Rendre à l'humanité ce qui est à l'humanité / Gouni Malek 255 Boulevard Danielle Casanova 13014 Marseille 04 91 78 33 04

Le passage à l'acte est devenu monnaie courante, on passe à l'acte comme on respire. Il surgit à l'endroit ou la parole vient à manquer. Je n'ai pas de parole, je n'ai plus de parole, il ne m'en reste plus beaucoup, donc j'agis, je m'agite et j'agite tout ce qui m'entoure. Sommes nous passé du cogito de Descartes : je pense donc je suis. A l'Agito un néologisme que je crée : je passe à l'acte, donc l'autre ne suit pas ! Il se produit un big bang de l'existence.


Le passage à l'acte est partout, la guerre des corps, la guerre des mondes est présente sur tous les fronts et toutes les tribunes, un phénomène qui s'est multiplié et aggravé depuis la création de l'image, du cinéma et de la presse à sensation. La télévision, les jeux vidéos, les petits films bidouillés avec un smartphone et qu'on s'échange sur internet font l'apologie du passage à l'acte. On exhibe des films de violence en groupe, séquences de tournantes, d'agression de professeur, scènes de décapitation, scènes de militaires sadiques en guerre, c'est vidéo gag et gore ! " Le dépeceur " Canadien utilisait le web et avait imité Sharon Stone dans " Basic Instinct " . On est passé du " tout est sexuel " de Freud au tout est acte ! Nos jeunes voient le passage à l'acte à tout coin de rue, un débit visuel ininterrompu et recherché, l'action est recherchée, espérée, glorifiée. La télévision a fait rentrer le passage à l'acte dans les foyers, au sein de la famille, il ne peut que se banaliser et se déclencher comme une attaque foudroyante à tout moment.
Le " tout est sexuel " de Freud semble être un aphorisme fantaisiste, comme si le monde était peuplé de bonobos qui s'amusent. Non ! Freud était très pudique, faisait preuve de pruderie, parler de sexuel, c'était antinomique. Lui qui était effrayé par le peuple de Paris qui accourait pour voir les premières affiches dévoilant le décolleté des stars de la belle époque telle que Sarah Bernhardt et de la courtisane Mata Hari. Il était choqué au point d'écrire une lettre par jour à sa fiancée Martha (ah ! c'était le temps ou on écrivait des lettres à sa fiancée, il en a écrit 1500 en 4 années de fiançailles ! ). Pour lui les Parisiens étaient des dévergondés. Ce que voulait dire Freud sur le sexe est souvent inatteignable, il nous prend à contre pied. : tout est sexuel veut dire un mot renvoie à un autre, une phrase fait appel à une autre, une pensée fait appel à une autre, une histoire renvoie à une autre, une émotion renvoie à une autre, ce qui est conscient renvoie à l'inconscient. La parole célèbre le mariage tout est lié. C'est aussi simple que cela. Et dans le passage à l'acte, tout n'est plus sexuel, une parole ne fait plus appel à une autre, un mot ne fait plus appel à un autre, c'est le divorce des mots et des choses. Puisque le divorce est consommé, je n'ai plus le choix que d'essayer pour l'ultime fois "d'attraper " l'autre, le plaquer au sol comme le fait le rugbyman, lui balancer n'importe quel objet, lui foutre le poing sur la gueule, faire une dernière rencontre avec l'autre, lui faire la nique, le rattraper coûte que coûte en l'inondant de noms d'oiseaux. Le passage à l'acte est une manière de se couper d'une part de soi même, l'être humain mue en passant à l'acte, tel une chenille qui se mue en chrysalide, tel un serpent qui change de peau. Le passage à l'acte est une coupure de liens : on se coupe les veines, on se mutile, on se lacère les bras et le ventre, à l'extrême on jette tout son corps du haut d'un précipice ou celui de l'autre par une fenêtre, et lors d'une attaque fulgurante d'une extrême violence on coince le corps de l'autre pour l'anéantir, le détruire, le finir. Les femmes de méditerranée et d'ailleurs se lacèrent le visage avec leur ongles, s'arrachent les cheveux, se frappent la poitrine. Les Jeûnes, les flagellations, toutes les formes de mortification et de macération religieuses, relèvent du mécanisme du passage à l'acte. L'obésité et l'anorexie mentale sont des formes de passage à l'acte, des mues, des mortifications modernes. La sexualité, faire l'amour, l'acte sexuel en soi est un passage à l'acte que nous pratiquons quotidiennement.. enfin pour les plus heureux d'entre nous. Faire l'amour c'est sortir de son corps et rentrer dans un autre et vice versa. Et la violence, violence du sexe n'est pas très loin. Et c'est un passage à l'acte productif, il produit en cas de grossesse un être nouveau : un être était coincé entre l'un et l'autre et ferait sa sortie. Nous sommes tous le produit d'un passage à l'acte. Qui arrive à point nommé. Parfois mal nommé quand ce sont des enfants, produit d'un viol, ou enfants " inattendus ". Le sport est aussi une forme de passage à l'acte, on court contre l'autre, on joue contre l'autre, on combat l'autre, il y a un vainqueur et un vaincu. Et parfois ça se termine par une bagarre générale et à l'extrême par une tuerie des " autres " ceux d'en face et c'est le cas du Hooliganisme. La tragédie du Heysel et le drame récent d'Alexandrie sont des illustrations marquantes. La guerre est aussi un passage à l'acte, François Mitterrand avant le déclenchement de la guerre du Golf avait prononcé cette phrase : " Maintenant les armes vont parler ! " . Et ça venait remettre en question le romantisme de la fameuse citation de Clausewitz : la guerre est la poursuite de la diplomatie par d'autres moyens. La guerre est un passage à l'acte planifié, comme un seul homme, ils vont faire appel au meurtre, un Sadisme Pervers Radical institué. Bien qu'un passage à l'acte n'est jamais planifié. La bride de la pulsion de destruction est lâchée ! La danse est une forme de passage à l'acte, c'est la plus sublime, la plus saine, être dans le corps à corps avec l'autre, avec les autres sans leur nuire, c'est ce que pratiquait les anciens en groupe, elle est un exhutoire pour tout un chacun. Nous ne savons plus danser en groupe ( ça a été remplacé par la religion ou nous prions en groupe). L'art est aussi un passage à l'acte, c'est curieux, mais c'est ainsi, le peintre passe à l'acte en produisant un tableau et c'est sa mue, chaque tableau est une nouvelle mue. Lorsque le peintre peint une muse, un paysage, une nature morte, il répand sur sa toile sa peinture, comme il répandrait son sang, il se jette sur l'objet peint, c'est sa manière à lui de se renouveler et de nous renouveler notre regard sur le monde. Produire une oeuvre c'est se faire violence soi même. Se couper d'une part de soi même. Pour ne citer que les artistes européens : Van Gogh et ses passages à l'acte, Goya, Pieter Breughel, hölderlin friedrich, Camille Claudel atteints de folie, Albrecht Dürer, Jérôme Bosch et leurs travaux sur la société à la dérive ( La Nef des fous ). Et que dire des écrivains : Nietzsche, Guy de Maupassant, Kafka, Rousseau, Gogol, De Nerval des écrivains passés à l'acte d'écrire et passés à l'acte fou proprement dit. Passez à l'acte c'est être hors de soi, comme si j'étais habité par un autre qui a opéré une sortie fracassante. Quitter son enveloppe et aller à la rencontre du corps d'un autre ou à la rencontre du vide jusqu'à en crever. Passer à l'acte c'est.. faire, le faire a précédé le dire, le corps a pris la direction des opérations mais ne dirige plus rien, il n'attendais qu'un signe, qu'un seul et l'attaque est lancée. Le passage à l'acte surgit quand la parole n'est plus en miroir, car nous recevons la parole de l'autre comme une cascade qui viendrait refroidir le magma corporel. C'est curieusement le principe du baptême religieux et de la Roquia musulmane ( on lave le corps à coup de versets coraniques, on le calme, on le refroidi ). Notre corps subit des tensions profondes, tel la lave des volcans qui bouillonne dans les profondeurs de la terre. La musique de l'autre, la chanson, la poésie, la séduction de l'autre, les mots, les pensées, les mots d'amour, les mots d'ordre, les bruits, les hurlements venus de l'autre, ont un effet apaisant pour ces tensions permanentes. C'est cela l'oeuvre d'Eros, le marieur, la pulsion Eros décrite par Freud. Faire l'amour, est une autre manière d'apaiser ces bouillonnements internes en s'affranchissant de la parole et c'est Thanatos, la pulsion Thanatos qui rejette la parole, mise en lumière encore une fois par le père de la psychanalyse. Passer à l'acte c'est utiliser le corps de l'autre parfois à l'extrême utiliser le corps d'un animal ( pour ceux qui sadisent les bêtes, les oiseaux et les chatons ) pour refroidir le sien propre, en refroidissant. le corps de l'autre. La chasse est un passage à l'acte, la tauromachie est un passage à l'acte, en tant que spectateur, nous tuons tous le taureau harcelé et poignardé par les pics du toréador. Les sacrifices sanglants sont aussi une forme de passage à l'acte.
Le corps de l'autre, n'est pas la pour nous réchauffer, contrairement à ce qu'on croit, il est toujours utilisé comme un radiateur, un ventilateur, une douche froide. C'est un lavement, c'est l'eau du baptême pour un nouveau baptème. Stop. Plus de paroles. L'autre en face de moi est devenu vide, tel un sceau vide, je vais le secouer afin de recueillir les dernières gouttes et jeter le sceau parterre, il ne me sert plus à rien, la bile est déversée, le coup de sang, jusqu'à voir le sang jaillir du corps de l'autre. Le corps serait comparable à une centrale nucléaire qu'il faut refroidir à l'eau lourde, à la parole lourde, parfois trop lourde, trop de déchets et c'est l'accident, c'est Corpo-bile. Et l'irradiation, le nuage se propage parfois très rapidement et c'est ce qui est relaté dans les horribles massacres, tel le massacre des Tutsis.
Trop de paroles tue la parole, le passage à l'acte ne peut que se multiplier pour créer des brèches des fenêtres, des " Windows ". Et l'absence de parole, met en ébullition les corps qui s'agitent dans tous les sens, baignés dans une mer de testostérone, l'explosion est garantie. Le passage à l'acte c'est l'esprit qui s'éclipse, qui se retire. Un temps soit peu. C'est le temps du désastre originel, dont je n'ai point de souvenir si ce n'est une trace, un rayonnement fossile, et qui après coup a fait que je sois un être à part entière. Ma première rencontre avec l'autre au début du monde a du être très effrayante, un véritable cataclysme, c'est le big bang de mon humanité . Au commencement était l'acte. L'acte a fait le lit de la parole, a ouvert le défilé pour la parole. Dans ces temps anciens je n'étais que cris, pleures et agitations. Le passage à l'acte est une réplique d' un séisme ancien, une régression farouche qui signale l'impuissance, c'est l'impuissante consistance de l'être qui vole en éclat. Quitte à " m'éclater " moi même ou à " éclater " l'autre, je sauve quelque chose. Dans ce mouvement d'éclatement et d'explosion je sauve une part de moi même : C'est l'anneau de diamant de mon éclipse totale. A titre d'exemple, le coup de poing, le coup foireux, le coup tout court me montre que mon être tout mon être s'est concentré et replié dans un poing. Mon être est parti en déliquescence dans un coup, dans un coup de tête, dans un coup de pioche, je pioche dans l'autre, je le creuse à la recherche d'une pépite d'objet de moi même. A la recherche d'une pépite de désir.. J'ai tiré un coup !
Dans les cas pathologiques : Les enfants autistes agités, les psychotiques, schizophrènes agités, les adolescents agités, tous ces excités nous rentrent dedans, comme s'ils nous voyaient pas, ils nous creusent et transpercent, nous sommes devenus pour eux, une porte, une petite trappe vers l'ailleurs. Et parfois ces adolescents tordent le cou aux petits, comme ce jeune de seize ans qui a étranglé à Rennes le petit collégien de treize pour un regard, et l'agresseur qui découvre après coup la gravité de son acte. Comme s'il fallait passer à l'acte pour découvrir que l'autre existe.Ces damnés de l'agitation sont comme une terre qui subit des répliques de séisme et qui peut se creuser à tout moment, en faisant chuter tout ce qui l'entoure. Et les soignants et psychothérapeutes ne sont pas à l'abri, assis sur un fauteuil au bord d'un volcan, ils peuvent à tout moment voir surgir le " Big one " . la malheureuse psychothérapeute parisienne violée et étranglée à son cabinet par un schizophrène a succombé à ses blessures.
Il n' y a que les banquets platoniciens, les Diwans perses et aujourd'hui la psychothérapie et les lieux de parole authentique, sincère, ou dite démocratique qui peuvent nous éviter ce mal terrible. Un curé Marseillais lors d'une conférence sur le dialogue des civilisations évoquait l'ouverture de maisons de la sagesse, en prenant en exemple la maison de la sagesse de l'âge d'or de Bagdad. Une idée géniale, créer un lieu pour la sagesse, elle viendra sûrement nous rendre visite un jour ! Il n' y a qu' un retour miraculeux, certain, à Sophia, notre bonne vieille Sophia qui pourrait nous sauver et nous garantir un monde peut être meilleur, avec peu de passage à l'acte. Une nouvelle philosophie tournée vers la nature et non pas tournée vers la cité, ce qui semble beaucoup plus fécond ( la nature a énormément de choses à nous dire ). Ca sera un monde plus apaisé, mais peut être pas encore aussi parfait que celui des Bonobos, fait de jeux d'amour, de libertinage. Ou aussi bon que le monde des enfants, le monde du jeu, un monde qui peut paraître égoïste, mais certainement innocent et sain, un monde fait d'un peu de parole, d'un peu de corps et d'un peu d'objet qui circule de l'un à l'autre à tous les autres.
Ce monde des enfants a tendance malheureusement à disparaître, le cycle de la vie sociale des êtres humains semble bouleversé ( il y a le réchauffement de la planète, quid du réchauffement des corps ? ). Nous observons de plus en plus d' enfants accouplés à un disque dur caniculaire : une vidéo qui tourne en boucle, un ordinateur, une console de jeu, un smartphone bourré d'applications. Comme si on leur greffait un deuxième cerveau externe en dur qui a tendance à éclipser le premier, et ils n'auront plus d'inconscient, plus de scène ailleurs, plus d'imaginaire, plus de rapport à l'autre, plus de rapport aux parents, aux grand-parents, aux anciens, plus de rapport avec l'école, plus de rapport avec le maître, plus d'histoire, des No Life, tout est là devant eux, ils sont seuls au monde assis aux commandes, ils s'étouffent à vue d'oeil par l'inflation d'objets " magiques " , par l'inflation de fétiches, par le trop plein de technologies, de réalité et de réel qu'ils avalent comme des ogres. Ils seront aux prises avec un rayonnement instantané et réel, ils sont foudroyés sur le champ ( le sodome et gomorrhe biblique est de retour ! ), ce n'est plus une visite du fameux rayonnement fossile. Ils reçoivent des éclairs de toutes parts : Ils auront tendance à devenir Addict de jeux de lumière et de couleurs, Addict de ténèbres, Addict de demi-mots, Addict de beuveries, Addict du sexe et du sordide, Addict de bruissements et de hurlements, Addict de bruits d'explosions, Addict de musique " Techno-crotte ", Addict de répétitions, Addict de fanatisme. Et Addict d'argent, de beaucoup d'argent : Time is money, et avec de l'argent ils achetèrent des drogues. Nous sommes entrain de fabriquer des robots pas très intelligents et féroces, des machines chauffées à bloc. Et comment faudra t-il refroidir ces bêtes humaines en devenir ? Probablement par des passages à l'acte très spectaculaires. Comme si notre monde devenait de plus en plus habité par des êtres volcaniques, des corps qui rayonnent et qui ont besoin d'une lance d' incendie pour les apaiser, il va nous falloir de l'eau, beaucoup d'eau..

A suivre..

Rédigé par Malek Gouni le Dimanche 19 Août 2012 à 01:52

Psychopathologie du quotidien, psychopathologie des européens, des Africains, des Asiatiques, des Esquimaux, des Juifs, des Bouddhistes, des Gitans, psychopathologie des Himbas et que sais-je encore ! Ce sont toujours les autres, les autres. Nous repérons leurs différences, leurs signes distinctifs, leur religion, leur culture, leurs qualités, leurs lourdeurs, leurs grossièretés, leur finesses, et leurs symptômes. Alors ! peut-on parler de la psychopathologie des Maghrébins ? Sans complexe ? Même si ça semble lourd, xénophobe, redondant, même si ça nous rappelle les années noires de la psychiatrie des morphotypes racistes de l'école d'Alger et ses travaux sur l'impulsivité meurtrière du nord africain, combattue plus tard par le docteur Frantz Fanon. Eh ben ! on peut se jeter à l'eau ..
Ce discours peut paraître choquant, je rassure le lecteur, il est surtout fantaisiste et provocateur !


Dans les années soixante on entendait souvent cette blague sur les arabes : Qu'est ce qu'un arabe en costume cravate ? Accusé levez-vous ! Ou encore cette autre entendue récemment : deux arabes dans une voiture, lequel est le conducteur ? Un policier !
Cela résume le poids de la stigmatisation et le climat de grande suspicion qui a toujours pesé sur les maghrébins. Et il sont de plus en plus rejetés, déclarés tricards, mis à l'indexe. En pense de plus en plus sans être aucunement gêné qu'il y a trop d'arabes en France, la situation s'est dégradée depuis le 11 septembre, certains les considèrent comme des terroristes dormants. C'est le discours des marchés et des Bistros, des "dupont lajoie" le film référence de 1975 (ratonnade et rejet) . Alors que dans les années soixante dix les arabes étaient très "discrets" faisaient beaucoup d'effort pour s'intégrer, les femmes venues du djebel s'habillaient à l'Européenne, mettaient des bottes et des jupes, on disait "habillé civilisé". Les hommes arabes, endimanchés, laissaient apparaître du haut de la poche des costumes les stylos à bille rouge et bleu laissant entendre qu'ils étaient lettrés, alors qu'ils étaient analphabètes (les stylos leur servaient surtout pour faire le Tiercé). N'empêche ça tirait vers le haut ! Ils voulaient s'intégrer, on les a rejeté, ignoré. Les temps ont changés et la fracture est de plus en plus visible depuis les actes terroristes islamistes ici et la, et depuis les déclarations de certains politiques : le bruit et les odeurs de Chirac, les sauvageonts de Chevènement, le mot racaille de Sarkozy et dernièrement pain au chocolat de Copé parlant de Beur et de Ramadan. Et de quoi sont-ils souvent soupçonnés et étiquetés ces Maghrébins ?
D'être fourbes, voleurs, menteurs, goujats, niqueurs de dromadaire, de battre leurs femmes, recherchant la promiscuité, se déplaçant en groupe, d'être maltraitants vis à vis des animaux, égorgeurs, prédateurs, pollueurs, ne respectant pas la nature, sales, bruyants, non organisés, moqueurs, méprisants, fainéants, ne respectant pas les institutions, anti-juif, anti-noir, anti-arabe, anti-femme, anti-chien, anti-modernité, anti-tout, impatients, provocateurs, irascibles, susceptibles, paranos, imprévisibles, profiteurs, magouilleurs, venant manger le pain des français et autres européens. En gros rien de bon, c'est une image noire, comparable à l'image du pervers, traitre, perfide et avide d'argent que véhiculait les juifs au moyen âge et qui les poursuit à nos jours. Et c'est ce discours des purificateurs blancs, les Aryens ou " bons à rien " comme aimait dire Lucien Israël, qui s'est banalisé atteignant les couches profondes et classes moyennes en France et en Europe. Un discours, au fait bien ancré depuis les croisades et renforcé pendant la colonisation des pays arabes. Les racines des préjugés sont profondes disait voltaire. C'est trop simpliste et facile de décrier ce discours raciste et de vociférer contre cette idéologie, d'autres l'ont fait, ça n'apporte rien de pertinent. Le constat que nous pouvons faire c'est que les Maghrébins sont différents des autres au niveau de leur fonctionnement, c'est un fait observé et observable, ils sont remarquables ! les Maghrébins de France eux mêmes font souvent ce constat. Au point de développer parfois un " racisme " inter-ethnique, ils s'amusent à traiter ceux qui viennent du Maghreb de " Blédard ou Clando " . Comme si le fait d'avoir " forniqué " avec la France leur donnait le droit de traiter les autres de race inférieur, de " gogol ". Ca nous rappelle les Afro-Américains qui se traitent mutuellement de " négro ". Sans oublier que le terme Bled est un mot qui désigne le pays - le terroir - en Europe il semble avoir une connotation péjorative, à titre d'exemple, l'Algérie le plus grand pays à la fois du monde arabe, de méditerranée et d'Afrique, qui fait quatre fois la taille de la France, nommé vulgairement Bled. C'est très réducteur, comme s'il s'agissait d'un No mans land, d'une autre scène inconnue, le pays des Gremlins ! Et pourquoi pas Gourbi ! A titre anecdotique pour poursuivre dans le mépris inter-ethnique, un ami Tunisien avocat très critique vis à vis des arabes, pas du tout croyant, parlant d'Islam, disait : " les arabes au paradis ? si le paradis existe on devrait le leur interdire ! J'ai pas envie de me retrouver dans un endroit ou il n' y a que des Maghrébins". Et nous connaissons beaucoup de ces phrases qui témoignent d'un mépris inter-ethnique exécrable du style : j' habite un immeuble, il n' y a pas un seul arabe dans le coin, il n 'y a que des Français ! ou cette autre : les arabes sont partout ! ou encore : Nous les kabyles sommes différents ! ou encore : Ils viennent d'arriver, n'ont jamais travaillé et ils ont tout, l'assistante sociale leur a tout donné ! ou bien : mon fils ne fréquente que des Français. Cela résume qu'il y a un débat dénigrant, condescendant informel, il sera probablement fécond, pouvant sortir cette masse gluante comme les loukoums, des préjugés lourds, taillés en gandoura. Un petit arabe ( voilà encore un terme péjoratif ! ) s'il a un costume identitaire prêt à porter qui l'attend avant de sortir dans la rue, il l'enfilera sans complexe. Si le discours ambiant dit qu'ils sont tous des délinquants et de la racaille, alors ce petit sera délinquant ! Si la presse continue à véhiculer un discours du style " les prisons sont remplies d'arabes ", ce n'est pas prêt de s'arrêter. Les officiels, tel qu'un président de la république, un ministre, un chef de parti, des journalistes, ils sont tous les dépositaires et distributeurs de discours dans une société, ils assignent chaque citoyen et chaque groupe d'individus à une place dans la cité, s'ils sont maladroits ou manipulateurs, ils pourront exclure les personnes les plus fragiles. La période du Sarkosysme a eu des effets néfastes sur les Maghrébins. Il ne faut tout de même pas passer sous silence le racisme, le rejet Maghrébin, arabe, Musulman de ce qui est occidental, de ce qui est chrétien, de ce qui est autre : rejet du mariage avec un non musulman, européens traités de sales, de mécréants. Un Maghrébin, un jour, s'est mis à insulter un de mes confrères, un médecin expert Européen qui n'aurait pas répondu à ses exigences. Je l'ai rappelé à l'ordre et manifesté une forte protestation devant un tel comportement, il m'avait répondu : " Mais lui ce n'est pas grave on peut l'insulter, il n'est pas comme nous et toi tu es un cousin ! " . Comme s'il fallait les maudire tous ces Européens, les Maghrébins sont persuadés qu'ils iront tous en enfer - il ne s'agit pas d'un racisme anti-blanc, c'est juste comme s'ils s'étaient découvert une nouvelle identité d'être " Anti-Tout " - Et le rejet des juifs c'est encore pire ! Celui la c'est un juif " Yahoudi Hachek ". qui veut dire : que dieu te préserve de la souillure qu'il porte en lui ! quelle ignominie. Le juif est porteur de souillure, de maux et de pêchés dans l'imaginaire populaire arabe. De même pour la femme au Maghreb, qui subit le même sort que le juif. On dit dans certains endroits reculés : "cette femme hachek" comme si la femme était aussi porteuse de souillure, couverte de honte ! rien d'étonnant dans les pays du bassin méditérranéen, les femmes ont souvent été maltraitées (il n' y a qu'à voir certaines représentations type Zorba le Grec ou la Strada) . Tout petit, je devais avoir cinq, six ans, quand elle devait porter un lourd fardeau, une valise de voyage lourde, ma grand-mère, ma Habiba adorée, trés naîve et analphabète, qui n'a jamais fait de mal à personne - et qui n'aurait jamais pensé faire du mal à un juif - c'était l'innocence absolue ! s'exclamait un jour au sujet de la dite valise : Oh ! on dirait le cadavre d'un juif ! Et pourquoi une telle comparaison ??!! Parce qu'on pensait et qu'en pense toujours que le juif a commis tellement de pêchés de son vivant, qu'ils alourdiront son corps une fois mort. Et c'était des Oranaises, l'autre jour qui s'esclaffaient et qui excellaient dans les injures anti-juives dans la salle d'attente d'un médecin juif, elles ne savaient pas qu'il comprenait l'arabe, elles s'en moquaient d'ailleurs ! Ce sont ses patientes, il n'en a pas tenu rancune. Ces mêmes Oranaises, traitées de cagoles, vulgaires et de filles faciles aux moeurs légères par les Algéroises, ainsi va le monde. En réalité le juif représente chez les arabes à la fois le plus intime et le plus étranger. Il représente l'inquiétante étrangeté. Dans l'Algérie postcoloniale on devait vociférer contre les juifs, comme si les juifs étaient responsables de tous les maux sur terre, alors qu'il n' y avait plus de juifs depuis l'indépendance. Bien entendu le conflit Israëlo-Arabe a créé un fossé abyssal et Israël qui pratique l'Apartheid et les sionistes qui soutiennent cette politique agressive, cruelle et obscène ont donné pour la première fois le bâton pour se faire battre ( sionisme religieux qui se ligue avec le messianisme protestant Américain ). Les Frères Cohen ne sont pas stupides quand dans leur film " A Serious Man " ils mettent en exergue et annoncent la tornade biblique destructrice du judaïsme .
Et les noirs, Les Maghrébins les tolèrent à peine, on se marie que très rarement avec eux. A l'époque ou l'Algérie était progressiste, patrie des révolutionnaires, il y a une quarantaine d'années, elle ouvrait ses portes aux jeunes Africains venus faire des études dans les villes universitaires. Quand ils remontaient en groupe vers leur cité ils étaient caillassés, j'avais assisté enfant à des scènes horribles de lapidations, parce qu'ils étaient noirs, venus d'ailleurs, bien sûr c'était des actes isolés, mais ils ont réellement eu lieu. Les Algériens quant ils parlent des autres pays d'Afrique, ils disent "les Africains" comme s'il ne faisaient pas partie du même continent. De même que les Européens, les Maghrébins disaient souvent des noirs qu'ils étaient sales et qu'ils sentaient forts. L'esclavage avait longtemps survécu, toléré sous des formes feutrées, passées inaperçues. Bien que l'Islam dés l'aube de son histoire avait libéré les esclaves. Au Maghreb, l'esclave était porteur du bon augure, on leur donnait le prénom de Mefteh ( clé ), Messaoud ( celui qui apporte le bonheur ), Bayda ( blanche ), Lebied ( le blanc ) alors qu'il était noir de peau, ou bien Rabah (celui qui apporte la réussite).
Parfois on est agréablement surpris : j'ai vu à Marseille beaucoup d'unions mixtes entre Sénégalais et Maghrébins ! Et beaucoup plus rarement, mais ça existe, des Maghrébins avec des juifs laïcs.
Oui ! les Arabes, les Maghrébins sont différents des autres de par leur culture. Ils sont effectivement bruyants, ils aiment se faire entendre, on se parle fort tous en même temps pour ne pas s'entendre. C'est une culture ou l'individu n'existe pas, donc il faut se faire sa place par tous les moyens. Ils aiment la promiscuité, comme s'il fallait s'entourer de miroirs pour se voir en tout coin de rue, faute de quoi, on risque de s'évanouir, de disparaître. Ca me rappelle ce chibani qui me disait : " j'étais dans une grande salle d'attente, il n' y avait que des Français, un Arabe est rentré, il y avait de la place partout, des chaises vides en pagaille, il a trouvé le moyen de venir s'assoir à côté de moi, il est venu me coller. ". C'est le propre des cultures de groupe, c'est fragile, on ne se déplace qu'en masse, il y a de la chaleur certes, mais aussi de la lourdeur. Puisque c'est une culture de groupe, tout appartient à tout le monde, il n' y a pas de notion de propriété, on farfouille sans gêne ni complexe dans les affaires des autres. Les " sacs " appartiennent à tout le monde, à tout le groupe. Ce n'est pas vécu comme du vol. Rien n'est privé, tout est public, on ne se prive de rien.J'ai vu en Algérie toutes ces maisons barricadées, des barreaux à chaque fenêtre, les gens s'emprisonnent chez eux, ils craignent le vol, effectivement, l'Algérie s'est totalement transformé depuis les années noires du terrorisme. Cependant, il me semble qu'autre chose est en jeu : les arabes, résistent au privé, ils n'aiment pas le privé, on rentre chez vous par effraction pour vous montrer que tout est public, ça appartient à tout le monde, à tout le groupe, à toutes les tribus. Dérober quelque chose à l'autre, dans le pays de l'autre, c'est aussi une forme de provocation. Parfois ça prend une forme de perversion généralisée (petites arnaques à la petite semaine) saupoudrée de je ne sais quel savoir stupide " religieux " venant légitimer le fait de gruger les institutions des " Gawris " ( terme désignant les Francs chez les Maghrebins, qui veut dire semble t-il, cochon en Turc ). La CAF, les ASSEDIC, les Assurances, ces institutions des Gawris sont vécues comme un substitut maternel. Une mère avec de grosses mamelles, toujours bonne ! parfois, on est tenté de coucher avec elle, commettre l'inceste : l'arnaquer. Les Maghrébins sans mère, ils sont perdus pour toujours ! Et en France c'est l'assistante sociale qui est convoquée à cette place (avec la crise,elle va surement être remplacée par les Qataris et autres mécènes musulmans, ou au pire ! par les vendeurs de drogue). Ils leur faut une mère en permanence, une mère aux alentours, une mère à la fois bonne et féroce qui leur prend tout. Dégoulinante, débordant d'amour et de haine qu'elle distribue à son troupeau, elle est sans limite, jamais satisfaite, ronde, sphérique pénétrable comme du beurre, perforée au point d'être comme liquéfiée insaisissable. Inconsolable, elle pleure sans cesse sa douleur d'avoir été déportée toute jeune pour venir créer une colonie sur une terre inhospitalière, toutes ces femmes Maghrébines ont vécus leur Auschwitz sans Barbelés et sans gardiens. Elles demeurent tel un magma qui crache sa lave, face à elles, on est comme assis au bord d'un volcan qu'on ne peut jamais quitter, fascinés par son feu. Parfois c'est la soeur ainée qui prend cette place de mère, quand l'officielle est malade, ou partie trop tôt, ou trop occupée par des affaires au bled. Et le père, ce vieux shnock, qui tremble à longueur de journée ou qui est parfois raide comme une saillie, dont tout l'argent de la petite retraite passe au PMU et qui va profiter de la moindre occasion pour se marier au bled, prendre un "deuxième bureau", une " Mercedes w ". Une fille très jeune qui a l'âge de sa fille, et c'est souvent après le décès sa femme, le corps encore chaud à peine enterrée... Et c'est la zizanie, l'opprobre, la guerre déclenchée dans la horde sauvage, à peine reconstituée après la mort de la mère. Les uns sont pour, les autres sont contre cette dernière manoeuvre du père. Les filles sont souvent plus structurées que les garçons, comme elles étaient souvent recluses dans leurs appartements de banlieue; elles ont fait des études. Occupant plus tard des postes enviables au sein des institutions. Elles quitteront la famille et la horde de frère pour épouser un agent de sécurité ou le cousin du bled, ou partiront avec un séfran. Maudites à jamais. Les garçons sont abouchés au cordon ombilical de leurs mères, ils naissent dans les vapes, sniffent leur mères à longueur de journée, toute leur vie durant, ils ne jurent que d'elles et plus récemment de la Mecque, elles leur lâcheront quelques mètres de son cordon pour s'éloigner vers la prison du coin, ou elles les visiteront une fois par semaine ou ils pleureront ensembles leur douleur de n'avoir plus de père, plus de repère ! Paradoxalement certaines femmes et certains parents Maghrébins irresponsables contribuent à l' exclusion de leurs enfants, ils les disqualifient de facto dés la naissance, ils font d'eux l'équivalent d'une allocation de cent soixante dix sept euros et en d'autres circonstances, ils en font le faire-valoir d'une allocation " parent isolé " . Quand un enfant est l'équivalent d'une somme d'argent, ça donnera plus tard, " un enfant isolé, bien isolé " . Un monstre insatiable . Ca s'appelle un enfant fétiche, ou un enfant objet, un objet " merveilleux " qu'on met sur la cheminée et qui finira bien un jour par se " casser " en mille morceaux. Freud disait le phallus n'est pas égal au pénis. Phallus = pénis + quelque chose d'autre. Et c'est ce qui nous permet de ne pas mélanger les torchons avec les serviettes. Avec l'argent cet objet " merveilleux " que les sociétés traditionnelles ont découvert récemment, et qu'elles investissent très fortement, on pense réellement qu'il occupe la place du sacré, la place de dieu et de ses représentants sur terre (l'autre jour, un fonctionnaire Algérien disait à ses acolytes : donnez moi ma part de corruption pour que je fasse le pèlerinage à la Mecque ! Avec l'argent, le phallus = pénis et rien d'autre.Une chose correspond à une autre, à un objet bien réel et un seul - un navet correspond à une carotte - il n y a plus de place pour la métaphore - plus de place pour la parole. Avec cet argent on peut acquérir des objets splendides et de haute technologie fabriqués, créés au fur et à mesure depuis la révolution industrielle . Et les créations sont de plus en plus rapides et de hautes technologies. Cette thèse est valable pour toutes les cultures. Dans les sociétés traditionnelles, telle que la société Maghrébine, nous sommes passés du moyen âge à la modernité sans période ou âge intermédiaire. Et c'est la que le bas blesse ! L'argent, les objets sont venus remplacer la parole authentique, nous n'avons plus à faire qu'à des objets, nous ne communiquons plus avec l'autre, toute parole ne tourne qu'autour de l'objet, l'autre ne sera plus reconnu, et s'il n'a pas la même culture, s'il est différent de nous, c'est encore pire ! Cette profusion d'objets et cet attrait pour les objets les pousse dans les grandes surfaces à s'attrouper autour des grands écrans plasma (Haut Débilitant), les électroménager, grands frigos Américains, machines à laver, game boy ect.. Presque rarement dans des lieux de création artistiques : exposition de peinture, de sculpture, de danse et théâtre ou l'attrait pour la littérature ou les balades dans la nature. Bien sûr la religion musulmane n'encourage pas la représentation. Mais on est soi même une représentation permanente, on n'a pas besoin d'aller voir ailleurs, d'aller voir l'ailleurs, l'ailleurs est ici au sein du groupe et il est partout. Pour les Maghrébins, l'oeuvre d'art est du côté du plastic, du côté du clinquant, du côté des canettes de coca. Ils ont sauté à pieds joints du milieu traditionnel ou on utilisait les objets de la nature : fer forgé, argile, paille, bois, laine, colorants naturels, à la modernité affolante, ou on utilise du béton, du plastic, de l'aluminium, le design et l'esthétique industrielle.. une canette de coca est sûrement une oeuvre d'art ! quand on a été pris emballé, emporté rapidement, corrompu par la modernité. On remarquera souvent dans les restaurants Maghrébins et gargotes, tous les types de canettes exposées en vitrine ! On a oublié de fabriquer la citronnade naturelle et les fruits pressés, nous privilégions les gaz, les Maghrébins sont gazés, boissons gazeuses hyper sucrées, le diabète fait des ravages, le ventre en dos d'âne, les Maghrébins sont aux prises avec le principe du plaisir, sucré, immédiat..Alors que les autres savourent l'Au-delà du principe du plaisir ! Cela nous rappelle les indiens d'Amérique qui avaient sombres dans l'alcool en rencontrant l'Espagnol crétin syphilitique conquistador (paroles de Baldini, psychanalyste Italien).
Est-ce que les Maghrébins sont menteurs ? Au regard des cultures de la rectitude, de l'exactitude, de la rigidité et de la parcimonie, ils peuvent paraître menteurs. Cependant, c'est une culture du verbe, de l'inflation du verbe, et du jeu de la lettre, une séduction à outrance par le verbe dés qu'il s'agit de s'adresser à l'autre. Il y a un plaisir de la parole. Pourvu qu'on continue à parler à l'autre, on est prêt à lui raconter n'importe quoi, pas dans le but de le tromper comme on le croit souvent, mais plus dans un souci de jouissance du verbe. Les arabes jouissent du verbe, bien sur, c'est comme tout le monde, sauf que chez eux c'est trop, ! Un ami me disait qu'un Maghrébin dit toujours oui ! Tu sais peindre ? Oui. Tu sais faire la maçonnerie ? Oui. Tu sais coudre ? Oui. Tu sais piloter un avion ? Oui ! Tu sais fabriquer une bombe atomique ? Oui ! Pourvu qu'il te dise oui, une quête de séduction sans limite. Et quand il s'agit de parler la langue de l'autre, on prend un peu plus de liberté, puisque ce n'est pas notre langue maternelle, on peut " niquer " la langue de l'autre : " nique ta mère, nique tes morts ect.." . Quand il s'agit de parler la langue de l'autre tout le monde est champion pour piétiner le maternel, à l'endroit ou avec la sienne propre on montre des limites, de la pudeur, on marque l'interdit. L'une des raisons qui pousse les être humains à quitter leur terre et émigrer ailleurs est de se libérer du maternel dans lequel on est coagulé, englué, limité, ce ne sont pas que des raisons économiques qui nous poussent à partir. Dans le pays de l'autre, on est transcendé - on se renouvelle, on s'émancipe et on se découvre des qualités, ignorées jusque là - On remarquera que les premiers mots appris dans la langue de l'autre sont toujours les gros mots et les " grands " mots. L'inceste interdit dans notre langue maternelle devient un peu plus licite, ailleurs. Les hordes d'allemands et de Français qui débarquent en Espagne, en Thaïlande, en Afrique et au Maroc prennent plus de liberté, manifestant plus de véhémence et d'indélicatesse, jusqu'à parfois jouir des enfants des autres.
Est-ce que les Maghrébins sont des provocateurs ? Oui ! On aime déranger l'autre, savoir ce qu'il a dans le ventre, il faut qu'il pense comme moi, qu'il ait les mêmes pensées intimes que moi, rien ne doit m'échapper, c'est angoissant de ne pas être pareil que soi. Culture de groupe oblige, tous pareil mais jamais d'accords, même désirs, même hobbys, même passions quand il y 'en a. D'ailleurs, on n'est souvent passionné que par l'autre ( rarement passionné par autre chose que l'humain ) faire comme lui coûte que coûte, lui ressembler tout le temps.On va manger la même chose, On va acheter tous la même voiture, s'habiller tous pareils ( les pauvres, qui touchent le RSA, s'endetteront encore plus pour acheter les dernières Bascket à leur enfants ). La seule culture dans laquelle les individus ont tous le même désir en même temps. Ils désirent tous la même chose. Partir tous en même temps et dans le même endroit, bâtir des étages au bled, montrer le même clinquant, il faut que ça brille de loin pour ses semblables : regardez moi ! je suis là. Dans cette culture on manque de visibilité, et pour être visible, je me soutiens d'objets, donc je vais m'entourer d'objets, les plus gros, les plus colorés possible, chacun se trimbale avec son souk dans sa poche transparente. Ils n'ont rien à cacher, tout est la visible, c'est le contraire des protestants et des Asiatiques. Toute l'histoire est la visible, claire comme de l'eau de roche, au point de vouloir distiller un discours trouble, embrouilleur, faire des histoires(même quand c'est simple, ils injectent du brouillard). Ils croient pouvoir nous embrouiller, alors qu'on les voit venir de loin avec leur gros sabots (ce sont vraiment des sabots pas des babouches, le babouche est feutré silencieux). Les Maghrébins ont toujours quelque chose à vendre. On s'échange des objets à longueur de journée et de nuit. Leurs voitures sont toujours chargées à bloc. C'est la culture de l'inflation d'objet . Comme si mon corps était trop étroit, engoncé, insuffisant pour porter mon être, je suis comme dilaté, je vais essayer de contenir mon être épars dans des morceaux d'objets, de verbe et de corps des autres, d' ou l'amour de la promiscuité ! Et je serai toujours dans la provocation avec l'autre pour vérifier s"il a la capacité de contenir les boyaux de mon être qui débordent. Car jusque la je n'avais confiance qu'en ma mère qui a un coffre fort à double tour qui pouvait totalement me contenir. Une prison dorée pouvant tout engloutir, ayant beaucoup d'espace. Les jeunes Maghrébins passent par la case prison pour rencontrer un autre contenant, autre que la mère. Ils commettent des vols et des actes parfois absurdes pour aller en pèlerinage vers ce lieu sacré. Un jeune Maghrébin d'à peine vingt deux ans, vient de partir à la Mecque pour passer le Ramadan, il sort tout juste de prison ( traditionnellement ce sont les anciens qui partent à la Mecque, ils sont sensé ne plus jamais commettre de péché ). Les jeunes Maghrébins en Europe iront volontiers à la rencontre de la loi, rencontrer le juge, ils retourneront le voir plusieurs fois s'il le faut pourvu qu'il les libère de la prison maternelle. Malheureusement, ils ne croisent souvent que le chemin d'un juge avec son intime conviction stupide, féroce et raciste, ils ne croisent que des écrits de journalistes irresponsables et que de formules trop impertinentes et indélicates d'hommes politiques " pervers "qui les renvoient illico presto vers leur première prison, la prison maternelle. Et même quand ils sont soutenus par les bonnes âmes angéliques, charitables humanistes de " gauche " ça les dessert, c'est un soutien complaisant, trop entaché de culpabilité : on vous aime, on sera laxiste avec vous, on vous permet tout, on est prêt à tout payer, parce que nous sommes coupable ! On n'a toujours pas compris en Europe que les Maghrébins sont des amoureux de la loi de l'état moderne, la transgression n'est pas à inscrire du côté du défi de la loi, mais du côté d'une envie de loi. La loi de l'autre, les fascine, le corpus juridique occidental est immense, mais comme il ne savent pas comment l'intégrer, comment l'appliquer (elle leur semble trop dure, à la fois trop étroite, trop vaste et trop injuste) ils la "cassent " la " détournent " comme un enfant qui casse les objets pour comprendre comment ils fonctionnent. Une loi avant d'être appliquée, elle doit être enseignée, transmise. L'expérience de l'exil fait perdre la tête, fait perdre un morceau de loi de sa culture propre, se produit une cassure, une fracture. La transmission de la loi des anciens s'arrête souvent à la frontière du pays de l'autre. Et cette cassure se révéle plus forte dans la deuxième et encore pire dans la troisième génération. Cette dernière génération est plus véhémente, elle se sent forte dans le pays de l'autre, elle recherche les ruines anciennes, déterre les cadavres des ancêtres et ne trouve rien, les tombes sont vides. Ils ignorent qu'ils sont dans la profanation. Ils recherchent le père, les ancêtres, les saints, ils recherchent.. Dieu. Malheureusement, même les morts on les enterre en terre d'Islam. Même les bébés on se précipite pour les enterrer la bas. Et pourtant, personne ne fera son Alia, la montée pour se recueillir sur leurs tombes. Un peuple qui n'a pas ses morts proche de lui souffrira toujours d'une carence de loi. De même chez les Comoriens qui sont d'un grand raffinement, un peuple pacifique très tolérant, on a remarqué que la deuxième génération souffrait des mêmes maux. La courbe s'inverse positivement pour tout le monde, à partir de la quatrième génération. Personne ne semble avoir transmis la loi moderne à toutes ces populations, et de ce fait, Ils sont souvent des Hors la loi, dans la transgression et commettent des infractions qui leur coûtent très cher devant les tribunaux du commerce, de la police et d'instance de l'état moderne. Devant la complexité et la quasi-complétude des lois occidentales, les arabes sont devenus des législateurs : viande hallal, ça c'est haram, il faut faire le Ramadhan, voile obligatoire, l'interdit de l'usure, même si ceux qui s'efforcent à faire appliquer ces lois en occident ont parfois une moralité douteuse. J'ai vu de mes propres yeux une femme non instruite entrain de vérifier sur le papier du bonbon de son fils s'il y a la présence d'une once de gélatine de porc ! Alors qui transmet la loi chez les Maghrébins ? On dit que " nul n'est sensé ignorer la loi ", cet adage sonne comme un aphorisme, quelque chose d'insensé, trop prétentieux, un adage de bourgeois, élitiste. Tout le monde ignore la loi et c'est pareil pour les Maghrébins. La loi fait violence au désir. Elle barre la route du désir, elle ferme la route de l'ailleurs. Il n' y a que les obsessionnels, les calculateurs, les spécialistes du chaque chose et chaque lettre à sa place qui savent y faire avec la loi. Les obsessionnels sont ceux qui savent différer le moment du bonheur. Les maghrébins sont dans le bonheur immédiat, la razzia, tout de suite ici et maintenant, pressés, trop pressés, comme s'ils allaient mourir le lendemain. La loi moderne est toujours quelque chose d'inscrit, c'est une lettre inscrite sur du marbre. Elle est indéménageable, indélocalisable, inattaquable. La loi inscrite c'est le fondement des états modernes. Et comment y faire avec cette loi inscrite quand on vient d'ailleurs, quand on n'a pas de tradition obsessionnelle. Quand on n'est pas issu de la culture de l'exactitude, la culture du couteau, des ciseaux et du coupe-coupe. La tradition obsessionnelle est un héritage du protestantisme. Ce sont les protestants qui ont créé la loi moderne : l'appel direct à Dieu et à la conscience individuelle sont les marqueurs forts du protestantisme. Si l'islam semble avoir opéré un retour vers le judaïsme, paradoxalement, le protestantisme est un retour vers l'islam. C'est un appel direct à Dieu sans intermédiaires. Cependant l'islam est resté avec sa conscience collective, alors que le protestantisme a privilégié la conscience individuelle. C'est le protestantisme qui a donné naissance à l'individu au sens singulier du terme, il a donné naissance à l'individu moderne. Dans la religion chrétienne le sujet est coupable, devient punissable, un peut plus punissable et responsable de ses actes, c'est une grande innovation peaufinée par le protestantisme. Chez les Maghrébins le sujet est coupable mais pas responsable (ils sont tous des Georgina Dufoix !) , c'est le groupe qui est responsable, ce qui suppose une dilution de la responsabilité..Le sujet, l'individu, et peu coupable, donc pas punissable, il est innocent, tous les maghrébins sont innocents, il n'ont jamais rien commis de mal ! Monsieur le juge, il n'a rien fait, je vous jure qu'il n'a rien fait ! Et tout le monde est prés à témoigner à tort pour ce "salopard" et ils arrivent à convaincre qu'il est innocent. J'ai assisté à des regroupements salutaires, à la sortie de prison de leur voisin criminel, il est attendu avec les youyous, les embrassades et la fête. De criminel, il est devenu victime, un saint qu'on doit aduler et célébrer. La prison est faite pour les " hommes" pas pour les gonzesses ! C'est toujours le système tribal qui arrange les affaires, toute la smala vient demander pardon et répare le préjudice commis par l'individu. On n'est jamais seul, tout le monde devient complice après coup. Rien n'est privé. Remarque, ça protège contre la perversion, cette pathologie est rare dans les pays du Maghreb : le rapt des enfants, la pédophilie, les tueries d'enfants sont très rares, les viols de femmes ne sont pas non plus très fréquents. La perversion, le sadisme, c'est l'apanage des cultures modernes qui célèbrent l'individu, le privé. Circuler ! il n' y a rien à voir, cela ne vous regarde pas. Le privé me donne le droit de vivre, de jouir et le droit de punir. Le pervers a besoin d'un scénario privé, et comment l'avoir quand on a toute une tribu collée à ses basques ! Sans oublier que c'est la culture de l'enfant sacré, l'enfant roi, intouchable.
Et quel est leur rapport à la nature ? Oublié le temps de la grande poésie arabe anté-islamique, quand on célébrait la chamelle, le cheval, le désert et les astres. Les planètes et constellations répertoriées,et la lune trônait au milieu comme symbole de la beauté. Oublié le temps des Ommayades, des Abbassides et leurs palais et oeuvres architecturales, c'était des bâtisseurs. Oublié l'Halambra et la Grenade des Nasrides. Ils voulaient le paradis sur terre, comme décrit dans le coran. Il célébrait la nature, les rivières et les plantes, la botanique n'avait aucun secret pour eux, il y avait un jardin arabe, comme l'est le jardin à la Française ou à l'anglaise. Dans le coran,les animaux sont cités comme créatures de dieu, le prophète de l'islam observait une attention protectrice et une rigueur quand au sort réservé aux bêtes de somme. Et toutes les créatures étaient célébrées et retrouvaient la parole dans Kalila wa Dimna du Pañchatantra, le fameux livre des animaux, il semblerait qu'on retrouve des références dans les contes de Grimm et La Fontaine s'en est inspiré pour écrire ses fables !
Que reste t-il de nos amours, de nos passions lointaines pour la nature ? Rien.. Sinon la malédiction, aucun rapport à la nature, les animaux sont craints, méprisés, pour nous ils sont la demeure du diable. Les chiens sont maudits à jamais et depuis toujours, et les plantes sont inexistantes.Tout simplement on ne les voit pas ! Les Maghrébins ne fouleront plus les allées des pépinières, verdures et fleurs, ni les chemins de randonnées. Ils sont trop occupés dans leur rapport aux autres et aux objets fétichisés.Trop occupés à observer les allées et venues de leur semblables : les cafés, les marchés, les rues commerçantes, les mariages, bandés de monde. On est à trois ou quatre dans une voiture, rouler très vite pour se faire voir, rouler pour rien et sans but. Ils feront de grands gestes, des signes et des clins d'oeil à tout va, au premier venu, ils postillonneront ensemble toute la journée . Et ils sont réellement pollueurs ! Ici bas ce n'est pas intéressant, puis qu 'il y a la promesse du paradis qui nous attend (l'idée séduisait Napoléon - des jardins suspendus, des rivières de lait et des Houris). A quoi bon donner de l'importance à cette terre ingrate, misérable et imparfaite, la beauté est ailleurs et ici c'est le lieu de la débauche de la souillure et de la corruption. Le monde se divise en deux : il y a ceux qui pensent que le paradis est sur terre et ceux qui pensent qu'il est ailleurs dans les cieux. Chez ces gens la ! Les animaux et les plantes sont interdits de séjour dans leurs maisons .. On trouve parfois... des plantes en plastic !
Quel rapport entretiennent les occidentaux "modernes" avec la nature ? En quoi sont-ils si différents pour se passionner autant pour la nature, pour le matérialisme ? Pour répondre à ces questions, la révolution industrielle et la marxisme semblent constituer un socle "argileux" trivial et ne peuvent rigoureusement nous éclairer. Je n'ai pu puiser pour y répondre que dans un évènement majeur et fondamental qui n'est autre que la passion du christ. Les êtres humains ont vus de leur propres yeux, dieu dans le corps d'un être vivant, un être crucifié, ils ont vu dieu dans la nature terrestre. "Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point'. Voila le référent Saint-Thomasien qui fait foi. Effectivement, d'après les Chrétiens, dieu est descendu sur terre pour s'y mêler aux humains. Comme l'histoire coranique des deux anges déchus Harut et Marut venus expérimenter la vie sur terre. Chez les chrétiens dieu n'est pas seulement amour, mais il est aussi "nature", dieu est "nature". Une chair "clouée au pilori". Au commencement était le corps du christ, au commencement était le corps, au commencement était le réel, au commencement était la nature et non pas le verbe, non pas l'esprit, cela dépasse le matérialisme de Spinoza. Contrairement aux deux autres religions monothéistes ou dieu est esprit. Je pourrais dire qu'il y a une véritable scission dans le monothéisme : nous avons d'une part la transcendance et d'autre part le matérialisme chrétien, quand on a toujours cru et qu'on croit toujours être la transsubstantiation. D'ailleurs, chez les juifs et musulmans, dans le rituel funèbre, le défunt est rapidement enterré, le jour même de sa mort et au plus tard le lendemain. Le mort n'est pas déifiée, on inhume très rapidement la dépouille, on a horreur de la mort. Il faut très vite (à la hâte) faire disparaître le réel, faire disparaître ce qui ne parle plus, qui n'a plus d'esprit, pour qu'il retrouve l'esprit ailleurs, dans l'au delà. Alors que le christianisme a une vision glorieuse de la mort. Chez les chrétiens, nous avons le temps, trois, quatre, six jours, et nous avons le temps de l'embaumer, de l'exposer, de l'observer, observer la nature, nue, belle et hideuse. Observer la nature dans tous ses états. J'affirme que cette passion pour la nature de l'homme occidental "moderne" trouve son référent dans la vision du corps du christ, cloué, ensanglanté, la chair de dieu visible. Pour la première fois, au delà du spirituel les monothéistes vont voir du divin dans la nature. La nature devient un lieu de vérité. Alors que jusque la, elle était dans les cieux, par delà les nuages (cloud) ailleurs chez Elohim et chez les dieux Grecs et Romains. Et à partir de ce moment, on va se passionner pour la passion du christ. Et ça a des répercussions philosophiques, ontologiques, avec comme conséquence une influence déterminante sur certains philosophes et physiciens, une imprégnation indélébile : la révolution copernicienne, le rationalisme Cartésien. Descartes qui était très croyant va faire cogiter le monde entier avec son "je pense, donc je suis" qui veut dire : indépendamment de l'existence de dieu, je peux penser, je peux exister. Nietzsche va plus tard apporter sa pierre "naturelle" a l'édifice avec son fameux - Dieu est mort- qui veut dire devenu nature, disparu dans la nature, devenu atome. Il voulait dire qu'il était vivant, qu'il avait crée la nature et ses lois et la loi de la gravitation, ensuite il s'est endormi pour toujours et la nature a reprit le dessus. Et voila la naissance de la science moderne, la médecine ne rencontre plus d'interdits et lève les mystères avec l'ouverture des cadavres, la nature va être explorée à outrance, les découvertes, théories et hypothèses vont s'enchainer à profusion : le Newtonisme, la théorie de l'évolution des espèces de Darwin et plus tard le Freudisme, la relativité, la laïcité et c'est le Big Bong. "Les ailes du désir" ont fini par amener l'esprit sur terre pour faire chair dieu, le faire réel, le faire nature.. C'est la loi de la gravitation ! Même l'art va suivre cette évolution, la beauté, la créativité révélée dans les scènes et sculpture de nu et de crucifixion. Marie et toutes les femmes bibliques représentées dans la nudité. De même à partir du vingtième siècle, l'idéal naturiste est christique, les tribus new wave, les mouvements hippies sont christiques, le "peace and love" est christique, les drogués addicts au paradis du grand blanc et les SDF gisants par terre, le corps imbibé de liqueur sont christiques. Le tatouage et le piercing sont christiques ! Le cinéma, le théâtre sont christiques. En somme tout ce qui est dans la représentation corporelle est christique.
Et les arabes dans tout cela.. Ils battent le beur et leurs femmes ? Ils battent la différence ? Ils battent la nature ? Ils s'en battent ... La nature. L'équation pas de représentation, pas de nature ! Est juste. J'en fais mon hypothèse de travail Ethnopsychanalytique. Pas de réel, pas de nature, pas de corps, pas de formes et on met les formes : il faut cacher le corps par un habit ample, une Bourka, une Âbaya, une Gandoura, on ne verra jamais le corps nu (le corps des femmes, il faut le momifier) on ira jusqu'a se baigner avec sa robe longue et ample, pas de moulure, pas de transparence, pas de caricatures, puisque c'est voué au satanisme. Ils ne seront jamais naturistes, ni naturalistes, ils exclueront toutes les formes d'art, ils ne garderont que la calligraphie qui célèbre la lettre, qui célèbre l'esprit. Tous les corps se ressemblent et se rassemblent, une seule même marque sur le front signe de ferveur dans la prière, une barbe qu'on exhibe et qui cache les grimaces et mimiques singulières du visage, de la nature et de l'histoire du sujet. Il n' y a que des esprits qui se rencontrent et " ils iront tous au paradis ! " . Les arabes sont garants de l'esprit, garants de spiritualité, à l'endroit ou le monde est envahi de matérialisme, de nature, une surenchère dans la quête des origines, du style - Peut-on faire renaître les espèces disparues ? Les arabes sont aussi garants de la différence des sexes : les hommes d'un côté et les femmes de l'autre, à l'endroit ou elle a tendance à s'estomper (émancipation de la femme, éclatement de la cellule familiale, esprit queer, altersexuel, mariage gay) ils n'accepteront pas le mélange des genres. Il peuvent même paraître réactionnaires et protecteurs de l'ancien testament.
Paradoxalement! Ils sont toujours fascinés par tout ce qui vient de l'occident, tous les objets de l'occident : Les voitures sont de meilleur qualité, les pièces détachées, les médicaments, les vêtements, tout ! Il paraît que même le Jilbab acheté en France est de meilleure qualité que celui acheté en Algérie ! On vocifère contre l'occident et tout est meilleur en occident. Un ambivalence, portée à son acmé chez les Algériens, une passion dévorante, aimer et haïr en même temps.. Ils sont fous ces Maghrébins!
Ils quittent leurs pays pour venir en Europe à tout prix, pourquoi faire ? jadis il n' y avait pas de travail et l'Europe engageait à tour de bras les petites mains et les grosses dans le bâtiment, les usines, dans les mines et pour l'agriculture et aujourd'hui, le vieux continent est en crise. Il s'est mis un noeud coulant autour du cou, à force de vouloir se la couler douce, il s'est pris pour l'Amérique. Il a tout délocalisé en chine, donner du travail aux esclaves du monde moderne. Il a perdu son âme, son savoir faire. Les Marco Polo sont revenus bredouille, ils ont laissé leurs vaches paître en orient, elles ne sont jamais revenues. C'était une croisade perdue d'avance, le dragon a "bouffé" la vache. Les pays du Maghreb sont en pleine mutation, l'Algérie très riche a beaucoup de moyens pour répondre aux besoins économiques. Cependant, les Magrébins sont en mal de l'Autre, en mal d'ailleurs. Quitter ses biens et venir mendier en France! (une dentiste à fui Oran et son cabinet plein à craquer pour venir exercer dans le ménage !). Venir mendier de l'amour de l'Autre, mendier la solitude, mendier l'exil, mendier le manque, mendier le vide, mendier le désert du désir, mendier la modernité, mendier le fétichisme, mendier le masochisme, mendier une mère, mendier la culture. Les Maghrébins ont sombres dans l'oisiveté, le mal vivre, le mal de vivre, ne plus savoir quoi faire, ils vieillissent trop vite, ils s'effritent, passer son temps au café, au bar, passer son temps à arpenter les rues sans objet, ni objectif, passer du lit devant la télé ou console de jeu, au mur, adossé au mur de la rue du quartier, d'un mur à l'autre mur, au point d'avoir l'idée de faire le mur, faire son Alya, passer de l'autre côté du mur. Au péril de leurs vies, ils embarqueront sur le radeau de la mort ou la survie. Ils veulent tous un visa pour le pays de l'Autre, pour "l'Eden". Une place en enfer. Le masochisme est assuré. Aller dans le pays de l'Autre, pour une vraie rencontre avec l'Autre, différent, et s'en plaindre.. Je suis victime de racisme, Hein..?! Les Maghrébins manquent de savoir vivre, ça me rappelle l'histoire de cette bourgeoise qui avait organisé une méga fête, il y avait beaucoup de monde. Parmi eux un Monsieur qui avait beaucoup dansé et siroter beaucoup de coupes de champagne et il est soudainement tombé lourdement raide mort, victime d'une crise cardiaque. L'un des convives s'était approché avait regardé le pauvre qui venait de trépasser et s'était exclamé : " Ce Monsieur manquait de savoir vivre!". Sachant qu'actuellement, ce n'est plus l'enfer, il n' y a plus de dictature dans les pays du Maghreb (hormis la poussée islamiste qui n'est qu'un épiphénomène), la vie et le progrès sont possible, et on peut les créer dans n'importe quelle contrée du monde. Les Japonais à peine sortis du moyen âge, ont créé la vie et une richesse économique et culturelle qui défie l'occident dans une île inhospitalière avec des conditions dantesques (tsunamis, tremblements de terre, bombes atomiques et catastrophe nucléaire). Les Israëliens ont aussi démontré qu'ils pouvaient créer la vie et une technologie très avancée sur une terre de 20.000 Km2, rendre fertile le désert du Néguev, alors qu'il y a la guerre (j'exclus les prises de position politique sur les conflits dans la région). Quid des Américains qui sont à l'ouest, ils ont fait pousser des vallées de silicone. Et les Hollandais qu'ont-ils fait de leurs pays bas ? Des champs de tulipes à perte de vue, les moulins ont pris le pas à coup de digues sur la mer du nord. Et les anglais n'ont-ils pas colonisé le monde entier à partir d'une petite île (brouillée) grâce à leur flotte navale et leur culture ? Et les arabes, des tribus disparates passionnées de poésie, cantonnées dans un désert aride et très caniculaire, n'ont-ils pas donné naissance à une grande civilisation au monde dés le 7ém siècle ? Et j'en oublies beaucoup de ces peuples qui ont créé le miracle.
"Pressez moi, je suis une olive! " disait le philosophe, on dirait que les conditions infernales, insupportables font jaillir la vie et le sublime, la culture, le supportable, la perfection, des îlots et des oasis de désir! Alors que la bêtise et le marasme privilégient les forêt luxuriantes et les lagons de plaisir. Un peuple qui ne va pas à la rencontre de l'Autre est culturellement inerte. Il est sphérique, lisse, impénétrable, hermétique, imperméable et sourd au chant des sirènes de l'ailleurs. Il roule pour rien et n'amasse pas mousse. Les Maghrébins aujourd'hui sont avide de l'Autre et c'est très visible chez les Algériens qui se sont retrouvés trop longtemps enfermés chez eux. Aucun contact avec l'Europe, plus d"Européens, plus de juifs et très peu d'Africains. Se retrouver avec les siens, rien que les siens, quelle horreur ! Comme si on se regardait tout le temps devant une glace. C'est glaçant, ça fige, plus de trous, Plus de différence, plus de désir. Une glace n'est pas brisée, n'a pas de trou. En cela l'art est intéressant, l'oeuvre est trouée, on se perd dedans pour se retrouver différemment. Etre avec l'autre différent c'est tout un art ! Rechercher la perfection chez soi et oublier le monde c'est débilitant. On se noie dans soi, on se noie dans son propre sang et c'est ce qui est arrivé aux Algériens pendant la dizaine noire. L'autre différent est porteur d'un sens nouveau, porteur de mystères, est porteur de l'ailleurs, est porteur de sacré, est porteur de l'autre scène, est le messager de l'autre scène. Imaginons un instant - c'est utopique bien sûr - qu'à chaque rencontre avec l'autre différent, nous sommes en présence d'une oeuvre d'art ! en présence de l'humain, de quelque chose de vivant, d'un appel à la vie, de quelque chose en mouvement. Alors que jusque la, le semblable n'est qu' un appel au repli. Avec l'autre, on "bouge de la" ! Les Maghrébins sont entrain de bouger à leur manière, ce sont les premiers pas de danse, ils sont encore titubants, le mouvement est incoordonné, mal assuré, ils sont encore ivres morts d'avoir rencontré l'autre, Ils nous font la danse du ventre. Ce n'est pas encore la chorégraphie, la danse des abeilles, mais ils vont petit à petit rejoindre le monde des danseurs. Le monde se divise en deux : ceux qui dansent et ceux qui sont avachis sur leur chaises à les regarder et parfois leur balancer des objets pour entraver leur mouvement. Rappelons nous que dans les sociétés traditionnelles (tribus africaines et indiennes) on exécute une danse en présence de l'étranger. Et c'est ce que font les Massaï ou les Noubas on montre à l'autre qu'on est en mouvement.
A suivre..

Rédigé par Malek Gouni le Jeudi 19 Juillet 2012 à 22:52

Que représente le mot parents aujourd'hui ? qu'est ce qu'un père ? Qu'est ce qu'une mère ? Qu'est ce qu'une famille monoparentale ? Qu'est ce qu'une famille polyparentale ? Qu'est ce que des parents homosexuels ? Qu'est ce qu'un enfant aujourd'hui ? Qu'est ce qu'un jeune enfant errant ? Comment sera la famille de demain ? Avons nous été tous adoptés ?
Un nouveau concept jamais évoqué auparavant : Le Déclin De La Mère


psychanalyse des parents
La famille ! c'est arriver quelque part pour un jour, et y rester pour toujours. Elle est le lieu ou rien ne bouge, le lieu ou rien n'a bougé depuis la nuit des temps ! Ce qui ne bouge pas, qui reste égal à lui même c'est le réel. " Le réel c'est ce qui revient toujours à la même place ". La famille est le lieu du magma, lieu du volcan qui ne s'est jamais éteint. Le lieu du déchaînement des passions. Lieu de l'enchaînement des symptômes. Lieu du silence, lieu de l'agitation, lieu de l'ennui, lieu des embûches, des traités et des trêves. C'est le lieu du repos salutaire, le lieu du souvenir, lieu de la mémoire qui sommeille et le lieu de la célébration de l'oubli, du sacré, du sublime et du sordide .
Cette caricature, représente le bain du baptême, un fils en dialectique avec son père lui demandant s'il n'est pas une pièce rapportée. Cette question nous nous la sommes tous posée un jour ou l'autre : Est-ce que je n'ai pas été adopté ? Est-ce que je n'ai pas été recueilli quelque part ? Extrait d'un berceau doré ou recueilli à la hâte sur les berges d'un fleuve ou ramassé dans une benne à ordures. Nous avons tous été traversé un jour ou l'autre par ce fantasme inconscient de l'adoption. Et qu'en est-il des enfants réellement adoptés, donc doublement adoptés ?
En réalité nous avons tous été adoptés sauf un ! qui est le psychotique. Il a une mère, une vraie, mais n'a jamais connu de père, il n'a jamais eu de père au sens radical du terme. La mère est vraie et le père n'existe pas et n'a jamais existé, le psychotique est réellement issu d'une famille monoparentale ! Il n'a jamais reçu la révélation d'un tiers, de quelqu'un, venu lui signifier qu'il y ait pour quelque chose, qu'il a participé d'une manière ou d'une autre à sa conception. Lui signifier au moins qu'il a mis un spermatozoïde dans cette affaire pour qu'il soit parmi les vivants. C'est en quelque sorte l'immaculée conception. Le psychotique est né d'une mère " vierge, pure " de toute tache, préservée intacte de toute souillure du péché originel ! En cela le christ est issu d'une famille monoparentale, jusqu'au jour ou il reçut la révélation prophétique " selon les chrétiens " qu'il est le fils de dieu. Le psychotique aura aussi la révélation lors du déclenchement de la crise psychotique, sous la forme : d'un délire, d' une hallucination, d'une dissociation de la personnalité, d'une bizarrerie ou trouble du comportement et souvent sous la forme d'un passage à l'acte. Il était jusque la, lisse, propre comme un sous neuf, et la souillure va venir à lui pour le maculer. Et cette souillure les psychanalystes, l'appelleront le père. Le délire, l'hallucination; le symptôme psychotique est une manifestation du " père " mais ce père la n'est pas le père des cieux ( le père imaginaire ), c'est le père symbolique venu se manifester dans le réel. Venu prendre son dû, venu s'accaparer et " posséder " l'enfant et le sortir de la monoparentalité, venu le libérer de la prison " dorée " maternelle. Venu lui révéler qu'il n'est pas seul au monde, qu'il n'est pas Robinson Crusoé.
Et comment ça se passe chez les pervers immondes : le pervers exhibitionniste, le pervers voyeur, le pervers " attoucheur ", le pervers pédophile ? Lui, semble avoir compris qu'il a été adopté comme tout le monde. Cependant, il semble qu'il ne se rappelle pas ou il n'y croit pas à ce moment crucial du baptême, ou l'autre est venu le nommer, lui donner un nom, venu le toucher, venu " l'attoucher " avec des mots symboliques. Venu lui révéler qu'il a un père, venu inscrire la perte. Avoir un père veut dire que la perte, la mort est inscrite comme possibilité. Devenu adulte, le pervers pédophile va refaire le baptême dans son " église " à lui, il va expérimenter, sur les enfants, filles ou garçons, il ne fait pas de différence, il va toucher, il va attoucher tout ce qui bouge, inceste ou pas, tout y passe. L'inceste c'est une manière pour le père de toucher ses enfants à l'endroit ou lui même petit garçon, il n'a pas senti la touche au fleuret de la parole de son propre père. Petit garçon, il a du ressentir, ne serait-ce qu'un instant, le bonheur suprême à l'idée de n'avoir pas de père, et il va s'éclipser à sa manière en tant que père, disparaître dans l'obscurité, disparaître dans les ténèbres et venir " étreindre " les enfants, se prendre pour Eros qui étreint psyché dans l'obscurité sans jamais qu'elle puisse voir son visage. Au moment du passage à l'acte, le père incestueux, n'a pas de visage, il n'est le père de personne et il n'a pas de père, personne ne l'observe, il est comme invisible et rien ne l'arrête. Il vient la nuit se faufiler dans le noir, tel un serpent froid, et il reviendra toutes les nuits, pour lui c'est mille et mille nuits ! Il est poursuivi par une pulsion qui le pousse à toucher tous les soirs un butin, une rente, il touche le salaire du père, à chaque toucher il se met sur le clavier de la filiation, à chaque touche il tue son propre père et hérite de la semence de la honte. Jouir de ses propres enfants, c'est jouir des enfants de son propre père, puisque pour lui, du père au fils il n' y a qu'un pas, le pas du foutre. Il mouille son propre père, il le traîne dans la boue et dans le foutre, il met définitivement un terme à la filiation, plus de père et plus de fils, à chaque touche, il touche ! Il attouchera ses enfants, ses petits-enfants, les enfants des voisins, les enfants de la concubine, les enfants de son frère et de sa soeur. Il contaminera toutes les filiations aux alentours, ça progresse de proche en proche. C'est un destructeur de l'ordre filial, comme on détruirait des ruches d'abeilles. En ce qui concerne le pervers voyeur, lui il surprend la scène primitive, derrière un voile, il veut être le témoin de l'accouplement originel, le témoin de tous les ébats sexuels du monde, pour dire qu'il sait, qu'il a vu de ses propres yeux comment on fait les enfants, il veut détruire tous les mythes : pour lui ce n'est pas la cigogne d'Alsace qui apporte les bébés. Et l'exhibitionniste qui quand il surprend la femme à tous coins de rue et les enfants à la sortie de l'école, lieu du savoir et de la vérité, il vient dire que tout est chair, il n' y a que ça de vrai - son appendice, son sexe - Et que c'est lui le père, le seul père, le vrai, et qu'il n' y a pas d'autres pères, ni d'autres repères et c'est en cela que la perversion est une forme d'antireligion prosélyte.
L'hystérique, au contraire, cette garante de la filiation, a mis le père au dessus de tous, au dessus de tous les hommes et de toutes les femmes, elle l'aime à en crever ! Sa mère ne compte pas, elle n'existe pas. Elle ne fait appel à elle que pour aller au combat contre les hommes, que pour se liguer contre les hommes. Sa mère est considérée comme une soeur qui la jalouse et qu'elle déteste. Voyant ce père parfait qu'elle convoque, elle le cherche partout sur terre, au point de rencontrer les maîtres de tout poil, pour les bader, les aduler, les servir et finir par les rejeter l'un après l'autre, elle ne rencontre que des pères " Kleenex " et c'est en cela qu'elle est toujours en attente d'une adoption, prête à bondir dans les bras du premier venu. Pourvu qu'il lui parle d'amour et d'ailleurs. La prostituée quant à elle, est une hystérique qui a réussi, elle ne cherche pas le père c'est lui qui vient à elle - Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi ! Elle n'aime plus le père, elle ne trompe personne, ne rejette personne, ils sont tous les bienvenus, pourvu qu'ils payent ! elle s'est refroidi le coeur et le corps, il ne lui reste que les yeux de vivants - pas pour pleurer ! - mais pour faire de temps à autre un clin d'oeil, accompagner une mimique aimable, une grimace forcée, un sourire, un gémissement commercial et pour regarder l'heure, regarder le temps qui passe, le temps de la détumescence. La prostituée est toujours pressée, elle presse les hommes et les secoue, elle compte le temps de l'humanité, voudrais incarner l'horloge de l'humanité. Elle a fait de son corps le passage obligé pour certains hommes en mal de joie. Loue son corps morceau par morceau. A une prostituée on demande ce qu'elle pense du mariage, d'après Moustapha Safouan, elle dit : " je n'ai rien contre ! ". Ce qui veut dire, je n'ai rien en contre partie. Une prostituée a toujours quelque chose en contre partie du don de son corps. Donc elle répond : je suis contre le mariage ! Il est passé le temps, ou elle était petite fille, le moment de la soutenable légèreté innocente. Comme l'histoire de cette petite - contée par Dolto - qui dit à sa mère : " maman j'aimerais avoir un zizi " sa mère lui répond : " si tu restes sage, quand tu seras grande tu auras un zizi " , qui veut dire tu te marieras. Et la petite fille : " et si je reste pas sage " la mère lui rétorque par : " hé bien si tu restes pas-sage, t'en auras plusieurs ! ". Ce qui veut dire tu seras une putain ! La prostituée est le passage obligé pour la paix dans les ménages, pour les pères en mal de paternité, qui ont du mal à garder leur place de père. Comme le bistro qui est le passage obligé pour certains hommes, pour certains piliers de bar. Le comptoir se dresse comme une limite, c'est le mur de toutes les lamentations. La femme prostituée demeure le passage obligé pour ces hommes " passager de la perversion " comme dirions-nous passager d'un avion ". Des hommes qui risquent de passer à l'acte et qui trouvent sur leur passage la putain de service pour les consoler et leur rendre leur virginité de petit garçon - Elle va les déflorer et ils n'auront plus à déflorer, violer ou violenter qui que ce soit - La prostituée a adopté tous les hommes et tous les hommes l'ont adoptée. Ils sont tous ses fils et tous ses pères ! Elle est le lieu, ou la filiation se perd et se retrouve. Qui n'a jamais été traité de fils de pute ? Ce qui veut dire fils de quelqu'un, quand même !
Et pour le phobique, celui qui a peur de son ombre, lui qui a peur de tout, lui qui rase les murs, lui dont la terre se creuse sous ses pieds à tout moment. Lui qui interroge le Topos, lui qui rue dans les brancards, lui qui a un gyrophare sur l'épaule, lui qui ne sait pas à quel saint se vouer. Qui est son adopteur ? Il a une mère, il a un père, mais trop proche de lui, pas un père incestueux, mais un père ou une mère un peu trop démonstratifs, un peu trop permissifs, des parents pas très " saints ". Je vais pousser l'exagération on disant que ce sont des parents soixante-huitards de première et maintenant de deuxième génération. Très tôt on lui a montré trop souvent sa nudité - dans le réel, ou dans leur discours - on lui a permis d'être dans le lit conjugal. On a été souvent son confident. Un enfant a qui on dit tout comme nous l'enseigne les magazines psy, on a rien a cacher, un enfant mis en position d'adulte. Eh bien plus tard ça fera un phobique qui se cachera du monde entier. Il aura une peur généralisée, qu'on l'appelle, anxiété généralisée, et cette anxiété viendra se focaliser sur n'importe quel objet réel, le plus souvent ça se focalise sur un animal ou un espace clos, un espace surélevé, ou trop vaste trop peuplé de monde. L'exemple de notre caricature de ces deux " pingouins " dans la douche, c'est l'exemple de l'enfant futur phobique, l'enfant non castré, qui veut dire sans limites, à l'aise, trop à l'aise, un enfant, fille ou garçon qui " sexe-pose " . Entendons nous bien, une éducation ne se fait pas sur prescription, on élève ses enfants comme on peut ! et souvent comme cela nous a été transmis ( inconsciemment ) par nos parents. Ma réflexion n'est pas une prescription, elle est juste un éclairage, une observation clinique, non généralisable. Au fait notre phobique a eu des parents qui sont restés enfants. Derrière leur idéologie libertaire, ils sont devenus liberticides. Des parents " enfants " trop rigolos, fantaisistes, joueurs, jouisseurs, trop jouisseurs ! Et il cherchera à être adopté par des parents forts, très forts, qui n'ont peur de rien. Il choisira dans son fantasme inconscient un père en béton, un vrai barrage. Il fréquentera une femme qui le terrorise, il aura un patron très dur, féroce et harceleur, il choisira un métier ou il ne se fera pas trop voir, ou il se mettra sous la coupe d'un caïd puissant, il se cachera dans ce monde comme une petite souris. Il sera transparent. Et quand il s'agit de parents trop durs, trop rigides dans leur éducation, et qui font bloc, ils écrasent l'enfant, trop de poids, il se réfugiera dans n'importe quelle cave, il ne peut que s'écraser et avoir tout le temps la pétoche. Et quand il aura trop peur, il boira un verre tout seul à la santé de son bourreau ! il fréquentera les bistrots. Quand il aura trop peur il fumera un joint, ou il sniffera la cocaïne, il prendra le risque de passer pour un accro ou un alcoolique..Quand il aura trop peur, il n'aura pas d'érection lors des rapports sexuels, ou il aura une éjaculation précoce, il dégainera plus vite que son ombre, il sera tellement échaudé qu'il restera célibataire, puceau à vie. Quand il aura trop trop peur, à la suite de certaines circonstances favorables, il pourrait aller au feu, il réussira à dompter sa peur et être pompier, sauveteur, réanimateur, chirurgien, policier, un champion des sports de combat, un bodyguard ou même braqueur..
El l'obsessionnel, ce calculateur, ce parcimonieux, ce délicat, raffiné, cet amoureux des chiffres et des lettres et du détail, de tous les détails. Ce rigoureux, ponctuel, ce ressasseur, homme de parole, il n'en a qu'une et une seule qui tourne toujours en rond pour toujours, pour l'éternité et un jour .. Qui sont ses parents ? Qui sont ses adopteurs ? Il a eu des géniteurs normaux, sauf que l'un de ces deux, mis en position de père, a une position privilégiée, il est son complice. Nous ne savons jamais, lequel des deux occupe la place du père, ce n'est pas le sexe qui le détermine, je peux avoir un père fantasmé en tant que mère, du fait de la qualité de ses interventions. Certains enfants ont des parents, mais le père, celui qui occupe cette fonction est extérieur au couple parental : ça peut être une tante, un grand-père, une grand-mère, l'amie de la famille, la marraine, une voisine, un oncle. Dans certains cas, l'enfant, vit avec ses géniteurs, cependant, ceux qui sont identifiés pour l'enfant, en tant que mère et père, les " parents fantasmés " sont en dehors de ce couple " . Chercher la femme ! Certains enfants en Afrique sont élevés par une multitude de mains. Chose aussi observées chez certains animaux. Le fantasme de l'enfant sauvage, élevé par des loups, par des singes : les enfants de la télé n'ont jamais oublié Tarzan; et qui se rappelle de cette affaire de Kaspar Hauser apparu le 26 mai 1828 dans les rues de Nuremberg, en Bavière, épuisé, titubant, gesticulant et grognant de façon incompréhensible, c' est une autre illustration en puissance de cette idée d'avoir été abandonné et élevé par d'autres. Et c'est une difficulté de taille pour le pédopsychiatre, qui doit identifier les parents fantasmés, au delà de ces " deux-là " qui ramènent l'enfant à son cabinet. Je disais, le père est vu comme un complice, comme un ami, au sens noble du terme, un père avec lequel il détient un secret ! L'amitié c'est ce qui me reste comme liens forts de mon enfance, à la fin de " la guerre des boutons ". Avec de petits gars de mon enfance, je découvrais la vie, je découvrais mon corps, je découvrais le jeu, je découvrais la joie, les dangers, les complexités, les traquenards, les mystères et l'étrangeté de la vie; nous étions petits, nous avions cinq, six, sept ans, vierges comme une page blanche, totalement insouciants et innocents. Ces premières sorties dans la vie, nous avaient sidérés, au point de garder cette part de sidération comme un secret qui nous appartenait pour toujours, et c'est quelque chose qui nous a soudé les uns aux autres pour des lustres. Les petits camarades de l'enfance on ne les oublie jamais ! Et on est prêt à tout pour eux. C'est une fidélité infaillible, indestructible. Et le père de l'obsessionnel fait partie de ses amis de la petite enfance. Et nous savons combien l'obsessionnel est un ami fidèle. Il a partagé un secret avec son père, mais il ne sait pas lequel, il se sent investi d'une mission de la plus haute importance, de devoir protéger son père, car ce secret risque d'être divulgué à tout moment et il passe son temps la vie durant à protéger tout le monde, d'ou son altruisme exagéré, il doit dresser des barrières, revenir en arrière pour effacer les traces, les signes - d'ou les rituels de lavage et autres symptômes, il doit ramasser les pièces à conviction ( il chine, il collectionne les objets, à ne plus savoir quoi en faire ). Il doit vérifier tout le temps s'il n'a pas laissé quelqu'un sur le carreau, ce qui veut dire s'il n'a pas trahi son père, et du fait de cette haute trahison, lui faire payer un lourd tribu - une tragédie - Un mouvement de va et vient ininterrompu, jusqu'à l'épuisement lors du déclenchement de la névrose obsessionnelle avec ses Tocs. Mon Maître Charles Melman, disait : " avec l'obsessionnel nous savons que nous ne faisons pas caca par derrière pour rien ! ". L'obsessionnel, doit répéter, radoter, noyer le discours de détails, il mettra une tonne de langage, il passe par des chemins détournés afin de noyer le poisson sous l'opération de sa pêche. D'ou les craintes que des insultes fusent de sa bouche lors des cérémonies solennelles - une peur bleue de s'esclaffer pendant la messe, pendant la prière ou cérémonies, ou pendant un enterrement. Ce père de la petite enfance avec lequel il partage un secret ( que les psychanalystes appellent le père symbolique ) il risque de le croiser à tout moment et c'est " la fin des haricots " ! Il va être tout le temps au service de ce père à distance, obséquieux, il exécute les ordres à la perfection, il aime la loi et la sert avec dévotion, c'est un exécutant, fonctionnaire de la loi, irréprochable, inattaquable, fonctionnaire du père et il ne sera jamais chef.
L'obsessionnel parle pour ne rien dire, mais le travail d'analyse va révéler des secrets de famille, des cadavres dans le placard, des histoires douloureuses que sa famille taisait. Les parents de l'obsessionnel sont des gens " sans histoires ". Le calme plat. Tout va bien, ils ne laissent rien transparaître, on ne montre jamais ses émotions . Ces gens-là de Brel :
" puis, il y a l'autre. Qui fait ses petites affaires.Avec son petit chapeau. Avec son petit manteau. Avec sa petite auto. Qu'aimerait bien avoir l'air. Mais qui n'a pas l'air du tout. Faut pas jouer les riches. Quand on n'a pas le sou. Faut vous dire Monsieur. Que chez ces gens-là. On ne vit pas Monsieur. On ne vit pas on triche .Et puis, il y a les autres. La mère qui ne dit rien. Ou bien n'importe quoi. Et du soir au matin. Sous sa belle gueule d'apôtre. Et dans son cadre en bois.Il y a la moustache du père. Qui est mort d'une glissade. Et qui recarde son troupeau. Et puis il y a la toute vieille.Qu'en finit pas de vibrer. Et qu'on attend qu'elle crève. Vu que c'est elle qu'a l'oseille. Et qu'on écoute même pas. Ce que ses pauvres mains racontent. Faut vous dire Monsieur. Que chez ces gens-là. On ne cause pas Monsieur. On ne cause pas on compte ".
Voilà une famille typique de l'obsessionnel, une famille ou on ne vit pas, on triche, on fait semblant. Et qu'on écoute même pas ce que les pauvres mains racontent. L'obsessionnel est dans la rétention, il ne donne rien il est comme " constipé ", ce qu'il retient est dans l'histoire familiale, une famille ou on a peur des mots. Comme si la parole était hantée, interdite. Une famille avec beaucoup d'interdits, et la parole qui circule est institutionnalisée, comptabilisée : souvent un père ou une mère, grenouille de bénitier, une bigote. Une gueule d'apôtre ! Et on passe son temps à regarder ce qui se passe chez les autres. Devant des parents qui sont dans le semblant, dans le paraître, on ne peut avoir qu'un fils cachotier, parcimonieux, obséquieux à outrance qui parle comme on écrit, aucune surprise, aucune initiative, et qui ne s'autorise aucun excés, pessimiste, il s'éclipse derrière le chef, derrière le maître. Car le père symbolique est imaginarisé, érigé en une loi, il va être au service par exemple de la religion, avec toute sa ritualisation, il servira le gendarme, le chef, il servira une femme, un homme, il servira l'armée avec ses gradés. Un obsessionnel peut " tuer ", lui qui est propre, il peut exécuter les sales besognes, toujours au service de l' ordre. Et quand il reçoit un ordre. Un militaire froid, quand il tue, il tue sur un ordre, il est couvert par la loi, il est couvert par le père imaginaire qui est l'armée, et ce père imaginaire est une facette du père symbolique. L'obsessionnel est très ami avec son père au point d'aller au feu pour lui, il fera tout ce qu'il lui demande de faire, il va jusqu'a anticiper cette demande, la deviner, et dans certains cas devancer l'appel..
Et l'anorexique mentale, celle qui a été aplatie par un rouleau compresseur, il n' y a que le train qui ne lui est pas passé dessus ! Par qui a t-elle été adoptée, quel est ce monstre qui grignote tous les jours un morceau de son corps ? Il semblerait que ce monstre c'est sa mère, elle a une mère, grosse très grosse comme les femmes de Botero. Elle a un père, aussi léger qu'une plume, aussi maigre que la statue de Giacometti. Il fait bloc avec la mère au point de disparaître ( il ne pèse pas lourd, c'est un père qui n'a pas de parole ). A tel point qu'elle pense qu'il est mort depuis très longtemps et dans son intense activité, elle navigue dans un mouvement de va-et-vient entre le monde des morts et le monde des vivants, elle part à sa recherche dans le monde des ténèbres, elle part pour le réanimer, lui insuffler la vie, se sacrifie pour lui. Elle ne mange rien, parce que les morts ne mangent rien. Et quand elle est dans le monde des vivants, elle est boulimique, elle a élu domicile dans le frigo et le garde manger, et c'est le cas de la plupart des anorexiques boulimiques. Et une fois remplie comme une outre, elle ira chez " speedy " faire une vidange post-prandiale. Elle vit entre père et mère ! Elle est comme enfermée dans une cave, sans fenêtre, sans la moindre issue et elle voit un mur avancer vers elle. Comme ce supplice du moyen âge : on enfermait le supplicié dans une pièce, entre quatre murs, et l'un de ces murs actionné par un engrenage, venait réduire la pièce, jusqu'à l'écrasement du corps. C'est ce que subit l'anorexique mentale, elle voit un mur ( sa mère ) avancer vers elle et pour éviter l'écrasement de son corps, elle le réduit comme une peau de chagrin et bouge intensément dans tous les sens. Et la seule fenêtre qui lui reste c'est sa propre bouche et ..son rectum. Sa bouche ne peut pas lui servir à engloutir de la nourriture et être en même temps une fenêtre sur cour ! Elle a choisi la seconde solution. Et le père celui qui pouvait arrêter l'avancée de la mère, couper la route, il est aussi épais que du papier à cigarettes. C'est lui le maigre, c'est lui le chétif dans l'affaire. Il existe, mais il est assis au fond très loin sur un strapontin, et la mère est au devant de la scène, elle occupe la totalité de l'écran. Elle ne laisse que très peu de place pour le père. Et l'anorexique se réduit à la mesure de la taille de son père.
Rappelons-nous que le père indique la direction de l'ailleurs, la place de l'ailleurs. Il y a des enfants qui dès la naissance sont mis sur un balcon, sur un belvédère, contemplant une grande vallée, la grande vallée de l'ailleurs, le défilé de l'ailleurs. C'est le cas du phobique qui passera son temps à guetter les dangers au lieu d'apprécier la beauté du paysage, comme le fait l'hystérique. Elle adore les couleurs, son monde est en couleur. Elle passe son temps à chercher le plus beau paysage, parfait, jusqu'à se perdre dans le décore - c'est la pulsion scopique qui domine, tout est dans le regard - L'obsessionnel est aussi assis sur un belvédère, sauf qu'il ne verra le monde qu'à travers un voile, il est comme une femme voilée, son monde est tamisé, et c'est le voile du père, une nappe de langage, tout est langage. Il y a rétention - d'ou la domination de la pulsion anale. Le père qui est son ami, lui a dit " ne regarde pas ! il y a un risque, je te décris le monde et tu l'imagines " c'est la censure qui domine - En cela la religion est une grande fabrique de fidèles, c'est l'usine des obsessionnels. Et d'autres qui doivent grimper, escalader n'importe quelle chose, parfois, le dos rabougri du père ou de l'enfant puîné. Pour à peine zyeuter à travers une vasistas " le petit coin " de l'ailleurs, et c'est le cas de notre anorexique mentale. Le psychotique quant à lui, est devant un mur ( la mère ) sans fenêtre ( le père ) pour toujours et c'est le cas de l'autiste. Il a tourné le dos au monde, au point ou il n' y a plus d'extérieur ni intérieur. Du pareil au même. D'autres psychotiques arrivent à exploser ce mur quitte à s'exploser eux même, et c'est le passage à l'acte inaugural de la psychose avec ses symptômes : la dissociation de la personnalité, le déclenchement du délire, les hallucinations, les troubles du comportement. Et se retrouvent au milieu du paysage ! Les psychotiques, la plupart du temps font partie du décore, la terre tremble sous leur pieds à tout moment, ils sont toujours à la recherche d'une assise rocheuse très très dure. Le débile est aussi sur un belvédère, mais il ne voit qu'une petite partie du monde. Assis sur les genoux d'une mère qui lui raconte la même histoire, toujours la même histoire, il voit le même paysage, telle une nature morte, une grande partie du monde est éclipsée, dans l'obscurité la plus totale. Il y a une finitude du savoir, il ne saura pas plus. Rien ne se perd. Rien ne se crée. Rien ne se transforme.
Le pervers est tellement ami avec le père qu'il a fini par prendre sa place. Personne ne lui indique la direction du regard, il regarde ce qu'il veut à partir de ce belvédère. Et se paie le luxe de modifier le paysage, il modifie le décore, tel un metteur en scène, il choisira ses scènes, quitte à détruire une partie du paysage. Il censure certaines scènes et c'est le sadisme, le meurtre et le terrorisme. Le pédophile son paysage est peuplé d'enfants, il n' y a que des enfants. Le violeur sadique son monde est peuplé de femmes apeurées angoissées, dans la cage d'un escalier, dans un sous-sol, ou au détour d'un dernier jogging fatal. Le voyeur, son paysage est peuplé de scènes primitives, peuplé des ébats sexuels des autres. L'exhibitionniste son monde est peuplé de regards surpris, sidérés. Le pyromane est à classer du côté de la perversion, c'est le Maître des forêts et de la terre brûlée, il nous laisse qu'un paysage lunaire de ce monde, il transforme le paysage à sa manière, il le voit en négatif, le négatif de la photographie, plus de couleurs la beauté est dans le négatif . Le cleptomane, ce petit pervers à la petite semaine, il est le champion des étalages de tous les étalages. L'usurpateur d'identité est aussi à classer du côté de la perversion.. gentillet au départ et après c'est le dérapage, son paysage ce sont les fonctions institutionnelles, roi de la parlote et des combines, roi du mensonge, c'est l'escroc par excellence. Le masochiste son paysage est peuplé de douleurs, la sienne propre, le monde n'est que douleur devenue sa compagne intime. Il a fait de son corps un paysage, un belvédère. Circulez ! il n'y a rien à voir ailleurs, tout est sur son corps. Le terroriste, quant à lui, son paysage est peuplé de ses futures victimes innocentes : enfants, hommes, femmes, vieillards, militaires, toutes confessions confondues. Pour lui, il n ' y a pas de victimes innocentes ! Il a eu en héritage la vérité, toute la vérité, le père impuissant lui a passé le flambeau, il peut brûler sur son chemin le paysage et tous les paysages. Le terrorisme est une forme de perversion radicale qui se situe du côté du sadisme : décider de la mort d'autrui dans des conditions atroces, faire le plus de victimes. Faire le plus de mal, avant, pendant et après la mort des victimes, en utilisant l'image, le film du massacre. Le terroriste n'est pas fou, il n'est ni psychotique, ni paranoïaque : Il a fait une O.P.A sur la vérité, il l'a privatisée. Il a pris en exemple les thèses de 1919 des communistes : tous les moyens de la lutte sont " bons " pour arriver à sa fin. Le mot " bon " est à entendre du côté de la jouissance de l'acte et ne désigne aucunement le raisonnable, du côté de l'éthique du bien. Les tueries de masse du Stalinismes, du Nazisme et toutes les épurations ethniques, les guerres de religions, toutes ces formes de luttes pour imposer par la force une vérité " privée " sont à inscrire du côté de la perversion sadique radicale. C'est une nouvelle entité avec laquelle je désigne le terrorisme. Fut-il un Rambo, un " loup solitaire " d'extreme droite tel que le Norvègien Breivik : il n'est pas fou, c'est un idéaliste pervers sadique radical passionné, il ne s'agit pas de schizophrénie ou de paranoïa, les experts psychiatres se trompent de diagnostic, si c'était le cas il aurait sombré dans le désarroi et la culpabilité, il ne se serait pas reconnu dans le passage à l'acte. Breivik se reconnaît dans le massacre perpétré, très méthodique, il n'a pas flanché, sourire aux lèvres, il a exécuté 77 personnes.Lors de son procès, on lui a quand même offert une tribune avec des photographes par centaines, on lui offre une seconde chance pour donner le coup de grâce à ses 77 victimes, il les a tuées deux fois ! Le pervers sadique radical est prosélyte, la terreur des autres se poursuit et se propage de proche en proche. Il a tué avant, il poursuit aujourd'hui le meurtre de ses victimes, il poursuit le meurtre des proches de ses victimes, il poursuit la destruction des institutions. Il faut interdire l'entrée au tribunal à tous les cameramans et aux photographes, le crépitement de leurs appareils est en soi une célébration du massacre. J'inclus dans cette entité les tueurs qui se réclament d'une religion, leur base, leur " Qaïda " est toujours la Perversion Sadique Radicale ou P.S.R. Je considère que le mot terroriste est un terme banalisé, trop banalisé par la presse et la télévision, il est révolu, puisque ce qui est maléfique, abject pour les uns, est bénéfique, révolutionnaire pour les autres. Le tueur de victimes innocentes est un Pervers Sadique Radical, et c'est une inscription que j'ai voulue à connotation " infernale " et " monstrueuse " extreme, qui n'admet aucune contradiction.
L'aphorisme : " à mère sainte, fils pervers " s'applique au pervers sadique radical. Il s'applique à cet individu qui a " tué " son père, qui a " réussi " le meurtre du père, il n'a plus de père, il n'a qu'une mère, sainte, intouchable : la sainte Eglise, la sainte cause, la sainte Cosa nostra, la sainte pègre, la sainte guerre, la sainte terreur des autres, la sainte bombe, la sainte explosion, la sainte recréation, la sainte mort, la sainte solution finale, la sainte purification, la sainte séparation, la sainte caste supérieure, la sainte race supérieure, la sainte secte, la sainte vérité du peuple élu et la sainte " Oumma " qui veut dire la mère.
Pour comprendre le départ de la filiation, il faut retourner aux origines de l'humanité, dans la horde primitive, seule la filiation maternelle pouvait être prouvée ( d'après certaines hypothèses ). Les premiers humains n'avaient pas semble t-il conscience des fonctions des deux sexes dans la procréation. Et la maternité était perçue par les primitifs comme une reproduction monoparentale relevant du surnaturel dont le corps de la femme était dépositaire. Le fait de la certitude de la filiation maternelle va déterminer l'émergence du matriarcat et sa fonction civilisatrice. Donc dès le départ, c'est la mère qui en premier occupe un lieu. C'est elle qui nourrit, protège, apprend les signes et la langue. Et apprend aussi à distinguer les différents Totems, lieux de l'interdit. Dépositaire de la religion, gardiennes et représentantes du totem du clan qui va remplacer la horde primitive, les femmes se libèrent de la tyrannie des " caprices sexuels " masculins par le biais du pouvoir de la religion. Elles vont utiliser le " mystère " de la maternité pour organiser le clan aux fins de favoriser la survie et la continuité de l'espèce humaine. La maternité va aider à développer l'imagination de la femme, qui devient la première artisane, inventant la poterie pour la conservation des aliments, et le tressage pour la confection tant de paniers pour le transport de ces denrées que d'abris de fortune, tressage dont sortira par la suite le tissage. Elles sont les premières artistes en créant les statuettes symbolisant la fécondité " vénus ". Quant au patriarcat, il serait apparu plus tard, aux alentours de l'âge de bronze. L'extraction et le commerce des métaux pourrait avoir monopolisé l'énergie masculine puisque les femmes, étaient ralenties dans leur liberté de mouvement par les nourrissons et les enfants en bas âge. Dès le mésolithique, la famille composée des enfants, parents et grands-parents, ne pouvaient voyager sur de longues distances ( jusque là les femmes étaient aussi fortes physiquement qu'un homme). La sédentarité pousse à accumuler des richesses et à les protéger, tache qui revenait aux hommes devenus plus puissants. Un scientifique avait remarqué qu'il n'y a que chez les mammifères que la femelle est plus petite que le mâle.
Celle qui enfante est toujours vraie, identifiable. Elle porte l'enfant, il est la chair de sa chair. Et l'homme qui est à l'origine de la conception n'est pas identifiable, il est libre comme le vent. Il ne porte rien et n'emporte rien. C'est comme cette histoire juive : Deux amis qui se parlent du père vrai. L'un deux dit : " tu sais comment être sûr du vrai père pour un enfant ? C'est simple on enferme un homme et une femme dans une prison et s'ils ont un enfant, on est sûr que c'est lui le père " . Et l'autre lui rétorque par : " Sottise ! tu as déjà vu une prison sans gardien ! Qui veut dire qu'il y aura toujours un troisième larron, n'importe quel homme peut faire l'affaire. Un père peut même mourir, la grossesse ne va pas s'arrêter. La terre ne va pas s'arrêter de tourner ! Il n' y a pas de corrélation entre l'absence physique réelle du père, parti, disparu avant ou après la naissance de l'enfant et une maladie psychique grave chez cet enfant devenu adulte. Le Patrocentrisme - le père au centre - comme la balle au centre dans une partie de foot, cette conception de la famille de la Rome Antique et des religions monothéistes semble nous avoir longtemps aveuglé. Une famille avant tout c'est toujours un père, c'est ce qu'on nous a toujours enseigné, et la psychanalyse avec le dépoussiérage du mythe d'oedipe, Totem et Tabou oeuvres de Freud, n'ont fait que remettre une couche paternelle supplémentaire. En tout cas c'est ce qu'a compris le commun des mortels du verbiage psychanalytique avec une inflation démesurée d'écrits sur le père.
Il court, il court le père ! il est passé par ici, Il repassera par là !
Et pour le trouver, On a seriné les oreilles de milliers de générations, en faisant admettre que tous les chemins mènent à Rome, elles mènent au père. Et pendant ce temps, la mère faisait le trottoir ! Qui veut dire, qu'elle attendait sans brancher. Le culte de Marie, mère du Christ, l'évocation de Marie de Magdala et Sarah la biblique, coranique, aussi saintes qu'elles soient, elles sont toujours au service du père et du fils. Sarah, stérile, ménopausée et dépourvue de matrice selon la tradition hébraïque, donnant naissance à un enfant à l'âge de quatre vingt dix ans ! par la volonté de dieu. Quand trois anges étaient venus lui annoncer la nouvelle de sa grossesse, elle avait éclaté de rire. D'ou le nom d'Isaac. Rira bien qui rira le dernier ! lui répondit Marie qui va faire encore mieux : donner naissance sans être touchée par un homme mortel - tiens ! ça nous rappelle les croyances de la horde primitive. Elle donnera naissance à un enfant immortel qui gravite depuis plus de deux mille ans en " station orbitale ". Reconnu à sa naissance par les rois mages, ils étaient aussi au nombre de trois. La naissance d'un mâle, toujours un mâle. Reconnu dans l'ancien testament par des anges asexués et reconnu dans l'évangile par des rois, mâles. Pourquoi un mâle ? Question à quarante et un euros ! Eh bien un mâle, parce qu'il a la semence, il l'offre à une femme, le christ en avait tellement qu'il fini par ne la donner à personne, il ne se mariera pas ! Après moi, plus de mâles, plus de prophètes. Il sera démenti par Mahomet qui l'avait offerte à treize femmes ! Appelées " mères des croyants ". Il n'a pas eu non plus la chance d'avoir de descendance mâle : trois garçons morts en bas âge. Plus jamais d'autres prophètes, c'est fini ! et il n' y aura malheureusement .. de temps à autre que des fous de dieu ! toutes confessions confondues.
La " Oumma ", l'immaculée conception et son avatar préhistorique - la croyance mystique des clans - nous révèlent que la mère a occupé un jour, ne serait-ce qu'un jour, le centre du monde.
A suivre..


Rédigé par Malek Gouni le Vendredi 2 Mars 2012 à 07:25

Frazer disait : pour s'identifier à sa toute puissance, les fils, après avoir tué le chef de la horde primitive, ils se livrèrent au cannibalisme, ils ont mangé sa chair. Et c'est comme celà qu'il a pu accéder au statut de père. Dans les sociétés humaines, depuis la nuit des temps nous ingurgitons de la chair du père, c'est ce qui est représenté par l'hostie dans l'Eucharistie, nous ingurgitons du symbole pour la célébration de la fraternité entre tous. Chez les musulmans on célèbre l'Aid El Adha en sacrifiant un agneau - comme l'agneau d'Abraham et l'agneau de pâques - Ce qui probablement nous évite de sacrifier le père, et non pas le fils, comme le figurent les religions monothéistes, en tout cas qu'on sacrifie le fils ou le père, il s'agit toujours d'un parricide, puisqu'on touche à la filiation - On sacrifiant un bélier, plus de sacrifice humain .Ce qui dans nos sociétés modernes pousse certains - des gens plus sensibles que d'autres - à être végétarien. Les femmes sont plus facilement végétariennes, ce qui probablement les dispense d'être des mantes religieuses : devoir "dévorer" la chair du père !
Dans les sociétés Hindouistes (le temple des végétariens) on a un grand respect pour la vie des espèces du fait de la croyance en la réincarnation, l'homme se mélange aux bêtes. Chez eux "les torchons se mélangent aux serviettes" comme s'ils avaient lu la théorie de l'évolution des espèces de Darwin. Ils savent depuis toujours que l'homme descend de la bête! Il n'ont pas recours au sacrifice des animaux pour célébrer la fraternité et pour maintenir la paix entre tous. Ils ont un autre rapport au père. le végétarisme est devenu au cours de l'histoire le privilège exclusif des castes supérieures pures, dont les brahmanes, tandis que la consommation de viande, associée au sacrifice sanglant, est tombée dans le domaine des classes populaires.
Toutes les révolutions débutent par une étincelle. Un geste, une indignation qui déclenche l'insurrection et l'insoumission. Dans toutes les révolutions des têtes tombent : Jules Césare, Les Khalifes arabes, Louis Seize, les Romanov, Mussolini, Nadjibullah, Ceausescu, Saddam, et la liste est longue.
Kadhafi n'a pas échappé à la règle, il avait même prédit sa propre mort dés le mois de février, dés le début de l'insurrection. Quand il s'était adréssé à son peuple et aux insurgés, il leur dit : " je vous chercherai chez vous, maison après maison, Zanga-Zanga (ruelle après ruelle). Et c'est lui qui s'est trouvé recherché, Zanga-Zanga, chez lui à Syrte. Bab El Azizia, son quartier général ou il fait son discours annonçant sa mort proche, ce n'est pas chez lui. Bab El Azizia ou la porte d'El Azizia, " la porte de ce qui est le plus cher " selon la traduction, et qui étrangement, simple coincidence ? Nous rappelle Bouazizi ! qui veut dire le père de ce qui m'est le plus cher. Bouazizi, ce jeune Tunisien, vendeur ambulant de fruits et légumes qui en s'enflammant, il a enflammé toutes les "Zanga" du monde arabe. De Bouazizi à Bab El Azizia, il n' y a qu'un pas, qu'une porte. Et voilà Kadhafi capturé dans un égout, le grand Kadhafi qui pouvait planter sa tante de bédouin là ou lui semblait - il l'avait fait à l' Élysée, lieu de l'Hadès - un guide (un Zaîm) doublé d'un demi-dieu grec avec ses amazones de Libye, passé des dollars du pipeline aux égouts ! Lui qui selon certaines révélations, aurait sorti secrètement deux cent milliars de dollars de Libye. Il aurait pu se réfugier dans un autre pays avec son butin, son petit larcin. Les hôtes en Afrique et en Amérique Latine se bousculaient pour l'accueillir. Non ! Il a préféré une mort certaine, jusqu'au-boutiste comme l'avait été Saddam Hussein (sacrifié d'ailleurs le jour de l'Aid El Adha) . Il a préféré combattre jusqu'à sa dernière goutte de sang, il l'avait dit dans son fameux discours de février. On le disait fou, non ! il n'était pas fou, sauf qu'il jouissait depuis trop longtemps d'une puissance sans limite, il jouissait du pouvoir sans partage, comme le père de la horde primitive qui pouvait jouir de toutes les femelles et qui chassait les mâles au fur et à mesure qu'ils grandissaient. Kadhafi était gardé par des femmes mystérieuses en treillis. Cette jouissance suprême est à classer du côté de la perversion - le sadisme : j'ai le droit de vie et de mort sur chaque être - Et c'est le cas de la plupart des dictateurs au double visage sanglant et bovin. Il avait El U'zza - vénus chez les arabes - il avait Aziz le dieu de la guerre et de la toute puissance à Bab El Azizia. Et il est allé à la rencontre et à la confrontation avec Ba 'al dieu des opprimés et du triomphe de la vie pour s'échouer entre les mains de Manât, la déesse noire, celle qui possède la pierre noire.
On l'a vu le jour de sa capture, après que son convoi ait subi les foudres de Rome, il était encore vivant, il a été molesté, le visage ensanglanté, il nous a offert une image Christique. Il a fait une dernière apparition, l'ultime sortie, qui est à inscrire du côté de la tragédie, du côté du fatum : le destin des dieux - le tragique signifie que nul n'échappe au destin - Il a voulu rentrer dans la mythologie. Et il a réussi ! Il est entré au panthéon d'Arabie.
Et voilà son corps, son cadavre ensanglanté, gisant à même le sol dans une chambre froide d'un marchand de légumes de la banlieue de Misrata - une simple petite coïncidence avec le métier de Bouazizi . Et on vient de tous les coins du pays pour admirer son cadavre, petits et grands, que des mâles, pas de femelles, comme dans le récit de Frazer, cité dans
l'inépuisable "Totem et Tabou" de Freud. On vient manger sa chair pour s'identifier, pour prendre un morceau de la toute puissance, de son vivant. Oui ! tous les libyens viennent à Misrata pour engloutir la chair de Kadhafi. Misrata veut dire en arabe : le lieu de l'engloutissement, le lieu ou s'engloutissent les objets - les arabophones en conviendront .. Encore une autre simple coincidence !

Il y aura un avant et un après la mort de Kadhafi. Avant la Libye n'avait pas de père .. Aujourd'hui, elle en a un !

Il y a trop de corps déchiquetés en terre d'islam, comme si toute mutation sociale ne pouvait s'opérer sans l'obligation de recourir à l'exposition de "chair fraîche" observable. Les sociétés musulmanes actuelles voient le retour violent de la corporalité sur la scène du social et du politique - un Niqab, un Jilbab jeté sur le corps de la femme pour mieux mettre en évidence le corps, rien que le corps, un corps sans visage, sans émotions, sans vie, un corps ambulant sans identité, sans nom, incognito : des cadavres ambulants - Depuis une trentaine d'années, nous assistons au retour d'une certaine conception "bouchère". Comme si la continuité du rapport humain, l'humanisation des générations à venir, comme si la question de la raison sur ces terres n'était qu'une affaire de viande ! Comme s'il n' y avait plus d'esprit, qui serait allé vagabonder dans je ne ne sais quel paradis, ou je ne sais dans quelle salle d'attente. En attente d'un corps déchiqueté explosé qui viendrait le rejoindre. Une corporalité brute en tout coin de rue, observable, corps démembrés, une tête par ci, un bras par là. Des "soldats" de dieu - on ne sait pas lequel - investissent les zanga de Beyrouth, d'Algérie, d'Irak, d'Afghanistan, de Palestine et d'Israël, d'Egypte, du Yémen, de Marrakech, du Pakistan, de Libye et de syrie. Comme si la folie et la dé-raison avaient déménagé et élu domicile dans ces contrées du monde - j'exagère à peine !
Si le christianisme s'est bâti sur cet acte fondateur qui est la passion du christ, ce corps crucifié, ce corps, transpercé, déchiqueté, ce corps observable - dieu est descendu sur terre et s'est mêlé aux humains. D'ailleurs la plupart des apôtres et des saints ont été martyrisés ( crucifiés tête en bas, écorchés vifs, brûlés vifs, jeté du haut d'un précipice ). L'islam, quant à cette autre religion, son acte fondateur est la parole : le coran "récitation" et non pas le corps, non pas la chair. l'ange Gabriel dit à Mahomet : " lis ! ". Et en cela l'islam est proche du judaïsme. Sommes nous entrain d'assister à une christianisation de l'islam ? A l'endroit ou en Amérique et en Europe, on croit être envahi par un Islam véhément et conquérant.
Pour revenir à cette question des corps observables, des " demoiselles d'Avignon " observables, en cela ce tableau est christique et pour ma part d'une violence inouï, toute la peinture dite du Nu en occident depuis le moyen âge est christique. Femmes vêtues, enveloppées, momifiées, " Jilbabilisées " en Islam, comme réponse du berger à la bergère nue christique de l'occident ( femmes momifiées au Botox, prothèses mammaires PIP, Lifting, ect..). Le monde est devenu totalement masculin et ces femmes en foulard viennent inscrire la différence des sexes comme dernier recours. Elles se posent comme dernier barrage contre la colonisation du " masculin " . La femme n'existe plus ! Comme si le corps avait perdu cette part du sacré qui l'habite, qu'on appelle la différence des sexes. C'est comme ce qui est relaté par cette histoire de deux fous qui se sauvent d'un hôpital psychiatrique. Ils marchent longtemps dans la forêt jusqu'à ce qu'ils arrivent devant une barrière sur laquelle on lit : " domaine naturiste " . L'un des fous monte sur les épaules de l'autre pour s'assurer de ce qu'il y a derrière. Qu'est ce que tu vois ? Je vois des gens nus. Est-ce des hommes ou des femmes ? Je ne peux pas te dire parce qu'ils ne sont pas habillés. La corporalité en occident est très présente, exposée sur les magazines et qui semble crèver les écrans cathodiques ou à haute définition - En cela l'imagerie est christique, la télévision est christique, le cinéma est christique (cadavres, tueries, sexe, corps à profusion) contrairement à la radio qui n'est pas du côté de la représentation. Quid d'Internet qui semble être bicéphale, mais je suis persuadé que c'est un appel à quitter la corporalité, un rebrousse-corporalité. L'anorexie mentale et les formes d'obésité observées témoignent d'un retour pathologique - au pas de charge - à la corporalité. Les tueries perpétrés ici et la "sans raisons" - Colombine, Oslo, Liège, ect..- sont aussi une forme de retour à la corporalité : laisser la chair fraîche sur le carreau. " Descendre " quelqu'un ou quelques-uns c'est descendre dieu parterre, le mettre à terre à travers ses créatures, lui qui plane tout le temps, lui qui est " esprit ", le mettre en " chair " . Et les cannibales, les vautours, les nettoyeurs ne sont jamais très loin pour colporter le scoop, les images du cadavre, des cadavres de la scène et des scènes du meurtre. A titre d'exemple et c'est glaçant ! Les soldats américains pisseurs, qui ont pissé sur les cadavres des trois Afghans ce sont comportés comme des nécrophiles, des cannibales : ils viennent mélanger leur pisse au sang et à la chair des cadavres, une continuité biologique s'établit. Ils viennent copuler avec le père et " manger " sa chair, en mélangeant les fluides. Le monde est peuplé de cannibales qui s'ignorent.
Ces notions de corporalité et de " conception bouchère " je les ai empruntées à Pierre Legendre qui a fait un travail remarquable et d'une pertinence inégalable dans son traité sur le déclin du père en occident : " Le crime du caporal Lortie ". Comme si dans ce monde, du moins au moyen-orient et en occident (le monde est devenu tout de même occidental !) deux types d'interprétation se partagent l'humanité, elles sont l'assise de la question de la raison : primo la ligature de la chair et le verbe chez les juifs, qui se fait par le biais de la circoncision. On coupe un petit morceau qu'on offre à dieu, " qu'on jette à dieu " pour faire alliance avec lui (pour que le verbe habite et habille le corps et le sorte de l'animalité).Secondo chez les chrétiens, comme le suggère Pierre Legendre, cette ligature se fait par le biais du baptême et qu'il appelle ligature spirituelle, la circoncision spirituelle, c'est l'esprit saint, ce troisième larron qui vient lier les deux (le verbe et la chair). Je pense pour ma part - et c'est la thèse de Legendre - que les choses se sont modifiées depuis l'industrialisation à outrance et depuis le Nazisme. Et que ce n'est plus ce saint esprit qui fait ligature dans ce monde moderne matérialiste, mais que c'est tout le corps, tout entier qui est offert, l'esprit et le corps se confondent en une seule entité. Le tiers est exclu, de plus en plus exclu, il n' y a plus de troisième larron, il n' y a plus d'interprète, l'interprète est mort, le prophète, le chaman et le sorcier sont morts. De plus en plus représentés par la nature, notre bonne vieille nature : la science, l'écologie. Et par la machine, le juridique, la comptabilité, le démontrable et l'argent : le fétiche - l'avènement du monde du fétiche - Son altesse royale fétiche premier. Ce troisième larron est représenté par l'oeil, la clinique du regard, le désir à l'oeil : les grecs n'ont pas crevé les yeux d'oedipe pour rien . Il n' y a plus que les paroles de Saint Thomas qui comptent : " Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point ". Thomas veut dire jumeau en Araméen, " Taouème " en Arabe. Il n' y a que deux corps dupliqués en un seul (encore une simple coïncidence !). L'islam pour sa part tout est verbe, il n' y a pas de corps, d'ou l'absence de représentation. Le coran et le Hadith " des récitations ", telle une cascade qui tombe sans interruption sur le corps. Combien de fois le mot " rivières " est cité dans le coran, les arabes ont fait des miracles avec l'eau ! Et la " Roqya " très fréquemment utilisée, qui est une forme de traitement par des versets coraniques, on déverse sur votre corps des versets. Le coran est du côté de la lettre qui se fait entendre, une lettre " consommable ". Contrairement à La bible qui est écriture, c'est le texte écrit, ainsi que la Torah qui vient du mot " yarah " qui veut dire montrer, indiquer une direction, le judaïsme est du côté du mouvement. Et le mot " yorah " ou " roëya " en arabe veut dire ce qui se voit, ce qu'on voit. Et mon hypothèse est que le corps est entrain de revenir, est entrain de se faire voir en islam, il est entrain de faire une apparition fracassante dans cette religion.. Au point ou des pseudo- scientifiques viennent écrire des thèses pour prouver que les versets coraniques ont dit des vérités sur les découvertes scientifiques modernes. Quelle candeur de croire qu'on peut mettre en rapport un verset et une théorie scientifique ! C'est très réducteur pour le coran qui est une écriture très complexe et très riche qui nécessite beaucoup de rigueur et de " l'Ijtihâd ". On ne peut pas enfermer l'islam dans une phrase lapidaire " scientifique " on ne peut pas le dissimuler dans l'enchevêtrement d'une barbe hirsute, on ne peut pas l'enfermer dans une étoffe de tissus, dans un Jilbab, dans une bourka. Ou es-tu Al-Burda ? ce manteau de poésie de Kaâb ibn Zouhaïr écrite à l'aube de l'islam, tel le manteau de Noé. Ou sont toutes les Al Burda de prose, de philosophie et de sagesse musulmane ? L'islam est entrain de sombrer dans le démontrable, dans la démonstration, dans la comptabilité, dans l'observable, il est entrain de se " Thomasier ", il est entrain de subir " l'épreuve " et la révolution de Saint Thomas. Et il n' y aura plus de cascades, plus d'eau, plus de fontaines, plus d'ablutions, et le retour vers le désert est promis. Nous assistons à la naissance d'un " néo-islam " décadent faisant face au néo-protestantisme activiste trans-atlantique - des néo-conservateurs Bushistes - " sanglants et cinglés ".










Rédigé par Malek Gouni le Dimanche 23 Octobre 2011 à 04:32

J'ai quitté la noble dame, l'explosive, la ténébreuse,

J'ai fui le sifflement de son mistral et ses bastons glaciaux, pénétrants.

Il a donné tant de migraines aux cagoles esclaffeuses, pleureuses, filles de Robert.

Je l'ai souvent vu en colère, sa terreur envahissant de toutes parts le vieux port,

bousculant les Pagnols ambulants, frottant défenses contre défenses,

de ces putains de voiliers qui n'ont jamais quitté le quai des belges.

J'ai quitté Marseille l'insaisissable, la torride, méprisante,

Douce, mystérieuse et triviale, celle qui accueille toutes les misères,

Marseille la sublime, exaltée, elle est souvent ivre de joie sans raisons,

je l'ai vue timide, chaste, honteuse se réfugiant dans ses calanques, des doigts de César !

Débordante de passions, elle a laissé tant de cadavres et tant d'histoires inachevées.

J'ai quitté la bonne mère, celle qui a adopté tant d'hommes,

J'ai quitté celle qui a abandonné sur ses quais tant de femmes ,

Marseille la mère de tous les baptêmes.

J'ai cherché le bonheur, le bien-être,

J'ai cherché la quiétude, le calme et le silence,

J'ai cherché l'oubli, l'inconscience et l'insouciance,

J'ai cherché mon enfance, sa clarté et son innocence,

J'ai cherché l'anonymat, l'absence et le sommeil,

J'espérais le renouveau, la perdition et le rebondissement,

j'espérais retrouver les souvenirs, les tristesses et les éclats de rire ,

J'ai retrouvé le sourire, le temps d'un soupir dans l'oasis de Fint.

Rédigé par Malek Gouni le Vendredi 24 Juin 2011 à 05:47
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