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POUR EN FINIR AVEC LES 75%
27/02/2012
C'est donc, paraît-il, la mort programmée du football français, dont les meilleurs joueurs, autrement dit les mieux payés, partiront à l'étranger si leurs revenus sont imposés demain à 75% au-delà d'un million d'euros. Mais il y a beau temps qu'ils sont partis jouer en Allemagne, Italie, Espagne ou Angleterre les Ribéry, Anelka, Malouda, Benzema ou Nasri ! Et si demain l'entraîneur du PSG - 500 000 € nets par mois - pâtit des 75%, aura-t-on envie de le plaindre ?
Et les P.D.G. de banques, et ceux des grands groupes du CAC 40, et les traders, et les riches héritiers suivraient les footballeurs ? Il y en a même qui ont pris les devants, à en croire l'éloquent reportage diffusé par le JT de France 2 lundi soir, où l'on voyait par exemple les Defforey, très riches descendants des fondateurs de Carrefour, parader avec impudeur dans un quartier de Bruxelles, qui héberge ces "réfugiés" patriotes ; une avenue cossue de la capitale belge s'appelle aujourd'hui "la rue des Français", parce que de solides fortunes y ont atterri. Envie de les plaindre, eux aussi ?
On nous avait dit, après la crise de 2008, que les banquiers et les constructeurs automobiles secourus par l'Etat modèreraient à l'avenir leurs revenus. En 2010, la rémunération des grands patrons du CAC 40 a augmenté de 34 %, les revenus des PDG de L'Oréal et Renault ont été de plus de 9 000 000 d'euros. Rien, absolument rien ne justifie des rétributions aussi himalayennes, surtout quand il y a des millions de chômeurs, que 13% de Français vivent sous le seuil de pauvreté, que 900 000 personnes pointent aux Restos du coeur et que d'autres vivent dans des caravanes. Du reste, Nicolas Sarkozy, le premier, avait dénoncé ces "indécentes" rétributions.
On nous avait dit en 2007 qu'il fallait en finir avec les "parachutes en or", les "retraites chapeaux", les versements colossaux de stock options mais on attend encore que le chef de l'Etat tienne sa promesse de les recadrer. Il vient de réitérer cet engagement mais pourquoi le croire cette fois ?
On nous avait dit que le bouclier fiscal encouragerait les Français les plus fortunés, qui avaient choisi de s'exiler à Bruxelles, Londres ou Genève, à revenir au pays mais la liste des industriels, P.d.g., artistes ou sportifs qui ont quitté l'Hexagone et n'y sont pas revenus n'a pas beaucoup diminué.
On nous a dit que les 75 % voulus par Hollande sont "un impôt confiscatoire", une première dans l'histoire des démocraties mais on se garde de citer l'exemple américain : pendant la crise des années 30 et la seconde guerre mondiale, le président Roosevelt décida de faire passer progressivement la taxe sur les plus hauts revenus - qui s'élevait alors à 25 % - à 63, puis 80 %. Qu'on sache, le dynamisme de l'économie américaine n'a pas été entamé par cette mesure, l'économie de guerre a même été formidablement surmultipliée pendant ces années-là. Et qui niera que nous vivons en 2012 une guerre économique ?
Précision, "l'impôt Hollande", s'il se concrétisait, ne concernerait pas 1 % de Français, donc les gagne-petit à 500, 600, 700, 800 ou 900 000 € par an seraient épargnés. On ne peut pas stigmatiser ces choquantes rémunérations, l'injustice d'énormes privilèges financiers et fiscaux et invoquer la nécessaire solidarité puis, quand un projet est énoncé, le condamner sans s'interroger d'abord sur son opportunité.
Dieu merci, le vaillant Serge Dassault ne quittera jamais la France, il a trop besoin de l'amitié empressée de son ami "Nicolas" pour placer des Rafale là où il peut, c'est à dire dans la seule armée française.
Et les P.D.G. de banques, et ceux des grands groupes du CAC 40, et les traders, et les riches héritiers suivraient les footballeurs ? Il y en a même qui ont pris les devants, à en croire l'éloquent reportage diffusé par le JT de France 2 lundi soir, où l'on voyait par exemple les Defforey, très riches descendants des fondateurs de Carrefour, parader avec impudeur dans un quartier de Bruxelles, qui héberge ces "réfugiés" patriotes ; une avenue cossue de la capitale belge s'appelle aujourd'hui "la rue des Français", parce que de solides fortunes y ont atterri. Envie de les plaindre, eux aussi ?
On nous avait dit, après la crise de 2008, que les banquiers et les constructeurs automobiles secourus par l'Etat modèreraient à l'avenir leurs revenus. En 2010, la rémunération des grands patrons du CAC 40 a augmenté de 34 %, les revenus des PDG de L'Oréal et Renault ont été de plus de 9 000 000 d'euros. Rien, absolument rien ne justifie des rétributions aussi himalayennes, surtout quand il y a des millions de chômeurs, que 13% de Français vivent sous le seuil de pauvreté, que 900 000 personnes pointent aux Restos du coeur et que d'autres vivent dans des caravanes. Du reste, Nicolas Sarkozy, le premier, avait dénoncé ces "indécentes" rétributions.
On nous avait dit en 2007 qu'il fallait en finir avec les "parachutes en or", les "retraites chapeaux", les versements colossaux de stock options mais on attend encore que le chef de l'Etat tienne sa promesse de les recadrer. Il vient de réitérer cet engagement mais pourquoi le croire cette fois ?
On nous avait dit que le bouclier fiscal encouragerait les Français les plus fortunés, qui avaient choisi de s'exiler à Bruxelles, Londres ou Genève, à revenir au pays mais la liste des industriels, P.d.g., artistes ou sportifs qui ont quitté l'Hexagone et n'y sont pas revenus n'a pas beaucoup diminué.
On nous a dit que les 75 % voulus par Hollande sont "un impôt confiscatoire", une première dans l'histoire des démocraties mais on se garde de citer l'exemple américain : pendant la crise des années 30 et la seconde guerre mondiale, le président Roosevelt décida de faire passer progressivement la taxe sur les plus hauts revenus - qui s'élevait alors à 25 % - à 63, puis 80 %. Qu'on sache, le dynamisme de l'économie américaine n'a pas été entamé par cette mesure, l'économie de guerre a même été formidablement surmultipliée pendant ces années-là. Et qui niera que nous vivons en 2012 une guerre économique ?
Précision, "l'impôt Hollande", s'il se concrétisait, ne concernerait pas 1 % de Français, donc les gagne-petit à 500, 600, 700, 800 ou 900 000 € par an seraient épargnés. On ne peut pas stigmatiser ces choquantes rémunérations, l'injustice d'énormes privilèges financiers et fiscaux et invoquer la nécessaire solidarité puis, quand un projet est énoncé, le condamner sans s'interroger d'abord sur son opportunité.
Dieu merci, le vaillant Serge Dassault ne quittera jamais la France, il a trop besoin de l'amitié empressée de son ami "Nicolas" pour placer des Rafale là où il peut, c'est à dire dans la seule armée française.
Jean Belot
Rédigé par Jean Belot le 27/02/2012 à 16:16
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ET VOILÀ POURQUOI MÉLANCHON S'AMUSE...
27/02/2012
L'autre soir, au moment de conclure sur France 2 la (trop) longue émission "Des paroles et des actes", au cours de laquelle Sarkozy et Fabius s'étaient affrontés sans se ménager, Franz-Olivier Giesbert, qui arpente les allées du pouvoir depuis des lustres, sermonna carrément le chef de l'Etat : depuis deux heures, lui et ses interlocuteurs avaient parlé de tout sauf de l'essentiel, la dette et la croissance qui, avec le chômage, préoccupent les Français beaucoup plus que n'importe quel autre sujet.
Giesbert n'avait pas tort, le jour-même de l'émission "Le Monde" publiait les résultats d'un sondage confirmant que 65% des Français trouvaient la campagne électorale "pas intéressante". Ils expliquaient être en manque de projets et de réponses concernant le problème crucial du logement, la question lancinante des petites retraites, les garanties sur le pouvoir d'achat ou la lutte contre le chômage, sans parler de ces problèmes récurrents que sont l'indépendance de la justice, l'éducation, la sécurité, l'avenir du nucléaire ou de la construction européenne.
Parce que les caisses de l'Etat sont vides, parce qu'ils naviguent à la godille entre les écueils de la campagne, les deux principaux candidats se gardent d'aborder certains domaines trop périlleux et de faire des promesses qu'ils savent ne pas pouvoir tenir. Alors, ils procèdent par incantations en tenant à leur électorat les propos qu'il souhaite entendre, et ça marche quand François Hollande promet de frapper à hauteur de 75% les revenus les plus gros ; mais ça ne marche pas quand Nicolas Sarkozy, labourant sans fin les terres de Marine Le Pen pour lui piquer des voix, relance une fausse querelle sur la viande hallal. Ajoutez que le président fait l'impossible pour déstabiliser le candidat du PS, le harcèle, le provoque, l'attaque quotidiennement pour le déstabiliser et l'amener à réagir mais Hollande joue systématiquement l'inertie, si bien que, à force, faute d'échanges et de surenchères entre eux, on s'ennuie. A vouloir susciter de fausses mobilisations de l'opinion avec l'abattage du bétail ou l'obtention de 500 signatures, on décourage l'électeur.
Ce n'est pas un hasard si Jean-Luc Mélanchon, lui, s'épanouit dans cette campagne et remplit les salles. Beau parleur que ne freine aucune règle de prudence et de stratégie, il appuie là où ça fait mal, fait le meilleur usage d'un manichéisme politique emballant ses auditeurs, qui ne veulent voter ni à droite, ni à gauche, mais encore plus à gauche. Lui s'amuse, tandis que Sarkozy s'énerve, Le Pen vitupère, Hollande évangélise et Bayrou patine, cherchez l'erreur...
Giesbert n'avait pas tort, le jour-même de l'émission "Le Monde" publiait les résultats d'un sondage confirmant que 65% des Français trouvaient la campagne électorale "pas intéressante". Ils expliquaient être en manque de projets et de réponses concernant le problème crucial du logement, la question lancinante des petites retraites, les garanties sur le pouvoir d'achat ou la lutte contre le chômage, sans parler de ces problèmes récurrents que sont l'indépendance de la justice, l'éducation, la sécurité, l'avenir du nucléaire ou de la construction européenne.
Parce que les caisses de l'Etat sont vides, parce qu'ils naviguent à la godille entre les écueils de la campagne, les deux principaux candidats se gardent d'aborder certains domaines trop périlleux et de faire des promesses qu'ils savent ne pas pouvoir tenir. Alors, ils procèdent par incantations en tenant à leur électorat les propos qu'il souhaite entendre, et ça marche quand François Hollande promet de frapper à hauteur de 75% les revenus les plus gros ; mais ça ne marche pas quand Nicolas Sarkozy, labourant sans fin les terres de Marine Le Pen pour lui piquer des voix, relance une fausse querelle sur la viande hallal. Ajoutez que le président fait l'impossible pour déstabiliser le candidat du PS, le harcèle, le provoque, l'attaque quotidiennement pour le déstabiliser et l'amener à réagir mais Hollande joue systématiquement l'inertie, si bien que, à force, faute d'échanges et de surenchères entre eux, on s'ennuie. A vouloir susciter de fausses mobilisations de l'opinion avec l'abattage du bétail ou l'obtention de 500 signatures, on décourage l'électeur.
Ce n'est pas un hasard si Jean-Luc Mélanchon, lui, s'épanouit dans cette campagne et remplit les salles. Beau parleur que ne freine aucune règle de prudence et de stratégie, il appuie là où ça fait mal, fait le meilleur usage d'un manichéisme politique emballant ses auditeurs, qui ne veulent voter ni à droite, ni à gauche, mais encore plus à gauche. Lui s'amuse, tandis que Sarkozy s'énerve, Le Pen vitupère, Hollande évangélise et Bayrou patine, cherchez l'erreur...
Jean Belot
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DANS LA RUE
27/02/2012
Mine de rien, sous l'influence du mode de vie américain et sous l'effet des nouveautés technologiques, de la crise et de la démocratisation du vêtement, le spectacle qu'offrent en 2012 les Français dans la rue (certes à Paris plus qu'à Lempdes, Puy-de-Dôme) a drôlement changé. A commencer par la tournure des seniors. Auparavant, on les appelait tout bonnement "les vieux", et ils en avaient l'apparence de bonne heure. Il y a une génération, soit une trentaine d'années, il fallait les voir, les femmes âgées, habillées de sombre ou carrément de noir, leur rare écart de couleur étant souvent le mauve, et le satin fermière un refuge à leur fantaisie, le port d'un pantalon étant bien sûr impensable. Les hommes, eux, usaient leurs effets, après avoir mis de côté un costume pour les mariages et les enterrements. Souvent, leur problème à tous étaient les chaussures, qui les faisaient souffrir. Ah, les horribles souliers en cuir tressé couleur beigeasse des vieilles dames, qui couinaient au moindre pas... Beaucoup de seniors circulent aujourd'hui en tennis et jean et ils font pour la plupart dix ans de moins que leur âge.
A l'autre bout de la lignée, les ados. En voilà qui ont largement profité de l'évolution des modes et des moeurs, il suffit de regarder la sortie d'un lycée pour s'en convaincre. D'invraisemblables tenues comme des jeans ou des joggings surdimentionnés, d'ébouriffantes coiffures, le paquet de clopes à la main, ou l'iPod en action (mais où trouvent-ils leur argent de poche ?). A l'aise, épanouis, à 14 ans déjà copains de copines vêtues au décrochez-moi ça, consommateurs avertis, beaucoup plus polis et obligeants qu'on ne le dit, indispensables à l'harmonie sociale parce qu'ils ne voient pas, eux, la vie en noir comme leur aînés. Déjà que beaucoup sont issus de familles recomposées ou décomposées...
Dire qu'on a enseigné à nos mères qu'une femme ne fume pas dans la rue et ne rentre pas seule dans un café ; et à nos pères qu'on ne porte pas une chemise sans cravate et que la consommation d'herbe est réservée aux ruminants. Impossible de faire 100 mètres sans croiser une nénette cigarette aux lèvres, perchée sur des talons parfois vertigineux, des fils sortant de ses oreilles, en train d'écouter Catherine Ringer ou Léonard Cohen, à moins qu'elle ne tienne un gros gobelet de café ; sans voir un mec assis à une terrasse, en train de se rouler tranquillement un joint, puis cadrant avec son portable je ne sais quelle façade de l'autre côté de la rue...
Ah, l'invasion du portable ! Un passant qui le consulte devient un danger pour ses voisins de trottoir. S'il chemine vers vous, mieux vaut se garer parce qu'il n'a d'yeux que pour son petit écran qu'il pianote fébrilement ; et s'il marche devant vous, tôt ou tard il va piler pour affiner sa recherche et il faudra d'urgence le contourner. Aux dernières nouvelles, le temps médiatique consacré à la consultation des portables, iPad, iPod etc est maintenant plus grand que celui consacré à regarder la télévision ! Surtout ne pas essayer d'interrompre l'indigène qui consulte son portable dans la rue, le bus ou le métro, il apprécierait peu.
Chamboulé, le spectacle qu'offre la rue depuis quelques années. Les mendiants, qui l'avaient désertée pendant les trente glorieuses, l'ont repeuplée avec les trente ravageuses. La crise perdurant, ils ne demanderont même plus un ticket repas, qu'on ne leur donnerait pas, ils se contenteront d'une "p'tite" pièce. Si on nous avait prédit qu'un jour on verrait des gens attendre la sortie des poubelles de Monoprix pour en faire l'inventaire... Tiens, un couple d'homos à l'horizon marchant bras dessus, bras dessous, même à Lempdes on ne se retourne plus sur leur passage. Et voilà un chien qui apparaît au croisement d'une rue, au bout d'une laisse tellement longue qu'on ne voit pas son maître...
Sur la chaussée, de gros 4 X 4 allemands ou japonais circulent. La crise, quelle crise ? Le pétrole se raréfie, son prix galope et pourtant jamais on n'a vu d'aussi grosses bagnoles accaparer l'espace urbain, comprenne qui peut.
A l'autre bout de la lignée, les ados. En voilà qui ont largement profité de l'évolution des modes et des moeurs, il suffit de regarder la sortie d'un lycée pour s'en convaincre. D'invraisemblables tenues comme des jeans ou des joggings surdimentionnés, d'ébouriffantes coiffures, le paquet de clopes à la main, ou l'iPod en action (mais où trouvent-ils leur argent de poche ?). A l'aise, épanouis, à 14 ans déjà copains de copines vêtues au décrochez-moi ça, consommateurs avertis, beaucoup plus polis et obligeants qu'on ne le dit, indispensables à l'harmonie sociale parce qu'ils ne voient pas, eux, la vie en noir comme leur aînés. Déjà que beaucoup sont issus de familles recomposées ou décomposées...
Dire qu'on a enseigné à nos mères qu'une femme ne fume pas dans la rue et ne rentre pas seule dans un café ; et à nos pères qu'on ne porte pas une chemise sans cravate et que la consommation d'herbe est réservée aux ruminants. Impossible de faire 100 mètres sans croiser une nénette cigarette aux lèvres, perchée sur des talons parfois vertigineux, des fils sortant de ses oreilles, en train d'écouter Catherine Ringer ou Léonard Cohen, à moins qu'elle ne tienne un gros gobelet de café ; sans voir un mec assis à une terrasse, en train de se rouler tranquillement un joint, puis cadrant avec son portable je ne sais quelle façade de l'autre côté de la rue...
Ah, l'invasion du portable ! Un passant qui le consulte devient un danger pour ses voisins de trottoir. S'il chemine vers vous, mieux vaut se garer parce qu'il n'a d'yeux que pour son petit écran qu'il pianote fébrilement ; et s'il marche devant vous, tôt ou tard il va piler pour affiner sa recherche et il faudra d'urgence le contourner. Aux dernières nouvelles, le temps médiatique consacré à la consultation des portables, iPad, iPod etc est maintenant plus grand que celui consacré à regarder la télévision ! Surtout ne pas essayer d'interrompre l'indigène qui consulte son portable dans la rue, le bus ou le métro, il apprécierait peu.
Chamboulé, le spectacle qu'offre la rue depuis quelques années. Les mendiants, qui l'avaient désertée pendant les trente glorieuses, l'ont repeuplée avec les trente ravageuses. La crise perdurant, ils ne demanderont même plus un ticket repas, qu'on ne leur donnerait pas, ils se contenteront d'une "p'tite" pièce. Si on nous avait prédit qu'un jour on verrait des gens attendre la sortie des poubelles de Monoprix pour en faire l'inventaire... Tiens, un couple d'homos à l'horizon marchant bras dessus, bras dessous, même à Lempdes on ne se retourne plus sur leur passage. Et voilà un chien qui apparaît au croisement d'une rue, au bout d'une laisse tellement longue qu'on ne voit pas son maître...
Sur la chaussée, de gros 4 X 4 allemands ou japonais circulent. La crise, quelle crise ? Le pétrole se raréfie, son prix galope et pourtant jamais on n'a vu d'aussi grosses bagnoles accaparer l'espace urbain, comprenne qui peut.
Jean Belot
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BRÈVES DE BLOG
27/02/2012
- "Je n'étais pas à l'aise avec un revenu de 2,5 millions d'euros par an, dix fois supérieur à mon salaire quand je dirigeais la SNCF. Je ne veux pas être dépendant de l'argent. Celui qui passe son temps dans des voitures chères et des hôtels luxueux court le risque de perdre le contact avec ses contemporains, la vie normale et ses amis de toujours". Tenus dans une interview à un hebdomadaire allemand, ces propos singuliers d'un ex-P.D.G. singulier sont de Louis Gallois, qui dirigeait EADS, et qui reversait la part variable de ses revenus, soit 1,6 millions d'euros, à des associations. Ouf, l'ingrat a dégagé la piste.
- Qu'il est révélateur, le dernier numéro de "Paris Match", de l'évolution de la campagne électorale et du funeste pressentiment d'Arnaud Lagardère, le propriétaire de l'hebdo et "frère" de Nicolas Sarkozy ! Non seulement la couverture du magazine est consacrée à François Hollande et à sa compagne mais près de neuf pages leur sont réservées, tandis que le couple présidentiel n'en a qu'une et demie. Convient-il de ménager l'avenir ?
- Qu'il est révélateur, le dernier numéro de "Paris Match", de l'évolution de la campagne électorale et du funeste pressentiment d'Arnaud Lagardère, le propriétaire de l'hebdo et "frère" de Nicolas Sarkozy ! Non seulement la couverture du magazine est consacrée à François Hollande et à sa compagne mais près de neuf pages leur sont réservées, tandis que le couple présidentiel n'en a qu'une et demie. Convient-il de ménager l'avenir ?
Jean Belot
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Il n'est pas courant d'entendre annoncer à la radio, de la bouche même d'un délégué syndical à 8h15 du matin, que le personnel de son entreprise s'apprête à occuper la salle de réunion du comité directeur. Puis de le faire sous le regard prévenant des caméras de la télévision, qui avait été avertie et qui filmait sans entrave l'opération, puisque le directeur avait choisi de n'être pas présent ce matin-là, que les cadres étaient opportunément absents de leurs bureaux et que la police, pleine de compréhension, n'avait pas jugé bon d'intervenir...
C'était lundi dernier à Florange (Moselle), où les sidérurgistes d'ArcelorMittal avaient décidé de passer à l'action. Ils en avaient assez d'être mis au chômage partiel et ils étaient furieux d'apprendre que les deux hauts fourneaux à l'arrêt depuis juillet et octobre 2011 - les derniers de Lorraine, où l'on pratique depuis trois siècles la metallurgie -, ne redémarreraient pas cette année au deuxième trimestre. Fermement résolus à profiter de cette campagne électorale pour se faire entendre du chef de l'Etat. "Florange va être le cauchemar du gouvernement" a déclaré Edouard Martin, le délégué CFDT à l'intersyndicale du comité d'entreprise. Une sacrée épine dans le pied du candidat sortant à la présidence de la République.
Nicolas Sarkozy s'est empressé de dire "Je ne veux pas que Florange meure, je ferai tout pour sauver Florange", mais le contentieux entre lui et les sidérurgistes mosellans est aussi ancien que chargé. Déjà en 2008, il avait promis de sauver de la fermeture, au besoin par des aides publiques, un autre site d'ArcelorMittal, à Gandrange, mais il n'avait pas respecté son engagement et le site avait été fermé, c'est pourquoi les ouvriers de Florange sont sur la défensive.
Pour ne pas traîner le boulet sidérurgique jusqu'à l'élection présidentielle, "Sarko" s'active, prend contact avec la direction d'ArcelorMittal mais comment négocier ? D'abord, Arcelor est passé en 2006 sous le contrôle de l'Indien Mittal, qui n'a pas forcément le même intérêt à entamer maintenant des discussions. Et là, c'est autre chose que le sauvetage de Lejaby, il s'agit de sauver la mise de quelques milliers de salariés et, au-delà d'eux, d'un bassin industriel déjà très marqué par la crise. Enfin, Nicolas Sarkozy ne dispose pas en Moselle des relais qu'il a eus pour la reprise de Lejaby ( Bernard Arnault) ou de Photowatt (EDF).
Rappelons qu'en 2004, Arcelor - né de la fusion d'Aceralia (Espagne), d'Arbed (Luxembourg) et d'Usinor (France) - était le premier producteur mondial d'acier, spécialisé dans les aciers spéciaux et que, deux ans plus tard, le groupe changeait de mains sans que Paris et l'Union européenne ne s'opposent à ce casse industriel. Le début d'une désertification industrielle de la France que Nicolas Sarkozy déplore aujourd'hui.
C'était lundi dernier à Florange (Moselle), où les sidérurgistes d'ArcelorMittal avaient décidé de passer à l'action. Ils en avaient assez d'être mis au chômage partiel et ils étaient furieux d'apprendre que les deux hauts fourneaux à l'arrêt depuis juillet et octobre 2011 - les derniers de Lorraine, où l'on pratique depuis trois siècles la metallurgie -, ne redémarreraient pas cette année au deuxième trimestre. Fermement résolus à profiter de cette campagne électorale pour se faire entendre du chef de l'Etat. "Florange va être le cauchemar du gouvernement" a déclaré Edouard Martin, le délégué CFDT à l'intersyndicale du comité d'entreprise. Une sacrée épine dans le pied du candidat sortant à la présidence de la République.
Nicolas Sarkozy s'est empressé de dire "Je ne veux pas que Florange meure, je ferai tout pour sauver Florange", mais le contentieux entre lui et les sidérurgistes mosellans est aussi ancien que chargé. Déjà en 2008, il avait promis de sauver de la fermeture, au besoin par des aides publiques, un autre site d'ArcelorMittal, à Gandrange, mais il n'avait pas respecté son engagement et le site avait été fermé, c'est pourquoi les ouvriers de Florange sont sur la défensive.
Pour ne pas traîner le boulet sidérurgique jusqu'à l'élection présidentielle, "Sarko" s'active, prend contact avec la direction d'ArcelorMittal mais comment négocier ? D'abord, Arcelor est passé en 2006 sous le contrôle de l'Indien Mittal, qui n'a pas forcément le même intérêt à entamer maintenant des discussions. Et là, c'est autre chose que le sauvetage de Lejaby, il s'agit de sauver la mise de quelques milliers de salariés et, au-delà d'eux, d'un bassin industriel déjà très marqué par la crise. Enfin, Nicolas Sarkozy ne dispose pas en Moselle des relais qu'il a eus pour la reprise de Lejaby ( Bernard Arnault) ou de Photowatt (EDF).
Rappelons qu'en 2004, Arcelor - né de la fusion d'Aceralia (Espagne), d'Arbed (Luxembourg) et d'Usinor (France) - était le premier producteur mondial d'acier, spécialisé dans les aciers spéciaux et que, deux ans plus tard, le groupe changeait de mains sans que Paris et l'Union européenne ne s'opposent à ce casse industriel. Le début d'une désertification industrielle de la France que Nicolas Sarkozy déplore aujourd'hui.
Jean Belot
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