Jean Belot : l'info- blog

...qui attend vos réactions"

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L'ENLISEMENT

29/12/2008
Jour après jour, la France dérape, recule, s'enlise. Jour après jour, des questions qu'on croyait réglées ou qui auraient dû l'être depuis longtemps, comme le logement, la santé publique, l'enseignement, la justice, les prisons ou les transports, resurgissent à l'occasion de négligences, de bavures, d'erreurs ou de fautes caractérisées, pudiquement appelées "dysfonctionnements" alors qu'il s'agit souvent de vrais scandales.

En première ligne, le secteur de la santé. L'enquête sur la mort d'un enfant de 3 ans, soigné pour une angine et victime d'une confusion de traitements, n'est pas achevée qu'on apprend la mort d'un homme de 56 ans après que le SAMU qui l'avait pris en charge n'avait pas trouvé un lit dans les services de réanimation de 27 établissements de soins publics et privés d'Ile-de-France ; puis la mort d'un bébé de six mois après une erreur de perfusion. On n'oublie pas non plus les centaines de malades, dont certains sont décédés, qui ont reçu une surdose de radiations à l'hôpital d'Epinal ; ou ce passant poignardé dans la rue à Grenoble par un schizophrène en liberté ou cet autre schizophrène échappé de l'hôpital psychiatrique de Marseille... Parce qu'on manque de crédits ici, de personnel là, ou que des lits sont fermés pendant les fêtes à cause des congés du personnel, ou que les décrets d'application régissant la réanimation et sa mise aux normes ont été retardés alors qu'ils sont applicables depuis avril 2007.

Le 357ème SDF de 2008 mort dans la rue a été comptabilisé le 29 décembre. Il y en avait déjà eu 200 en 2007. Augustin Legrand menace d'installer des milliers de tentes dans toute la France et que répond Christine Boutin ? : "La tente n'est pas une solution", alors que sa loi sur le Droit au Logement opposable est une loi de circonstance, qui manque sérieusement de financement, et que sa Maison à 15 euros coûte finalement cher et sort tout juste de terre. Une situation tellement catastrophique que des salariés réguliers doivent choisir entre se loger ou manger. Depuis le cri de détresse de l'abbé Pierre en 1954, se pose la question du logement des plus démunis mais, aussi longtemps que des structures d'accueil décentes, et non des gymnases ou des hangars, seront proposés aux SDF chaque hiver ou même l'été, nombre de SDF préféreront dormir dehors à leurs risques et périls.

Comme tous ses prédécesseurs, Xavier Darcos s'est cru obligé de réformer l'Education nationale, avec le succès que l'on sait. Comme beaucoup de ses prédécesseurs, Rachida Dati a voulu réformer la justice mais son projet d'incarcérations d'enfants de 12 ans et les récentes affaires Marchiani et Dray, après l'incarcération douteuse des "terroristes" du TGV, ont laissé de fâcheuses traces. Depuis trente, quarante ans, des commissions parlementaires françaises et européennes dénoncent la surpopulation dans des prisons moyenâgeuses et, à peine la ministre de la Justice vient-elle d'inaugurer une prison neuve, à Mont-de-Marsan, qu'il faut vite en évacuer les détenus à la suite d'une panne générale d'électricité annulant tout le dispositif de sécurité...

Depuis plus de deux semaines, la moitié des trains sont bloqués gare Saint-Lazare et depuis deux ans des TGV s'arrêtent pendant des heures en rase campagne après la défaillance d'une caténaire.

Pendant longtemps, la culture a été un fleuron de la politique "à la française". Depuis dix-huit mois, sous l'administration de Christine Albanel, elle sommeille, elle s'étiole. Jean-Jacques Aillagon, qui a détenu ce portefeuille ministériel avant d'aller cachetonner chez François Pinault, à Venise, puis de parader au château de Versailles, s'interroge même dans Le Monde sur l'utilité d'un ministère de la Culture...

Et quoi encore ?




Jean Belot
Rédigé par Jean Belot le 29/12/2008 à 11:55 | Commentaires (0)

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Que souhaiter à l'aube de 2009 ? C'est aussi simple que prétentieux : une opposition convaincante, solide et réactive, à défaut d'être unie. Mais elle ne prend pas ce chemin, puisqu'elle a cessé d'être depuis... longtemps. Un gouvernement, sans une opposition véritable qui le harcèle et le rappelle à l'ordre, bénéficie d'une impunité inquiétante, autorisant tous les écarts. Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy, la gauche est spectatrice d'une dérive politique qu'elle devrait combattre quotidiennement, c'est son rôle, quand le pouvoir personnel d'un homme n'a jamais été aussi étendu et incontestable sous la Vème République. On savait le pouvoir présidentiel très étendu, quel que soit l'élu. On découvre depuis mai 2007 que le "domaine réservé" du président de la République comprend, outre les Affaires étrangères et la Défense nationale annexés jadis par de Gaulle, puis par ses successeurs, les attributions du Premier ministre et celles de tous les membres de son gouvernement.

Face à lui, rien. Le parti communiste est moribond, encore heureux que Marie-Georges Buffet en assure la maintenance avec dévouement ! La Ligue communiste révolutionnaire, bientôt appelée Nouveau parti communiste anticapitaliste, a un chef, Olivier Besancenot. Eloquent et sincère, il est l'opposant le plus ardent de toute la gauche, mais tellement désintéressé qu'il refuse d'avance d'être partie prenante dans un gouvernement. Quant au PS... Qu'il commence d'être uni avant de prétendre unir la gauche ! On a assez vu au congrès de Reims, puis lors de la désignation de son premier secrétaire, l'étendue de ses divisions et la diversité de ses oppositions internes, comme la variété de ses credos, pour redouter pendant longtemps encore son inefficacité. Les prochaines élections européennes donneront une fois de plus la mesure de ses déchirements.

Pourtant, il y a urgence. On a vérifié au fil de ces derniers mois les limites du système Sarkozy. Le "président du pouvoir d'achat" a renoncé à l'être en instaurant dès le début de son mandat un bouclier fiscal emblématique, qui a installé une France à deux vitesses. Quant à la volonté de réformer en profondeur la société, elle ne se traduit pas par les bouleversements annoncés au nom de la "rupture". S'il est vrai que les régimes spéciaux de retraite ont été réformés, de même que le statut de l'université ou la Constitution, l'inventaire des 316 propositions de Jacques Attali (dont celle du statut des taxis) a été prestement enterré, et différé la réforme de l'éducation, et bricolée faute de moyens celle de la justice, et atténuée celle du travail le dimanche, et mise en veilleuse la nouvelle politique de l'environnement, sans parler de la douteuse réforme de l'audiovisuel public. Il est vrai, à la décharge du chef de l'Etat, qu'il ne pouvait pas prévoir le cyclone de la crise économique.

Comme tout donne à penser - à commencer par la reprise en main programmée de l'UMP - que le président de la République prépare déjà sa réélection de 2012, l'opposition a intérêt à se réveiller le plus vite possible. Encore étourdi par l'ivresse de sa présidence européenne, ces six derniers mois, Nicolas Sarkozy n'est pas prêt à déposer les armes.


Jean Belot
Rédigé par Jean Belot le 29/12/2008 à 11:55 | Commentaires (1)

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GAZA, LE NAUFRAGE

29/12/2008
Cinq cents morts pour quoi à Gaza ? S'il s'agissait pour Tel Aviv de porter un coup sévère au Hamas, le Mouvement de résistance islamique, c'est raté, son pouvoir sortira renforcé sous le poids du nombre des victimes et des destructions. S'il s'agissait de réveiller la droite dure israélienne, de relancer sans doute les attentats palestiniens à Jérusalem ou ailleurs et d'entraver tout accord de paix, c'est gagné, avec en prime le retour possible, sinon probable, du radical Benjamin Netanyaou à la barre. S'il s'agissait de venger l'affront fait à Tsahal, l'armée israélienne, par le Hezbollah, l'été 2006 au Liban, c'est fait, et l'exploit n'est pas mince puisque réalisé avec des F16, des drones, des chars, des missiles et des bateaux contre des kalachnikov et des roquettes artisanales.

Personne ne peut croire évidemment que c'est tout noir d'un côté et tout blanc de l'autre. N'empêche, de quel droit le minuscule territoire de Gaza est-il bouclé presque tout le temps par les forces spéciales israéliennes et la survie de près d'un million et demi de personnes dépend-elle de subsides étrangers, surtout européens ? Et aussi longtemps que, côté palestinien, il y aura un président de l'Autorité présentable et partisan de la négociation, Mahmoud Abbas, et une gouvernement du Hammas qui ne reconnaît toujours pas l'existence de l'Etat hébreu et encourage les actes terroristes, il n'y aura pas de tentative de paix possible dans la région. Surtout si elle est sans cesse compromise par ces tirs de roquettes insupportables sur des populations civiles israéliennes.

Pourtant, l'un et l'autre camp n'ont pas d'autre choix que la cohabitation puisque l'un et l'autre peuvent revendiquer légitimement le droit de vivre dans la région. Et n'y parvenir qu'en signant des accords de paix. Israël sait qu'il lui faudra tôt ou tard négocier avec le gouvernement du Hamas, régulièrement élu et le Hamas devra à son tour admettre, dans son propre intérêt, l'existence d'Israël parce que la population de Gaza, lasse de mener une vie misérable, finira par se retourner contre lui. Bientôt, Bush, qui n'a strictement rien entrepris depuis huit ans pour favoriser un rapprochement entre Israëliens et Palestiniens, s'effacera devant Obama qui est, lui, le seul homme d'Etat capable aujourd'hui de décider de relancer un processus de paix. Mais il est permis de penser que si Israël vient d'attaquer et d'envahir Gaza, c'est d'abord pour être en position de force devant le nouveau président américain.



Jean Belot
Rédigé par Jean Belot le 29/12/2008 à 11:55 | Commentaires (5)

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BRÈVES DE BLOG

29/12/2008
- La cérémonie d'investiture de Barack Obama, le 20 janvier, est financée par de riches particuliers comme les patrons de Microsoft ou de Google, Steven Spielberg, la comédienne Halle Berry ou le financier George Soros, voire les épouses et les enfants des donateurs, qui ont versé chacun 50 000 dollars. Les généreux contributeurs auront ainsi le privilège d'avoir une chaise avec vue sur la prestation de serment. Impossible d'imaginer à Paris la cérémonie d'investiture de Nicolas Sarkozy à l'Elysée parrainée avec les chèques de Martin Bouygues, Alain Minc, Arnaud Lagardère et Vincent Bolloré, encore que les complaisances médiatiques de ceux-ci ou le prêt du bateau de celui-là... Déjà, quand le frivole François Léotard, alors ministre de la Culture, avait envisagé que la restauration de l'Arc de Triomphe soit financée par l'American Express, il avait suscité, à juste titre, une levée de boucliers.

- C'est la crise pour tout le monde, même au palais de Buckingham. Le duc d'Edimbourg a décidé à sa manière de réduire son train de vie : désormais il ne jettera plus une chemise après l'avoir portée une seule journée, elle partira au lavage.

- L'ancien ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy prend comme un affront personnel l'incendie de 1147 véhicules la nuit de la saint Sylvestre et veut que les coupables soient interdits de permis de conduire aussi longtemps qu'ils n'auront pas indemnisés les propriétaires des automobiles ou les assurances. Reste plus qu'à trouver les incendiaires, qui opèrent rarement en plein jour dans le centre des villes. Quant à conduire sans permis, ils ne feront qu'imiter les dizaines de milliers de Français qui s'en passent depuis des années.

- Que faisait donc Julien Lepers à la soirée organisée au Zénith par Dieudonné et à laquelle le négationniste Faurisson participait, de même que le couple Le Pen ? Qu'il ne vienne pas nous dire aujourd'hui qu'il s'était trompé de salle...
Jean Belot
Rédigé par Jean Belot le 29/12/2008 à 11:54 | Commentaires (0)

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Mazette ! Un documentaire d'Edouard Baer chez les Dogon sur France 2, un autre, "Nankin, la mémoire et l'oubli" proposé par France 5 sur les atrocités japonaises en 1938, un troisième sur France Ô, concernant des travailleurs portugais en France ayant fui le régime de Salazar..., tous mets culturels programmés par France Télévisions à 20h35 demain lundi, premier jour sans publicité (le soir), ainsi que l'a décrété Nicolas Sarkozy. Et nombre d'autres téléfilms et d'images originales le reste de la semaine. A l'évidence, la direction du groupe a voulu mettre les petits plats dans les grands pour répondre à l'attente du nouveau commanditaire autoproclamé de la télévision d'Etat, qui veut que "ses" chaînes se distinguent de la concurrence commerciale. Il est vrai qu'après nous avoir infligé un "Oscar" avec Tapie, qui a fait (justice immanente) un beau bide le soir de Noël, puis un hommage à Carla Bruni une semaine plus tard, il était temps que France Télévisions donne des gages de sa nouvelle identité, pourvu que ça dure.

Le challenge (comme on dit chez les Bouygues) est double pour la télévision d'Etat. Tenir la distance en séduisant un public enclin à voir ailleurs et réussir à financer un programme ambitieux avec des moyens ,en pointillé. Séduire le public, c'est à dire varier ses plaisirs, parce que le lièvre à la royale ou le homard grillé, que ne servent pas les gargotes de la télé privée, c'est savoureux mais indigeste à hautes doses. Et puis, il s'agit de savoir réduire les frais à bon escient, sur France 3 par exemple, avec une spéciale "Questions pour un champion" demain soir ou un insubmersible "Louis la brocante" jeudi. Patrice Duhamel, "Directeur des antennes de France Télévisions", en quelque sorte chef fildefériste des programmes, estime que, débarrassée de la tyrannie de l'audience avec la disparition de la publicité, la télévision d'Etat n'a plus d'obligation d'audience mais "un devoir d'audience", nuance ! Est-ce à dire qu'en application de cette ardente mission, elle ne doit pas renoncer à quelques recettes d'antan, même usées jusqu'à la trame, comme les émissions de Patrick Sébastien ou de Jean-Luc Delarue, qui offrent une appréciable garantie d'audience ?

Financer les (nouveaux) programmes de France Télévisions, voilà le plus aventureux des défis. Au jour d'aujourd'hui, on ne sait pas encore comment ils le seront. Certainement pas avec le seul produit de la redevance, déjà trop faible, et dont l'ajustement du montant, indexé chaque année sur la hausse du coût de la vie, sera aléatoire, surtout en période de récession. Quant à la taxe versée par les chaînes commerciales sur leurs revenus publicitaires, elle sera fluctuante elle aussi, puisque dépendant de la conjoncture économique. Reste l'abondement garanti par la puissance publique, c'est à dire par le chef de l'Etat, qui a décidé et imposé tout seul la réforme des structures et du financement de la télévision publique.

Faut-il redire qu'il n'est pas bon que les chaînes de l'Etat - qui sont la propriété, répétons-le, des Français et non pas du président de la République - soient désormais sous la tutelle de l'homme de l'Elysée, quel qu'il soit ? Dans le cas de Nicolas Sarkozy, on a vu comment, il y a un an, il annonçait tout à trac la disparition de la publicité des écrans de France Télévisions sans en avoir informé au préalable la ministre de la Culture, qui a en charge la télévision, le président du CSA, qui a fait le gros dos, et le patron de France Télévisions qui s'est quelque peu rebellé, lui. L'idée n'était pas stupide mais, que le financement de France 2, 3, 4, 5 et de France Ô soit désormais à la merci des ordres ou des humeurs d'un président de la République et des ressources de la télévision commerciale, est le pire statut qui pouvait leur échoir.


Jean Belot
Rédigé par Jean Belot le 29/12/2008 à 11:54 | Commentaires (0)