l'information circule dans l'entreprise, je l'ai souvent croisée devant la ... machine à café

Translation

Powered by Google

L'information vient du New York Times. Où il est fait état de négociations engagées par Google avec le fournisseur d'accès à Internet et opérateur Verizon afin d'obtenir que ses contenus soient distribués prioritairement aux internautes par ce dernier.

Bien que l'information ait été démentie par Google, on ne peut s'empêcher de reprendre "l'hypothèse" du NYT et d'en analyser les conséquences pour l'écosystème informationnel.

Le principe de neutralité du web - sans cesse réaffirmé - veut que quel que soit le contenu et l'émetteur qui en est à l'origine, la vitesse de transmission des données sur le réseau (indépendamment des serveurs à l'émission et à la réception) est la même. Derrière ce principe de neutralité : il s'agissait dès l'origine du web de garantir le trafic des données sans caractère discriminatoire quant à la source émettrice, le destinataire ainsi que le contenu ; et assurer de la sorte un accès universel à l'information. On comprend mieux la réaction immédiate de Google qui se défend de vouloir contrevenir à ce principe de neutralité quand on relit le code génétique de la firme de Mountain View contenu dans le Google's Mission statement(1).

Maintenant si on extrait l'hypothèse de toute référence réglementaire, force est de constater que la somme des enjeux qui président à une remise en cause (partielle ou  totale) de ce principe lui est aujourd'hui supérieure. Les enjeux sont de nature économique et donnent un relief nouveau au débat. Ils impactent l'ensemble des acteurs de la chaîne de production et de diffusion des données sur le net (producteurs de contenus, fournisseurs des tuyaux, opérateurs télécom) et remettent en perspective la question de la monétisation des contenus et services délivrés en ligne, soit l'émergence de nouveaux modèles économiques de diffusion d'information.

Il est probable qu'à terme (si ce n'est déjà le cas !), des producteurs de contenus et des fournisseurs d'accès, des opérateurs aient un intérêt commun à proposer des services d'information réputés non dégradés. En d'autres termes, on assisterait à un l'émergence d'un Internet à deux vitesses avec la co-existence de services premium destinés à des consommateurs qui accepteraient de supporter un surcoût pour accéder de façon optimale à ces services versus des services dégradés dont la qualité de la distribution serait soumise à la bonne volonté des fournisseurs d'accès.  



_____________
Ressources

Google and Verizon Near Deal on Web Pay Tiers - NYTimes.

De l'évolution des services d'information professionnelle : quelques pistes et des ... incertitudes

Les nouveaux modèles économiques de l'information professionnelle à l'ère du numérique (i-expo 2009) - la conférence vidéo

(1) "Organize the world's information and make it universally accessible and useful"

Rédigé par ludovic bour le 11/08/2010 à 21:28 | Commentaires (0) | Permalien | Trackbacks (0)

Facebook Google + Twitter LinkedIn Del.icio.us Google Furl Y! Technorati Viadeo Pinterest
 
Dans un billet récent il était question de la crise quant aux modalités de monétisation de l'accès à l'information en général (presse en particulier) avec la stagnation, voire la diminution des recettes publicitaires engrangées par les supports.

Si il est entendu que l'ensemble de l'offre d'espaces publicitaires (tout média confondu) disponible dépasse la demande d'achat des annonceurs, il faut cependant observer dans le détail les tendances de fond qui se dessinent dans le secteur de la publicité.

Pour illustrer le propos, voici une information déterminante relevée sur le marché britannique (l'un des plus importants en volume) : les dépenses d'achat d'espaces publicitaires en ligne viennent de dépasser(1) les dépenses affectées à la TV.
 
 


On savait la presse en grande difficulté, on sait maintenant que l'ensemble des média traditionnels (TV et radio inclus) n'échapperont pas au mouvement général qui voit un transfert massif des dépenses publicitaires vers le média Internet. Le développement de la Télévision Numérique Terrestre (TNT) en France a passablement perturbé le modèle économique des acteurs historiques dans le paysage audiovisuel, mais on peut déjà penser que les enjeux sont ailleurs. Notamment sur la capacité de ces acteurs à envisager des offres multimedia matinées de média sociaux. Et ce sur ce point, je vous renvoie vers cette idée avancée dans un billet récent :

Dans les média traditionnels (TV et radio notamment), on peut se risquer à penser que les acteurs du service public ont tout intérêt à imaginer les modèles de demain, n'ayant pas à gérer la contrainte de la rentabilité du court terme. Alors que les autres acteurs se doivent d'imaginer le passage à d'autres modèles tout en s'assurant le niveau de revenus immédiats que leur assurent la vente d'espaces publicitaires.


Sur ce point précis, avantage certain à la BBC qui est engagée dans une "délinéarisation" de son offre de contenus ; soit la possibilité de mêler des contenus produits pour divers média (TV et radio en l'occurrence) dans des bouquets thématiques diffusés en ligne.

Pendant ce temps Google semble miser sur la croissance irrésistible du marché publicitaire sur les smartphones (voir l'interview de E. Schmidt CEO de Google)


________________________

Ressources

Internet overtakes television to become biggest advertising sector in the UK - Guardian .co.uk (30/09/09)

BBC to relaunch websites with focus on social media - Guardian.co.uk (29/09/09)

Pour suivre l'actualité des nouvelles modalités de diffusion de l'information, en temps réel : le Twitt de la Machine à café


(1) Chiffres à l'appui : Internet capte 23,5 % dépenses publicitaires quand la TV ne représente plus que 21,9%. A noter que sur les 23,5 % captés par internet, le segment du search advertising est le grand gagnant avec 60 % des sommes collectées.
 

De la compatibilité entre papier et support numérique - Google aussi !
 
Il n'est pas si loin le temps de la bulle (celle de la nouvelle économie) qui organisait le monde en 2 hémisphères imparfaitement dessinées : celle de l'internet lieu de tous les fantasmes et celle du brick and mortar pour mieux préciser qu'il y avait un avant et un après. Puis vint l'idée que ces 2 mondes pouvaient converger en diverses occasions (notamment dans une perspective de monétisation des contenus proposés en ligne, soit de e-commerce), c'était le click and mortar. Depuis ces temps pionniers et épiques, la bulle s'est évaporée dans les vicissitudes de l'économie réelle, Google est devenu le principal point d'entré dans la masse des contenus (visibles) et la numérisation des fonds et des contenus s'est accélérée au plus grand bénéfice du moteur de recherche éponyme.

On connaissait la propension de Google à investir tous les champs de la culture et de l'information numérique pour devenir au final l'acteur incontournable de la diffusion, de la transmission et plus généralement de l'accès aux savoirs (1). On avait peine à imaginer que ce pure player de l'internet puisse un jour investir le monde du papier. C'est chose faite ! Bienvenu dans le monde du clik and mortar version Google.

L'information :

En date du 17 septembre dernier, la firme de Mountain View signe un accord de coopération avec la société On Demand Books. En vertu de cet accord, Google permet à la dite société de piocher dans un fonds de recueils numérisés (soit plus de 2 millions de livres tombés dans le domaine public) pour effectuer des impressions papier avec la qualité des ouvrages que l'on trouve dans les circuits classiques de distribution de la littérature.

L'intérêt du partenariat est de mettre en rapport la capacité du moteur de recherche à fouiller dans les contenus numérisés et une technologie brevetée par ODB : Espresso Book Machine®.

EBM est un système de micro-édition qui permet d'automatiser la fabrication de recueils en un temps très court (dans sa dernière version EBM permet d'imprimer 105 pages noir et blanc par minute). Le matériel (l'imprimante qui assure aussi le façonnage) est couplé à un logiciel (EspressNet) qui assure la gestion des droits (éditeurs, auteurs), qui trace l'ensemble des travaux d'impression pour rétribution des parties concernées (éditeurs notamment).

On l'aura compris, les avantages d'un tel système sont divers :

1) apporter une réponse à l'édition à compte d'auteur et permettre à ces auteurs d'adresser le marché
2) permettre une rétribution des diverses parties (auteurs, éditeurs, intermédiaires de vente)
3) obtenir le paiement du produit avant sa fabrication
4) décentraliser la fabrication au niveau du point de vente (le Graal du marketeur)
5) permettre de fluidifier et donc raccourcir le circuit de l'édition entre la demande et la restitution de l'ouvrage
6) permettre aux revendeurs potentiels (librairies, bibliothèques, centres de formation, universités, etc…) de dégager de nouvelles sources de revenus  
7) éliminer la gestion des stocks et autres taches fastidieuses liées aux inventaires

On peut aussi penser qu'un tel système donne corps au principe de la longue traine appliqué au monde de l'édition et permet de la sorte à des ouvrages jugés peu intéressants pour l'édition classique d'adresser le marché.

Dernière précision, le fonds Google (plus de 2 millions de titres) vient s'agréger à celui d'ODB (1,6 million).

Attention cependant : pour ceux qui ont tendance manifester un enthousiasme par trop communicatif, vous risquez de faire naître un espoir déçu. En effet, il n'existe à travers le monde (oui le Monde !) qu'une vingtaine de machines. Et pour les mordus de lectures "confidentielles" le point de distribution le plus proche (de Paris s'entend, puisque ce billet est rédigé depuis Paname) est à …

… Charing Cross (le plan). Mais pour les inconditionnels d'une certaine littérature, l'Eurostar ne met finalement Londres qu'à 2 heures 15 de Paris !

____________________

Ressources :

Le communiqué de presse ODB

(1) Organize the world's information and make it universally accessible and usefull (Google's mission statement)

Rédigé par ludovic bour le 22/09/2009 à 23:12 | Commentaires (0) | Permalien | Trackbacks (0)

Facebook Google + Twitter LinkedIn Del.icio.us Google Furl Y! Technorati Viadeo Pinterest
 
Il n'y a qu'à suivre l'actualité en quasi temps réel pour mesurer combien le thème des modalités d'accès aux contenus numériques tient le haut de l'affiche.

Le débat s'est depuis longtemps installé selon 2 logiques :
  1. celle de la loi Hadopi (version2) qui a pour objectif de cadrer le volet répressif qui vise le téléchargement illégal de contenus, ou protection de la création
     
  2. celle de la recherche du modèle économique qui assurera la remontée des revenus nécessaire à l'ensemble de la chaîne de valeurs pour les acteurs de la filière numérique (soit de la création de contenus à leur diffusion)
S'il est convenu de noter que les usages dans un contexte de vie privée tendent à orienter ceux de la sphère professionnelle, on peut néanmoins considérer que l'information à usage professionnel n'est que peu ou pas impacté par le volet répressif à date.

Faisons donc un focus particulier sur le second point : les tendances récentes observées quant à la production, la diffusion et la monétisation des contenus.

Le rebond sur l'actualité "chaude" passe par une interrogation : quel devenir pour le gratuit ?

La question se pose avec d'autant plus d'acuité que la crise aidant, les budgets des annonceurs dédiés à l'achat d'espaces publicitaires ont fondu réduisant du même coup les recettes publicitaires de l'ensemble des média. La presse professionnelle et technique - qu'elle soit papier ou en ligne - n'échappe pas à cette tendance. C'est aussi affirmer sans détour que l'idée jusqu'alors répandue que l'ensemble des revenus publicitaires allait définitivement permettre de diffuser et d'adresser les contenus gratuitement était un leurre.

Hors effets conjoncturels, c'est admettre que structurellement, le marché publicitaire (tout média confondu) est caractérisé par un déséquilibre croissant entre l'offre d'espaces disponibles et la demande des annonceurs. Dit autrement : c'est  reconnaître que l'ensemble des média vit au-dessus d'une bulle "publicitaire" qui fait que l'offre d'espaces croit régulièrement avec le développement de nouveaux média (internet et téléphonie mobile notamment), alors que dans le même temps la capacité des annonceurs à investir dans ces espaces stagne, voire diminue.

Pour pallier à la diminution des revenus publicitaires, nombre d'acteurs revoient leur modèles économiques. Le fait que le groupe de média News Corp (qui possède entre autre le Wall Street Journal et Fox Broadcasting Company) ait décidé de monter un consortium des principaux éditeurs de presse pour réfléchir et organiser la monétisation de l'accès aux contenus est un signe de revirement des stratégies mises en place ces dernières années (voir le billet suivant sur la stratégie de R. Murdoch) révélateur de cette nouvelle donne.

La cause semble entendue ou est en passe de l'être. Reste cependant à trouver le modèle économique qui viendra réinstaller dans l'inconscient collectif l'idée que tout à un coût. A n'en pas douter, le client cherchera un niveau d'acceptabilité satisfaisant pour supporter ce coût d'accès aux contenus.

Côté fournisseurs, on peut penser que le chemin est encore long vers les cimes de la rentabilité et qu'en chemin certains s'égareront.

A suivre ...

_________________________

Ressources
 
News Corp. pushing to create an online news consortium (in LA Times - 21/08/09)

L'information payante cherche un avenir désespérément (l'Expansion - 08/09/09)

Ainsi qu'une présentation effectuée le 10 septembre 2009 lors de l'Université d'été du Groupement français de l'Industrie de l'Information




 
Dans la suite des réflexions menées par le GFII sur les modèles économiques de diffusion de l'information, il peut s'avérer opportun de faire un point d'étape, notamment à l'aune de l'expérience acquise sur d'autres secteurs impactés par la diffusion de contenus en ligne.

Pour ce faire, on partira des réflexions émises lors de la dernière édition d'i-expo. En voici donc les éléments de synthèse qui permettent d'apprécier à la fois les enjeux qui se dessinent sur le marché de l'information professionnelle, mais aussi l'ensemble des contraintes qui régissent aujourd'hui encore ce marché.

Résumé :

Il s'agit en premier lieu de revenir sur l'idée largement répandue que l'accès aux contenus numériques est gratuit. Nonobstant, la publicité permettra de financer les coûts de diffusion (à défaut de couvrir les coups de production de ce contenu). La raison s'impose par la force du constat : l'offre d'espaces publicitaires (en ligne et hors ligne) disponibles est très largement supérieure à l'offre des annonceurs qui souhaitent diffuser de la publicité. La crise actuelle aggrave bien évidemment le phénomène, mais il s'agit - au delà des aléas liés à la conjoncture - de casser le mythe qui consiste à faire croire que les revenus publicitaires permettront de financer la production et la diffusion de l'ensemble des contenus numériques.

Faut-il dès lors opposer systématiquement la diffusion en ligne au papier ? Assurément non : même si les fournisseurs reconnaissent que la numérisation des contenus est la tendance de fonds qui organisera le marché de l'information de demain, il n'en reste pas moins vrai que la "rentabilité" d'un client qui achète du "papier" demeure de loin largement supérieure à celle d'un client qui consomme en ligne. La recherche d'un modèle économique de diffusion efficace ne peut s'affranchir de cette réalité immédiate. Dans ce contexte, la complémentarité des contenus papier et numérique est à rechercher.

Il s'agit de produire le modèle économique de demain de façon à assurer la convergence des intérêts entre les producteurs de contenus (continuer à produire et retirer des bénéfices de la diffusion) et ceux des consommateurs de ce contenu (augmenter la qualité du service et diminuer les coûts d'acquisition). Si il est difficile d'avancer vers un équilibre stable autour d'un juste prix de l'information, il peut s'imposer une autre logique qui consiste à revisiter ce marché à partir d'une segmentation beaucoup plus fine autour des attentes de consommation.

Ce faisant, on peut imaginer l'émergence de services de diffusion de l'information réputés "lowcost" ou dégradés qui permettent d'adresser une nouvelle catégorie de consommateurs jusque là peu ou pas acheteurs sur ce marché (type TPE, PME, professionnels, groupements, etc...). A partir de cette hypothèse, on peut (re)penser des logiques de
tarification à la demande (pay per view). A titre d'illustration, on devrait voir émerger des offres de services qui selon le principe de la "longue traîne" (long tail ) permettront de faire tester cette offre d'information à une nouvelle catégorie de clients. L'arrivée de nouveaux distributeurs devrait permettre de proposer ces services "dégradés" et de développer ces segments de marché à côté des éditeurs et distributeurs actuels qui privilégient les effets de volume. D'ailleurs, ces nouveaux segments de clientèles exploités offrent une nouvelle opportunité pour les éditeurs et diffuseurs classiques de voir une partie du segment monter en gamme et acquérir leur offre de services plus élaborée selon le principe que l'usage alimente le besoin. 

Cette notion de services "dégradés" pose cependant la question - non résolue à date - de la simplification des modalités de paiement dans les entreprises pour acquérir ces contenus numériques.
 
Reconnaître la valeur d'une information, c'est accepter d'en payer le prix pour la récupérer et l'exploiter. Du point de vue de son usage dans un contexte professionnel, il convient d'en garantir le service de la diffusion selon les critères suivants :
  1. l'exhaustivité,
  2. la sélection et la fiabilité des sources d'information, leur vérification et mise en perspective,
  3. la réactivité, ce qui revient à faire la part des choses et préserver son objectivité
A cela, viennent s'ajouter d'autres services qui vont favoriser l'acquisition de l'information tels que le multilinguisme et la traduction des contenus, la capacité d'intégration des données dans le SI, etc...

Repenser les modalités de diffusion de l'information en ligne, c'est aussi poser la question de la relation client fournisseur et identifier précisément le coeur de métier (au sens anglo-saxon du terme Core Business) des acteurs du marché. Ce qui revient à s'interroger sur l'intermédiation de la relation client. On devrait dès lors
voir se positionner de nouveaux acteurs sur le marché de l'information professionnelle numérique tels que les opérateurs de téléphonie, d'accès à internet et de TV payante. Ceux-ci ont en effet acquis une expérience certaine dans la facturation de services "on demand" mais aussi sur la fourniture de bouquets de contenus numériques.  A charge pour les éditeurs et diffuseurs actuels d'accepter le principe de voir une partie de leurs revenus rétribuer ces nouveaux opérateurs, avec cependant la double opportunité de voir diminuer les coûts de la diffusion et ce faisant de la gestion de la relation client et la possibilité d'adresser une nouvelle clientèle.

On peut d'ailleurs penser que l'o
pportunité aujourd'hui de voir se développer des offres forfaitaires de bouquets d'information par l'intermédiaire d'opérateurs de téléphonie (tout du moins) est réelle, car ceux-ci sont confrontés à un phénomène de saturation sur leur marché de par :
  1. un taux d'équipement élevé en téléphonie mobile (1)
  2. une concurrence accrue entre opérateurs qui se traduit par une pression forte sur les prix ce qui à terme risque d'entamer la rentabilité de ces opérateurs
Ce faisant, il est légitime de penser que les opérateurs mobiles ont besoin aujourd'hui de trouver des relais de croissance. Pour ce faire les alternatives sont de 2 sortes : soit se transformer en éditeur de contenus par croissance externe (cependant peu d'opérateurs ont a priori la capacité de faire évoluer leur coeur de métier), soit de proposer de nouveaux services aux abonnés avec le savoir faire nécessaire pour facturer tout type de services. Dans ce registre, il est intéressant d'observer le modèle mis en place par Apple et sa plateforme de diffusion dédié à l'IPhone : AppStore. Il restera malgré tout à envisager les voies de convergence entre des applications et services fournis au grand public et ceux dédiés aux usages professionnels.

Au final, on résumera le dilemme qui s'impose aujourd'hui à l'ensemble des acteurs du marché en posant l'équation à plusieurs inconnues en ces termes :
Quel(s) modèle(s) de diffusion de l'information faut-il envisager sans déstabiliser le modèle actuel  ?
Et comme il est fait état d'incertitudes dans le titre, voici matière à réflexion suggérée par un des principaux acteurs du marché : la difficulté de trouver le bon modèle est d'autant plus grande qu'on part d'un existant éprouvé pour ne pas dire installé de longue date dans nos schémas de penser (acheter de l'information produite par un éditeur). Alors que nul n'est capable de prédire demain tant du point de vue de l'évolution des comportements de consommation de cette information que des technologies qui permettront de la traiter. L'accélération du cycle des innovations technologiques qui engendrent de nouveaux usages fait que demain c'est déjà maintenant ! (2)

_____________________________

(1)
Le taux de pénétration (en France) au regard de la population est de 91,8%, soit 58,9 millions de cartes Sim en circulation à fin juin 2009 (Source : ARCEP)

(2) pour paraphraser l'auteur de science fiction William Gibson : "The future is already here. It is just unevenly distributed"




Etre ou ne pas être ? Telle est la question !

Au regard de l'actualité du secteur de la presse de ces derniers mois, on est tenté par l'analogie avec le dramaturge. Pour preuve, il y a quelques semaines de cela, un colloque intitulé : "la presse doit-elle se réinventer ?" rebondissait sur le débat installé sur ce thème lors des Etats Généraux de la presse fin 2008.

A la question : où va la presse ? bien avisé qui pourrait apporter un premier élément de réponse probant sur le devenir de ce secteur structurellement en proie à des bouleversements majeurs depuis plusieurs années. Au titre des facteurs qui entretiennent, voire aggravent la crise que traverse la presse, citons :
  1. (pour le cas français plus particulièrement) une sous capitalisation des acteurs
  2. des coûts fixes trop élevés au regard des ressources structurellement orientées à la baisse
  3. le développement du "journalisme citoyen" dans la continuité du "User Generated Content "
  4. la baisse des revenus publicitaires, accentuée par la crise et la diminution des budgets des annonceurs, ainsi qu'un arbitrage plus strict sur les supports
  5. la baisse des ventes qu'il s'agissent à l'unité (kiosque) ou sur abonnements
Mais tout ceci n'est rien, ou plutôt ne serait que la résultante d'une réorganisation du secteur de la presse avec l'avènement de l'internet et des contenus en ligne.

Tel un Tsunami, la violence du mouvement est corroborée par des faits dont la couverture rejoint la dramaturgie (pour preuve cette vidéo qui revient sur la fermeture récente du Rocky Mountain News)


Faut-il donc opposer l'édition électronique au papier ? Accuser de la sorte le premier d'être le fossoyeur du second. La question ne se pose pas en ces termes. On parlera plutôt de complémentarité, de nouveaux services à valeur ajoutée, de nouveaux modes de diffusion. Bref de nouveaux modèles économiques à inventer.

Le problème est que l'équation ainsi posée est à multiples inconnues et dont le résultat n'est lui-même pas connu. Donc l'expérimentation prime et les acteurs jouent sur les variables : le mode de diffusion, la monétisation ou non des contenus et services distribués, le facteur temps, etc...

L'expérience acquise se fait par itération, le problème est que le facteur temps joue contre l'expérimentation. Aujourd'hui la plupart des titres ne sont plus rentables quand ils ne sont pas devenus de véritables silos de pertes qui s'accumulent inexorablement sous le poids de la dette.  

Qu'on ne s'y trompe pas, la dématérialisation des contenus engendre des coûts d'investissement extrêmement importants, ainsi que des coûts récurrents pour la maintenance des services distribués sous forme électronique (mise à jour, validation, indexation des contenus). Le numérique est générateur de coûts ; tout comme le papier, soit ! Sauf que les modèles de rétribution sur le papier sont connus et (encore) maîtrisés : la vente à l'unité, par abonnement, la publicité. Sur le numérique, tout reste à créer. Or, la rentabilité d'un lecteur au format numérique est aujourd'hui bien moindre que celle du lecteur papier.

Pour parler d'internet, il ne faut pas oublier qu'à l'origine, le net se veut un vecteur de communication : une architecture de réseaux pour l'échange de données. Sa force, il la tient de quelques principes fondamentaux : ouverture et interopérabilité. Or, l'internet des origines(1) n'est pas celui d'aujourd'hui en passe de devenir l'operating system ; un lieu de production des contenus et des savoirs et de diffusion. Dans cette nouvelle configuration les contenus deviennent (en théorie) accessibles à tout un chacun puisqu'il s'agit d'un réseau ouvert tout dédié à la transmission d'un "savoir universel". La valeur au sens monétaire du terme n'est plus dans le contenu, mais dans le service apporté (fonctionnalités proposées, délais de restitution, portabilité, etc...)

Dès lors, engagés dans les voies de l'expérimentation, les éditeurs semblent revenir à des schémas classiques de la valorisation de l'information : rendre l'accès payant. Les réflexions en cours notamment au sein du New York Times, ainsi que du groupe Newscorp de R. Murdoch (qui édite entre autre le Wall Street Journal) ne laissent que peu de place au doute quant à la volonté de ces éditeurs de rendre payant l'accès en ligne aux contenus. Reste à trouver la bonne alchimie entre gratuité et accès payant, entre volonté de maîtriser l'accès et rendre les contenus visibles, soit assurer le référencement le plus large possible.

Pour sur, l'équation - pour ces acteurs du marché de l'information - n'est pas en passe de se simplifier. Jouer sur une variable n'est pas sans produire des effets sur les autres. L'incertitude est de nature à dissuader les plus téméraires de s'engager dans des voies encore inexplorées, si tant est que le facteur temps joue aujourd'hui contre ces acteurs.

Ce qui est observé sur le secteur de la presse est transposable (sur une échelle de temps différente) au secteur de l'information professionnelle, inclus la presse spécialisée, technique professionnelle.

L'incertitude plane durablement sur le marché de l'information. Sous l'effet des nouvelles attentes en matière de consommation de l'information, des nouveaux modes de productions et des technologies qui en permettent l'accès, le marché n'a pas encore idée des modèles de valorisation de demain.

Dans cette écosystème informationnel perturbé, n'y aurait-il pas lieu de chercher une partie de la réponse sur d'autres marchés ? L'industrie du disque de ce point de vue n'est pas sans offrir certaines analogies. Dès lors, il semble opportun de s'interroger sur les nouvelles modalités de consommation offertes par les nouveaux outils et terminaux d'accès à l'information. Le e-book (ou livre électronique) en tant que terminal d'accès apporte une réponse en terme de mobilité et ouvre donc de nouveaux potentiels quant aux usages. Mais une des expériences qui ouvrent le champ des possibles le plus prometteur est sans doute aujourd'hui le iPhone d'Apple et plus largement son principe de distribution et de monétisation des contenus et services organisés autour du AppStore.

Au final, l'axiome édité par Joseph Schumpeter n'en est que plus manifeste : "tout processus créatif passe par une destruction de valeur ..."

Pour poursuivre la réflexion, le GFII organise lors d'i-expo 09 une conférence sur le thème : "Les nouveaux modèles économiques de l'information professionnelle à l'ère du numérique" (plus d'information)
 



_________________

Ressources

Internet et conjoncture publicitaire obligent la presse américaine à se repenser - Le Monde (11/05/09)

Les journaux cherchent le moyen de faire payer leur contenu - Le Monde (24/03/09)

An iTunes moment ? - The Economist (12/02/09)

Last but not least : s'il fallait ne retenir qu'une source pour envisager la question des nouveaux média dans sa globalité, aucune hésitation :
l'Observatoire mondial des média - MediaWatch, AFP réalisé par Eric Scherer - Directeur, Analyse stratégique et Partenariats à l'AFP. La dernière production (avril 09) est intitulée : Médiapocalypse ou médiamorphoses?



(1) lire sur ce thème l'article : La "Pouzin society" : Faut-il revenir au départ pour sauver l'internet ? InternetActu - 15/05/09
 

Rédigé par ludovic bour le 30/05/2009 à 23:52 | Commentaires (0) | Permalien | Trackbacks (0)

Facebook Google + Twitter LinkedIn Del.icio.us Google Furl Y! Technorati Viadeo Pinterest
Syndication
RSS ATOM RSS comment PODCAST Mobile

Add to Netvibes

Abonnement Bloglines

Add to Google

/a_la_une

Subscribe in NewsGator Online



Vous n'utilisez pas d'agrégateur de flux RSS Vous pouvez recevoir - dès parution - les billets de ce weblog sur votre outil de messagerie en vous inscrivant ci-dessous


entrez votre adresse e-mail :