Actualité
COUPABLES, FORCÉMENT COUPABLES
23/01/2012
Un ciel souvent chagrin, sinon pluvieux, un mois de janvier qui se traîne, des joutes électorales fades, un scrutin incertain, des faits divers désespérants, des prix qui galopent, des impôts nouveaux qui s'annoncent à l'horizon, une Europe morose..., toutes les raisons d'être pessimiste, maussade, vindicatif, grincheux. Après 2011, année déjà déprimante, 2012 sera-t-elle carrément noire ?
Par chance, l'actualité nous a offert deux personnages infâmes sur qui déverser notre bile, deux canailles sur qui transférer nos humeurs, deux cibles idéales en forme de punching-balls pour nous délester de nos envies de régler quelques comptes, deux fripouilles pur beurre, Francesco Schettino, le commandant du "Costa Concordia", et Jean-Claude Mas, le fabricant des prothèses mammaires de la société PIP (Polu Implant Prothèse). Deux coupables sur mesure, qui n'ont l'un et l'autre aucune excuse à leur comportement, puisque l'un et l'autre ont mis sciemment en danger la vie d'autrui par incompétence, négligence ou cupidité.
Plus que lâche, il fallait être inconscient pour abandonner son navire envahi par les eaux et menaçant de couler, alors que des centaines de passagers étaient encore à bord ; puis multiplier les mensonges, après coup, pour tenter de se tirer d'affaire. Le déshonneur absolu. En 1956, un autre commandant italien de paquebot, l'"Andrea-Doria", avait fait la Une de tous les journaux du monde parce qu'il n'avait pas voulu quitter son poste avant que le dernier des hommes d'équipage ait quitté le bateau en train de sombrer.
Jean-Claude Mas est, lui, un parangon de cynisme. Il n'a pas hésité à avouer que le gel de silicone qu'il utilisait pour fabriquer ses prothèses mammaires n'était pas homologué : "je l'ai fait car le gel PIP était moins cher". Mieux, quand les premières plaintes étaient déposées contre lui, il répliqua qu'elles l'étaient par "des personnes fragiles ou des personnes qui font ça pour faire du fric".
Les médias s'en sont donné aussitôt à coeur joie. Et je te stigmatise le côté bellâtre et fanfaron de Schettino, et je te suggère qu'il était peut-être en train de séduire une artiste moldave pendant que le "Costa Concordia" allait sur les rochers. Trop bronzé et portant trop beau pour faire face au danger... Et la tête de Mas, donc ! A l'évidence un noceur, un truqueur, motivé uniquement par le profit, d'ailleurs comment a-t-il payé sa superbe résidence dans le Var ?... Bref, deux boucs émissaires incontestables, qui ont tout fait pour l'être. Sauf que...
La Compagnie Costa, comme toute compagnie qui organise des croisières, est aussi victime du gigantisme de ses navires et essaie d'engager au meilleur prix au quatre coins du monde des marins qui n'ont pas forcément la formation requise et qui, face au danger, ont parfois des difficultés à comprendre et se faire comprendre. Quant à Mas, s'il s'est ingénié à ne pas soumettre son gel à une homologation pourquoi les autorités sanitaires ont-elles autorisé l'utilisation de cette prothèse sans en avoir garanti la certification ; et pourquoi les chirurgiens qui l'ont implantée n'ont-ils pas été plus curieux quand ils avaient le choix entre diverses prothèses ?
Quand l'énorme retentissement de ces scandales aura quitté l'avant-scène, viendra le temps de la justice, et on découvrira peut-être qu'en amont de ces scandales d'autres responsabilités doivent être établies.
Par chance, l'actualité nous a offert deux personnages infâmes sur qui déverser notre bile, deux canailles sur qui transférer nos humeurs, deux cibles idéales en forme de punching-balls pour nous délester de nos envies de régler quelques comptes, deux fripouilles pur beurre, Francesco Schettino, le commandant du "Costa Concordia", et Jean-Claude Mas, le fabricant des prothèses mammaires de la société PIP (Polu Implant Prothèse). Deux coupables sur mesure, qui n'ont l'un et l'autre aucune excuse à leur comportement, puisque l'un et l'autre ont mis sciemment en danger la vie d'autrui par incompétence, négligence ou cupidité.
Plus que lâche, il fallait être inconscient pour abandonner son navire envahi par les eaux et menaçant de couler, alors que des centaines de passagers étaient encore à bord ; puis multiplier les mensonges, après coup, pour tenter de se tirer d'affaire. Le déshonneur absolu. En 1956, un autre commandant italien de paquebot, l'"Andrea-Doria", avait fait la Une de tous les journaux du monde parce qu'il n'avait pas voulu quitter son poste avant que le dernier des hommes d'équipage ait quitté le bateau en train de sombrer.
Jean-Claude Mas est, lui, un parangon de cynisme. Il n'a pas hésité à avouer que le gel de silicone qu'il utilisait pour fabriquer ses prothèses mammaires n'était pas homologué : "je l'ai fait car le gel PIP était moins cher". Mieux, quand les premières plaintes étaient déposées contre lui, il répliqua qu'elles l'étaient par "des personnes fragiles ou des personnes qui font ça pour faire du fric".
Les médias s'en sont donné aussitôt à coeur joie. Et je te stigmatise le côté bellâtre et fanfaron de Schettino, et je te suggère qu'il était peut-être en train de séduire une artiste moldave pendant que le "Costa Concordia" allait sur les rochers. Trop bronzé et portant trop beau pour faire face au danger... Et la tête de Mas, donc ! A l'évidence un noceur, un truqueur, motivé uniquement par le profit, d'ailleurs comment a-t-il payé sa superbe résidence dans le Var ?... Bref, deux boucs émissaires incontestables, qui ont tout fait pour l'être. Sauf que...
La Compagnie Costa, comme toute compagnie qui organise des croisières, est aussi victime du gigantisme de ses navires et essaie d'engager au meilleur prix au quatre coins du monde des marins qui n'ont pas forcément la formation requise et qui, face au danger, ont parfois des difficultés à comprendre et se faire comprendre. Quant à Mas, s'il s'est ingénié à ne pas soumettre son gel à une homologation pourquoi les autorités sanitaires ont-elles autorisé l'utilisation de cette prothèse sans en avoir garanti la certification ; et pourquoi les chirurgiens qui l'ont implantée n'ont-ils pas été plus curieux quand ils avaient le choix entre diverses prothèses ?
Quand l'énorme retentissement de ces scandales aura quitté l'avant-scène, viendra le temps de la justice, et on découvrira peut-être qu'en amont de ces scandales d'autres responsabilités doivent être établies.
Jean Belot
Rédigé par Jean Belot le 23/01/2012 à 12:20
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