fournoldavid

Mes années bêtes et méchantes

Lundi 1 Novembre 2010

Scenario Joub dessin Nicoby
Editions Drugstore
Ados/Adultes


Mes années bêtes et méchantes
J’avais 10 ans quand j’ai lu mon premier Hara Kiri. A l’époque je n’avais pas tout compris de ma lecture, mais j’avais retenu que ce que je tenais dans mes mains n’était pas pour moi (Des gros mots, des filles nues, des dessins pornos…). Par contre ce que j’avais bien saisis c’est que visiblement ça faisait beaucoup rire mes parents et que les gens qui étaient en photos dans cette revue avaient l’air de beaucoup s’amuser. Il m’a fallu attendre quelques années pour me retrouver avec un numéro de Hara Kiri dans les mains. J’étais plus grand et là, les gros mots, les filles nus et tout le reste j’ai trouvé ça génial. J’ai compris pourquoi ça faisait tant rire les adultes de mon enfance, et que sans aucun doute les gens qui étaient photographiés avaient dû bien rigoler ! Ce fut un choc… Je découvrais qu’on pouvait rire de tout, sans aucune limite. Ce qui était le plus surprenant, c’est qu’il ne semblait pas y avoir d’équivalant dans la presse et dans l’édition. J’avais l’impression qu’ Hara Kiri était unique, qu’ils étaient les seuls à faire ce qu’ils faisaient. Ils se moquaient de tout et de tout le monde. Personne ne leur échappait. Ils osaient bafouer ouvertement l’ordre public et moral. Je me sentais en possession du plus grand objet de contre-culture qu’il m’était possible de trouver, j’avais14/15 ans et je le ressentais comme un pouvoir surnaturel. Alors forcement, j’ai commencé la collection. Au fil des années, je me dénichais un numéro par-ci, un numéro par-là, j’écumais les bouquinistes de France et de Navarre. Chaque fois que je pouvais en trouver un, je retrouvais ce plaisir jamais égalé de posséder un objet qui sentait autant le souffre. Scandale, interdiction de ventes, censure, ils avaient tout eu mais s’étaient battus pour continuer et pour moi la légende du professeur Choron grandissait tous les jours. Quelle classe !
Je suis devenu libraire, et j’ai commencé à travailler dans des salons de livres. Aimant la bande dessinée, j’ai surtout commencé par des salons de BD. « Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment d’un aussi grand amour » disait Garance à Frederick, et bien les salons de BD sont des endroits où on rencontre souvent les même gens. Il y a longtemps, j’ai rencontré, un gros bonhomme, bouquiniste, qui avait toujours des merveilles sur son stand. De salons en salons, je le retrouvais souvent. Daniel Fuchs était connu comme le loup blanc, son physique, sa grosse voix, son franc-parlé et ses chemises à fleurs étaient toujours là. Respecté par tous, il en imposait sacrément. Un jour, j’ai commencé à avoir un peu de bouteille. Quand vous devenez « sérieux » avec les gens qui font le même métier que vous, on commence à vous parler de tout et de rien, des gens qui font et qui sont dans ce métier. On a commencé à me raconter des histoires sur Daniel Fuchs, ce gros bonhomme sympa, qui avait toujours un sourire attaché a son visage, avait fait parti de l’équipe de Hara Kiri. Lui, là le type qui se tenait devant moi. J’étais conquis. Il avait posé pour des photos, couvertures etc… j’avais sous mes yeux quelqu’un qui m’avait fait pleuré de rire pendant des années (Et encore aujourd’hui bien sûr). Comme le bonhomme m’impressionnait beaucoup je ne lui ai jamais déclaré mon admiration (Je pense qu’il m’aurait envoyé sur les roses). Depuis j’ai eu la chance de boire quelques verres avec lui, et nous nous croisons régulièrement encore sur les salons et festivals.
Tout ça pour vous dire qu’un scénariste (Joub) et un dessinateur (Nicoby) ont eut l’idée de raconter sa vie en bande dessinée, comme quoi je ne dois pas être le seul à être impressionné par le bonhomme. L’album vient de sortir aux éditions Drugstore et c’est absolument génial !
David

Mes années bêtes et méchantes
Tant qu’on y est jetez vous sur ce livre qui vient de sortir.
David.

David Fournol

Inscription à la newsletter



Recherche

Oh ! My blog...

Oh ! My blog...
« Une autre histoire » est le blog de l’association « Et si rien d’autre n’avait d’importance ». Cette association va s’efforcer de faire la promotion de la bande dessinée et de tous les arts visuels liés de près ou de loin à ce média (par le biais de débats, de rencontres avec des auteurs…) dans tous les endroits susceptibles de l’accueillir, comme les bibliothèques ou les établissements scolaires. Elle peut donc intervenir auprès de tous les publics, sur simple demande par la rubrique "nous contacter".
L’objet de cette association est de communiquer et de transmettre sa passion pour la bande dessinée et plus tard d’éditer des livres, avec des auteurs dont elle apprécie le travail.
Le blog « Une autre histoire » est alimenté toutes les semaines par des chroniques sur les nouveautés en bande dessinée. Mais comme on ne lit pas que de la bande dessinée, on peut aussi parler de tout et de n’importe quoi dans les autres rubriques. Coups de cœur pour des romans, des livres de jeunesse, des films (ou coups de gueule…), tout ce qui nous touche et que nous avons envie de partager !
L’équipe de chroniqueurs qui se chargent d’écrire les critiques de livres, ont la réputation de cultiver une certaine mauvaise foi et d’extérioriser facilement leurs joies en face des ouvrages qu’ils aiment, aussi ne vous étonnez pas de certains articles qui, parfois, peuvent manquer d’objectivité. Bonne visite sur le blog.
David Fournol.

David Fournol
11/10/2010