l'information circule dans l'entreprise, je l'ai souvent croisée devant la ... machine à café

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L'informatique dans le nuage à l'épreuve des usages professionnels
 
L'anglo-américain n'a pas son pareil pour donner une expression imagée à des représentations complexes. Le "Cloud computing"(1) en est.

Pour résumer ce concept émergeant qui va de paire avec le développement des web services, l'open source, et l'usage des outils et application réputées collaboratives dans la mouvance du web 2.0 ; on dira que le "nuage informatique" permet à l'usager de s'affranchir - en partie - des contraintes liées à l'exploitation d'un logiciel (achat de licence, maintenance, mises à jour). A contrario, le "nuage" lui ouvre une gamme de services liée à l'usage ou plus précisément la location d'une gamme de services principalement sous forme d'abonnements (de la mise à disposition d'un outil, à l'hébergement des données produites, l'assistance technique, l'accès permanent aux dernières versions, etc...)

Une condition sine qua non sous-tend à l'organisation du "nuage" : l'hébergement des applications et données produites et stockées sur les serveurs du fournisseur du service. Et c'est bien là que se situe la ligne de démarcation entre usage personnel et usage professionnel. En effet, la logique d'externalisation poussée à son extrême n'est pas sans poser de nouvelles questions au niveau des organisations :

  1. l'intégrité des données hébergées, soit le niveau de sécurité suffisant pour garantir la confidentialité des échanges entre le client et le serveur distant ou encore la non intrusion
  2. la qualité de l'accès au serveur et donc le confort d'utilisation de l'application distante
  3. la capacité de stockage future des serveurs de données avec la croissance exponentielle des productions notamment multimédia
  4. la stabilité et la pérennité du réseau
  5. la dépendance vis-à-vis des fournisseurs de services en ligne
Cependant, force est de constater que cette "informatique en nuage" tend à se déployer dans l'entreprise et modifie ce faisant la chaîne de valeur  dans le domaine de l'édition de logiciels.

Il va sans dire que le positionnement des acteurs présents sur le marché de l'information est en voie de recomposition à la fois sous l'effet du déplacement des modèles économiques traditionnels (la vente de licences d'exploitation) vers des modèles d'abonnements (location d'applications et d'espaces sur sites distants). Cette recomposition est aussi le fait de l'arrivée de nouveaux entrants qui proviennent pour l'essentiel de la sphère Internet. On assiste de la sorte à un engagement frontal entre deux logiques qui s'opposent et qui pourrait se résumer à la course poursuite entamée depuis bientôt une décennie entre Microsoft et Google, soit entre le monde du logiciel et celui de l'Internet.

Pour simplifier le débat : l'intelligence est dans la machine versus l'intelligence est dans le réseau.

Reste cependant à créer les conditions optimales d'une large diffusion du "nuage" en environnement professionnel et trouver le liant entre les diverses plateformes et contenus sous couvert d'interopérabilité. C'est la voie sur laquelle s'engage quelques universités US et Cisco sous l'initiative "Open Cloud Consortium".

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Pour poursuivre la réflexion :

Consortium tackles cloud computing standards in Computerworld (07.01.09)

Cloud computing : la sécurité dans un nuage aussi ? in Le cercle européen de la SSI

(1) ce qu'en bon français, nous avons traduit par "l'informatique dans le nuage"

 
Le format de fichiers ouvert Open XML en route vers la normalisation ISO.

Retour sur l'information
  1. Acte 1 : mai 2006 l'Organisation Internationale de Normalisation adopte le format ODF (OpenDocument) comme norme ISO. Traduction : ODF devient le premier format standard ouvert de données pour les applications bureautiques. Par ouvert, il faut entendre un format  publié et librement exploitable. Le consortium qui contrôle la spécification du format est indépendant de tout éditeur de logiciel
     
  2. Acte 2 : Microsoft engage en mars 2007 une procédure de normalisation ISO pour son  format Open Office XML (OO XML)
     
  3. Acte 3 : Septembre 2007, la firme de Redmond essuie un refus de l'ISO (l'info )
      
  4. Acte 4 :  avril 2008, l'ISO accepte le format OO XML. Des recours sont alors émis auprès de l'ISO qui suspend la validation de la norme pour OO XML
     
  5. Acte 5 : mai 2008, Microsoft annonce que la prochaine version d'Office 2007 (prévue pour 2009) assurera la compatibilité avec le format ODF et que pour les versions antérieures d'Office il faudra recourir à un connecteur (traducteur) comme le plug in OpenXML Translator
     
  6. Acte 6 : mi-août 2008, le recours formulé à l'encontre d'OO XML est rejeté par l'ISO
Au-delà des enjeux stratégiques qui se dessinent autour des normes sur les fichiers bureautiques, voilà donc venu le temps de dissocier le format de fichier de l'application ou pour faire simple, il ne sera plus nécessaire de disposer de Microsoft Word pour lire un .doc

Mais puisqu'il est question de stratégie, entre influence et contre-influence, la suite relève des hypothèses : la coexistence de 2 normes ou la convergence à terme des technologies.

A suivre ...

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Ressources

Demain : les formats de fichiers ouverts (suite) (05/02/2007)
 
Demain : les formats de fichiers ouverts (28/01/2007)

La rubrique Open Source de ce site

Système d'authentification unique (part 2) : OpenLiberty
 









Il y a tout juste un mois, il était fait état de l'adhésion des poids lourds du numérique au projet OpenID. Envahi par l'enthousiasme d'une telle annonce, je m'y référai en ces termes : "Voilà un véritale système d'authentification unique qui devrait favoriser les échanges ... ". L'enthousiame est toujours là, mais la réalité est autre : pour preuve la communauté de développeurs OpenLiberty annonce le lancement d'une biblitothèque open source pour l'élaboration de systèmes d'authentification unique.

Là aussi il y est question d'une fondation (Liberty Alliance avec quelques belles pointures (AOL, BT, France Telecom, Intel, Novell, NTT, Oracle, Sun Microsystems, ...). On y retrouve même VeriSign déjà présent dans OpenID.

Si il y a autant de monde sur le sujet, c'est que le thème de l'installation d'un véritable standard de la gestion de l'identité porte sur des enjeux de taille pour les acteurs du numérique. Tout ceci avec pour toile de fond l'interopérabilité, c'est à dire la possibilité de passer d'un site à un autre avec un identifiant unique sans avoir à recréer systématiquement une nouvelle identité. Sont en effet concernées :
  1. les applications hébergées (Saas) en fort développement
  2. les plateformes de réseaux sociaux qui se développent de façon exponentielle
  3. les applications sur mobiles
A suivre (en parallèle avec ce qui se passe du côté d'OpenID !)

Pour tout savoir sur OpenLiberty
______________________________

Ressources :

De la portabilité d'un identifiant unique avec OpenID

Open-source identity scheme takes first steps - SDTimes (13/03/08)


De la portabilité d'un identifiant unique avec OpenID
 






Voilà une nouvelle qui devrait contenter tous ceux qui ont développé une addiction forte à la toile, les détenteurs d'identités numériques multiples, les "névrosés" des réseaux sociaux, ainsi que les forçats de l'achat en ligne. Mais plus surement, les travailleurs du savoir et de la connaissance sauront faire bon usage de ce qui suit.

L'information :

Le 7 février dernier, la fondation OpenID annonce que quelques acteurs du numérique (et pas des moindres*) rejoignent le projet pour assurer le développement et la promotion de la technologie OpenID.

Derrière cette initiative, il faut voir l'émergence d'un internet ouvert et interopérable. Soit l'opportunité de naviguer à l'avenir plus simplement sur les sites qui ont une facheuse tendance à demander à ce que les visteurs déclinent leur identité. Pas vain, lorsqu'on admet que les sites réputés web 2.0 - dont la marque de reconnaissance pourrait être la fameuse formule "version béta" - ont pour principale motivation de collecter les profils des usagers des services qu'ils proposent.

Mais, pour revenir au projet OpenID, on peut dire que l'intérêt est multiple :
 
  • une gestion simplifiée de l'identité numérique des internautes
  • un meilleur controle des informations personnelles susceptibles de circuler
  • la possibilité pour les éditeurs de sites d'augmenter leur trafic
 
Le principe :

OpenID est un système d'authentification décentralisée. Son principe repose sur la fourniture d'une identité numérique unique par un serveur OpenID. A partir de là, les portes s'ouvrent pour s'inscrire ou s'authentifier sur les sites qui supportent ce protocole d'authentification. Exit les formulaires d'inscription fastidieux et pour certains suffisamment intrusifs pour décourager les internautes qui souhaitent entretenir une transparence sérieusement mise à mal.

Plus le service d'autentification est supporté par des éditeurs de sites plus son intérêt est manifeste avec en ligne de mire l'opportunité de devenir un standard (c'est l'effet cumulatif qui fait croitre la valeur d'usage). On comprend mieux en quoi l'adhésion des poids lourds de l'internet au projet est un message fort.

Pour mémoire, le principe de l'identifiant unique n'est pas une nouveauté. Microsoft s'était déjà engagé dans le développement d'un système centralisé de gestion de l'identité. Mais l'approche priopriétaire de la firme de Redmond avait plombé l'enthousiasme à la fois des éditeurs de sites et des utilisateurs (l'info. C'est là où le système développé en open source vient se subtituer à l'initiative précedente puisque le principe repose sur la délégation d'authentification à un fournisseur tiers, soit une gestion décentralisée de l'identité.

Travaux pratiques :

L'ouverture d'un compte se fait par l'intermédiaire d'un fournisseur d'identité OpenID (voir une liste ci-dessous). La gestion des informations personnelles rattachées au compte créé se fera ensuite auprès de ce fournisseur. Le fournisseur délivre un identifiant openID qui prend la forme d'un URL (du type http://monID.monfournisseurOpenID.com). Lors d'une navigation sur un site qui supporte le protocole OpenID, il suffit de renseigner le formulaire d'identification avec votre identifiant OpenID. Un aller-retour entre le site visité et le fournisseur d'OpenID, le temps de signaler à votre fournisseur que vous vous identifierez à l'avenir sur ce site avec votre OpenID et le tour est joué.

Voilà un véritale système d'authentification unique qui devrait favoriser les échanges. Les réseaux sociaux ne devraient pas y rester insensibles longtemps.

Il est loin :

  • le temps où il fallait se constituer un véritable portefeuille d'identifiants et de mots de passe (tous ceux qui sont frappés d'amnésies chroniques s'abstenir)
  • le temps des coffres forts virtuels pour simplifier la vie de ces mêmes amnésiques chroniques
 
Pour les plus sceptiques, il y a toujours la possibilité de se constituer un annuaire d'identifants et de l'héberger dans un coffre fort en ligne (Keepass. Ou encore de procéder au cryptage des mots de passe (PwdHash


* Google, IBM, Microsoft, VeriSign et Yahoo

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Ressources :
 
Technology Leaders Join OpenID...; (The Earth Times)

Quelques fournisseurs d'identifiant OpenID : Orange, Yahoo, myOpenID


La Gendarmerie Nationale à l'heure du libre
 
Vous vous souvenez ? ...
"Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré !"

avec le son

Et bien 64 ans plus tard, c'est au tour de la Gendarmerie Nationale de célébrer le "libre"

Explication de texte :

Le grand show de l'open source s'achève ce soir : Solutions LINUX.
Et le moins qu'on puisse dire, c'est que l'actualité du logiciel libre est à metttre au tableau d'honneur du secteur des TIC toutes catégories confondues.

L'info : la Gendarmerie Nationale française vient d'annoncer qu'elle basculera d'ici 2013 quelques 70 000 ordinateurs (soit l'ensemble de son parc informatique) sous la suite Linux Ubuntu.

Les motifs avancés :
  1. se détacher de la dépendance des principaux éditeurs et optimiser l'évolution des applications
  2. acquérir un meilleur contrôle sur la sécurité des systèmes
  3. faire des gains substantiels (le chiffre de 7 millions d'euros est avancé) dans la gestion du parc
On ne peut évidemment pas s'empêcher de faire le lien avec la firme de Redmond (1) dont l'emblématique chef à plume vient de faire un passage remarqué à la Mairie de Paris. Ce qui a eu pour conséquence directe de relancer le débat sur la place grandissante du logiciel libre dans les administrations françaises.

On rappellera que l'initiative de la Gendarmerie Nationale ne relève pas d'un coup du sort pour Microsoft, mais d'une stratégie engagée ces dernières années de déploiement des outils réputés open source dans les administrations françaises.

Pour mémoire :
 
  • il y a 2 ans, les 70 000 postes de la Gendarmerie (voir l'info avaient été équipés du navigateur Firefox ainsi que l'outil de messagerie proposé par la fondation Mozilla (Thunderbird)
     
  • l'Assemblée Nationale a opté en mars 2007 pour la suite Linux
     
Enfin, il est intéressant de mettre en regard cette information avec la parution récente du rapport Attali qui entre autre propose de libérer la croissance (sic) en inscrivant dans la Décision 58 de "Promouvoir la concurrence entre logiciels propriétaires et logiciels libres". Notamment en réservant d'ici 2012 au profit du libre un objectif de 20 % des applications nouvellement développées ou installées dans le cadre des appels d'offres publics.

Le débat sur l'interopérabilité reprend de la vigueur et c'est tant mieux. Va t-on vers un Référentiel Général d'Interopérabilité ? Si tout ceci n'est pas de l'intelligence économique (quoiqu'il y est question de sécurité nationale), on dira alors que c'est de l'intelligence tout court.

A suivre ...

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Ressources :

l'info de PCInpact

A lire le Guide pratique d'usage des logiciels libres dans les administrations pour tous ceux qui dans les administrations (et les autres) se posent des questions sur les logiciels libres

La rubrique Open source de ce site



(1) Jusqu'alors les PC de la Gendarmerie Nationale sont équipés de l'OS Windows


Rédigé par ludovic bour le 31/01/2008 à 22:08 | Commentaires (0) | Permalien | Trackbacks (0)

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Bis Repetita

Dans un billet de février dernier, il y était question de formats de fichiers. Pour faire un raccourci très grossier (ce qui ne dispense pas le lecteur de relire le billet), on retiendra que celui qui contrôle les formats contrôle l'information.

Depuis cette affirmation qui donne l'ambiance dans l'univers - impitoyable - du numérique, Microsoft continue à vendre des licences et Google de l'espace publicitaire.

Sauf que  la firme de Redmond voit à nouveau son horizon s'obscurcir :
  1. le 18 septembre dernier, IBM annonce le lancement de sa suite burautique gratuite Lotus Symphony
      
  2. le 17 septembre, les magistrats du Tribunal de Première Instance (TPI) auprès de la Cour de justice européenne confirme la condamnation (de juin 2004) de Microsoft pour "abus de position dominante" (l'info
     
  3.  le 10 septembre, IBM annonce son ralliement à la communauté OpenOffice.org soutenue par Sun Microsystems et qui assure la promotion du format de fichier ouvert Open document format. ODF est pour mémoire engagé dans un processus de normalisation ouvertement concurrent des formats de Microsoft
     
  4. le 04 septembre, l'organisme de normalisation international ISO ne donne pas suite à la demande de Microsoft de normaliser son format de fichiers ouvert Office Open XML
     
  5. fin août l'AFNOR (représentant français de l'ISO) émet un avis négatif sur la demande de Microsoft
Et Google !

... C'était le 17 septembre, la firme de Mountain View ajoutait à ses composants Google Docs & Spreadsheets le module Presentations pour constituer la suite bureautique qui (confère la vidéo de démonstration) organise internet comme un réseau d'intelligence collective (explication)

___________________

Ressources :

Un résumé de tous ces épisodes est proposé dans cet artcicle du New York Times daté du 18/09

Le dossier de presse de l'AFNOR sur la consulation de l'ISO (très synthétique, il donne les principaux enjeux sur la normalisation des formats de fichier)

La rubrique Open Source de ce site

 
C'était le 15 février dernier, dans un support de la presse gratuite (20 Minutes France), séance de chat (clavardage pour les initiés !) sur le thème du logiciel libre.

Au clavier : Thierry Stœhr, président de l'AFUL (Association Francophone des Utilisateurs de Linux et des Logiciels Libres)

Pour fixer les enjeux qui se dessinent derrière les formats de fichiers, pour comprendre le RIG (Référentiel Général d'Interopérabilité), le CCI (Cadre Commun d'Interopérabilité), la brevetabilité des logiciels, etc... c'est ici que ç'a se passe !

Sur la question des formats de fichiers, j'ai pris la liberté de reprendre l'explication fournie par T. Stœhr :

Les formats… sont au centre de l'univers numérique. C'est en effet un sujet que je développe chaque jour sur Formats-Ouverts.org où il y a bien plus d'exemples que ce que je vais écrire ici, mais voici en espérant être clair et simple (mais pas simpliste).

En une phrase : celui qui contrôle les formats contrôle l'information.

Bon c'est un peu court ;-) et voici en plus développé :

La photo numérique, la musique numérique, la video numérique, les pagesWeb,… tout ça ce sont des fichiers numériques (il y a plein d'autres exemples). Et ces fichiers ont toujours tous un format.

Vous connaissez sans doute le format HTML des pages Web, ou le format .doc du traitement de texte Word de Microsoft.

Et bien ces 2 formats sont différents : le .doc n'est fait que par Microsoft, il est le seul à en connaître le fonctionnement et ce format est parfaitement utilisable dans le logiciel Word de Microsoft.

A l'inverse, le HTML est connu de tous, c'est un format ouvert : onsait comment il fonctionne et on peut utiliser ce format dans n'importequel logiciel pour n'importe quelle utlisation.

Et alors ? Et bien avec un format ouvert il n'y a pas de dépendance vis-à-vis d'un éditeur qui peut décider d'arrêter son ancien format et que seul lui connaissait.

Derrière tout ça, c'est le problème de ses archives : êtes-vous arrivés à ouvrir cet important fichier d'il y a 8 ans ? Non, car le logiciel qui le lit a disparu ? Non car le logiciel ne lit plus ce « vieux » format ? Non, car la société qui faisait le logiciel n'existe plus ? Ce sont des cas concrets que bon nombre ont rencontré… et vont encore rencontrer !

Et là je me rends compte que je suis aussi bavard au clavier qu'en parlant ;-)

Donc : des formats ouverts, pour rester maître de ses informations (textes, video, images, musique). En fait c'est la guerre des formats : ouverts contre fermés.


Pour compléter l'info sur les formats ouverts

Source : formats-ouverts.org

 
Le 28/01 il était question de guerre ouverte sur le front des formats de fichiers ouverts et plus particulièrement de la bataille de la communication entre les promoteurs du format ODF et la firme de Redmond qui avance sur son OOXML.

On peut dire que depuis, les évènements autour du Libre se bousculent sur fond de normalisation, d'indépendance et de souveraineté nationale et au final de promotion d'un nouveau schéma d'innovation.

Pour preuve, ces trois évènements sur la semaine passée :
  1. la question du député Carayon au Ministre de l'Industrie sur la position de la France en matière de logiciels libres. Où il est fait état de menaces qui pèsent sur le format ODF récemment  retenu par l'ISO comme format standard de document et de la nécessité pour l'état français de faire de ce format ouvert le socle du Référentiel Général d'Interopérabilité (RGI)
     
  2. le Conseil Régional d'Ile de France s'apprête à distribuer pour la prochaine rentrée scolaire 175.000 clés USB équipées de logiciels libres : une suite bureautique (on peut penser à OpenOffice.org), un navigateur (Firefox), un client de messagerie (Thunderbird)
     
  3. la déclaration d'amour d'un candidat à la présidentielle qui voit dans le Libre une alternative au "modèle économique" traditionnel susceptible de favoriser l'innovation.
Pour compléter l'information et comprendre les enjeux qui se dessinent autour de l'apparition d'une seconde norme bureautique :
- une déclaration de l'AFUL (Association Francophone des Utilisateurs de Linux et des Logiciels Libres)
- l'analyse et l'avis du Gartner sur les enjeux(1) suivi des recommandations. Conclusion : wait and see !

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(1) pour mémoire il est dit que la ratification d'un standard est essentielle parce que certaines organisations, principalement gouvernementales, préfèrent utiliser des produits et formats de fichiers conformes à un standard acceptés de tous et s'assurer de la sorte que tout document officiel sera lisible dans le futur.Alors que les documents produits à partir de logiciels propriétaires pourraient ne plus être accessibles selon le bon vouloir de l'éditeur. A contrario, à partir d'un format ouvert, il y aura toujours la possibilité d'écrire une application pour le décrypter

Demain : les formats de fichiers ouverts
Voilà une information pour le moins étonnante. Un article paru dans le quotidien Le Monde daté du 25.01.07 nous révèle que "l'encyclopédie libre" Wikipédia est prise (malgré elle) dans la tourmente des formats de fichiers ouverts.

Résumé des faits :

A ma droite, le format ODF pour Open Document Format. Format d'interopérabilité et d'échange entre applications bureautiques (traitement de texte, tableur, outil de présentation, conception graphique, création de base de données, etc ...). Largement inspiré de la suite bureautique OpenOffice développée par Sun Microsystem et dont le code source est rendu public en 2000.

A ma gauche, OOXML pour Open Office XML (comprendre le complément de la suite bureautique Microsoft Office 2007). Où il est dit que la firme de Redmond ne souhaite pas laisser l'initiative sur les formats ouverts à la concurrence.

A la pesée :
  1. Microsoft (dont la suite Office écrase outrageusement le marché des outils bureautiques avec plus de 80 % de part de marché) et son OOXML qui arrive avec la suite 2007. Avec une telle domination, on comprend mieux les risques et les menaces qui pèsent sur la firme avec l'émergence des pratiques du libre et le développement des formats de fichiers ouverts
     
  2. l'ODF Alliance, le consortium qui assure la promotion du format éponyme et qui compte entre autre comme membres Sun, IBM, Adobe et depuis mi 2006 Google. Pardonnez du peu ! Comme pour créer davantage de soucis pour le premier cité, le format ODF a obtenu en mai 2006 la norme ISO (International Standards Organization)
Cela se complique d'autant plus pour les intérêts de Microsoft que plusieurs fronts s'ouvrent en même temps :

- l'e-administration et la mise en place d'un référentiel d'interopérabilité en France (1)
- l'adoption par le gouvernement belge du format ouvert pour les échanges de documents entre ses services et administrations.

C'est tout le modèle économique (vente de licences d'exploitation) de Microsoft qui est en jeu.
Au delà de cette "contrainte financière" pour la firme de Redmond qui tire la majeure partie de ses ressources de la commercialisation de la suite Office et du système d'exploitation Windows, il y a un enjeu stratégique pour tous les acteurs engagés dans le développement des formats ouverts. Il a pour nom : INTEROPERABILITE

Soit l'intégration des données et documents produits depuis des univers applicatifs différents dans la processus global de transmission de l'information.

On devine mieux les ambitions de Google pour constituer une base de connaissance universelle ou un réseau global de connaissances qui concentrerait toutes les informations et savoirs (numérisés) produits par l'homme et accessible à tous depuis internet. Comprendre qu'avec l'extension des formats de fichiers ouverts, l'enjeu c'est la production et la diffusion du savoir. Ce sont les schémas d'innovation traditionnels qui se réactualisent sous l'influence des pratiques collaboratives dont les formats de fichiers ouverts ne peuvent qu'accélérer le processus de création de valeur.

Dans ce contexte de tensions fortes sur le front des formats de fichiers, on comprend mieux l'initiative de Microsoft de s'adjoindre les services d'un expert du domaine pour ne pas perdre la bataille de la communication. Parce que pour revenir à l'information première, il semble que la firme de Redmond souhaite mettre Wikipédia dans une position d'arbitre dans le match qui l'oppose au format ODF. Puisqu'il y est question de rémunérer cet expert pour reprendre les définitions jugées erronées quant aux différents formats ouverts.

La démarche peut paraître déroutante, lorsqu'on admet que le principe de fonctionnement de "l'encyclopédie libre" est organisé autour de la libre contribution et du bénévolat. C'est sans doute y voir un signe d'impuissance de la part de Microsoft qui commet par la même une faute de mauvais goût pour les tenants du libre. C'est aussi reconnaître - plus surement - à "l'encyclopédie libre" son rôle majeur dans la diffusion de la connaissance. C'est enfin, admettre que l'enjeu de l'économie du savoir pour demain se dessine aujourd'hui autour des formats de fichiers ouverts et des standards du web.


Ressources complémentaires :

Un exemple tables de correspondance entre formats fermés et formats ouverts dans les domaines bureautique et multimédia

Pour plus d'info sur le match Microsoft vsLibre

Pour faire un état des forces enprésence

Retrouvez la rubrique "La vie en Google" et l'interopérabilité vue du côté de Mountain View

Standblog : l'incontouranble sur les standards du web
________________________________________________________
(1)L'administration en marche vers l'interopérabilité et les formats ouverts


En complément du billet d'hier (19.01.2006), voici les résultats d'une étude menée le 8 janvier dernier par Xiti Monitor sur le taux de pénétration de Firefox en Europe. On y apprend que le navigateur aurait dépassé la barre des 20 % de parts de marché (la France est dans la moyenne basse européenne avec 18 % d'utilisateurs).

Détail intéressant : l'analyse menée sur un échantillon de sites web professionnels a été reconduite le lendemain soit le 9 janvier. Ce qui a permis à Xiti Monitor d'observer des résultats à la fois sur un jour de week end (Dimanche 8) et un jour de semaine (Lundi 9) et de les rapprocher.

Résultat : l'écart d'utilisation de Firefox entre le dimanche et le lundi serait devenu pratiquement nul.

Conclusion de Xiti Monitor : Firefox est devenu aussi présent sur le lieu de travail qu'en usage domestique.

Le résumé de l'étude Xiti Monitor


Rédigé par ludovic bour le 20/01/2006 à 10:46 | Commentaires (0) | Permalien

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