Les flux migratoires de ces dernières années qui résultent des guerres et des régimes répressifs concernent directement les pays européens, avec urgence pour maître-mot. Les populations fuyant les conflits, les régimes dictatoriaux – parfois les deux à la fois – cherchent l’asile sur nos terres où s’est instaurée la paix depuis plus d’un demi-siècle.

Notre nation, par ses valeurs et son histoire, est une terre d’accueil séculaire. Il est de notre devoir de tendre la main à ces personnes en difficulté, mais cela ne peut se faire que dans le respect du droit et avec responsabilité, c’est-à-dire en garantissant des conditions d’accueil décentes à toutes celles et ceux qui remplissent les conditions d’obtention du statut de réfugié.

En octobre dernier, j’ai co-signé avec des collègues maires de la Métropole du Grand Paris une tribune intitulée « Mobilisons-nous pour accueillir les migrants » et appelant à la responsabilité des élus locaux pour épauler les services de l’Etat en créant les conditions d’un accueil digne des réfugiés sur nos territoires tout en prenant en compte les réalités locales.

Il serait en effet impossible de proposer des solutions d’hébergement individuel à ces réfugiés alors même que nous ne parvenons pas à satisfaire les demandes en attente des personnes à revenus modestes, notamment dans les villes de la petite couronne parisienne. Ce serait opposer les solidarités locales aux solidarités internationales.

Cependant nous pouvons agir localement pour faciliter un accueil provisoire et endiguer la concentration de réfugiés dans des campements sauvages où les institutions et les associations sont dépassées et peinent à apporter une réelle prise en charge, comme l’ont tristement montré les exemples de Sangatte, de Calais et plus récemment encore, du camp de Porte de la Chapelle à Paris.

Garantir la décence de l’accueil à ces personnes et à ces familles doit passer par une répartition de l’effort d’hébergement : d’une part, en limitant le nombre de place par infrastructure d’accueil, et d’autre part, en fixant un délai maximal d’occupation avant une orientation vers des lieux de vie plus adéquats et durables.

Parce que ces deux conditions étaient remplies, j’ai répondu favorablement à la sollicitation de la préfecture du Val-de-Marne afin d’accueillir durant deux semaines une centaine de personnes au gymnase Jacques Ducasse, avant que ceux-ci ne soient orientés vers des structures d’accueil pérennes.

Ce délai permettra un accompagnement social individualisé par l’association Emmaüs Solidarité et une prise en charge administrative par l’Etat adaptée à chacun d’entre eux, avant leur installation durable dans d’autres structures sur le territoire national.

Notre ville et ses habitants s’inscrivent ainsi dans l’effort global de notre pays tout en perpétuant notre tradition d’ouverture et de solidarité locale.


Rédigé par Jean-Marc Nicolle le Vendredi 18 Août 2017 à 17:51 | {0} Commentaires