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Ludovic Bour
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Il n'est pas si loin le temps de la bulle (celle de la nouvelle économie) qui organisait le monde en 2 hémisphères imparfaitement dessinées : celle de l'internet lieu de tous les fantasmes et celle du brick and mortar pour mieux préciser qu'il y avait un avant et un après. Puis vint l'idée que ces 2 mondes pouvaient converger en diverses occasions (notamment dans une perspective de monétisation des contenus proposés en ligne, soit de e-commerce), c'était le click and mortar. Depuis ces temps pionniers et épiques, la bulle s'est évaporée dans les vicissitudes de l'économie réelle, Google est devenu le principal point d'entré dans la masse des contenus (visibles) et la numérisation des fonds et des contenus s'est accélérée au plus grand bénéfice du moteur de recherche éponyme. On connaissait la propension de Google à investir tous les champs de la culture et de l'information numérique pour devenir au final l'acteur incontournable de la diffusion, de la transmission et plus généralement de l'accès aux savoirs (1). On avait peine à imaginer que ce pure player de l'internet puisse un jour investir le monde du papier. C'est chose faite ! Bienvenu dans le monde du clik and mortar version Google. L'information : En date du 17 septembre dernier, la firme de Mountain View signe un accord de coopération avec la société On Demand Books. En vertu de cet accord, Google permet à la dite société de piocher dans un fonds de recueils numérisés (soit plus de 2 millions de livres tombés dans le domaine public) pour effectuer des impressions papier avec la qualité des ouvrages que l'on trouve dans les circuits classiques de distribution de la littérature. L'intérêt du partenariat est de mettre en rapport la capacité du moteur de recherche à fouiller dans les contenus numérisés et une technologie brevetée par ODB : Espresso Book Machine®. EBM est un système de micro-édition qui permet d'automatiser la fabrication de recueils en un temps très court (dans sa dernière version EBM permet d'imprimer 105 pages noir et blanc par minute). Le matériel (l'imprimante qui assure aussi le façonnage) est couplé à un logiciel (EspressNet) qui assure la gestion des droits (éditeurs, auteurs), qui trace l'ensemble des travaux d'impression pour rétribution des parties concernées (éditeurs notamment). On l'aura compris, les avantages d'un tel système sont divers : 1) apporter une réponse à l'édition à compte d'auteur et permettre à ces auteurs d'adresser le marché 2) permettre une rétribution des diverses parties (auteurs, éditeurs, intermédiaires de vente) 3) obtenir le paiement du produit avant sa fabrication 4) décentraliser la fabrication au niveau du point de vente (le Graal du marketeur) 5) permettre de fluidifier et donc raccourcir le circuit de l'édition entre la demande et la restitution de l'ouvrage 6) permettre aux revendeurs potentiels (librairies, bibliothèques, centres de formation, universités, etc…) de dégager de nouvelles sources de revenus 7) éliminer la gestion des stocks et autres taches fastidieuses liées aux inventaires On peut aussi penser qu'un tel système donne corps au principe de la longue traine appliqué au monde de l'édition et permet de la sorte à des ouvrages jugés peu intéressants pour l'édition classique d'adresser le marché. Dernière précision, le fonds Google (plus de 2 millions de titres) vient s'agréger à celui d'ODB (1,6 million). Attention cependant : pour ceux qui ont tendance manifester un enthousiasme par trop communicatif, vous risquez de faire naître un espoir déçu. En effet, il n'existe à travers le monde (oui le Monde !) qu'une vingtaine de machines. Et pour les mordus de lectures "confidentielles" le point de distribution le plus proche (de Paris s'entend, puisque ce billet est rédigé depuis Paname) est à … … Charing Cross (le plan ). Mais pour les inconditionnels d'une certaine littérature, l'Eurostar ne met finalement Londres qu'à 2 heures 15 de Paris ! ____________________ Ressources : Le communiqué de presse ODB (1) Organize the world's information and make it universally accessible and usefull (Google's mission statement)
Rédigé par ludovic bour le 22/09/2009 à 23:12
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