Actualité
AFGHANISTAN, SUITE ET FIN
04/02/2012
Afghanistan, suite et fin. Nicolas Sarkozy avance la date du retour du contingent français à Kaboul, Barack Obama en fait autant avec son armée, celui-ci et celui-là pour d'évidentes raisons de campagne électorale, parce que les élections présidentielles programmées en France et aux Etat-Unis sont un prétexte assez pressant pour quitter un théâtre d'opérations où la partie était depuis longtemps perdue d'avance. A peine le dernier soldat occidental aura-t-il quitté le sol afghan que les Talibans se hâteront de reprendre le contrôle d'un pouvoir central qui est condamné par une corruption effrénée.
Déclarée par les Etats-Unis, avec la bénédiction de l'ONU, au lendemain des attentats de New York et de Washington en septembre 2001, la seconde guerre d'Afghanistan - après celle de l'armée soviétique - n'aura servi à rien, ou presque. Las de combattre les talibans en vain depuis plus de dix ans, de perdre des hommes et de dépenser en pure perte des milliards de dollars, les Américains déserteront le terrain, amers. La Force internationale d'assistance et de sécurité, composée de combattants britanniques, canadiens, allemands, français, italiens, turcs etc, a déjà commencé de plier bagages. Prévue pour être courte, cette guerre s'est éternisé pour rien, elle aura été un échec pour les démocraties qui avaient choisi de la faire, un échec pour les Nations unies qui l'avaient parrainée, un échec pour la première puissance économique et militaire du monde, les Etats-Unis.
Dénoncée par Tzvetan Todorov, dans une appréciable interview à Médiapart le 30 janvier, "l'hégémonie d'une hyperpuissance qui peut se permettre d'intervenir dans le monde entier sans tenir compte de l'opinion des populations concernées" n'aura pas suffi à garantir le succès de l'intervention américaine en Afghanistan. Comme dans n'importe quel conflit colonial d'antan, les Etats-Unis sont intervenus au mépris de l'histoire, des cultures, des mentalités de l'Afghanistan et des pays voisins ; dès lors, s'ils avaient la possibilité de gagner la guerre sur le terrain, ils étaient condamnés à la perdre auprès des populations. Comme s'il avait suffi de débusquer Ben Laden et de l'éliminer - raison invoquée pour aller bombarder l'Afghanistan - pour l'emporter !
Et si la seconde guerre d'Afghanistan avait été d'abord une guerre civile dont l'Occident n'aurait pas dû se mêler ? Elle a commencé dès le départ de l'armée soviétique et le renversement du gouvernement communiste à Kaboul en 1992 et s'est traduite, jusqu'à la venue de l'armée américaine, par d'incessants conflits entre les seigneurs de la guerre pour le contrôle des provinces. Ils n'attendent que le départ des ultimes forces occidentales pour relancer cette guerre intestine. Pour le plus grand bénéfice des talibans qui, dans l'immédiat, ont gagné la partie.
Déclarée par les Etats-Unis, avec la bénédiction de l'ONU, au lendemain des attentats de New York et de Washington en septembre 2001, la seconde guerre d'Afghanistan - après celle de l'armée soviétique - n'aura servi à rien, ou presque. Las de combattre les talibans en vain depuis plus de dix ans, de perdre des hommes et de dépenser en pure perte des milliards de dollars, les Américains déserteront le terrain, amers. La Force internationale d'assistance et de sécurité, composée de combattants britanniques, canadiens, allemands, français, italiens, turcs etc, a déjà commencé de plier bagages. Prévue pour être courte, cette guerre s'est éternisé pour rien, elle aura été un échec pour les démocraties qui avaient choisi de la faire, un échec pour les Nations unies qui l'avaient parrainée, un échec pour la première puissance économique et militaire du monde, les Etats-Unis.
Dénoncée par Tzvetan Todorov, dans une appréciable interview à Médiapart le 30 janvier, "l'hégémonie d'une hyperpuissance qui peut se permettre d'intervenir dans le monde entier sans tenir compte de l'opinion des populations concernées" n'aura pas suffi à garantir le succès de l'intervention américaine en Afghanistan. Comme dans n'importe quel conflit colonial d'antan, les Etats-Unis sont intervenus au mépris de l'histoire, des cultures, des mentalités de l'Afghanistan et des pays voisins ; dès lors, s'ils avaient la possibilité de gagner la guerre sur le terrain, ils étaient condamnés à la perdre auprès des populations. Comme s'il avait suffi de débusquer Ben Laden et de l'éliminer - raison invoquée pour aller bombarder l'Afghanistan - pour l'emporter !
Et si la seconde guerre d'Afghanistan avait été d'abord une guerre civile dont l'Occident n'aurait pas dû se mêler ? Elle a commencé dès le départ de l'armée soviétique et le renversement du gouvernement communiste à Kaboul en 1992 et s'est traduite, jusqu'à la venue de l'armée américaine, par d'incessants conflits entre les seigneurs de la guerre pour le contrôle des provinces. Ils n'attendent que le départ des ultimes forces occidentales pour relancer cette guerre intestine. Pour le plus grand bénéfice des talibans qui, dans l'immédiat, ont gagné la partie.
Jean Belot
Rédigé par Jean Belot le 04/02/2012 à 00:04
|
Commentaires (0)
Jean Belot
Dernières notes
Archives