l'information circule dans l'entreprise, je l'ai souvent croisée devant la ... machine à café


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"L'information peut tout nous dire. Elle a toutes les réponses. Mais ce sont des réponses à des questions que nous n'avons pas posées, et qui ne se posent sans doute même pas." Jean Beaudrillard in Cool Memories


Information On Demand : année 0
Que de chemin parcouru depuis les autoroutes de l'information - lorsqu'il s'agissait d'assurer la convergence des réseaux de transmission des données - à l'émergence de la société de l'information qui place les technologies de l'information et les usages numériques au centre de nos rapports en société.

A t-on, pour autant, gagné en efficacité dans la gestion de ce rapport que nous entretenons avec l'information ?

Retour sur quelques sujets qui alimentent la (ma) réflexion :

l'"info pollution" est entretenue. Sous couvert de favoriser et optimiser l'accès à l'information jugée utile, on complexifie les modalités d'accès à cette information.

On s'attache à faire émerger de nouvelles pratiques : la curation - allez voir à ce propos ce billet qui fixe les limites de l'exercice au point où la fonction copier / coller serait plus valorisée que la production même de contenus. La démultiplication des contenus dans leur forme initiale participe au processus déjà connu de surcharge informationnelle (information overload). L'absence de contextualisation de ces contenus déplacés et de mise en perspective avec une autre information, avec un environnement sémantique qui lui confère un sens nouveau, ne fait que saturer l'espace informationnel.

On développe de nouveaux outils, de nouvelles plateformes de production telles que les fermes de contenus (voir les ressources de ce billet) dont la seule motivation consiste à produire des masses de contenus en adéquation avec les requêtes les plus populaires dans les moteurs de recherche. On déploie de nouvelles fonctions qui fédèrent des corpus de données et de formats tels les agrégateurs de flux.

En quelques années, nous sommes passés d'une culture du stock (des contenus hébergés dans des logiques de silos, l'expertise appartenant à ceux qui ont accès à ces silos pour les scruter) à une culture du flux (le pouvoir est à celui qui est en capacité d'organiser ces flux, soit l'influenceur compris comme nœud de communication). Cette logique de flux induit naturellement une nouvelle technicité : la valeur ajoutée se mesure à la capacité à trier, agréger les données entre elles, définir les circuits de diffusion. Ce qui nécessite une information en quantité. Des effets de masse sont recherchés. On augmente la complexité du processus en augmentant mécaniquement la quantité d'inputs à traiter. L'influenceur devient l'élément agile qui trie et redirige ces flux. Il y va de son intérêt d'accroître cette complexité en augmentant la quantité à traiter.

L'accélération du cycle de production, diffusion de l'information concoure dans le même temps à cet état qui perturbe le cycle. Comme pour conjurer la contrainte liée à la quantité d'inputs à capter, on réduit le temps dédié au traitement. La donnée devient évanescente et perd de sa valeur au point qu'une information est chassée par une autre plus fraîche. Il n'y a qu'à reprendre l'un des thèmes les plus exposés du moment pour s'en convaincre : la veille temps réel où la réduction de l'espace temps entre capture et diffusion. La veille temps réel s'est imposée parce le web est devenu un espace de prise de parole qui aplanit l'espace temps. Il y a donc un intérêt objectif à entretenir et développer ce niveau de complexité pour ces experts du "temps réel".

InternetActu parlait en 2008 de "temps de cerveau disponible et de gestion de l'attention" et préconisait le retour à une écologie informationnelle. On le voit aujourd'hui, les outils n'ont pas permis de simplifier les modalités d'accès à l'information. D'ailleurs n'ont-ils pas vocation à accompagner la gestion croissante de cette complexité informationnelle ? Poser la question en ces termes, c'est déjà chercher les voies de cette nouvelle écologie informationnelle dans nos pratiques, attentes et comportements. Au final, revenir à l'essentiel pour trouver la réponse à la question que nous posons.

Les opportunités ne manqueront pas à l'avenir pour rétablir une hygiène informationnelle qui fait défaut. Le gavage de stimuli numériques agit comme une forme d'addiction dans laquelle on se rassure : on finit toujours par trouver une information. Sauf qu'on en oublie l'essentiel : la question initiale. Cette hygiène est peut-être à trouver du côté des tendances qui se dessinent dans le monde de l'information numérique, comme la délinéarisation des modes d'accès à l'information. Le pull qui permet au consommateur internaute de sélectionner et définir le (son) temps de la consultation (en mode différé) versus le push qui impose une lecture linéaire et séquencée des contenus. Mais il ne faut pas attendre des outils qu'ils fassent ce qui les distingue de l'intelligence humaine : poser le problème par le questionnement. That is the question !


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Ressources

Tous éditeurs ? Les promesses incertaines de la "curation" in C/blog culture & numérique] - 18.03.11
 
Fermes de contenus : Google va t-il faire le grand ménage ? in ZDNet - 01.03.11
 
Pour une écologie informationnelle in InternetActu - 24.04.08

Référencement : Google étend son nouvel algorithme de recherche in ZDNet - 13.04.11
Information On Demand : année 0

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