l'information circule dans l'entreprise, je l'ai souvent croisée devant la ... machine à café


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Il y a quelques années, les économistes rivalisaient de formules pour justifier les bien faits de la mondialisation. Où il était question de l'émergence d'une société de services dans les pays industrialisés dans laquelle, la décroissance de l'emploi industriel était compensée positivement par le développement des activtés tertiaires à forte valeur ajoutée. Pour se faire, nos économies "développées" allaient créer des entreprises innovantes à très forte technicité pendant que le reste du Monde allait produire en masse les produits et biens qui ne procuraient plus davantage concurrentiel aux entreprises de nos économies.

Depuis, le schéma s'est quelque peu enrayé sous la conjonction de divers évènements :

  1. les pays émergents disposent des atouts nécessaires pour eux aussi pouvoir prétendre entrer dans cette "économie de la connaissance"
     
  2. le surenchérissement des matières premières et les coûts de transport durablement orientés à la hausse font que les gains de productivité engendrés sur le facteur humain (par délocalisation de la production) tendent à être effacés par les coûts du réacheminement de ces produits vers nos marchés
     
  3. l'évolution des taux de change qui plombe la compétitivité des entreprises européennes (même si le débat sur cette question est  vif)
     
  4. l'accès au financement pour assurer la croissance de ces "entreprises innovantes" n'est pas aujourd'hui optimal, en tout cas pour l'Europe, ce qui invite nombre de ces entreprises à s'émanciper en dehors de leur marché d'origine.
 
C'est probablement sur ce dernier point que la réflexion au niveau européen manque d'ambition. Pour illustrer ce propos, Le Monde daté du 10.01.08 (voir le lien dans les ressources) revient sur cette question cruciale du financement de l'innovation.

Pour résumer, il y est fait état :

  1. d'un marché communautaire morcelé avec autant de réglementations qu'il y a de marchés domestiques
     
  2. d'une abscence de valorisation du capital immatériel de l'entreprise (brevets, clients, savoir faire interne, etc...)
     
  3. d'une faiblesse de la surface financière des fonds de soutien qui nuit à la prise de risque de la part des financiers notamment dans les phases d'amorçage
     
  4. d'une culture en entreprise qui focalise le dirigeant et le financier sur l'analyse des résultats passés et présents, pour mieux occulter l'extrapolation des potentiels offerts par une jeune pousse.
 
A titre d'exemple, il est intéressant de faire le lien avec l'actualité récente dans un secteur à forts enjeux stratégiques : celui de l'information professionnelle et de la recherche en entreprise ("Enterprise Content Management" ou encore "corporate search").

L'information : Microsoft annonce semaine dernière le rachat de la société norvégienne qui édite le moteur d'entreprise Fast Search and Transfer pour 1,23 milliard de dollars. Pour mémoire, Fast c'est 162 milions USD de revenus en 2006 qui place le moteur dans la catégorie leaders mondiaux des moteurs d'entreprises. L'occasion était trop belle pour la firme de Redmond d'entrer sur ce segment de marché par croissance externe. Dans le même temps, on ne peut s'empêcher de penser que ce segment de marché est lié à celui de la recherche en ligne et qu'un acteur comme Google (qui dispose déjà de son ECM avec Google Search Aplliance) ne devrait pas rester inactif. Idem pour Oracle qui propose sa solution Oracle Secure Enterprise Search.

Dans ce contexte de convergence des outils de recherche sur les données structurées des entreprises et des données non structurées remontées du web, il est probable que les petits acteurs (il y en a pas mal, notamment dans l'hexagone) devront envisager à terme une alliance avec soit un gros généraliste du secteur IT, soit un agrégateur de contenus comme Datops l'a fait fin 2006 suite à son rachat par Lexis Nexis (le billet.

Pour reprendre, en guise de conclusion, les termes de l'arcticle du Monde, on peut craindre que ces acquéreurs ne soient pas européens, et encore moins français.
 
 
___________________________

Ressources :

Les start-up européennes sont souvent condamnées à grandir ailleurs (Le Monde - 10.01.2008)

Les propostions du Comité Richelieu pour favoriser l'accès aux marchés publics des PME innovantes

un résumé de la stragétie Google en matière de capital risque

Le communiqué de presse Microsoft pour le rachat de Fast

  
A l'heure où nombre de responsables et pilotes de la politique industrielle nationale (voire au niveau européen) s'interroge sur les indicateurs de performance en matière d'innovation à mettre en place, voici un article qui ne manque pas d'intérêt.

L'analyse est produite par le Centre d'Analyse Stratégique directement rattaché au Premier Ministre.

Pour résumer, l'analyse tend à focaliser l'attention de ceux qui militent pour une refonte du système européen des brevets davantage sur les enjeux qualitatifs que sur le nombre de brevets déposés.

Il est régulièrement avancé l'équation suivante : le nombre de dépôts de brevets est inversement proportionnel aux coûts. Ce qui revient à dire : augmentons le nombre de brevets de l'espace communautaire en diminuant les coûts de dépôt pour les entreprises. Les capacités d'innovation se mesureraient alors sur le principe des pesées. Suivant ce principe, il apparaît que l'Europe accuse un retard certain par rapport à ses principaux compétiteurs dans un contetxte inflationiste de dépôts de demandes de brevets.

A titre d'illustration, l'OMPI recense sur 2005 les données suivantes :
 
  • les offices japonais et américain sont ceux qui reçoivent le plus grand nombre de demandes de brevets, viennent ensuite la Chine, la République de Corée, puis l'Office Européen des Brevets
  • à eux seul, ces 5 offices concentrent les 3/4 des demandes de brevets déposées dans le monde
  • en termes d'évolution par rapport à 2004, la Chine a augmenté de 33 % le nombre de dépôts, quand les USA enregistrent une progression de 10 % et l'Europe de 4 %
  
Pour revenir à l'analyse produite, il est fait état de l'existence et de la croissance d'une "bulle brevets" qui ne révèlerait que très partiellement les capacités réelles d'innovations exploitables par le marché.

A ce titre, la stratégie adoptée par des déposants peut viser des objectifs différents et pas toujours orienter vers l'exploitation d'une innovation conférant un avantage concurrentiel au détenteur du brevet. Il peut s'agir de :
 
  • portefeuille constitué pour la cession de licences
  • dissuasion à l'égard de compétiteurs
  • neutralisation des concurrents
  • gestion prévisionnelle de litiges éventuels
     
L'analyse pointe aussi  une forte différenciation dans les critères de délivrance entre les offices.  L'USPTO enregistre des taux de délivrance de l'ordre de 80 à 90 % alors que dans le même temps son équivalent européen (EPO est à 50 - 60 %.

La charge de travaille qui pèse sur les analystes des offices qui examinent les demandes peut être un élément qui accentue cette forte distortion dans les taux de délivrance. On peut dès lors s'interroger sur l'initiative de l'USPTO d'ouvrir l'analyse des demandes de dépôt de brevets aux internautes avisés (voir à ce sujet le billet les offices brevets se conjuguent aussi au web 2.0)

Or l'allongement des délais d'obtention (conséquence de l'inflation des demandes de dépôts) n'est plus compatible avec le raccourcissement du cycle de vie des produits. C'est le système entier de délivrance des brevets et son organisation qu'il faut repenser à l'échelle européenne.


_______________________________

Ressources :

Analyse : Portée et limites du brevet comme indicateur d'innovation. La qualité des brevets en question

Rapport de l'OMPI sur les brevets : Statistiques sur l'activité-brevets dans le monde (édition 2007)

La recherche de brevets, ... C'est aussi Google

Rédigé par ludovic bour le 29/11/2007 à 22:51 | Commentaires (0) | Permalien

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Diverses études pointent le fait qu'une proportion importante de la veille effectuée par les entreprises et les PME en particulier se fasse sur la presse quelle soit généraliste, professionnelle et spécialisée.
On peut dès lors s'interroger sur les évolutions de la presse et leurs impacts sur les logiques de veille dans un environnement professionnel.

Les mouvements capitalistiques de ces derniers mois révèlent un changement profond dans l'évolution de la filière presse et en particulier des modèles économiques qui y ont cours. Pour mémoire, on retiendra :
  1. les négociations en cours pour le rachat du groupe Les Echos par LVMH, et la contre offre du groupe Fimalac pour constituter le principal pôle d'information financière en Europe
     
  2. la prise de contrôle du groupe DowJones (qui édite entre autre le Wall Street Journal) par le groupe Newscorp de Ruppert Murdoch
Pour revenir sur ce dernier point (qui est emblématique des tendances lourdes qui se dessine sur la filière), il est intéressant de relever les dernières déclarations de R. Murdoch pour comprendre en quoi les modalités d'accès à l'information par les entreprises vont être profondément modifiées.

L'édition électronique du Wall Street Journal jusqu'alors accessible depuis une formule abonnement passerait en accès libre et gratuit. Il n'en fallait pas plus pour que le New York Times annonce l'accès libre à une partie des données du site jusque là payantes.

Jusqu'alors les éditions électroniques des principaux quotidiens reposaient - en règle générale - sur la coexistence de contenus en accès gratuit et du payant. Le juste équilibre consiste à capter suffisamment de trafic sur une information de "premier niveau" pour générer des recettes publicitaires et vendre des formules d'abonnemment sur des contenus à plus forte valeur ajoutée ou encore des services (accès aux archives, alertes, etc...)

Le fait que R. Murdoch veuille redéfinir le modèle économique d'origine du WSJ interactif en rendant son accès gratuit renvoie un message fort au marché : la course à l'audience est lancée.

On assiste dès lors à un déplacement des schémas classiques de la valorisation de l'information et de ses contenus. Les turbulences observées sur le secteur de la presse technique et professionnelle ne sont pas sans conséquence sur l'organisation de la diffusion de ces informations, notamment vers les entreprises. On peut aussi s'interroger sur la pérennité de certains titres qui n'auront pas su capter la manne des investissements publicitaires faute d'audience significative.

La disparition de certains titres est déjà programmée, de même que la diffusion de contenus à valeur ajoutée pour des professionnels très typés via l'abonnement à des lettres d'information et autres services d'alerte spécialisés ou encore accessible via des fonds proposés par des services d'agrégation, ont déjà sérieusement modifié l'accès des entreprises et des PME en particulier à ces sources de veille.

Quel paradoxe ! Alors que l'état de surabondance informationnelle est régulièrement avancé, on assiste à un tarissement des sources de veille pour les entreprises. La question que l'on peut aussi légitimement se poser n'est-elle pas : va t-on vers une dépréciation des contenus de la presse ? Ou tout du moins une tendance forte vers plus de factuel (sur la base des dépêches des agences de presse) pour moins d'analyse ?

Pour compléter l'info : la presse papier est-elle sous pression

Rédigé par ludovic bour le 25/09/2007 à 20:17 | Commentaires (0) | Permalien

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Revue de presse sur projets présidentiels autour de l'intelligence économique
  
A j-4, voici une revue de presse et un récapitulatif (non exhaustif) de liens vers des sources qui permettent d'appréhender les projets des principaux candidats en matière d'intelligence économique.

Difficile d'émettre une idée précise sur les souhaits et objectifs exprimés par les dits candidats ; à défaut de véritable politique de développement et de promotion de l'intelligence économique en entreprise, on se raccrochera au vocable "vision" de l'IE.

1) Première démarche qu'il faut saluer parce qu'à l'initiative - non pas d'un média - mais des étudiants de l'ICOMTEC qui ont interrogé 4 candidats à l'élection présidentielle : La lettre VigIE

2) Une lecture des réponses fournies par les candidats dans la lettre précédemment citée

3) Le dossier que consacre VeilleMag sous le titre "trompeur" : l'intelligence économique est-elle de droite ou de gauche ? 2 experts l'un du PS, l'autre de l'UMP sur l'IE et la politique industrielle y sont interrogés. Ey puisqu'il est question de stratégie industrielle et d'innovation , on complétera ce dossier avec le rapport d'information déposé en février dernier par 2 députés français sur la politique industrielle européenne.

4) Autre dossier "Ce que proposent les candidats" du magazine Regards sur l'IE (pour le plaisir : l'interview d'un candidat qui a jeté l'éponge le 16 mars dernier faute de parrainages suffisants.

Alors l'IE est-elle aussi révélatrice des clivages traditionnels : peut-être. Entre vision sécuritaire du patrimoine informationnel et logique de partage des informations, territorialité,  investissement sur le capital humain, promotion de l'innovation, stratégie et politique industrielle, enjeux géostratégiques et influence de la France dans le monde, à vous de juger ! Il vous reste 4 jours ...

PS. en complément des programmes des principaux candidats sur l'IE, voici un résumé de l'enquête adressée aux candidats par l'APRIL (Association pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre) sur le thème des logiciels libres, de la brevetabilité des logiciels, etc...  parce que logiciels libres et innovation font aujourd'hui bon ménage

Rédigé par ludovic bour le 18/04/2007 à 23:47 | Commentaires (0) | Permalien | Trackbacks (0)

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Voilà un thème durablement inscrit au hit parade des concepts macroéconomiques actuels pour définir en quoi nos sociétés "développées" sont entrées dans une ère post-industrielle : l'économie du savoir ou encore économie des connaissances, voire économie de l'immatériel.

Un raccourci permet de dire que le principal vecteur de la croissance est de nature immatérielle (l'information qui se transforme en savoir qui lui-même est transformé en savoir-faire qui à son tour procurera à son détenteur un avantage concurrentiel, etc...) soit un processus cognitif qui produit à un moment donné de ...
... l'Intelligence.

Et puisqu'il est question d'intelligence dans le cycle de l'information, il est - aujourd'hui - opportun de s'interroger sur les logiques collaboratives qui se déploient dans l'environnement professionnel avec pour finalité de la produire.

Une analyse dynamique du cycle de l'information (depuis l'expression du besoin, la recherche, l'extraction, l'analyse et la diffusion) nous renvoie à des notions d'abondance de la matière première (la donnée) et d'accélération de ce cycle. On peut penser que les nouvelles pratiques (tendances collaboratives, web 2.0) en matière d'usage des TIC qui se diffusent dans l'entreprise contribuent à "aggraver" ces effets tout en cherchant à les corriger.

Il faut cependant reconnaitre que la tentation est grande pour faire que ces outils deviennent dans l'entreprise d'un usage plus fréquent (il n'y a qu'à voir le nombre d'articles produits et de séminaires vendus sur le thème de l'entreprise 2.0). Mieux vaut accompagner cette tendance que ne pas y voir les avantages qu'ils procurent. On entre alors dans le champ de l'organisation et puisque c'est tendance, on dira de l'"organisation intelligente"(1). L'innovation n'est plus strictement technologique, mais elle prend une nouvelle dimension : organisationnelle.

Force est de constater qu'on assiste à une inversion du modèle d'innovation dans les outils et méthodes pour produire du savoir dans les organisations. Le déploiement des applications réputées collaboratives se fait depuis des usages "domestiques" vers les entreprises. C'est l'émergence d'un modèle de développement dans lequel des applications grand public innervent le monde professionnel.

Cette inversion des schémas classiques est rendue d'autant plus manifeste que les technologies haut débit ont participé à l'adoption de l'internet par les particuliers peut être plus rapidement que dans les organisations. De même que l'absence de contraintes fortes (autres que techniques) chez les individus (à l'opposé de ce qui se passe dans les organisations où une DSI aura tendance à protéger les systèmes d'information) participe à ce niveau d'adoption supérieur des individus par rapport à la pratique en entreprise.

Pour résumer, l'innovation se diffuse - en partie - aujourd'hui de l'individu vers l'organisation sans que celle-ci puisse en mesurer l'impact organisationnel mais non moins réel. L'économie du savoir suppose a priori un reformatage de l'"organisation apprenante" dans laquelle les utilisateurs de l'information sont aussi les contributeurs. Les outils dits "collaboratifs" agissent comme stimuli sur la créativité des individus. Ce serait cependant une erreur de limiter la réflexion à la seule dimension technologique (l'adoption de ces outils) et ne pas y voir les enjeux qui pèsent sur les entreprises en terme d'organisation.

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(1) attention à ne pas tomber cependant dans le travers qui consisterait à croire que l'outil structure l'organisation

Rédigé par ludovic bour le 15/04/2007 à 23:51 | Commentaires (0) | Permalien | Trackbacks (0)

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Je me souviens d'une lointaine discussion avec un pro de la communication politique lui demandant de définir le discours politique. Sa réponse avait alors fusé comme un slogan de campagne : "je ne suis pas certain de pouvoir vous dire ce que c'est ; par contre, je peux vous dire avec une quasi certitude ce que ce n'est pas !..."

C'est à peu près ce que vient de réaliser L. M. Fuld, Président de Fuld & company Inc. (société US spécialisée dans la business and competitive intelligence) pour tenter une explication de l'Intelligence Economique (IE)

Ce que c'est (les principaux items cités) :

     - l'information analysée pour la prise de décision
     - un outil d'alerte
     - un moyen fiable pour l'évaluation
     - un moyen pour améliorer les résultats
     - un art de vivre
     - une organisation dédiée
     - un regard sur l'extérieur

Ce que ce n'est pas :

     - de l'espionnage
     - une boule de cristal
     - de la recherche dans une base de données
     - l'Internet ou la détection de rumeurs
     - le papier
     - l'affaire d'une seule personne
     - une invention du 20ème siècle
     - du logiciel
     - un tableur

Tout ceci tombe sous le sens et puisqu'il est question de bon sens, on pourra résumer l'exercice en affirmant que l'IE ne se limite pas à des outils, mais est une affaire d'organisation (intelligente). Soit comment organiser l'entreprise pour que la facteur humain puisse produire du sens à partir de données hétérogènes.

What Competitive Intelligence Is and Is Not !


On pourra compléter l'info en se rendant sur le site du quotidien Les Echos qui nous restitue le clavardage du 20/02 d'A. Juillet sur Les nouveaux enjeux de l'intelligence économique

Rédigé par ludovic bour le 22/02/2007 à 22:41 | Commentaires (0) | Permalien | Trackbacks (0)

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Voici ma première contribution au blog de l'intelligence économique du quotidien Les Echos.

Le sujet : l'information, une matière première sur-abondante dont le processus de raffinement reste à produire

A suivre ...

le billet

pour compléter le sujet, le billet "Internet : information overload ! "


 

Vers la fin du quotidien papier ?

Ce n'est pas moi qui le dit, mais une question que pose le quotidien Le Monde à R. Cauthorn, pionnier de l'information en ligne aux Etats-Unis.

Page de pub : Whaou !... C'a ressemble à la nouvelle version windows, mais ce n'est pas Vista.

C'est un peu comme lorsqu'un gamin apprend que le père Noël n'existe pas : Whaou ! Pour une nouvelle c'est une nouvelle ! Jugez plutôt :

"La révolution numérique est déjà en cours". Le journaliste estime que les lecteurs de demain sont les digital natives (ceux qui sont nés avec l'internet) d'aujourd'hui et que sous l'effet des avancées technologiques prochaines, les comportements de lecture vont radicalement changer. Mais encore ?

Il y va d'un changement culturel qui s'apparente plus à un séisme dans les pratiques de consommation de l'information qu'à une relecture nostalgique de l'histoire du média presse.

"Dans le passé, engranger, collecter, archiver un nombre important d'informations était un acte valorisé. Aujourd'hui, un jeune se considère "informé" s'il est capable d'aller chercher l'information." Le stockage des données numériques permet à tout moment d'effacer (pour certaines catégories de données) la variable temps entre la production de l'information et sa consommation.

Le lecteur de demain devient un filtre capable de trouver l'information souhaitée (en fonction de son besoin) dans des fûts de données informationnelles. Ce qui d'après notre expert n'exclut pas la possibilité de consommer de l'information en continu comme c'est le cas aujourd'hui.

Sauf que cette information ne sera plus matérialisée par un tabloïd, canard et autre gazette, mais disponible dans un format numérique.

- Whaou ! C'est pas un peu exagéré ?

- Surement pas :
  1. c'est politiquement correct (moins de déstruction d'arbres, moins de gazoil brûlé pour assurer l'acheminement des journaux aux points de vente, moins de déchets)
     
  2. c'est sur le plan économique moins générateur de coûts (fabrication,logistique  transport, stockage) pour les producteurs, diffuseurs. Reste à trouver le bon modèle économique !
     
  3. c'est peut-être (pour répondre au point précédent) avancer l'idée que les annonceurs y trouvent aussi un intérêt économique en focalisant leurs achats d'espaces publicitaires vers la cible recherchée via la publicité contextuelle
    
Et puis au final : tout le monde sait que le Père Noël n'exsite pas !!!

Vers la fin du quotidien papier ?


Rédigé par ludovic bour le 13/02/2007 à 22:35 | Commentaires (0) | Permalien | Trackbacks (0)

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Dans un billet daté du 8 décembre, il était question de tendances profondes qui se dessinent sur le marché de l'information professionnelle.

Pour conforter la thèse avancée d'une évolution du métier de producteur de contenus vers celui de fournisseur de services et d'applications intégrées, voici une information qui atteste que le mariage des contenus et de la technologie est devenu réalité.

LexisNexis annonce le rachat de Datops leader de l'intelligence corporate et de l'information décisionnelle.

Rappel : Datops développe et fournit des solutions complètes d'extraction, de traitement et d'analyse de l'information pour la veille sur internet. Son crédo : l'information clé au bon moment à la bonne personne.

A priori, la solution envisagée devrait s'appliquer non pas sur l'ensemble du fonds LexisNexis, mais sur l'information presse.

L'objectif affiché par LexisNexis est très tendance et part du constat que les décionnaires sont soumis à un surplus d'information qui nuit à la prise de décision. Le rapprochement dans le cadre de LexisNexis Intelligence Solutions doit fournir aux clients une solution complète qui permettra de raccourcir et optimiser le processus de prise de décision dans les entreprises.

On attend la réaction des autres acteurs du marché de l'information professionnelle.

Le communiqué de presse de LexisNexis

Pour compléter l'info : archimag

tendances sur le marché de l'information professionnelle
 


 







 
 

En complément du billet Online Information 2006, voici quelques éléments de réflexions qui portent sur les évolutions du marché de l'information professionnelle.

Le marché est depuis plusieurs années engagé dans un processus de concentration au profit des principaux acteurs, tout du moins dans l'édition de contenus. Il demeure quelques acteurs indépendants. Le marché reste concentré sur des groupes qui disposent d'une puissance financière conséquente (Thomson, LexisNexis – Reed Elsevier, Wolters Kluwer, etc…)[1]

Pour les éditeurs de solution de management de l'information (segment IMS), le marché est atomisé sur un nombre important d'acteurs de taille diverse (des petits acteurs en terme de surface financière interviennent sur des niches ; à l'inverse des groupes proposent des briques logiciels IMS intégrées à des solutions bureautiques et systèmes de gestion globaux tel Microsoft, Oracle).

Cependant, un des faits marquants qui tend à structurer durablement ce marché de l'information professionnelle électronique est l'émergence de nouvelles pratiques de production et de diffusion (apparentées web 2.0 ) sous l'impulsion d'un acteur qui devient référent en la matière («market maker») : Google.

Google tend à structurer ce marché de par ses initiatives tant dans le domaine de la production de contenus numériques (programmes Google Print et Google Scholar) que dans le domaine du référencement (avec Google Desktop et Google Blogsearch notamment). Bien que Google n'ait pas été présent physiquement sur l'édition 2006 du salon Online Information, tous les acteurs ont en ligne de mire Google. Les stratégies défensives de ces acteurs consistent pour l'essentiel à amener Google devant les tribunaux compétents en matière de violation des droits d'auteurs et à développer par ailleurs des fonctionnalités de production et de diffusion des informations intégrant les nouvelles tendances dites «collaboratives». Ce vers quoi tend Google dans le cadre de ses objectifs de croissance externe par rachat de startup labellisées« web 2.0 » ou web collaboratif.

Dans ce registre, la production de contenus dans le domaine juridique s'oriente chez Lexis Nexis vers une logique recombinatoire des savoirs où l'information brute (la jurisprudence est analysée, commentée par les experts) pour être ensuite diffusée selon des modes opératoires réputés « dynamiques ». Cette constatation est valable pour tous les segments de l'information professionnelle.




On assiste de la sorte à une inversion du modèle d'innovation dans ce secteur : l'initiative des évolutions technologiques étaient le fait de groupes industriels, de groupes de presse et d'agences de renseignements entre autre ; or aujourd'hui, on assiste à l'émergence d'un modèle de développement dans lequel des applications grand public innervent le secteur de l'information professionnelle. C'est une logique de production collaborative qui se diffuse chez les éditeurs et diffuseurs de contenus à partir d'outils grand public tels les weblogs, les wikis, soit un ensemble d'espaces collaboratifs qui favorisent l'échange et la production de connaissance. Pour illustrer ce propos : l'agence de presse Reuters historiquement très engagée dans l'information professionnelle vient d'investir dans une startup US (Pluck ) qui propose un agrégateur de weblogs.


 

On peut dire, par ailleurs, que la numérisation accélérée des contenus chez les principaux éditeurs est une stratégie défensive à l'égard de Google pour ne pas laisser à ce dernier un semblant de légitimité pour constituer une "base de données universelle des savoirs".

En corollaire à cette logique de numérisation des données et de production d'intelligence collective, une des questions qui aujourd'hui focalise l'ensemble des acteurs du secteur est celle de la refondation nécessaire du cadre de la propriété intellectuelle.
 

Une autre tendance qui se dessine dans le domaine de l'information numérique est celle qui consiste à assembler des services et applications web entre eux pour accroître l'efficacité de l'utilisateur. Dans ce registre, on voit émerger des services intégrés dans lesquels des contenus d'information stockés dans des sillots[2] d'information sont corrélés à des outils de cartographie qui permettent de hiérarchiser l'information, de la corréler à d'autres données (ou méta données avec l'idée de connecteurs). C'est le champ couvert par les solutions dites de «mapping».
 

Une autre idée forte qui résulte des précédentes est l'évolution du métier des éditeurs et des agrégateurs de contenus. Jusqu'à récemment, ces éditeurs avaient pour fonction essentielle, voire exclusive, de produire ce contenu et de l'organiser dans des entrepôts de stockage (datawarehouse). Aujourd'hui, ces mêmes éditeurs sont engagés dans un processus de développement global qui intègre en amont l'activité de production, d'édition de l'information, mais – fait nouveau – organisent  en aval la diffusion et la gestion du flux dans l'organisation. Certains vont jusqu'à couvrir le champ de l'extraction avant diffusion (textmining). C'est pour reprendre un raccourci, admettre qu'aujourd'hui l'information n'a plus de valeur en tant que donnée, mais acquiert une valeur de par l'analyse qui en est faite, son partage et sa diffusion (« la bonne information, au bon moment à la bonne personne »). Dans ce contexte, le responsable branche professionnelle de Lexis Nexis m'a confirmé que le groupe entrait dans une phase de changement de son modèle économique et passait de la sorte d'une activité de fournisseur de données à celui de fournisseur de services et d'applications intégrées en tant qu'Application Service Provider.

Il est établi que l'enjeu majeur sur le secteur de l'information professionnelle n'est plus la donnée (qui devient abondante et gratuite avec la démocratisation de la diffusion en temps réel via notamment le développement de la syndication), mais le poste client et le réseau. Etre présent sur l'infrastructure et offrir à l'utilisateur des services à valeur ajoutée (cartographie, traitement automatique des contenus, etc…) est devenu la meilleure assurance pour ne pas perdre un client qui a de plus en plus tendance à se fournir en données brutes auprès d'une multitude de sources.  

Pour resituer ces tendances de fonds qui restructurent le marché de l'information professionnelle (aujourd'hui majoritairement numérisée) dans une problématique d'intelligence économique, on peut identifier un certain nombre de voies de réflexion qui émergeront dans un proche avenir :

  1. la question de l'identification des sources d'information (sourcing) va devenir cruciale, avec en corollaire le problème d'authentification et de validation de ces informations qui de plus en plus ne seront plus formatées dans le cadre de bases de données formelles

  2. la distinction entre le contenu informatif et la donnée formatée dans une logique d'influence (cas intéressant d'un producteur de données qui alimente une base de données sur les fusions acquisitions à partir de rumeurs)

  3. le problème de la protection des requêtes et stratégies de recherche dans un environnement numérique de plus en plus ouvert sur la recherche en ligne (cas de la confidentialité des logs et termes de requêtes lors d'une recherche depuis un moteur)

Pour compléter la réflexion : la rubrique Google



[1] Pour donner un ordre de grandeur, Thomson Corporation a généré 8,4 milliards de dollars US de revenus en 2005 dont 68 % ont été réalisés sur les produits électroniques, les logiciels et services associés. Le groupe compte 40 500 employés répartis sur 45 pays
 




[2] avec l'idée que la verticalité de l'organisation de ces contenus prime pour satisfaire un besoin utilisateur qui ne vise plus tant l'exhaustivité sur un thème donné, mais la réponse à un besoin spécifique métier)




















 



Rédigé par La machine à café le 08/12/2006 à 22:57 | Commentaires (0) | Permalien | Trackbacks (0)

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