Jean Belot : l'info- blog

...qui attend vos réactions"

Actualité

SACRÉ "RESSENTI" !

30/01/2012
SACRÉ   "RESSENTI"  !
La météo à la télévision, c'est un régal, sur les plus anciennes chaînes en particulier. Un ouvroir de dames au babil primesautier, qui feront leur vie entière la pluie ou le beau temps sur un petit écran, à 13 et 20 h, est déjà un premier motif de satisfaction. Leurs vêtures pittoresques en est un autre et le sémaphore de leurs bras un troisième, surtout quand elles commentent avec volubilité l'apparition sur l'Europe d'une grosse nappe visqueuse, bleue ou rose, dont les glissements demeurent obscurs au commun des mortels.

Depuis un an ou deux, le vocabulaire de la météo évolue. Par exemple, les "entrées maritimes" font maintenant partie du discours quotidien. L'arrivée sur une côte d'une masse d'air en provenance du large s'appelle une "entrée maritime", expression tellement plus scientifique que le banal "courant aérien" d'antan, pas vrai ? Nous avons eu droit, ensuite, à l'"épisode neigeux", qui n'est rien d'autre qu'une chute de neige. L'"épisode neigeux" est entré en piste, semble-t-il, en décembre 2009 à l'occasion des envahissantes chutes de neige tombées sur l'Ile-de-France, qui avaient paralysé des dizaines de milliers d'automobilistes au volant de leur véhicule et permis au ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux de se distinguer en estimant que la circulation était peu perturbée. "Il n'y a pas de pagaille" avait-il déclaré, mais des complications à cause des routes inclinées". On attend impatiemment l'irruption sur le petit écran de "péripéties pluvieuses".

Dernier né langagier de Météo-France, "le ressenti", ah, quelle sacrée trouvaille ! "Le ressenti", c'est la différence entre la température réelle affichée par un baromètre sous abri et celle éprouvée en plein vent. Exemple, il fait -5° sous le porche de Notre Dame de Paris mais en face, sur la place exposée au vent, "le ressenti" peut être de -10 ou davantage. A Metz, jeudi dernier, il faisait -5°, à l'est du pays une température supportable en février, mais "le ressenti" était, paraît-il, de -20°. Soit, et après, qu'est-ce qu'on fait ? En Ukraine ou en Pologne, il y eut jusqu'à - 30° cette semaine, donc "le ressenti" devait tourner autour de -70/-80° à Kiev et Varsovie. Quel réconfort, que cette information !

Nul doute que "le ressenti" enrichit le vocabulaire météorologique et améliore le moral. Ne nous plaignons plus que le montant de la TVA augmente ou que le prix du gaz, du mazout, de l'électricité, du carburant grimpe, nous savons désormais qu'un - 5 est fallacieux puisqu'il convient de multiplier ce chiffre par deux ou trois pour ne pas être pris de court par le vent. La définition réelle du "ressenti" : attention, le pire vous attend avec la bise à la sortie de la ruelle... Un récent et très inquiétant rapport sur l'état des centrales nucléaires - qui fournissent les trois quarts de l'électricité - a révélé que notre parc nucléaire est vieux, qu'il faudra le faire durer plus longtemps que prévu et que, pour satisfaire aux normes de sécurité, EDF a besoin de quelques dizaines de milliards d'euros d'ici à 2020. Quel est "le ressenti" d'Henri Proglio, le PDG d'EDF ?


Jean Belot
Rédigé par Jean Belot le 30/01/2012 à 16:04 | Commentaires (1)