule expérimentation de culture de maïs transgénique autorisée en Lorraine.

S'expliquer. Occuper le terrain. Répondre point par point à l'argumentaire des écologistes. Céréalier à la tête d'une exploitation de 400 hectares sur les communes de Beux et Sanry-sur-Nied, Julien Pidolle ne cache pas son dépit. Entre ses mains, une brassée de lettres témoigne de l'hostilité d'une partie des habitants mobilisés, autour de militants écologistes, contre cette nouvelle expérimentation OGM en plein champ. Bousculé par la pression des opposants, le paysan donne l'impression d'être dépassé par l'enjeu. Pour la troisième année consécutive, il s'apprête à ensemencer deux parcelles de maïs transgénique. Soit une trentaine d'ares répartis entre un terrain sur la commune de Beux et un autre à Sanry-sur-Nied. Autorisée par l'Afsa, la commission du génie biomoléculaire et le service régional de la protection des végétaux, l'expérimentation n'attend plus que le feu vert de l'État. Hormis la fronde des riverains, elle pourrait buter sur le terrain judiciaire, en raison d'un recours en annulation des autorisations délivrées par le ministère de l'agriculture. Requête déposée par les Faucheurs volontaires devant le tribunal administratif de Clermont-Ferrand (lire RL du 27/04/06).

Dépendance


Julien Pidolle, lui, s'interroge: "Ces essais sont très encadrés. Si la culture du maïs OGM a été autorisée à titre expérimental sur le territoire, c'est qu'elle n'a rien à voir avec celle du colza interdite en raison du risque de croisement des pollens avec d'autres plantes".

S'il a accepté cette proposition d'essai pour le compte de la firme Monsanto, c'est qu'elle lui a semblé répondre à des motivations plutôt cohérentes. "Il s'agit de tester la résistance du maïs au Round up [un herbicide commercialisé par Monsanto] et au parasite de la pyrale. Pour nous, cette procédure n'a rien d'extravagant. Nous avons toujours pratiqué des essais sur des variétés de plants conventionnels, pour tirer le meilleur parti des semences et des traitements. On nous parle de dépendance à l'approvisionnement, mais chaque année les paysans renouvellent leur stock de graines pour réensemencer leurs parcelles".

En dépit des apparences, l'homme se défend d'être un inconditionnel de la culture OGM: "Je trouve intelligent les positions d'un parlementaire comme Jean-Yves Le Déaut (PS)", explique-t-il. "Lui préconise des expérimentations sous certaines conditions. Comment peut-on justifier de ne rien entreprendre lorsqu'on sait que demain les OGM permettront des économies de consommation d'eau, de nitrates et de pesticides? C'est vrai que j'ai plutôt confiance dans la nouvelle génération d'OGM", plaide l'agriculteur bien décidé à ne pas lâcher prise. Lequel se défend de courir après l'appât du gain. "Mes deux champs vont me rapporter 600 euros. Et pour cause, le maïs sera entièrement détruit, y compris le maïs conventionnel planté autour pour isoler le champ". Un message pourtant bien difficile à faire passer.

Xavier BROUET.

Rédigé par ©le Républicain Lorrain le Mercredi 10 Mai à 09:12 | Permalien