Jean Belot : l'info- blog

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AFGHANISTAN, SUITE  ET  FIN
Afghanistan, suite et fin. Nicolas Sarkozy avance la date du retour du contingent français à Kaboul, Barack Obama en fait autant avec son armée, celui-ci et celui-là pour d'évidentes raisons de campagne électorale, parce que les élections présidentielles programmées en France et aux Etat-Unis sont un prétexte assez pressant pour quitter un théâtre d'opérations où la partie était depuis longtemps perdue d'avance. A peine le dernier soldat occidental aura-t-il quitté le sol afghan que les Talibans se hâteront de reprendre le contrôle d'un pouvoir central qui est condamné par une corruption effrénée.

Déclarée par les Etats-Unis, avec la bénédiction de l'ONU, au lendemain des attentats de New York et de Washington en septembre 2001, la seconde guerre d'Afghanistan - après celle de l'armée soviétique - n'aura servi à rien, ou presque. Las de combattre les talibans en vain depuis plus de dix ans, de perdre des hommes et de dépenser en pure perte des milliards de dollars, les Américains déserteront le terrain, amers. La Force internationale d'assistance et de sécurité, composée de combattants britanniques, canadiens, allemands, français, italiens, turcs etc, a déjà commencé de plier bagages. Prévue pour être courte, cette guerre s'est éternisé pour rien, elle aura été un échec pour les démocraties qui avaient choisi de la faire, un échec pour les Nations unies qui l'avaient parrainée, un échec pour la première puissance économique et militaire du monde, les Etats-Unis.

Dénoncée par Tzvetan Todorov, dans une appréciable interview à Médiapart le 30 janvier, "l'hégémonie d'une hyperpuissance qui peut se permettre d'intervenir dans le monde entier sans tenir compte de l'opinion des populations concernées" n'aura pas suffi à garantir le succès de l'intervention américaine en Afghanistan. Comme dans n'importe quel conflit colonial d'antan, les Etats-Unis sont intervenus au mépris de l'histoire, des cultures, des mentalités de l'Afghanistan et des pays voisins ; dès lors, s'ils avaient la possibilité de gagner la guerre sur le terrain, ils étaient condamnés à la perdre auprès des populations. Comme s'il avait suffi de débusquer Ben Laden et de l'éliminer - raison invoquée pour aller bombarder l'Afghanistan - pour l'emporter !

Et si la seconde guerre d'Afghanistan avait été d'abord une guerre civile dont l'Occident n'aurait pas dû se mêler ? Elle a commencé dès le départ de l'armée soviétique et le renversement du gouvernement communiste à Kaboul en 1992 et s'est traduite, jusqu'à la venue de l'armée américaine, par d'incessants conflits entre les seigneurs de la guerre pour le contrôle des provinces. Ils n'attendent que le départ des ultimes forces occidentales pour relancer cette guerre intestine. Pour le plus grand bénéfice des talibans qui, dans l'immédiat, ont gagné la partie.
Jean Belot
Rédigé par Jean Belot le 04/02/2012 à 00:04 | Commentaires (0)

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D'UN
Au tour du modèle économique allemand d'être donné en (bon) exemple. Depuis une quarantaine d'années, nos présidents se sont emballés pour tel ou tel modèle économique. Georges Pompidou s'était entiché du "modèle suédois -  avec le soleil en plus", qui alliait la prospérité et la solidarité mais reposait sur des impôts très lourds permettant à l'Etat d'administrer, en accord avec de très coopératifs syndicats, l'éducation, la santé et les retraites...

En réaction contre le "système socialo-communiste" de François Mitterrand, qu'il dénonçait avec entrain Jacques Chirac, lui s'était toqué du modèle néo-libéral anglo-saxon appliqué par Ronald Reagan, puis par Margaret Thatcher. Privatisations à tous les étages, désengagement de l'Etat accompagné d'une réduction drastique de l'emprise des services publics...

Au cours des années quatre-vingt-dix, le modèle danois eut les faveurs d'économistes et de décideurs. Reposant sur la notion de "flexisécurité", il facilitait la flexibilité des embauches et des licenciements côté employeurs et assurait la sécurité des revenus côté salariés. Il s'appuyait sur une fiscalité élevée et une formation continue solide. Un modèle performant mais difficilement importable en France...

Et voici que Nicolas Sarkozy célèbre tous azimuts le modèle allemand, qu'il veut d'urgence appliquer en France. D'où ses recettes, importées d'outre-Rhin : l'augmentation de la TVA, les contrats de compétitivité, l'augmentation du temps de travail et la formation des jeunes, certaines réformes devant être mises en oeuvre dès ce mois de février, les autres en septembre. Outre que certaines des réformes annoncées, voire imposées, ne s'improvisent pas et exigent un dialogue intense avec les parlementaires, les syndicats et le patronat, est-il bien raisonnable de vouloir les boutiquer en quelques semaines, d'abord pour se reconstruire une image de candidat à trois mois d'une présidentielle ?

Et qu'est devenu le modèle français, qui fut unique en son genre ? Reposant sur un Etat fort, interventionniste, planificateur, colbertiste et un service public puissant, il a été petit à petit démantelé sous les effets conjugués du libéralisme venu d'outre-Atlantique, de la mondialisation de l'économie et de l'appauvrissement de l'Etat pour cause de crise. Illustration de ce déclin, la disparition en 2006 de l'emblématique Commissariat au Plan créé par de Gaulle. Mais il a encore quelques beaux restes, ce modèle, même s'ils boîtent : les enviables systèmes de santé et de retraite, le transport ferroviaire, l'éducation, l'énergie nucléaire...

Le modèle français est performant quand le pays est prospère, l'emploi performant, mais il est vulnérable quand un fort chômage le prive de ses ressources. Il est menacé quand une crise dure mais il doit survivre précisément quand la crise dure puisqu'il est aujourd'hui l'ultime expression de la solidarité garantie entre tous les Français. Lorsqu'une tempête ou des chutes de neige privent d'électricité une contrée, comme ces jours-ci, chacun s'accorde à trouver nombre d'avantages au service public Electricité de France, même ceux qui seraient enclins à privatiser EDF.

Jean Belot
Rédigé par Jean Belot le 30/01/2012 à 16:04 | Commentaires (0)

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SACRÉ "RESSENTI" !

30/01/2012
SACRÉ
La météo à la télévision, c'est un régal, sur les plus anciennes chaînes en particulier. Un ouvroir de dames au babil primesautier, qui feront leur vie entière la pluie ou le beau temps sur un petit écran, à 13 et 20 h, est déjà un premier motif de satisfaction. Leurs vêtures pittoresques en est un autre et le sémaphore de leurs bras un troisième, surtout quand elles commentent avec volubilité l'apparition sur l'Europe d'une grosse nappe visqueuse, bleue ou rose, dont les glissements demeurent obscurs au commun des mortels.

Depuis un an ou deux, le vocabulaire de la météo évolue. Par exemple, les "entrées maritimes" font maintenant partie du discours quotidien. L'arrivée sur une côte d'une masse d'air en provenance du large s'appelle une "entrée maritime", expression tellement plus scientifique que le banal "courant aérien" d'antan, pas vrai ? Nous avons eu droit, ensuite, à l'"épisode neigeux", qui n'est rien d'autre qu'une chute de neige. L'"épisode neigeux" est entré en piste, semble-t-il, en décembre 2009 à l'occasion des envahissantes chutes de neige tombées sur l'Ile-de-France, qui avaient paralysé des dizaines de milliers d'automobilistes au volant de leur véhicule et permis au ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux de se distinguer en estimant que la circulation était peu perturbée. "Il n'y a pas de pagaille" avait-il déclaré, mais des complications à cause des routes inclinées". On attend impatiemment l'irruption sur le petit écran de "péripéties pluvieuses".

Dernier né langagier de Météo-France, "le ressenti", ah, quelle sacrée trouvaille ! "Le ressenti", c'est la différence entre la température réelle affichée par un baromètre sous abri et celle éprouvée en plein vent. Exemple, il fait -5° sous le porche de Notre Dame de Paris mais en face, sur la place exposée au vent, "le ressenti" peut être de -10 ou davantage. A Metz, jeudi dernier, il faisait -5°, à l'est du pays une température supportable en février, mais "le ressenti" était, paraît-il, de -20°. Soit, et après, qu'est-ce qu'on fait ? En Ukraine ou en Pologne, il y eut jusqu'à - 30° cette semaine, donc "le ressenti" devait tourner autour de -70/-80° à Kiev et Varsovie. Quel réconfort, que cette information !

Nul doute que "le ressenti" enrichit le vocabulaire météorologique et améliore le moral. Ne nous plaignons plus que le montant de la TVA augmente ou que le prix du gaz, du mazout, de l'électricité, du carburant grimpe, nous savons désormais qu'un - 5 est fallacieux puisqu'il convient de multiplier ce chiffre par deux ou trois pour ne pas être pris de court par le vent. La définition réelle du "ressenti" : attention, le pire vous attend avec la bise à la sortie de la ruelle... Un récent et très inquiétant rapport sur l'état des centrales nucléaires - qui fournissent les trois quarts de l'électricité - a révélé que notre parc nucléaire est vieux, qu'il faudra le faire durer plus longtemps que prévu et que, pour satisfaire aux normes de sécurité, EDF a besoin de quelques dizaines de milliards d'euros d'ici à 2020. Quel est "le ressenti" d'Henri Proglio, le PDG d'EDF ?

Jean Belot
Rédigé par Jean Belot le 30/01/2012 à 16:04 | Commentaires (1)

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BRÈVES DE BLOG

30/01/2012
- Y aurait-il une élection dans l'air ou quoi ? Après avoir reçu une délégation de chasseurs, Nicolas Sarkozy a d'abord autorisé la chasse aux oies (pourtant fermée depuis le 31 janvier) à continuer du 1er au 10 février, "aux fins d'études scientifiques". Puis, il a fait abroger des moratoires sur la chasse aux courlis et à l'eider à duvet, deux espèces officiellement menacées. En outre, Bercy, toujours à la recherche de 50 centimes pour faire un euro, étudie une mesure permettant de l'imiter l'impact de la hausse de la TVA sur le prix des cigarettes. Enfin, après des années de dénis gouvernementaux, Matignon est décidé à indemniser correctement les victimes irradiées des 210 essais nucléaires réalisés en Algérie et en Polynésie. Monsieur le président, pourquoi avez-vous oublié les pêcheurs à la ligne, qui voteront aussi le 22 avril.

- 7 ouvrières de Lejaby reçues à l'Elysée, sous le regard des caméras de télévision, évidemment. Un peu grossière la mise en scène, mais une des femmes a mis aussitôt les points sur les i : "On ne veut pas que ça serve pour une opération politique, le principal c'est la reprise de l'entreprise mais il y a d'autres emplois à sauver sur d'autres sites du groupe". Et que Bernard Arnault, un proche du président, ait facilité cette reprise par un maroquinier auvergnat, tant mieux en l'occurrence.

- Marine Le Pen à la peine. Elle a du mal à trouver les 500 signatures qui lui permettent d'être officiellement candidate à l'élection présidentielle ? D'abord, on n'est pas obligé de la croire et on ne va pas pleurer sur son sort, son père se lamentait déjà, c'est une antienne familiale. Et puis, pourquoi des maires UMP, socialistes et centristes donneraient-ils une signature à celle qui n'a cessé de dénoncer les mensonges, les erreurs et les fautes de ces partis-là. Elle demande l'anonymat pour les signataires mais, que la loi impose la publication de leurs noms, est une garantie de transparence démocratique.
Jean Belot
Rédigé par Jean Belot le 30/01/2012 à 16:03 | Commentaires (0)

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UN  INQUIÉTANT  PALMARÈS
Un métis, Yannick Noah, personnalité préférée des Français, selon le palmarès publié en janvier dans "Le Journal du dimanche". Et un sportif d'origine kabyle, en deuxième position, Zinedine Zidane, suivi d'un comédien, Omar Sy, révélation du film "Les Intouchables, mère mauricienne et père sénégalais ; de quoi faire loucher le Front national, dites voir. Autre surprise, en pleine campagne pour une élection présidentielle, les deux principaux candidats traînent en queue de palmarès : François Hollande, 48è, et Nicolas Sarkozy, 49è sur 50 ; leur classement est-il le reflet avant-coureur d'une abstention massive le 22 avril ?

Dans cette liste envahie par des chanteurs, des comédiens, des comiques et des gens de télévision, on ne trouvera pas davantage le nom d'un écrivain, d'un chercheur, d'un médecin, d'un capitaine d'industrie ou d'un Stéphane Hessel, qui occupe depuis plus d'un an l'avant-scène et dont le livre "Indignez-vous" s'est vendu à 1 400 000 exemplaires en France seulement. Mais découvrir que Claire Chazal, "icône de l'information sur TF1" nous assène-t-on, est classée 18è, derrière Ppda, 16è, pourtant hors piste médiatique depuis au moins trois ans, laisse rêveur. Où est le temps où un Coluche et un abbé Pierre tenaient le haut de l'affiche pour leur rôle humanitaire, rivalisant avec un commandant Cousteau qui avait l'art de divertir et d'instruire simultanément son public ?

A se demander quelles sont les personnes sélectionnées pour répondre au "Journal du dimanche". Pour vouer un tel culte à ceux qu'on nomme "les people", il faut avoir fait volontairement une croix sur l'information et, au-delà, sur la vie de la cité pour tourner à ce point le dos à la réalité. Voilà peut-être l'explication de cet inquiétant palmarès des célébrités : parce qu'elles entendent parler du matin au soir, et depuis des années, du chômage, de la crise, de la dette, du logement ou des prix qui montent, et qu'elles votent pour des politiques à tour de rôle impuissants, les personnes interrogées ont délibérément choisi de se tourner vers des saltimbanques, qui leur changent les idées. Le comportement est compréhensible mais le constat est consternant.


Jean Belot
Rédigé par Jean Belot le 30/01/2012 à 16:03 | Commentaires (1)