Forcément, quand on passe sa journée à jouer dehors en plein hiver, alors qu’il neige et qu’il fait froid, on risque d’attraper un rhume. Mayuko est restée une bonne partie de l’après midi à s’amuser près des statuettes porte-bonheur représentant un renard et un ours, qui appartiennent à sa famille et qui sont au fond du jardin. Comme la tradition l’exige au Japon on apporte régulièrement des offrandes à ces statues. Les seules offrandes que Mayuko leur a faites aujourd’hui c’était des boules de neige en pleine figure. En plus elle a fait ça avec un petit sourire satisfait qui en dit long sur son état d’esprit. Le soir en se couchant, Mayuko a de la fièvre. Sa mère la borde et la quitte en lui disant de s’endormir rapidement et que d’ici demain sa fièvre sera passée. Mayuko s’endort. Quelques instants après elle est réveillée par un renard qui vient de s’introduire dans sa chambre. Ce renard n’est pas un renard comme les autres. Il s’appelle Kitsume, il parle, c’est un subtil mélange entre un animal et un humain et s’il est entré dans la chambre de la petite fille c’est qu’il l’entendait geindre de dehors. Mayuko est certes une petite fille mais elle n’est pas idiote. Elle sait qu’il faut se méfier des renards. Ils passent leur temps à jouer de mauvais tours, s’attaquent aux faibles et aux malades et par conséquent on ne peut pas leur faire confiance. Kitsume affirme à Mayuko que lui est diffèrent, qu’il ne faut pas écouter tous ce que les gens disent et qu’il est juste là pour voir si elle a besoin de quelque chose, alors qu’elle est malade. D’ailleurs il veut bien l’aider, car elle est trop faible, à rejoindre la chambre de sa mère et en chemin s’arrêter boire un verre d’eau puisqu’elle est assoiffée (la fièvre, ça donne soif, très soif). Mayuko accepte, de sa chambre à la chambre de sa mère il n’y a que quelques mètres et sur une aussi courte distance il ne peut rien lui arriver. Mais à peine à t’elle mis un pied hors de sa chambre qu’elle s’aperçoit que plus rien ne ressemble à sa maison. Les murs ont changé, les pièces ont disparu et un immense chemin s’ouvre devant elle. Elle n’a pas le temps de réagir, renard la prend sur son dos et s’enfuit avec elle à travers les champs. Mayuko se retrouve alors dans un monde, assez inquiétant que peuplent d’étranges créatures. Un tengu rouge, gigantesque avec un nez de plusieurs dizaines de centimètres et des ailes dans le dos est le gardien d’une forêt enchanteresse. Des squelettes pendent aux branches des arbres, les poissons rouges d’une rivière sont prêts à se jeter sur quiconque tombe dans leurs eaux, ils cherchent alors à l’étouffer et les ours qui paraissent gentils sont en fait des animaux particulièrement dangereux. Nul doute, Mayuko est prisonnière d’un endroit qui pourrait être un de ces pires cauchemars.
Ma première découverte de l’univers de Marie Caillou se fit à travers le magnifique « la chair de l’araignée » aux éditions Glenat. Subtil livre sur l’anorexie, sur le regard des autres et sur nos angoisses, ce livre brillamment illustré par cette jeune auteure confirmait un talent graphique et narratif. C’est en cherchant ce qu’elle avait pu faire d’autre que je me suis rappelé de peur du noir http://www.peursdunoir-lefilm.com/. Marie Caillou avait été remarquée quelques années auparavant en travaillant avec le célèbre collectif qui avait réalisé un court métrage peur du noir sur le thème des peurs enfantines, aux côtés de Charles Burns, Mattotti, Jerry Kramsky, Blutch, Pierre Di Scuillo, Romain Slocombe, Michel Pirus et Richard Mc Guire (excusez du peu). Les monstres de Mayuko renouent avec les deux univers qu’elle a déjà développés dans le reste de son œuvre. La bande dessinée, sa narration si particulière, et la peur et les monstres de notre enfance. Les monstres de Mayuko sont angoissants, mais ce ne sont pas tant les monstres qui sont inquiétants dans cet album mais bien cette petite fille malmenée par tous ces personnages qui abusent tout à tour de sa curiosité, de sa peur ou de sa crédulité. Ces monstres sont méchants, sournois et leurs attitudes peuvent paraître dérangeantes vis-à-vis de Mayuko, après tout ce n’est qu’une petite fille. Mais comme je l’ai déjà dit, subtilité est un mot qui fait totalement partie de l’univers de Marie Caillou. Les monstres de Mayuko est un album fantastique dans tous les sens du terme.
David Fournol.
Ma première découverte de l’univers de Marie Caillou se fit à travers le magnifique « la chair de l’araignée » aux éditions Glenat. Subtil livre sur l’anorexie, sur le regard des autres et sur nos angoisses, ce livre brillamment illustré par cette jeune auteure confirmait un talent graphique et narratif. C’est en cherchant ce qu’elle avait pu faire d’autre que je me suis rappelé de peur du noir http://www.peursdunoir-lefilm.com/. Marie Caillou avait été remarquée quelques années auparavant en travaillant avec le célèbre collectif qui avait réalisé un court métrage peur du noir sur le thème des peurs enfantines, aux côtés de Charles Burns, Mattotti, Jerry Kramsky, Blutch, Pierre Di Scuillo, Romain Slocombe, Michel Pirus et Richard Mc Guire (excusez du peu). Les monstres de Mayuko renouent avec les deux univers qu’elle a déjà développés dans le reste de son œuvre. La bande dessinée, sa narration si particulière, et la peur et les monstres de notre enfance. Les monstres de Mayuko sont angoissants, mais ce ne sont pas tant les monstres qui sont inquiétants dans cet album mais bien cette petite fille malmenée par tous ces personnages qui abusent tout à tour de sa curiosité, de sa peur ou de sa crédulité. Ces monstres sont méchants, sournois et leurs attitudes peuvent paraître dérangeantes vis-à-vis de Mayuko, après tout ce n’est qu’une petite fille. Mais comme je l’ai déjà dit, subtilité est un mot qui fait totalement partie de l’univers de Marie Caillou. Les monstres de Mayuko est un album fantastique dans tous les sens du terme.
David Fournol.

Les monstres de Mayuko


Projets de l'Association 2 Creation d'une bande dessinée avec les enfants des centres d'animations Queyries/Benauge