Jean Belot : l'info- blog

...qui attend vos réactions"

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Il n'y a qu'une explication possible : Michèle Alliot-Marie est niaise, incurablement niaise. Déjà, quand elle avait offert au gouvernement tunisien de recourir au "savoir-faire" français en matière de sécurité pour mater la colère d'une population en rébellion, on s'était posé la question : comment n'a-t-elle pas mesuré l'incongruité de sa proposition ? Cette fois, on ne se la pose plus. Fallait-il être une ministre des Affaires étrangères niaise pour partir en vacances en Tunisie, entre Noël et le Nouvel an, alors que la Révolution du jasmin avait commencé depuis une semaine et qu'elle s'amplifierait pendant son séjour ; et niaise encore pour associer dans cette coupable équipée son compagnon ministre, Patrick Ollier, qui ne s'est pas davantage interrogé sur l'opportunité de ce voyage, et les parents de MAM, qui ne l'ont pas mise en garde.

Que Michèle Alliot-Marie, compte tenu de son portefeuille, ne se soit pas imposé comme règle de passer ses vacance en France laisse pantois et inquiet sur sa conception de la diplomatie ; mais qu'en outre elle se soit rendue en famille dans un pays alors en plein chamboulement politique, c'est inconcevable. N'importe quel touriste français sur le point de partir en congé à Hammamet se serait interrogé ! Gérard Longuet a fait suavement remarquer que "la Tunisie n'était pas la destination idéale" pour partir en vacances et le gouvernement, à commencer par son porte-parole François Baroin, ne s'est pas hâté de la défendre, même si le premier ministre a déclaré avec quelque retard qu'elle avait toute sa confiance.

Alors qu'un rapport vient d'être remis à Nicolas Sarkozy sur le danger des conflits d'intérêts afférents à certaines fonctions politiques, MAM lui a fourni un parfait exemple de ce qu'il convient à tout prix de ne pas faire. Mais l'intéressée, qui se dit "meurtrie" et "outrée" par les accusations portées contre elle, adopte la posture ministérielle d'un Eric Woerth il y a quelques mois : ni responsable, ni coupable. On commence par se draper dans sa dignité en niant tout, puis on veut bien concéder un possible moment d'égarement avant de désigner les vrais coupables : l'opposition qui, "au-delà de ma personne", veut porter atteinte au gouvernement, et les médias qui déforment à plaisir les propos tenus, air connu... MAM a commis une faute, qu'elle le veuille ou non, et s'est comportée comme un ministre amateur. Et ce n'est pas un jet privé qu'elle a finalement reconnu avoir pris en Tunisie, mais deux.

Et voilà pourquoi Nicolas Sarkozy, qui le lui avait proposé, aurait apprécié que Hubert Védrine acceptât de revenir au Qu'ai d'Orsay en 2007. Mais ce fut Bernard Kouchner qui hérita du poste pour l'occuper avec la maladresse que l'on sait. Le président ignorait qu'il tomberait de Charybde en Scylla avec Michel Alliot-Marie, qui devrait prendre modèle sur l'occupant de l'Elysée : le vendredi 17 décembre, un Nicolas Sarkozy inflexible donnait au président ivoirien Gbagbo "jusqu'à la fin de la semaine" pour quitter le pouvoir...

Jean Belot
Rédigé par Jean Belot le 31/01/2011 à 10:43 | Commentaires (1)

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DANS LE MÉTRO

31/01/2011
Il y a encore quelques années, on croisait dans le métro parisien quelques lecteurs persévérants qui avaient acheté "L'Humanité" par réflexe militant, "Le Parisien" ou "France Soir" parce que ces titres faisaient ordinairement partie de leurs déplacements. Aujourd'hui, vous pouvez vous rendre de la Porte de Clignancourt à la Porte d'Orléans sans croiser un seul de ces lecteurs. Même les journaux gratuits, qui ont assuré un moment la relève, parce que gratuits, n'envahissent plus les rames. Quelques "20 Minutes" ici, quelques "Direct Soir" là pour tout potage, aussi vite parcourus qu'abandonnés sur le siège ou sur une poubelle de quai, comme des kleenex, ah, l'information imprimée comme ceux qui la font sont désormais traités avec la dernière désinvolture !

Par contre, quelque ligne que vous empruntiez, quand vous montez dans un wagon à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, pendant la semaine ou le week-end, c'est maintenant le même spectacle qui s'offre au regard : des dizaines de voyageurs, qu'on prendrait assez vite pour des robots, voire des zombies, sont penchés chacun sur un boîtier, Iphone ou BlackBerry. L'un pianote sur les touches pour ausculter les appels qu'il a peut-être reçus, l'autre fait des espèces de virgules sur l'écran pour changer de registre, un troisième porte l'engin à son oreille, un quatrième envoie frénétiquement un message... Tous coupés du monde, étrangers au voisin de banquette. Certains sont tellement absorbés par leurs manoeuvres qu'ils ratent la station d'arrivée et beaucoup oublient forcément qu'il serait bienséant de laisser sa place à une personne âgée ou à une femme enceinte. Cadre, secrétaire, étudiant, lycéen, prof, fonctionnaire, retraité, ouvrier ou artisan, ils partagent les mêmes réflexes, les mêmes impulsions, la même dépendance, les mêmes postures.

Comment arrivaient-ils à vivre et à communiquer avant d'avoir fait l'acquisition de ce supersémaphore, qui régente aujourd'hui entièrement leur vie quotidienne ? Comment pouvaient-ils auparavant passer des heures sans échanger des messages avec un parent, un ami ou un collègue de travail ? On a très envie de leur demander s'ils vont dans la salle de bains, à la cave ou aux toilettes avec l'appareil, s'ils le déposent sur la table de nuit avant de s'endormir, s'ils sont encore capables de s'en passer en vacances ou s'ils accepteraient d'en être privés demain...

Celui qui n'est pas armé d'un Iphone ou d'un BlackBerry est quasiment un voyageur d'un autre âge, le représentant d'une espèce en voie de disparition, qui en est resté à l'âge de la diligence. Vite pris pour un désespérant adversaire du progrès, un vieux jeton, quoi. Qu'en outre, il se risque à déployer un journal, contrariant alentour les manoeuvres en cours, il passera bientôt pour un vrai goujat qui joint un manque de savoir-vivre à un évident obscurantisme technologique ; il sera bien inspiré de descendre à la prochaine station.

Jean Belot
Rédigé par Jean Belot le 31/01/2011 à 10:42 | Commentaires (1)

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OUF !

31/01/2011
Nous voilà rassurés, Jacques Chirac va bien, contrairement aux insinuations désobligeantes et peut-être intéressées de certains membres de son proche entourage. Médecin de formation, le député UMP Renaud Muselier certifie sans rire que l'ancien président, visiblement diminué pourtant, est "en pleine forme", tandis que François Hollande assure qu'il a "toutes ses facultés". Or, on sait, depuis Georges Pompidou et ses mortelles "grippes à répétition", ou François Mitterrand, dont le cancer de la prostate a été tu pendant douze ans, que toutes les informations circulant sur l'état de santé d'un président sont à prendre avec des pincettes. Et même dans le cas de Jacques Chirac, lorsqu'il fut victime en 2005 d'un accident vasculaire cérébral "sans gravité", le palais de l'Elysée s'était soigneusement abstenu de publier un communiqué officiel précisant l'état exact du président.

Renaud Muselier aurait été bien inspiré de se taire. Quant à François Hollande, député de la Corrèze, s'il fait aujourd'hui des grâces à l'ancien chef de l'Etat - après s'être opposé à lui pendant des années -, c'est que Chirac a fait de Hollande l'héritier de son fief, c'est pourquoi François n'a pas envie d'accabler son nouveau complice Jacques.

Conclusion : la vraie question est toujours de savoir si le procès Chirac aura lieu le mois prochain et si sa santé lui permettra d'y assister. Surtout après que l'intéressé lui-même a estimé qu'il va très bien et souhaité aux sceptiques de se porter aussi bien que lui à son âge.
Jean Belot
Rédigé par Jean Belot le 31/01/2011 à 10:42 | Commentaires (0)

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BRÈVE DE BLOG

31/01/2011
- C'est la publicité radio la plus stupide et la plus déplacée qu'on ait jamais entendue, proposée par le groupe Scope : on entend un patron convoquer impérativement sa secrétaire ou un cadre de l'entreprise qui aurait eu une initiative malheureuse, comme par exemple donner sur le réseau maison le montant de la prime de participation qui sera versée. Dialogue : "Vous avez pris sur vous de dire quelle somme sera virée, eh bien c'est vous qui êtes viré !". Après un petit "blanc" radio censé montrer le saisissement du coupable, rire du patron et réaction du salarié : "Ah, patron, vous m'avez encore eu !". Ce n'était qu'une blague de l'employeur facétieux...
Jean Belot
Rédigé par Jean Belot le 31/01/2011 à 10:42 | Commentaires (0)

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ICONES À TERRE

25/01/2011
Décidément, nos vieilles icônes médiatiques tournent mal. Lui, Patrick Poivre d'Arvor, court micros et caméras pour tenter de nous convaincre qu'il a écrit seul le livre qu'il consacre à Hemingway et que le plagiat dont on l'accuse s'est produit par inadvertance... Elle, Christine Ockrent, écartée de la direction de l'Audiovisuel extérieur de la France, où Sarkozy l'avait imposée, vit un calvaire qu'elle n'avait pas programmé : bêtement soupçonnée d'espionnage informatique au sein d'AEF, elle expie surtout des années d'arrogance professionnelle et de flirt avec le pouvoir...

Pourtant, les bonnes fées télévisuelles avaient comblé de présents ces deux ennemis-complices de toujours. Un pouvoir démesuré au JT de 20 heures à l'époque où ce rendez-vous était encore une grand-messe suivie par des millions de spectateurs, crédules et éblouis pour la plupart. Une gloire excessive, qui leur valait la couverture des magazines, la flagornerie prévoyante des puissants et leur ouvrait la porte des allées du pouvoir. Tapis rouge pour PPDA et "la reine Christine" ! Difficile de revenir sur terre lorsque la vie vous fait, tôt ou tard, rentrer dans le rang. A force de tirages vertigineux, il s'était persuadé qu'il était un grand écrivain et, peut-être, qu'il aurait un jour son couvert à la table des Goncourt ; à force de contrats dorés sur tranche et de "ménages" richement rétribués, elle n'imaginait pas essuyer un jour un quelconque revers, depuis le temps quelle était submergée d'hommages.

Et, en plus, une quasi impunité garantie aux deux pendant près de trente ans ! N'importe quel journaliste aurait été viré de son poste après l'interview bidonnée de Fidel Castro, mais Poivre "faisait" une telle audience au 20 H en 1991 qu'il n'était pas question de l'évacuer. N'importe quel président de la République lucide aurait tenu à distance cette Christine Ockrent, qui passa sans dommage de la cour de François Mitterrand à celle de Nicolas Sarkozy, mais elle avait du "savoir-faire", comme dirait Alliot-Marie, et du charme à revendre, pas Alliot-Marie, Ockrent. La différence entre celui que Desgraupes appelait méchamment "L'Ingrédient" et la compagne de Bernard Kouchner ? Lui est d'un naturel gentil, il n'est pas carnassier pour un sou pourvu qu'il puisse être en gros plan, écrire et courir compulsivement le guilledoux ; elle, en revanche, a toujours joué sa partie, exclusivement sa partie, soucieuse de sa seule réussite, de son seul pouvoir, de sorte qu'elle a fini par payer cette attitude.

Voyez-les tous les deux aujourd'hui. Lui, posture de vieux marathonien fourbu ; elle, profil de sorcière anémiée. On pense à ce mot incisif d'Alfred Capus, qui leur va comme un gant : "Il ne suffit pas de dire : Untel est arrivé, il faut encore voir dans quel état".

Et pas envie de plaindre ni l'un, ni l'autre".
Jean Belot
Rédigé par Jean Belot le 25/01/2011 à 09:59 | Commentaires (1)