Kan Takahama illustre avec Sad girl une lente et longue descente aux enfers.
En débarquant un beau soir chez son amie M, célèbre romancière, Shiori pense qu’elle va pouvoir faire un break dans sa vie. Shiori fuit. Elle fuit un mari alcoolique qui avait tendance à la battre. Elle fuit ses peurs, ses angoisses qui lui on fait faire une tentative de suicide. Elle fuit aussi sa dépendance aux médicaments. M va l’accueillir et la garder chez elle pendant des semaines. Mais M est elle aussi une grande consommatrice de médicaments et de drogues diverses. Shiori ne tarde pas à replonger. Un jour en pleine perquisition par la police elle s’enfuit de l’appartement de son amie. Elle se retrouve à la rue, seule, sans ressources. Dans l’incapacité de subvenir à ses besoins elle va tenter de renouer avec un ancien amant, S. un célibataire, qui l’accueille les bras ouverts, ainsi que ses cinq enfants. L’ambiance dans la maison est étrange, presque angoissante, mais entre ça et la rue, Shiori choisit cet homme. S est un homme violent. Colérique, il abuse sexuellement de Shiori. Il a des dettes de jeux et il n’est pas rare que des gens viennent lui réclamer en pleine nuit le remboursement de ses dettes en proférant des menaces sur lui et sa famille. Un jour dans l’incapacité complète de payer ses créanciers il décide de vendre Shiori, de la prostituer. Par lassitude, par dégoût de soi ou par pure inconscience, elle obéira à S. Depuis sa tentative de suicide Shiori n’a plus aucun respect pour son corps ou sa personne. Elle accepte donc la demande de S et commence à se prostituer pour rembourser les dettes de jeux. Les hommes défilent, de plus en plus nombreux. Petit à petit Shiori va entretenir d’étranges relations avec un des proxénètes chargés de la surveiller. J, est l’homme qui s’occupe de vérifier si tout ce passe bien avec les clients de Shiori, il est surtout là pour voir si elle rembourse bien les dettes de S. J essaie de faire attention à Shiori, il la protège un peu, certes comme un investissement, mais de temps en temps il a pour elle quelques marques d’affection. Shiori commence alors à tomber amoureuse de J. Cette relation est impossible, Shiori le sent bien, mais en fin de comptes de toutes les horreurs de sa vie, elle est persuadée que c’est J qui se conduit le mieux. Mais que peut attendre de la vie une jeune femme comme Shiori ?
Première rencontre avec Kan Takahama, le magnifique Mariko parade aux éditions Casterman, bande dessinée réalisée avec Frédéric Boilet. Superbe histoire d’amour, un couple de dessinateurs de mangas qui partent faire des repérages sur une petite île près des côtes japonaises. Puis se fut le très beau Kinderbook toujours chez Casterman qui était un recueil d’histoires courtes. Là aussi l’amour et les relations hommes femme tenaient une grande part du récit. L’eau amère, deux espressos, tous deux aux éditions Casterman, ont confirmé auprès du public le talent de narration de Kan Takahama pour les histoires de couples, heureuses ou malheureuses, pour savoir si bien décrire ces difficultés que l’on a souvent à exprimer ses sentiments. Sad girl est d’un tout autre registre. Le désespoir, la dépression, la douleur sont omniprésents dans cette histoire. Pas d’espoir dans la vie de Shiori, rien à part la solitude et la souffrance. Sad girl est un livre triste, un livre avec lequel on se sent incapable d’aider ou seulement d’intervenir dans une vie qui a totalement basculée et ce de manière irréversible. Un beau livre.
David Fournol.
En débarquant un beau soir chez son amie M, célèbre romancière, Shiori pense qu’elle va pouvoir faire un break dans sa vie. Shiori fuit. Elle fuit un mari alcoolique qui avait tendance à la battre. Elle fuit ses peurs, ses angoisses qui lui on fait faire une tentative de suicide. Elle fuit aussi sa dépendance aux médicaments. M va l’accueillir et la garder chez elle pendant des semaines. Mais M est elle aussi une grande consommatrice de médicaments et de drogues diverses. Shiori ne tarde pas à replonger. Un jour en pleine perquisition par la police elle s’enfuit de l’appartement de son amie. Elle se retrouve à la rue, seule, sans ressources. Dans l’incapacité de subvenir à ses besoins elle va tenter de renouer avec un ancien amant, S. un célibataire, qui l’accueille les bras ouverts, ainsi que ses cinq enfants. L’ambiance dans la maison est étrange, presque angoissante, mais entre ça et la rue, Shiori choisit cet homme. S est un homme violent. Colérique, il abuse sexuellement de Shiori. Il a des dettes de jeux et il n’est pas rare que des gens viennent lui réclamer en pleine nuit le remboursement de ses dettes en proférant des menaces sur lui et sa famille. Un jour dans l’incapacité complète de payer ses créanciers il décide de vendre Shiori, de la prostituer. Par lassitude, par dégoût de soi ou par pure inconscience, elle obéira à S. Depuis sa tentative de suicide Shiori n’a plus aucun respect pour son corps ou sa personne. Elle accepte donc la demande de S et commence à se prostituer pour rembourser les dettes de jeux. Les hommes défilent, de plus en plus nombreux. Petit à petit Shiori va entretenir d’étranges relations avec un des proxénètes chargés de la surveiller. J, est l’homme qui s’occupe de vérifier si tout ce passe bien avec les clients de Shiori, il est surtout là pour voir si elle rembourse bien les dettes de S. J essaie de faire attention à Shiori, il la protège un peu, certes comme un investissement, mais de temps en temps il a pour elle quelques marques d’affection. Shiori commence alors à tomber amoureuse de J. Cette relation est impossible, Shiori le sent bien, mais en fin de comptes de toutes les horreurs de sa vie, elle est persuadée que c’est J qui se conduit le mieux. Mais que peut attendre de la vie une jeune femme comme Shiori ?
Première rencontre avec Kan Takahama, le magnifique Mariko parade aux éditions Casterman, bande dessinée réalisée avec Frédéric Boilet. Superbe histoire d’amour, un couple de dessinateurs de mangas qui partent faire des repérages sur une petite île près des côtes japonaises. Puis se fut le très beau Kinderbook toujours chez Casterman qui était un recueil d’histoires courtes. Là aussi l’amour et les relations hommes femme tenaient une grande part du récit. L’eau amère, deux espressos, tous deux aux éditions Casterman, ont confirmé auprès du public le talent de narration de Kan Takahama pour les histoires de couples, heureuses ou malheureuses, pour savoir si bien décrire ces difficultés que l’on a souvent à exprimer ses sentiments. Sad girl est d’un tout autre registre. Le désespoir, la dépression, la douleur sont omniprésents dans cette histoire. Pas d’espoir dans la vie de Shiori, rien à part la solitude et la souffrance. Sad girl est un livre triste, un livre avec lequel on se sent incapable d’aider ou seulement d’intervenir dans une vie qui a totalement basculée et ce de manière irréversible. Un beau livre.
David Fournol.

Sad girl


Projets de l'Association 2 Creation d'une bande dessinée avec les enfants des centres d'animations Queyries/Benauge