Actualité
SERVICE PUBLIC EN DÉROUTE
29/12/2010
Quand une énorme tempête dévasta plusieurs régions françaises, en décembre 1999, ou qu'une autre saccagea la région des Landes, il y a un an, d'innombrables villages et bourgs furent soudain privés d'électricité. Et les informations écrites et radio-télévisées n'en finissaient pas de rendre un vibrant hommage aux équipes d'EDF qui travaillaient jour et nuit pour rétablir le courant. Qu'il était efficace et rassurant pour les Français ce service public-là, qui volait au secours du citoyen, du plus modeste au plus huppé, du plus proche au plus éloigné sur un causse du Quercy.
Pas de vaine nostalgie, le temps où les trains arrivaient à l'heure et où une lettre postée la veille était distribuée le lendemain matin n'importe où en France ne reviendra pas. Mais qu'au moins ce qui reste du service public aujourd'hui continue de fonctionner et de répondre à l'attente non pas de "l'usager" mais du client. D'abord, il nous faut faire notre deuil de la poste du facteur Cheval ou du facteur de Jacques Tati, elle veut faire la banquière aujourd'hui, la poste, au lieu de continuer à s'occuper du courrier, dont le secteur privé désormais peut se mêler. Quant à l'eau, inutile de discourir longtemps, il suffit de rappeler que sa consommation a coûté de plus en plus cher partout où sa distribution a été privatisée, pour le bonheur en or massif de groupes comme La Lyonnaise des Eaux ou La Générale des eaux, devenue Vivendi.
La débandade se poursuit avec le processus d'entrée en bourse d'Aéroports de Paris qui démarre en ce début d'année. L'Etat ne détiendra bientôt plus que 70% du capital ; pour le moment, parce que la privatisation devrait se poursuivre. Après la débâcle que vient de vivre la société Aéroports de Paris, incapable de maîtriser les "épisodes" neigeux, ce début de privatisation est vraiment opportun. Surtout après que, de son côté, Air France (où l'Etat n'est plus actionnaire qu'à hauteur de 15,7 %) a donné la mesure de sa compétence à Roissy et Orly ces dernières jours, incapable d'informer des voyageurs laissés à l'abandon.
A force d'incidents de caténaires et de pannes de TGV en rase campagne, la SNCF, elle, détruit depuis quelques années consciencieusement la flatteuse image qu'elle avait de longue date dans le public. Pourtant, le trafic voyageurs reste encore totalement sous la coupe de l'Etat, mais la priorité accordée depuis longtemps au TGV au détriment des trains Corail, le relâchement de l'entretien des lignes et une diminution des effectifs ont provoqué une réelle dégradation du service, qui a sauté aux yeux pendant les récentes chutes de neige ; pour preuve, l'interminable équipée des voyageurs du Corail Strasbourg-Port Bou.
On pourrait continuer l'énumération. A force de compresser les budget des hôpitaux et d'en réduire les effectifs, après avoir fermé nombre d'établissements dont la rentabilité n'était pas garantie, le service de la santé publique a de plus en plus de mal à assurer ses missions. De même, il ne suffit pas de réduire le nombre des tribunaux d'instance en province pour que la justice soit plus efficace si on ne lui donne pas le budget qui lui fait défaut depuis trente ans pour être bien exercée. Et la dérive de l'Education nationale, donc !
Bref, dans la plupart des secteurs où il avait des raisons d'exister, le service public à la française s'est dégradé année après année alors qu'il aurait dû rester la priorité absolue en cette période de crise. N'oublions pas les dégâts du corporatisme dans le service public, s'empresseront d'ajouter certains. Sans doute, mais s'il n'était pas là pour rappeler à l'Etat ses missions, qui le ferait ? Et l'Etat avait apprécié que des agents d'EDF acceptent de sortir de leur retraite en 1999, puis en 2009, pour que le courant soit rétabli plus vite grâce à leur participation.
Pas de vaine nostalgie, le temps où les trains arrivaient à l'heure et où une lettre postée la veille était distribuée le lendemain matin n'importe où en France ne reviendra pas. Mais qu'au moins ce qui reste du service public aujourd'hui continue de fonctionner et de répondre à l'attente non pas de "l'usager" mais du client. D'abord, il nous faut faire notre deuil de la poste du facteur Cheval ou du facteur de Jacques Tati, elle veut faire la banquière aujourd'hui, la poste, au lieu de continuer à s'occuper du courrier, dont le secteur privé désormais peut se mêler. Quant à l'eau, inutile de discourir longtemps, il suffit de rappeler que sa consommation a coûté de plus en plus cher partout où sa distribution a été privatisée, pour le bonheur en or massif de groupes comme La Lyonnaise des Eaux ou La Générale des eaux, devenue Vivendi.
La débandade se poursuit avec le processus d'entrée en bourse d'Aéroports de Paris qui démarre en ce début d'année. L'Etat ne détiendra bientôt plus que 70% du capital ; pour le moment, parce que la privatisation devrait se poursuivre. Après la débâcle que vient de vivre la société Aéroports de Paris, incapable de maîtriser les "épisodes" neigeux, ce début de privatisation est vraiment opportun. Surtout après que, de son côté, Air France (où l'Etat n'est plus actionnaire qu'à hauteur de 15,7 %) a donné la mesure de sa compétence à Roissy et Orly ces dernières jours, incapable d'informer des voyageurs laissés à l'abandon.
A force d'incidents de caténaires et de pannes de TGV en rase campagne, la SNCF, elle, détruit depuis quelques années consciencieusement la flatteuse image qu'elle avait de longue date dans le public. Pourtant, le trafic voyageurs reste encore totalement sous la coupe de l'Etat, mais la priorité accordée depuis longtemps au TGV au détriment des trains Corail, le relâchement de l'entretien des lignes et une diminution des effectifs ont provoqué une réelle dégradation du service, qui a sauté aux yeux pendant les récentes chutes de neige ; pour preuve, l'interminable équipée des voyageurs du Corail Strasbourg-Port Bou.
On pourrait continuer l'énumération. A force de compresser les budget des hôpitaux et d'en réduire les effectifs, après avoir fermé nombre d'établissements dont la rentabilité n'était pas garantie, le service de la santé publique a de plus en plus de mal à assurer ses missions. De même, il ne suffit pas de réduire le nombre des tribunaux d'instance en province pour que la justice soit plus efficace si on ne lui donne pas le budget qui lui fait défaut depuis trente ans pour être bien exercée. Et la dérive de l'Education nationale, donc !
Bref, dans la plupart des secteurs où il avait des raisons d'exister, le service public à la française s'est dégradé année après année alors qu'il aurait dû rester la priorité absolue en cette période de crise. N'oublions pas les dégâts du corporatisme dans le service public, s'empresseront d'ajouter certains. Sans doute, mais s'il n'était pas là pour rappeler à l'Etat ses missions, qui le ferait ? Et l'Etat avait apprécié que des agents d'EDF acceptent de sortir de leur retraite en 1999, puis en 2009, pour que le courant soit rétabli plus vite grâce à leur participation.
Jean Belot
Rédigé par Jean Belot le 29/12/2010 à 10:52
|
Commentaires (2)
Actualité
VOEUX
29/12/2010
Longtemps, jusqu'à l'aube des années 80, la référence insurpassable en matière de crise était 1929, quand un banquier new-yorkais ruiné entrant dans un hôtel près de Wall Street s'entendait demander : "C'est pour une chambre ou c'est pour sauter ?". Aujourd'hui, la crise perdure depuis trente ans et les banquiers n'ont plus aucune raison de sauter par la fenêtre, puisqu'ils sont secourus par les Etats et que, une fois tirés d'affaire, ils empochent de nouveau des palanquées de stock-options et de primes. Le chômage ne faiblit pas en France où il repart malgré l'inébranlable et mensongère assurance de nos dirigeants, et les files d'abonnés aux Restos du coeur surpassent de beaucoup les soupes populaires d'antan. Dans ces conditions, quels voeux formuler à l'aube de 2011 ?
Souhaiter du travail, de quoi se loger et manger, ça va de soi, vivre, quoi, ça devrait aller de soi, mais ce n'est pas le cas pour des millions de Français qui gagnent tout juste ou pas même le SMIC, tandis que le PDG de Renault gagnait en 2009, on vient de l'apprendre, la valeur de 570 Smic par mois. Dire qu'il fut longtemps admis, au nom d'une élémentaire équité, qu'à l'intérieur d'une entreprise l'écart entre le salaire le plus modeste et celui du patron devait être au maximum de 1 à 20...
Souhaiter que la classe politique soit un peu plus respectable, par exemple qu'elle ne s'accommode plus que dans un pays dont l'économie connaît un chaos durable un PDG gagne 570 fois plus qu'un smicard de son usine. Est-ce trop demander de souhaiter que la droite reste à droite, sans succomber à la tentation de relayer les messages de l'extrême-droite, comme l'a fait le président dans son discours de Grenoble ; et que la gauche reste à gauche, c'est à dire opiniâtrement ferme sur les questions de salaires, d'éducation, de retraites ou de santé publique ?
Souhaiter, justement, que la puissance publique redevienne ce qu'elle n'aurait pas dû cesser d'être, un recours et une garantie contre les aléas de la vie du citoyen. N'en déplaise aux ultralibéraux, que l'Etat intervienne pour maintenir des équilibres, quand le monde du travail est totalement déréglé, que d'innombrables destinées individuelles sont bouleversées et que règne l'anarchie des revenus et des prix. Il n'est pas normal que Gaz de France soit passé sous la coupe du groupe privé Suez, comme il n'est pas normal que les pétroliers et la grande distribution continuent, avec la caution des pouvoirs publics, de dicter leur loi aux consommateurs.
Souhaiter enfin que la culture retrouve sa place et son rôle. Considérant qu'elle est un acquis séculaire de la France et une cause essentielle de son rayonnement dans le monde, tous les présidents de la République, sauf l'actuel, ont fait de la culture une partie intégrante de leur action. Depuis trois ans et demi, la culture est en état de léthargie et son budget rogné. C'est comme ça, Nicolas Sarkozy n'a pas de culture d'Etat, il n'en a pas la formation, n'en ressent pas la curiosité, n'en n'éprouve pas le plaisir et n'en aura jamais puisque son truc c'est tenir à Pékin, Brasilia ou Moscou l'emploi de commis voyageur pour le compte d'Areva, Dassault, Bouygues ou Alsthom. Et quand il prend une initiative culturelle, elle est malheureuse, c'est ce Musée de l'Histoire de France qu'il veut imposer et dont l'idée irrite les historiens comme ceux qui pensent que l'Etat n'a pas à régenter l'Histoire mais à la faire. Au fait, le ministre de la Culture s'appelle Frédéric Mitterrand, dit "Frédo", un gentil garçon. Encore un qui avait surtout envie de rouler dans une voiture à cocarde et de vivre dans un palais national.
Souhaiter du travail, de quoi se loger et manger, ça va de soi, vivre, quoi, ça devrait aller de soi, mais ce n'est pas le cas pour des millions de Français qui gagnent tout juste ou pas même le SMIC, tandis que le PDG de Renault gagnait en 2009, on vient de l'apprendre, la valeur de 570 Smic par mois. Dire qu'il fut longtemps admis, au nom d'une élémentaire équité, qu'à l'intérieur d'une entreprise l'écart entre le salaire le plus modeste et celui du patron devait être au maximum de 1 à 20...
Souhaiter que la classe politique soit un peu plus respectable, par exemple qu'elle ne s'accommode plus que dans un pays dont l'économie connaît un chaos durable un PDG gagne 570 fois plus qu'un smicard de son usine. Est-ce trop demander de souhaiter que la droite reste à droite, sans succomber à la tentation de relayer les messages de l'extrême-droite, comme l'a fait le président dans son discours de Grenoble ; et que la gauche reste à gauche, c'est à dire opiniâtrement ferme sur les questions de salaires, d'éducation, de retraites ou de santé publique ?
Souhaiter, justement, que la puissance publique redevienne ce qu'elle n'aurait pas dû cesser d'être, un recours et une garantie contre les aléas de la vie du citoyen. N'en déplaise aux ultralibéraux, que l'Etat intervienne pour maintenir des équilibres, quand le monde du travail est totalement déréglé, que d'innombrables destinées individuelles sont bouleversées et que règne l'anarchie des revenus et des prix. Il n'est pas normal que Gaz de France soit passé sous la coupe du groupe privé Suez, comme il n'est pas normal que les pétroliers et la grande distribution continuent, avec la caution des pouvoirs publics, de dicter leur loi aux consommateurs.
Souhaiter enfin que la culture retrouve sa place et son rôle. Considérant qu'elle est un acquis séculaire de la France et une cause essentielle de son rayonnement dans le monde, tous les présidents de la République, sauf l'actuel, ont fait de la culture une partie intégrante de leur action. Depuis trois ans et demi, la culture est en état de léthargie et son budget rogné. C'est comme ça, Nicolas Sarkozy n'a pas de culture d'Etat, il n'en a pas la formation, n'en ressent pas la curiosité, n'en n'éprouve pas le plaisir et n'en aura jamais puisque son truc c'est tenir à Pékin, Brasilia ou Moscou l'emploi de commis voyageur pour le compte d'Areva, Dassault, Bouygues ou Alsthom. Et quand il prend une initiative culturelle, elle est malheureuse, c'est ce Musée de l'Histoire de France qu'il veut imposer et dont l'idée irrite les historiens comme ceux qui pensent que l'Etat n'a pas à régenter l'Histoire mais à la faire. Au fait, le ministre de la Culture s'appelle Frédéric Mitterrand, dit "Frédo", un gentil garçon. Encore un qui avait surtout envie de rouler dans une voiture à cocarde et de vivre dans un palais national.
Jean Belot
Actualité
UN TRAIN ENTRE EN GARE...
29/12/2010
Nous l'a-t-on assez seriné que la rigueur financière n'était pas de mise, puisqu'il n'y avait pas de crise ; jusqu'au jour où elle s'est abattue avec force sur toutes les économies libérales. Nous a-t-on assez seriné qu'il n'y aurait pas d'augmentation des impôts parce que "je n'ai pas été élu pour augmenter les impôts" ; jusqu'au jour où l'énormité de la dette nationale imposait, crise ou pas, une politique de rigueur, sinon des agences de notation financière comme Moody's Investors Service pénaliseraient la France en lui retirant un A dans sa cotation, l'obligeant à emprunter à un taux beaucoup plus élevé sur le marché international. La dette, c'est comme pour l'andouillette, moins on a de A, plus c'est inquiétant.
Voilà pourquoi un long train d'augmentation est entré en gare le 1er janvier. Augmentation du billet de TGV et bientôt du ticket de la RATP. Augmentation de la consultation chez le médecin, du prix de la mutuelle et du ticket modérateur (Des spécialistes n'hésitent pas à s'augmenter de 20 à 30%). Augmentation de l'électricité, augmentation des assurances habitations et automobiles, ainsi que des PV de première catégorie. Augmentation de la taxe "Triple play" (Internet+ téléphone + TV). Sans oublier, pied de nez au Grenelle de l'environnement, la réduction de moitié du crédit d'impôt sur les panneaux solaires. Le gaz n'augmente pas...jusqu'en avril prochain. Mais l'étranger sans papiers ayant moins de 600€ de revenu par mois pourra continuer de bénéficier de la Couverture maladie universelle à condition de verser une contribution forfaitaire annuelle de 30 € ; une somme modique mais difficile d'imaginer qu'un imprudent Roumain sans papiers déclare son existence clandestine en France afin de bénéficier de la CMU... Il faudrait aussi rappeler la création, il n'y a pas longtemps, de taxes sur l'achat dun téléviseur ou d'un ordinateur et mentionner d'autres augmentations, privées celles-là, du carburant, de l'eau, des loyers...
Qui a parlé d'impôts nouveaux ? Entendons-nous sur les mots, voyons, il s'agit là de contributions et de participations, mais le résultat dans le porte-monnaie est le même. L'état des finances de la France est très préoccupant, et les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy à l'Elysée ont, avant lui, généreusement participé à sa détérioration, mais il y a manière et manière de d'augmenter des prélèvements. Celle qui consiste, à l'exemple de Pierre Mendès France, à prendre à témoin tous les Français et à les mettre en face de leurs responsabilités en décrétant de nouveaux impôts, mais justement répartis ; et celle qui s'obstine à nier l'évidence et à habiller de faux-semblants une gesticulation politique dont plus personne n'est dupe.
Lancer un train d'augmentations uniquement pour pouvoir continuer d'emprunter de l'argent à un taux favorable, donc alourdir la dette, au lieu de revoir de fond en comble la gestion du pays, c'est un leurre et une faute. "Je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas, je ne vous tromperai pas" (mars 2007, Nicolas S. en campagne).
Voilà pourquoi un long train d'augmentation est entré en gare le 1er janvier. Augmentation du billet de TGV et bientôt du ticket de la RATP. Augmentation de la consultation chez le médecin, du prix de la mutuelle et du ticket modérateur (Des spécialistes n'hésitent pas à s'augmenter de 20 à 30%). Augmentation de l'électricité, augmentation des assurances habitations et automobiles, ainsi que des PV de première catégorie. Augmentation de la taxe "Triple play" (Internet+ téléphone + TV). Sans oublier, pied de nez au Grenelle de l'environnement, la réduction de moitié du crédit d'impôt sur les panneaux solaires. Le gaz n'augmente pas...jusqu'en avril prochain. Mais l'étranger sans papiers ayant moins de 600€ de revenu par mois pourra continuer de bénéficier de la Couverture maladie universelle à condition de verser une contribution forfaitaire annuelle de 30 € ; une somme modique mais difficile d'imaginer qu'un imprudent Roumain sans papiers déclare son existence clandestine en France afin de bénéficier de la CMU... Il faudrait aussi rappeler la création, il n'y a pas longtemps, de taxes sur l'achat dun téléviseur ou d'un ordinateur et mentionner d'autres augmentations, privées celles-là, du carburant, de l'eau, des loyers...
Qui a parlé d'impôts nouveaux ? Entendons-nous sur les mots, voyons, il s'agit là de contributions et de participations, mais le résultat dans le porte-monnaie est le même. L'état des finances de la France est très préoccupant, et les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy à l'Elysée ont, avant lui, généreusement participé à sa détérioration, mais il y a manière et manière de d'augmenter des prélèvements. Celle qui consiste, à l'exemple de Pierre Mendès France, à prendre à témoin tous les Français et à les mettre en face de leurs responsabilités en décrétant de nouveaux impôts, mais justement répartis ; et celle qui s'obstine à nier l'évidence et à habiller de faux-semblants une gesticulation politique dont plus personne n'est dupe.
Lancer un train d'augmentations uniquement pour pouvoir continuer d'emprunter de l'argent à un taux favorable, donc alourdir la dette, au lieu de revoir de fond en comble la gestion du pays, c'est un leurre et une faute. "Je ne vous mentirai pas, je ne vous trahirai pas, je ne vous tromperai pas" (mars 2007, Nicolas S. en campagne).
Jean Belot
Actualité
2002 À L'IDENTIQUE OU À L'ENVERS ?
29/12/2010
Et si, avec un Dominique Strauss-Kahn qui ne serait pas candidat, l'élection présidentielle de l'année prochaine était la parfaite réplique de celle de 2002, avec un Front national arrivant en deuxième position au premier tour de scrutin, contraignant une partie de l'électorat socialiste à voter Sarkozy pour barrer la route à l'extrême droite ? L'hypothèse fait son chemin depuis la publication de sondages qui soulignent tous l'inquiétante progression du FN. Mais si, à l'inverse, comme Lionel Jospin fut piégé par Jean-Marie Le Pen, c'était le candidat Sarkozy qui était piégé par sa fille Marine, avec un Dominique Strauss-Kahn candidat, qui serait élu grâce à la neutralité du Front National ?
La fiction pourrait devenir réalité, suivez le guide, svp. Dimanche soir 22 avril 2012, à 20 heures, les prévisions de résultats du premier tour s'affichent sur les écrans de télévision. Dominique Strauss-Kahn est nettement en tête avec 28,5 % des voix devant Nicolas Sarkozy, 24%, Marine Le Pen, 17,5%, et Jean-Luc Mélanchon, 9,5%. Le candidat du PS est le favori du second tour sous réserve que les voix de l'extrême gauche et d'une partie des électeurs de François Bayrou se reportent sur son nom. Et à condition aussi que le FN ne donne pas de consigne de vote au second tour, comme Jacques Chirac l'avait fait en 1981, son refus de soutenir Valéry Giscard d'Estaing au second tour provoquant la défaite du président sortant.
Les Le Pen, père et fille, n'ont pas digéré l'habile manière avec laquelle Nicolas Sarkozy a plumé la volaille frontiste en 2007 et ils sont fermement décidés à prendre une revanche sur ce président ; leurs électeurs, qui s'en sont voulu d'avoir succombé à son bagout, ne seront pas moins vindicatifs cinq ans plus tard. Il suffira que Marine Le Pen ne donne pas de directive pour le second tour pour que, le dimanche 6 mai, Nicolas Sarkozy risque de perdre la partie et que Dominique Strauss-Kahn ait une sérieuse chance de la gagner. Non pas avec l'appui ou la bienveillance du Front national mais à cause de son indifférence, qui favoriserait les desseins du candidat socialiste. Cette hypothèse est encore peu évoquée mais elle pourrait l'être après que DSK aurait fait acte de candidature. Embarrassant, non ?
Ainsi, se vérifierait une fois de plus ce constat : depuis l'élection de Giscard d'Estaing, une majorité de Français choisissent de voter moins pour élire un candidat que pour en éliminer un autre. Pour Giscard contre Mitterrand, pour Mitterrand contre Giscard, puis pour Mitterrand contre Chirac et pour Chirac contre Jospin, puis pour Chirac contre Le Pen et pour Sarkozy contre Royal, en attendant la suite qui devrait confirmer les comportements des scrutins précédents. Infernale logique d'un mode de consultation électorale qui tourne chaque fois au jeu de quilles, est-ce bien raisonnable ?
La fiction pourrait devenir réalité, suivez le guide, svp. Dimanche soir 22 avril 2012, à 20 heures, les prévisions de résultats du premier tour s'affichent sur les écrans de télévision. Dominique Strauss-Kahn est nettement en tête avec 28,5 % des voix devant Nicolas Sarkozy, 24%, Marine Le Pen, 17,5%, et Jean-Luc Mélanchon, 9,5%. Le candidat du PS est le favori du second tour sous réserve que les voix de l'extrême gauche et d'une partie des électeurs de François Bayrou se reportent sur son nom. Et à condition aussi que le FN ne donne pas de consigne de vote au second tour, comme Jacques Chirac l'avait fait en 1981, son refus de soutenir Valéry Giscard d'Estaing au second tour provoquant la défaite du président sortant.
Les Le Pen, père et fille, n'ont pas digéré l'habile manière avec laquelle Nicolas Sarkozy a plumé la volaille frontiste en 2007 et ils sont fermement décidés à prendre une revanche sur ce président ; leurs électeurs, qui s'en sont voulu d'avoir succombé à son bagout, ne seront pas moins vindicatifs cinq ans plus tard. Il suffira que Marine Le Pen ne donne pas de directive pour le second tour pour que, le dimanche 6 mai, Nicolas Sarkozy risque de perdre la partie et que Dominique Strauss-Kahn ait une sérieuse chance de la gagner. Non pas avec l'appui ou la bienveillance du Front national mais à cause de son indifférence, qui favoriserait les desseins du candidat socialiste. Cette hypothèse est encore peu évoquée mais elle pourrait l'être après que DSK aurait fait acte de candidature. Embarrassant, non ?
Ainsi, se vérifierait une fois de plus ce constat : depuis l'élection de Giscard d'Estaing, une majorité de Français choisissent de voter moins pour élire un candidat que pour en éliminer un autre. Pour Giscard contre Mitterrand, pour Mitterrand contre Giscard, puis pour Mitterrand contre Chirac et pour Chirac contre Jospin, puis pour Chirac contre Le Pen et pour Sarkozy contre Royal, en attendant la suite qui devrait confirmer les comportements des scrutins précédents. Infernale logique d'un mode de consultation électorale qui tourne chaque fois au jeu de quilles, est-ce bien raisonnable ?
Jean Belot
Actualité
BRÈVES DE BLOG
29/12/2010
- Les vols avec violences ont augmenté de près de 40% dans les transports publics d'Île-de-France au cours des onze premiers mois de 2010, preuve que l'insécurité combattue avec la dernière énergie depuis 2002 par Nicolas Sarkozy, François Baroin, Michèle Alliot-Marie, puis Brice Hortefeux, a reculé nettement. Comme la plus sûre manière d'ignorer la fièvre consiste à casser le thermomètre, voilà pourquoi l'actuel ministre de l'Intérieur a décidé de ne pas publier, après la nuit de la Saint Sylvestre, de chiffres sur le nombre de voitures incendiées afin de ne pas "valoriser les actes criminels". Merci-troën.
- Soucieux sans doute de réchauffer leurs vieux os, Roland Dumas, 88 ans et Jacques Vergès, 85 ans, sont partis en villégiature en Côte d'Ivoire pour y défendre la cause de Laurent Gbagbo. Le premier avocat dénonce l'ingérence française dans un pays étranger - et il vrai que Nicolas Sarkozy aurait dû s'abstenir d'adresser une mise en demeure à l'ex-président ivoirien - tandis que le second estime que Gbagbo incarne "l'Afrique qui résiste" aux diktats des grandes puissances. Jusqu'à plus ample informé, il résiste surtout au résultat du suffrage universel.
- Lula a quitté le pouvoir au Brésil et nous n'avons toujours pas de confirmation de la commande de Rafale qu'il devait donner avant de s'en aller ; Kadhafi est toujours au pouvoir et sa commande de Rafale n'était qu'un attrape-nigaud. Mais Alain Juppé est optimiste pour la vente de Rafale aux émirats. M. le ministre de la Défense aurait-il bu ?
- Soucieux sans doute de réchauffer leurs vieux os, Roland Dumas, 88 ans et Jacques Vergès, 85 ans, sont partis en villégiature en Côte d'Ivoire pour y défendre la cause de Laurent Gbagbo. Le premier avocat dénonce l'ingérence française dans un pays étranger - et il vrai que Nicolas Sarkozy aurait dû s'abstenir d'adresser une mise en demeure à l'ex-président ivoirien - tandis que le second estime que Gbagbo incarne "l'Afrique qui résiste" aux diktats des grandes puissances. Jusqu'à plus ample informé, il résiste surtout au résultat du suffrage universel.
- Lula a quitté le pouvoir au Brésil et nous n'avons toujours pas de confirmation de la commande de Rafale qu'il devait donner avant de s'en aller ; Kadhafi est toujours au pouvoir et sa commande de Rafale n'était qu'un attrape-nigaud. Mais Alain Juppé est optimiste pour la vente de Rafale aux émirats. M. le ministre de la Défense aurait-il bu ?
Jean Belot
Jean Belot
Dernières notes
Archives