Le sénateur UMP fait son bilan annuel de mandat et revendique sa liberté de parole. Commentaires sans langue de bois sur le travail parlementaire.
Alain Fouché : « Je suis un parlementaire libre. » - A d'autres les rodomontades aux accents populistes gauchisants ou droitiers qui amusent la galerie. Et tant pis pour le politiquement correct. Le sénateur de la Vienne Alain Fouché avoue sans détour qu'il a « de très bons rapports » avec le nouveau président socialiste du Sénat, Jean-Pierre Bel. Tout comme il assume volontiers le fait de voter avec le PS lorsqu'il s'agit de s'opposer au travail du dimanche : « Je suis fidèle à la majorité. Mais je suis un parlementaire libre. Mon rôle n'est pas d'être un godillot. »
Le bilan annuel de mandat qu'il diffuse en ce mois de novembre s'en veut l'illustration : « Nous sommes les élus des territoires. Notre rôle est de défendre les collectivités »... Et de dire « quand le gouvernement se trompe ».
Alain Fouché le martèle, en ces temps de réforme fiscale : « On doit taxer les riches plus fortement. » Par exemple en incluant les oeuvres d'art dans l'assiette de l'impôt sur la fortune dont elles ont été exclues sous François Mitterrand. Le sénateur de la Vienne estime plus généralement que l'exécutif devrait être plus attentif à ce que disent les élus : « S'il nous avait écoutés sur la réforme territoriale, le Sénat ne serait pas passé à gauche. »
Ce matraquage, c'est une pompe à fric !
Il n'en égrène pas moins ses motifs de satisfaction. Parmi eux figure notamment le maintien d'un fonds de péréquation géré par les départements, en compensation de celui qui était lié à la taxe professionnelle sur les centrales nucléaires : « Dans la Vienne, à peu près 260 communes en bénéficient. » Il se réjouit également d'avoir fait voter par le Sénat le principe d'une taxation des entreprises où l'emploi pâtit de la mise en place de machines automatisées (voir notre édition du 10 novembre).
Cet automne, le sénateur Fouché reste plus que jamais à la pointe du combat contre la traque aux petits excès de vitesse : « Il faut arrêter ce matraquage. Il est normal qu'on soit plus dur pour les grands excès de vitesse et les gens qui conduisent sous l'empire de l'alcool ou de la drogue. Mais les accidents ne sont pas dus à de petits excès de vitesse. Ce matraquage, c'est une pompe à fric ! Aujourd'hui, il y a un trafic de points et des milliers de gens qui conduisent alors qu'ils n'en ont plus... »
Parole d'élu qui se réclame du terrain. A ce propos, Alain Fouché cite volontiers Jean Raffarin, membre du cabinet Mendes France et père de Jean-Pierre : « La vie politique est un château de cartes et c'est la carte du bas qui tient tout le château. »
Alain Defaye