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L'Ecole de santé publique lorraine livre ses premiers résultats. Notre journal

Mardi 09 Mai

Le baromètre sanitaire des Lorrains

Réalisé à partir d'un échantillon de près de 2.500 personnes, il constitue un élément de réflexion sur les priorités à développer dans le cadre de la prévention. Premières données de l'Ecole de santé publique.

NANCY. _ « L'originalité de ces données tient au fait qu'elles portent sur le comportement des Lorrains en matière de santé, par rapport aux données disponibles sur les causes de décès », explique Jean-François Collin, responsable du département expertise de l'Ecole de santé publique installée au coeur de la faculté de médecine à Vandoeuvre, qui livre là les premiers résultats du baromètre de la santé lorrain. Qualité de vie, consommation d'alcool, de tabac, de drogue, de soins, pratiques de dépistage, activité physique, santé mentale... autant de questions auxquelles ont répondu un échantillon de près de 2.500 Lorrains âgés de 12 à 75 ans en 2005. Ces informations sur les grands thèmes de santé, précédées de deux enquêtes similaires en 1998 et 2001, arrivent à point nommé alors que se prépare le Plan régional de santé publique lorrain (PRSP). Elles constituent « un élément de réflexion sur les priorités à développer dans le cadre de la prévention », commente Jean-François Collin, « les promoteurs d'actions comme celles sur le tabac peuvent s'appuyer sur des données concrètes », ajoute Stéphanie Regat, chargée de projet qui a piloté le baromètre. Une contribution intéressante dans la mesure où elle livre beaucoup d'indications sur les comportements autour de l'alcool, du tabac, de la drogue qui ont fait l'objet de deux grands programmes de santé en Lorraine et qui viennent d'être présentés par Jacques Chirac comme priorité médicale dans le cadre de la seconde étape du Plan cancer.

Tabac : la situation s'améliore


Ainsi concernant le tabac, la situation s'améliore : tous âgées confondus, 28,5 % des Lorrains se déclarent fumeurs (le plus grand nombre figurant chez les 18-34 ans), « un pourcentage inférieur aux années précédentes et en dessous du baromètre national », note Jean-François Collin. Si l'Ecole de santé publique s'en tient aux chiffres et aux constats, ces résultats pourraient être entre autres le fruit des programmes mis en place en Lorraine quant aux addictions. Le rapport révèle par ailleurs que trois fumeurs sur cinq ont envie d'arrêter (parmi lesquels un tiers avec l'aide d'un médecin) : « Ces données peuvent aider à orienter les politiques de prévention. »

Concernant l'alcool, 6,4 % des Lorrains sont touchés par un risque de dépendance, plus important chez les hommes quel que soit l'âge et plus présent chez les 25-34 ans côté masculin et les 12-24 ans chez les femmes. Des valeurs qui sont toutefois en dessous de celles relevées au niveau national.

La consommation de cannabis affecte, elle, plutôt les hommes et surtout les plus jeunes. Au sein de la classe d'âge des 25-34 ans, 60 % avouent y avoir touché ne serait-ce que pour y goûter. D'où les campagnes beaucoup plus musclées qui s'annoncent.

En matière de qualité de vie qui recouvre santé physique, santé mentale et santé sociale, les scores sont relativement bons et en augmentation par rapport à 2003 avec un niveau moyen respectif de 73, 75 et 68 sur une échelle de 0 à 100. Signe qu'un mouvement se met fortement en place autour de l'activité physique et des habitudes alimentaires. « A l'exception du score santé sociale, note le baromètre, les hommes ont des scores de qualité de vie supérieurs à ceux des femmes. »

Santé mentale : un problème sous-estimé

Axe important de réflexion dans les années précédentes, le baromètre de la santé lorrain révèle que 5,3 % des Lorrains disent avoir pensé au suicide dans les 12 mois précédant l'enquête. Les femmes plus que les hommes (5,9 % contre 4,7 %) -à rapprocher des scores en matière de qualité de vie- et les très jeunes filles en particulier (12-17 ans). Parmi la population, 4,7 % ont fait une tentative au cours de leur vie : 3,3 % des hommes et 6,1 % des femmes. La baromètre est plus orienté cette fois-ci sur la santé mentale « car c'est un problème que l'on sous-estimait jusqu'alors. » Somnifères, tranquillisants, antidépresseurs... deux Lorraines sur cinq déclarent avoir consommé des psychotropes au moins une fois dans leur vie : « Cela reste important et met en évidence un accroissement du problème de santé mentale en France », note Stéphanie Regat.

En abordant le thème du recours au système de santé, les auteurs de l'enquête ont observé que de plus en plus de personnes étaient atteintes par des maladies chroniques -un quart des Lorrains déclarent l'être-, les plus fréquentes étant l'hypertension, le diabète, le cholestérol et l'asthme.

Marie-Hélène VERNIER


Rédigé par © est republicain le Mardi 09 Mai à 09:10 | Permalien