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MÉDIAS POUSSIFS
25/12/2009
Pleurons, mes frères, sur le sort inquiétant de la presse, quotidienne et magazine, qui se plaint d'avoir de moins en moins de publicité et de lecteurs. Et pour cause. La plupart des kiosques et des magasins de journaux parisiens étaient fermés les vendredis 25 décembre et 1er janvier. Ils avaient sans doute des raisons de l'être puisque Le Figaro, Libération, L' Humanité, La Croix, Les Echos avaient décidé de ne pas paraître ces jour-là par mesure d'économie ; à moins qu'ils aient renoncé à paraître parce que trop de points de vente sont fermés les jours fériés, allez savoir. Le Monde, lui, paraissait mais avec une pagination minimum et un piège. En effet, pour mieux rentabiliser la vente du Monde du vendredi pour le samedi - qui coûte 2,50 € à cause du Monde 2 mais qui ne paraissait pas ces deux vendredis-là - le journal avait été mis en vente la veille. Déjà, le prix du Monde du vendredi pour le samedi relève de la vente forcée (cette vente forcée que Le Monde dénonçait quand Le Figaro de Robert Hersant la pratiquait) mais l'imposer au lecteur dans le numéro du jeudi pour le vendredi relèvait de la pure arnaque.
Les hebdomadaires n'étaient pas en reste. L'Express, Le Nouvel Observateur, Le Point, Télérama nous ont fait, eux, le coup du "numéro double" pour Noël (merci pour les nouvelles fraîches), également par mesure d'économie, mais ils donnaient au passage un coup de pousse au prix de vente. Comme la pagination était réduite chez la plupart de ces titres, par manque de pub, on avait là aussi l'impression d'être grugé.
Autrement dit, ces quotidiens et magazines, soucieux de ménager leurs deniers et, pour l'occasion, de réguler les congés de leurs collaborateurs, font des économies de parution au moment où le lecteur a le plus le temps pour les lire. Bancale, cette stratégie. Le 1er janvier, non seulement le lecteur n'a pas eu en main son quotidien habituel mais, comme il avait déjà reçu et lu son hebdo une semaine plus tôt, il n'avait eu plus aucun imprimé à lire. Déjà enclin à pester régulièrement contre le prix de la presse en France, deux fois plus élevé qu'en Grande Bretagne, ce lecteur se cogne à des kiosques fermés pour cause d'imprimés non imprimés. Et on voudrait qu'il s'abonne ?
Les patrons de presse pleurent misère, tandis que les syndicats de presse, implorent sans la moindre gêne (vive la liberté de la presse !) le président de la République d'accroître les aides à la presse, qui sont déjà massives : tarifs postaux préférentiels, aides aux titres dépourvus de publicité, abattements fiscaux appréciables, TVA allégée, etc.
De son côté, la télévision, toutes chaînes confondues, avait visiblement évité de mettre les petits plats dans les grands pour les fêtes au motif qu'à cette époque-là le public regarde peu ou distraitement le petit écran (tant pis pour les personnes seules et les familles pauvres pour qui la télé demeure le seul divertissement !). C'est pourquoi les best of, les rétrospectives et bêtisiers ont tenu le haut de l'affiche. Bref, heureusement que le Conseil constitutionnel a fait un croche-pied au président de la République et que Benoît XVI a eu la malencontreuse idée de réveiller inopinément le fantôme de Pie XII pour animer (à la radio) l'actualité de la fin 2009.
Les hebdomadaires n'étaient pas en reste. L'Express, Le Nouvel Observateur, Le Point, Télérama nous ont fait, eux, le coup du "numéro double" pour Noël (merci pour les nouvelles fraîches), également par mesure d'économie, mais ils donnaient au passage un coup de pousse au prix de vente. Comme la pagination était réduite chez la plupart de ces titres, par manque de pub, on avait là aussi l'impression d'être grugé.
Autrement dit, ces quotidiens et magazines, soucieux de ménager leurs deniers et, pour l'occasion, de réguler les congés de leurs collaborateurs, font des économies de parution au moment où le lecteur a le plus le temps pour les lire. Bancale, cette stratégie. Le 1er janvier, non seulement le lecteur n'a pas eu en main son quotidien habituel mais, comme il avait déjà reçu et lu son hebdo une semaine plus tôt, il n'avait eu plus aucun imprimé à lire. Déjà enclin à pester régulièrement contre le prix de la presse en France, deux fois plus élevé qu'en Grande Bretagne, ce lecteur se cogne à des kiosques fermés pour cause d'imprimés non imprimés. Et on voudrait qu'il s'abonne ?
Les patrons de presse pleurent misère, tandis que les syndicats de presse, implorent sans la moindre gêne (vive la liberté de la presse !) le président de la République d'accroître les aides à la presse, qui sont déjà massives : tarifs postaux préférentiels, aides aux titres dépourvus de publicité, abattements fiscaux appréciables, TVA allégée, etc.
De son côté, la télévision, toutes chaînes confondues, avait visiblement évité de mettre les petits plats dans les grands pour les fêtes au motif qu'à cette époque-là le public regarde peu ou distraitement le petit écran (tant pis pour les personnes seules et les familles pauvres pour qui la télé demeure le seul divertissement !). C'est pourquoi les best of, les rétrospectives et bêtisiers ont tenu le haut de l'affiche. Bref, heureusement que le Conseil constitutionnel a fait un croche-pied au président de la République et que Benoît XVI a eu la malencontreuse idée de réveiller inopinément le fantôme de Pie XII pour animer (à la radio) l'actualité de la fin 2009.
Jean Belot
Rédigé par Jean Belot le 25/12/2009 à 10:24
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Commentaires (2)
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LA LIBERTÉ, OPIUM DU PEUPLE
25/12/2009
Si on soupçonnait le député UMP des Yvelines Jacques Myard d'être un ardent défenseur du régime politique chinois, il sursauterait violemment. Pourtant, il vient de le citer en exemple à propos du Net : "Le réseau Internet est totalement pourri, a-t-il déclaré, j'espère qu'on va prendre conscience de la nécessité de le nationaliser, les Chinois l'ont fait". Il est vrai que le même élu, qui recommande qu'une porteuse de burka soit passible d'une amende de 15 000 €, l'assimile à une prostituée.
Si on écrivait que l'abus du soleil a fini par porter sur le système de Jacques Séguéla dont le visage est constamment hâlé, il le prendrait mal. Pourtant, après sa mémorable assertion sur tout homme qui a raté sa vie si, à 50 ans, il n'a pas une Rolex, il vient de se distinguer encore en affirmant qu'"Internet est la plus grande saloperie qu'aient jamais inventé les hommes".
Voilà donc un politique et un publicitaire, deux professionnels de la communication, qui condamnent sans appel, ni nuance Internet parce que cette technologie permet à n'importe quel citoyen de penser de s'exprimer et d'échanger des idées avec d'autres, au risque de se tromper et de calomnier comme n'importe quel média parfois. Mais, si Myard et Séguéla sont certainement de fervents apôtres de la liberté d'expression en ce qui les concerne - au risque de dire de grosses conneries - ils acceptent mal que d'autres en usent sauf si cette liberté-là est encadrée, surveillée, voire censurée.
Au même moment, en Iran, où le régime des ayatollahs est de plus en plus contesté dans la rue par les étudiants, les intellectuels, l'opposition politique et, au-delà, par une bourgeoisie lasse de trente ans de terrorisme religieux, quelles images avons-nous des manifestations et des féroces répressions des forces de l'ordre à Téhéran ou ailleurs ? Celles qui nous parviennent par Internet et qui, pour beaucoup, ont été enregistrées à cru par les téléphones portables de manifestants, des images captées au risque, tragique celui-là, d'être matraqué, emprisonné, tué. A propos, qu'attendent Myard et Séguéla pour condamner l'usage du portable ?
Il y a vingt ans, place Tien An men, le "Printemps de Pékin", première rébellion ouverte de centaines de milliers d'étudiants contre le régime, était retransmis, parfois en direct, par les caméras de la chaîne américaine CNN grâce à un dispositif de relais satellite. Sans ces images-là, on n'aurait rien vu, ou si peu, de ce qui se passait en Chine. Sous prétexte que la télévision peut montrer tout et n'importe quoi, pourquoi Myard et Séguéla ne demanderaient-ils la renationalisation de la télévision afin que France Télévisions redevienne l'ORTF sous surveillance de jadis ?
On sait de quoi est capable une chaîne de télévision sous tutelle. CNN, justement, à l'occasion de la première guerre du Golfe, en 1991. L'armée américaine, qui voulait avoir les coudées franches en Irak et ne souhaitait pas être épiée par des caméras en maraude, a inventé "le journalisme embarqué" : des équipes de CNN partaient en opération avec les boys et revenaient pourvus de reportages filtrés soigneusement, qui étaient proposés ensuite aux autres télévisions, parquées à l'arrière. La négation-même de l'information libre et concurrente.
C'est peut-être ce que veullent les grands libéraux que sont MM. Jacques Myard et Jacques Séguéla.
Si on écrivait que l'abus du soleil a fini par porter sur le système de Jacques Séguéla dont le visage est constamment hâlé, il le prendrait mal. Pourtant, après sa mémorable assertion sur tout homme qui a raté sa vie si, à 50 ans, il n'a pas une Rolex, il vient de se distinguer encore en affirmant qu'"Internet est la plus grande saloperie qu'aient jamais inventé les hommes".
Voilà donc un politique et un publicitaire, deux professionnels de la communication, qui condamnent sans appel, ni nuance Internet parce que cette technologie permet à n'importe quel citoyen de penser de s'exprimer et d'échanger des idées avec d'autres, au risque de se tromper et de calomnier comme n'importe quel média parfois. Mais, si Myard et Séguéla sont certainement de fervents apôtres de la liberté d'expression en ce qui les concerne - au risque de dire de grosses conneries - ils acceptent mal que d'autres en usent sauf si cette liberté-là est encadrée, surveillée, voire censurée.
Au même moment, en Iran, où le régime des ayatollahs est de plus en plus contesté dans la rue par les étudiants, les intellectuels, l'opposition politique et, au-delà, par une bourgeoisie lasse de trente ans de terrorisme religieux, quelles images avons-nous des manifestations et des féroces répressions des forces de l'ordre à Téhéran ou ailleurs ? Celles qui nous parviennent par Internet et qui, pour beaucoup, ont été enregistrées à cru par les téléphones portables de manifestants, des images captées au risque, tragique celui-là, d'être matraqué, emprisonné, tué. A propos, qu'attendent Myard et Séguéla pour condamner l'usage du portable ?
Il y a vingt ans, place Tien An men, le "Printemps de Pékin", première rébellion ouverte de centaines de milliers d'étudiants contre le régime, était retransmis, parfois en direct, par les caméras de la chaîne américaine CNN grâce à un dispositif de relais satellite. Sans ces images-là, on n'aurait rien vu, ou si peu, de ce qui se passait en Chine. Sous prétexte que la télévision peut montrer tout et n'importe quoi, pourquoi Myard et Séguéla ne demanderaient-ils la renationalisation de la télévision afin que France Télévisions redevienne l'ORTF sous surveillance de jadis ?
On sait de quoi est capable une chaîne de télévision sous tutelle. CNN, justement, à l'occasion de la première guerre du Golfe, en 1991. L'armée américaine, qui voulait avoir les coudées franches en Irak et ne souhaitait pas être épiée par des caméras en maraude, a inventé "le journalisme embarqué" : des équipes de CNN partaient en opération avec les boys et revenaient pourvus de reportages filtrés soigneusement, qui étaient proposés ensuite aux autres télévisions, parquées à l'arrière. La négation-même de l'information libre et concurrente.
C'est peut-être ce que veullent les grands libéraux que sont MM. Jacques Myard et Jacques Séguéla.
Jean Belot
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TAXE CARBONISÉE
25/12/2009
Improvisée, bricolée et votée au forceps (nombre d'élus UMP n'en voulaient pas), la taxe carbone a fait long feu pour la bonne raison qu'elle était inapplicable, injuste et inefficace. Comment Nicolas Sarkozy et François Fillon ont-ils pu croire une seconde que la loi sur la contribution carbone serait validée par le Conseil constitutionnel alors que moins de la moitié des émissions de gaz à effet de serre y serait soumise ? Ainsi, auraient dû être exemptés de verser leur écot ou autorisés à n'en verser qu'une partie 1018 sites industriels parmi les plus polluants, comme les cimenteries, les cokeries et les raffineries (un comble !), les centrales thermiques à électricité, le transport routier et fluvial, le transport aérien des voyageurs, les agriculteurs... Autrement dit, avec cette taxe-là, les vrais pollueurs n'auraient pas été les payeurs, une fois de plus.
Une loi n'est crédible et bonne que si elle concerne tous les citoyens, c'est ce qu'ont oublié le président de la République, le premier ministre et le ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Jean-Louis Borloo. Imaginerait-on une taxe sur la pollution de l'eau dont seraient par exemple exemptés les agriculteurs, doublement visés comme gros consommateurs, avec la culture du maïs, et comme pollueurs, avec l'usage intensif des nitrates ? A peine la taxe carbone avait-elle été votée qu'en étaient exonérés les premiers concernés, alors que le retraité du Massif Central, contraint de prendre son auto pour voir son médecin ou expédier un colis, paierait plein pot...
François Fillon s'est évidemment empressé de déclarer qu'un autre texte serait soumis au parlement avant la fin janvier mais le camouflet infligé au gouvernement, venant après le fiasco du sommet de Copenhague, illustre bien la manière dont on légifère depuis deux ans et demi. Jacques Chirac évitait de légiférer tandis que Nicolas Sarkozy, au prétexte de réformer pour respecter ses engagements, bouscule sans cesse ses ministres et sa majorité qui votent en vitesse des textes inapplicables parce qu'ils sont mal ficelés ou parce que l'argent manque pour les financer, le cas criant du Droit au logement opposable l'atteste. Comme la garantie du pouvoir d'achat annoncée. Comme la réforme avortée des niches fiscales. Comme le service minimum dans les transports, dont les abonnés de la ligne A du RER ont mesuré les effets deux semaines durant.
Le principe de la taxe carbone était pourtant bienvenu, puisqu'il associait directement les Français à la sauvegarde de l'environnement, et que la loi, déjà imparfaite qu'elle était avant de pâtir de multiples exemptions, avait le mérite d'exister. Un autre texte est en cours de préparation, il doit être l'expression d'une solidarité nationale sinon la nouvelle taxe ne sera qu'un trompe-l'oeil.
Une loi n'est crédible et bonne que si elle concerne tous les citoyens, c'est ce qu'ont oublié le président de la République, le premier ministre et le ministre de l'Ecologie et de l'Energie, Jean-Louis Borloo. Imaginerait-on une taxe sur la pollution de l'eau dont seraient par exemple exemptés les agriculteurs, doublement visés comme gros consommateurs, avec la culture du maïs, et comme pollueurs, avec l'usage intensif des nitrates ? A peine la taxe carbone avait-elle été votée qu'en étaient exonérés les premiers concernés, alors que le retraité du Massif Central, contraint de prendre son auto pour voir son médecin ou expédier un colis, paierait plein pot...
François Fillon s'est évidemment empressé de déclarer qu'un autre texte serait soumis au parlement avant la fin janvier mais le camouflet infligé au gouvernement, venant après le fiasco du sommet de Copenhague, illustre bien la manière dont on légifère depuis deux ans et demi. Jacques Chirac évitait de légiférer tandis que Nicolas Sarkozy, au prétexte de réformer pour respecter ses engagements, bouscule sans cesse ses ministres et sa majorité qui votent en vitesse des textes inapplicables parce qu'ils sont mal ficelés ou parce que l'argent manque pour les financer, le cas criant du Droit au logement opposable l'atteste. Comme la garantie du pouvoir d'achat annoncée. Comme la réforme avortée des niches fiscales. Comme le service minimum dans les transports, dont les abonnés de la ligne A du RER ont mesuré les effets deux semaines durant.
Le principe de la taxe carbone était pourtant bienvenu, puisqu'il associait directement les Français à la sauvegarde de l'environnement, et que la loi, déjà imparfaite qu'elle était avant de pâtir de multiples exemptions, avait le mérite d'exister. Un autre texte est en cours de préparation, il doit être l'expression d'une solidarité nationale sinon la nouvelle taxe ne sera qu'un trompe-l'oeil.
Jean Belot
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"VIVEZ AVEC MODÉRATION !"
25/12/2009
Les fêtes de fin d'année, et les mets de circonstance, et les inévitables excès de table et de boisson... C'est pourquoi le ministère de la Santé a submergé les ondes de conseils de prudence. Ainsi, après que Labeyrie venait de vanter la qualité de son foie gras ou Leclerc la volupté de ses gâteaux, on avait droit au message "Pour votre santé, évitez les aliments gras, salés ou sucrés" ; et à peine une publicité de whisky, de champagne ou de bordeaux avait-t-elle été diffusée que retentissait la recommandation "Pour votre santé, attention à l'abus d'alcool". Il faut croire que ces mises en garde, qui veulent inciter le consommateur, le fumeur ou le conducteur à tempérer ses envies de nourriture, d'alcool ou de vitesse, ont tendance à tomber à plat puisqu'on vient en effet d'apprendre que malgré des campagnes répétées d'informations sur les dangers de l'abus du tabac, et malgré l'augmentation constante de son prix, les Français ont fumé plus en 2009 qu'en 2008 ; nous avions déjà appris, au sortir de l'été, que le nombre des morts sur les routes était reparti à la hausse, alors que depuis plus de vingt ans la Prévention routière exhorte à la prudence.
Pourquoi tant de relâchement ? Deux explications sont possibles, voire trois. D'abord, à force de supporter une crise économique et un chômage qui n'en finissent pas de durer, et d'entendre d'incessantes exhortations concernant sa manière de manger, de boire ou de conduire - alors qu'on cherche à se bétonner le moral avec une daube, à se le remonter avec une bouteille de côtes-du-rhône ou à le mettre entre parenthèses en allant voire la mer -, les recommandations multiples du ministère de la Santé passent à la longue pour des ukases et poussent à reprendre un morceau de paleron, à boire un autre verre ou à accélérer.
Ajoutez que, comme il ne se déroule pas une semaine sans que le président, le Premier ministre ou un de ses ministres ne couve une nouvelle loi qui réglemente le moindre de nos comportements, arrive un moment où on ne supporte plus ces irruptions répétées dans notre vie privée, dans notre manière d'être, parce que l'accumulation de lois, de règlements, d'interdits et de conseils devient exaspérante.
Et puis, c'est le pire, cette politique sécuritaire tous azimuts est parfaitement hypocrite. Comment un gouvernement peut-il, dans un même élan, nous inciter à vivre avec modération à table ou en auto et s'alarmer quand le baromètre mensuel de "la consommation des ménages" est en berne ? Nous inviter à lutter contre la dégradation de la couche d'ozone et chanter hosanna quand les Français ont acheté deux millions et demi d'automobiles l'année dernière ? Nous imposer une taxe carbone pour nous mobiliser en faveur de la sauvegarde de l'environnement et verser une prime à la casse à celui qui s'apprête à polluer quand même avec son auto neuve ? Nous informer que la France est redevenue le premier producteur mondial de vin alors que ses ventes s'essoufflent depuis des années et que les ravages de l'alcool sont dénoncés du matin au soir ? Nous presser de manger chaque jour cinq fruits et légumes qu'au moins la moitié des foyers ne peut pas s'offrir ? Nous convaincre d'aller nous faire vacciner contre la grippe H1N1 - c'est gratuit ! - mais faire payer le vaccin aux mutuelles qui, du coup, augmentent leurs tarifs ?
Le radical-socialiste Jacques Chirac nous a enseigné que "les promesses n'engagent que ceux qui y croient". Etre berné dans une France prospère n'est pas trop grave puisqu'il y a "du grain à moudre", comme disait le syndicaliste FO André Bergeron, tandis qu'être dupé quand le pays est financièrement aux abois est odieux.
Pourquoi tant de relâchement ? Deux explications sont possibles, voire trois. D'abord, à force de supporter une crise économique et un chômage qui n'en finissent pas de durer, et d'entendre d'incessantes exhortations concernant sa manière de manger, de boire ou de conduire - alors qu'on cherche à se bétonner le moral avec une daube, à se le remonter avec une bouteille de côtes-du-rhône ou à le mettre entre parenthèses en allant voire la mer -, les recommandations multiples du ministère de la Santé passent à la longue pour des ukases et poussent à reprendre un morceau de paleron, à boire un autre verre ou à accélérer.
Ajoutez que, comme il ne se déroule pas une semaine sans que le président, le Premier ministre ou un de ses ministres ne couve une nouvelle loi qui réglemente le moindre de nos comportements, arrive un moment où on ne supporte plus ces irruptions répétées dans notre vie privée, dans notre manière d'être, parce que l'accumulation de lois, de règlements, d'interdits et de conseils devient exaspérante.
Et puis, c'est le pire, cette politique sécuritaire tous azimuts est parfaitement hypocrite. Comment un gouvernement peut-il, dans un même élan, nous inciter à vivre avec modération à table ou en auto et s'alarmer quand le baromètre mensuel de "la consommation des ménages" est en berne ? Nous inviter à lutter contre la dégradation de la couche d'ozone et chanter hosanna quand les Français ont acheté deux millions et demi d'automobiles l'année dernière ? Nous imposer une taxe carbone pour nous mobiliser en faveur de la sauvegarde de l'environnement et verser une prime à la casse à celui qui s'apprête à polluer quand même avec son auto neuve ? Nous informer que la France est redevenue le premier producteur mondial de vin alors que ses ventes s'essoufflent depuis des années et que les ravages de l'alcool sont dénoncés du matin au soir ? Nous presser de manger chaque jour cinq fruits et légumes qu'au moins la moitié des foyers ne peut pas s'offrir ? Nous convaincre d'aller nous faire vacciner contre la grippe H1N1 - c'est gratuit ! - mais faire payer le vaccin aux mutuelles qui, du coup, augmentent leurs tarifs ?
Le radical-socialiste Jacques Chirac nous a enseigné que "les promesses n'engagent que ceux qui y croient". Etre berné dans une France prospère n'est pas trop grave puisqu'il y a "du grain à moudre", comme disait le syndicaliste FO André Bergeron, tandis qu'être dupé quand le pays est financièrement aux abois est odieux.
Jean Belot
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BRÈVES DE BLOG
25/12/2009
- En 2005, une loi sur le handicap prévoyait que toute entreprise de 20 salariés et plus devait réserver un pourcentage d'emploi aux handicapés, sinon des sanctions financières étaient prévues. La majorité des entreprises préféraient payer des amendes. En juin 2008, Nicolas Sarkozy s'engageait à mettre en place un pacte national pour l'emploi des handicapés, qui comptent deux fois plus de chômeurs que les salariés valides. A cet effet, des mesures devaient être annoncées début 2010 ; elles ont été reportées au mois de juillet pour cause de crise économique, selon Nadine Morano, comme si les handicapés n 'étaient pas les premières victimes de la crise. Le ministère de l'Emploi veut aussi inciter les entreprises à embaucher ou à garder des seniors, sinon des sanctions financières les frapperont ; déjà en 2008 des mesures avaient été prises, et en 2007, et... Bonne année à l'handicapé senior !
- Les Belges sont d'irremplaçables provocateurs, il n'y avait que la Belgique pour élire une Miss SDF, une mère de famille de trois enfants qui a gagné une année de loyers gratuits dans un appartement réservé de longue date. Des associations caritatives et des instances gouvernementales belges ont trouvé forcément cette initiative de fort mauvais goût. Comme était d'un absolu mauvais goût l'humour goguenard d'un Coluche, qui eut l'idée saugrenue de créer les Restos du coeur.
- Jean-Claude Narcy promu commandeur dans l'ordre de la Légion d'honneur, que voilà un hochet amplement mérité par le spécialiste du défilé militaire sur TF1. Homme d'ordre zélé, il commente le passage de la troupe comme il plie sa veste, pour ne pas la froisser, avant de la déposer sur la banquette arrière de son auto : avec soin et respect du tissu comme du grade. Par exception, il a laissé parler une seule fois son coeur, alors qu'il "couvrait" la cérémonie d'investiture du président Obama : après la superbe prestation d'Aretha Franklin, il a déclaré, émerveillé, qu'"on devait chanter comme ça dans les champs de coton". Il n'a toujours pas compris pourquoi on lui a cherché des poux dans la tête après cette remarque.
- Les Belges sont d'irremplaçables provocateurs, il n'y avait que la Belgique pour élire une Miss SDF, une mère de famille de trois enfants qui a gagné une année de loyers gratuits dans un appartement réservé de longue date. Des associations caritatives et des instances gouvernementales belges ont trouvé forcément cette initiative de fort mauvais goût. Comme était d'un absolu mauvais goût l'humour goguenard d'un Coluche, qui eut l'idée saugrenue de créer les Restos du coeur.
- Jean-Claude Narcy promu commandeur dans l'ordre de la Légion d'honneur, que voilà un hochet amplement mérité par le spécialiste du défilé militaire sur TF1. Homme d'ordre zélé, il commente le passage de la troupe comme il plie sa veste, pour ne pas la froisser, avant de la déposer sur la banquette arrière de son auto : avec soin et respect du tissu comme du grade. Par exception, il a laissé parler une seule fois son coeur, alors qu'il "couvrait" la cérémonie d'investiture du président Obama : après la superbe prestation d'Aretha Franklin, il a déclaré, émerveillé, qu'"on devait chanter comme ça dans les champs de coton". Il n'a toujours pas compris pourquoi on lui a cherché des poux dans la tête après cette remarque.
Jean Belot
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