Ce sujet de société est régulièrement mis à la une de l’actualité dans notre pays. Depuis l’affaire Lambert, la législation a progressé, mais elle reste encore insuffisante à mon sens.

Je suis personnellement favorable à une avancée significative de la loi pour que la mort dans la dignité reprenne tout son sens. La loi Claeys-Leonetti (2015) prévoit actuellement que si un patient en fait la demande dans ses « directives anticipées », le corps médical pourra cesser l’acharnement thérapeutique pour le malade atteint d’une affection grave et incurable. A ce moment, il sera placé sous sédation sans être nourri ni hydraté, dans l’attente de la mort.

Cette solution n’est pas satisfaisante. Elle ne met pas un terme à la souffrance car elle laisse mourir par la déshydratation et la dénutrition. C’est une alternative à la fois à l’euthanasie et au suicide assisté, mais ce n’est pas une réponse à la demande exprimée par beaucoup d’entre-nous de terminer sa vie dans la dignité.

J’ai souhaité organiser une conférence sur le sujet de la mort dans la dignité dans le cadre d’une Causerie dans la mairie du Kremlin-Bicêtre le 11 janvier dernier. Je remercie Jean-Luc Romero, président de l’ADMD, d’être intervenu durant plus d’une heure et demie pour expliquer et informer les Kremlinois curieux et aussi inquiets.

En effet, pouvoir choisir sa mort pour rester digne durant sa fin de vie préoccupe beaucoup d’entre nous, soit par expérience car les conditions d’agonie d’un proche furent douloureuses et traumatisantes, soit par crainte personnelle car l’on souhaite ne pas être victime d’un acharnement thérapeutique sans raison sinon celui, vain, de maintenir en vie un mourant.

Je l’ai écrit plus haut, je suis personnellement favorable à la légalisation de l’euthanasie en France. Je le suis notamment envers la famille du souffrant. Actuellement, la seule solution renvoyée à la famille d’un malade en fin de vie, c’est la souffrance. Ce n’est pas la réponse que l’on souhaite pour un être cher. Cela est terrible. La dignité humaine, c’est l’image, un comportement que l’on renvoie à autrui. Comment peut-on dire que cette dignité est respectée quand sur son lit de mort un père, une mère, un enfant souffre devant leurs proches impuissants ?

J’espère que l’année 2017 sera celle d’une prise en compte sérieuse et courageuse par la gauche de ce sujet pour les prochaines élections afin de faire bouger les lignes et de donner plus de droits aux patients pour respecter leur dignité.


Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Vendredi 20 Janvier 2017 à 18:49 | {0} Commentaires