l'information circule dans l'entreprise, je l'ai souvent croisée devant la ... machine à café


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Il y a quelques années, les économistes rivalisaient de formules pour justifier les bien faits de la mondialisation. Où il était question de l'émergence d'une société de services dans les pays industrialisés dans laquelle, la décroissance de l'emploi industriel était compensée positivement par le développement des activtés tertiaires à forte valeur ajoutée. Pour se faire, nos économies "développées" allaient créer des entreprises innovantes à très forte technicité pendant que le reste du Monde allait produire en masse les produits et biens qui ne procuraient plus davantage concurrentiel aux entreprises de nos économies.

Depuis, le schéma s'est quelque peu enrayé sous la conjonction de divers évènements :

  1. les pays émergents disposent des atouts nécessaires pour eux aussi pouvoir prétendre entrer dans cette "économie de la connaissance"
     
  2. le surenchérissement des matières premières et les coûts de transport durablement orientés à la hausse font que les gains de productivité engendrés sur le facteur humain (par délocalisation de la production) tendent à être effacés par les coûts du réacheminement de ces produits vers nos marchés
     
  3. l'évolution des taux de change qui plombe la compétitivité des entreprises européennes (même si le débat sur cette question est  vif)
     
  4. l'accès au financement pour assurer la croissance de ces "entreprises innovantes" n'est pas aujourd'hui optimal, en tout cas pour l'Europe, ce qui invite nombre de ces entreprises à s'émanciper en dehors de leur marché d'origine.
 
C'est probablement sur ce dernier point que la réflexion au niveau européen manque d'ambition. Pour illustrer ce propos, Le Monde daté du 10.01.08 (voir le lien dans les ressources) revient sur cette question cruciale du financement de l'innovation.

Pour résumer, il y est fait état :

  1. d'un marché communautaire morcelé avec autant de réglementations qu'il y a de marchés domestiques
     
  2. d'une abscence de valorisation du capital immatériel de l'entreprise (brevets, clients, savoir faire interne, etc...)
     
  3. d'une faiblesse de la surface financière des fonds de soutien qui nuit à la prise de risque de la part des financiers notamment dans les phases d'amorçage
     
  4. d'une culture en entreprise qui focalise le dirigeant et le financier sur l'analyse des résultats passés et présents, pour mieux occulter l'extrapolation des potentiels offerts par une jeune pousse.
 
A titre d'exemple, il est intéressant de faire le lien avec l'actualité récente dans un secteur à forts enjeux stratégiques : celui de l'information professionnelle et de la recherche en entreprise ("Enterprise Content Management" ou encore "corporate search").

L'information : Microsoft annonce semaine dernière le rachat de la société norvégienne qui édite le moteur d'entreprise Fast Search and Transfer pour 1,23 milliard de dollars. Pour mémoire, Fast c'est 162 milions USD de revenus en 2006 qui place le moteur dans la catégorie leaders mondiaux des moteurs d'entreprises. L'occasion était trop belle pour la firme de Redmond d'entrer sur ce segment de marché par croissance externe. Dans le même temps, on ne peut s'empêcher de penser que ce segment de marché est lié à celui de la recherche en ligne et qu'un acteur comme Google (qui dispose déjà de son ECM avec Google Search Aplliance) ne devrait pas rester inactif. Idem pour Oracle qui propose sa solution Oracle Secure Enterprise Search.

Dans ce contexte de convergence des outils de recherche sur les données structurées des entreprises et des données non structurées remontées du web, il est probable que les petits acteurs (il y en a pas mal, notamment dans l'hexagone) devront envisager à terme une alliance avec soit un gros généraliste du secteur IT, soit un agrégateur de contenus comme Datops l'a fait fin 2006 suite à son rachat par Lexis Nexis (le billet.

Pour reprendre, en guise de conclusion, les termes de l'arcticle du Monde, on peut craindre que ces acquéreurs ne soient pas européens, et encore moins français.
 
 
___________________________

Ressources :

Les start-up européennes sont souvent condamnées à grandir ailleurs (Le Monde - 10.01.2008)

Les propostions du Comité Richelieu pour favoriser l'accès aux marchés publics des PME innovantes

un résumé de la stragétie Google en matière de capital risque

Le communiqué de presse Microsoft pour le rachat de Fast

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