l'information circule dans l'entreprise, je l'ai souvent croisée devant la ... machine à café

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26/08/2007


Il y avait la communauté des wikipedians (pour les utilisateurs et contributeurs) de la célèbre
encyclopédie libre . Il y a désormais celle des intellipedians (comprendre les utilisateurs et contributeurs de la communauté du renseignement US, nouvelle version)

Retour sur l'information :


Le Financial Times daté du 21/08 nous révèle que le DNI (Director of National Intelligence) annonce le lancement d'une plateforme collaborative d'échange pour la communauté du renseignement US en décembre prochain sous le vocable « A-Space ».

Là où l'inspiration trouve sa source dans la logique des « réseaux sociaux » (Myspace et Facebook notamment), il est intéressant de revenir sur une initiative (plus ancienne) qui devrait logiquement s'articuler avec celle-ci.

Je veux parler d'Intellipedia - dont l'origine remonte au DNI qui souhaite insuffler dans cette communauté une « révolution culturelle » dans les comportements afin de diffuser les pratiques collaboratives et systématiser le partage d'information entre agences, et plus encore entre agents. Le principe : une plateforme de partage des données collectées et produites par la communauté basée sur un wiki.

Mais qu'on ne s'y trompe pas : même si ç'a a l'apparence de wikipedia, sa forme, son esprit, ce n'est pas wikipedia !

Et pour mieux s'en convaincre, il est intéressant de suivre la démonstration faite en mai dernier par un agent de la NGIA (National Geospatial-Intelligence Agency) en charge de la gestion des connaissances pour la communauté des Intellipedians. Pour les plus courageux la démonstration en ligne dure plus de 30 minutes et elle est agrémentée de diapositives dont une qui nous révèle l'écran d'accueil de la National Open Source Enterprise (tout petit détail pour ceux qui ont une bonne vue : l'adresse de connexion est détectable à l'écran, mais l'enthousiasme est de courte durée, puisqu'il s'agit – il ne faut pas rêver - d'un accès protégé réservé aux agents de la communauté du renseignement US).

Au-delà de la technologie, on comprend mieux pourquoi l'outil est – du point de vue de ses initiateurs (qui n'est pas forcément celui des utilisateurs potentiels) – destiné à insuffler une nouvelle philosophie dans le monde du renseignement à partir des pratiques collaboratives. On peut penser quà terme, les modes de fonctionnement de ces agences vont être redéfinis en même temps que les modes de production du renseignement. A moins que les réticences des utilisateurs ne viennnent contrarier sa mise en oeuvre (culture du secret oblige) ou que la somme des intérêts individuels de chaque agence soit supérieure à l'intérêt collectif de l'ensemble.

Mais en conclusion, comme le précise l'orateur, peu importe à quelle agence vous appartenez, ce qui compte c'est qui vous êtes et ce que vous apporter à l'ensemble. Pour reprendre le discours d'investiture d'un Président américain : … Ask what you can do for your country !

La présentation sur le site de Federal Computer Week

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Ressources :

L'espionnage version 2.0

Pour compléter l'information 2 articles parus dans Government Computer News :

Spy agencies adapt social software, federated search tools

Meyerrose to helm new information sharing panel


Kennedy_investiture.mp3 Kennedy_investiture.mp3  (328.37 Ko)


Rédigé par ludovic bour le 26/08/2007 à 23:22 | Commentaires (0) | Permalien

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Le renseignement US sous le signe de la collaboration et de la mutualisation
 
Les Etats-Unis ne sont pas en période post électorale. Ce qui n'empêche pas certaines administrations de se lancer dans l'élaboration de programmes ambitieux. C'est la cas dans le domaine du renseignement.

Résumé des faits :
En date du 11 avril dernier (4/11 : ne pas confondre avec 9/11 qui peut être considéré comme la date charnière dans l'organisation du renseignement US), la DNI (Direction of National Intelligence) annonce le lancement du "plan 100 jours pour l'intégration et la collaboration". Comprendre le point de démarrage d'une vaste réforme qui vise à organiser la communauté du renseignement US répartie sur 16 agences différentes dans un processus d'intégration et de partage.

Le plan fixe 6 axes à privilégier :
 
  • créer une culture de la collaboration (recrutements en vue)
     
  • encourager la collecte d'information et la production d'analyse
     
  • développer les technnologies qui favoriseront la collaboration, le partage, ainsi que la rapidité dans la transmission des données stratégiques entre acteurs
     
  • développer un processus d'évaluation continu
     
  • produire du contenu pertinent et exploitable "just in time"
     
  • clarifier les responsabilités et rôles dans les prises de décisions entre agences
     
Voilà de quoi conforter l'idée que l'avenir est au travail collaboratif et que l'intelligence organisationnelle n'est pas que le fait des entreprises. Il sera intéressant de suivre l'état d'avancement de ce programme, notamment au niveau des outils puisqu'il y est question de "smart technologies" (technologies intelligentes). De là à faire le lien avec les applications émergentes réputées web 2.0 ...
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Ressources :

Le plan

Le renseignement militaire US version 2.0

L'espionnage version 2.0


Rédigé par ludovic bour le 07/05/2007 à 21:29 | Commentaires (0) | Permalien | Trackbacks (0)

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Le renseignement militaire US version 2.0
 
Fin 2006, un article paru dans le New York Times relatait les évolutions récentes observées dans les réseaux de renseignement américains. Où il était question de sources ouvertes et de nouveaux outils de partage et de diffusion de l'information, mais aussi de "révolution culturelle".

Voici un article récent de Computerworld (the "Voice of IT Management" du groupe IDG qui revient sur l'idée développée précédemment que les fonctionnaliés proposées par certains outils réputés web 2.0 innervent le secteur du renseignement US et militaire en particulier. Il y est question de Weblogs et wikis déployés au sein des agences de renseignement avec pour objectif de permettre aux analystes de partager les renseignements collectés quelle qu'en soit la source.

On y apprend, par ailleurs, que l'analyse des données se fait aussi via des "mashups" (ou applications composites), soit un assemblage de contenus provenant de diverses sources
qui au final produit de nouvelles applications à des fins d'information.

Pour illustrer cette nouvelle tendance au développement de nouveaux services d'information, on citera le cas des sites de géolocalisation et/ou de cartographie spatiale avec pour exemple l'emblématique Google Maps API. Appliqué au monde du renseignement, cela donne - à titre d'exemple - le croisement de photo satellites avec des réseaux d'influence et plus si ...

On comprend mieux pourquoi l'article de Computerworld se réfère à la notion de "top-secret mashups"

A suivre

Source : Brainsfeed

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Ressources :

L'espionnage version 2.0

Google Earth may blur sensitive sites; (Vnunet)

Google Maps Mania (l'information sur les outils et applications dérivés de Google Earth). Si vous êtes en mal d'imagination, il y a une liste de 50 choses à faire avec les applications dérivées de Google Maps ! Mais c'a n'est plus du renseignement


Rédigé par ludovic bour le 11/04/2007 à 23:46 | Commentaires (0) | Permalien | Trackbacks (0)

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L'espionnage version 2.0
 














C'était en 1958, Graham Greene écrivait "Notre agent à la Havane " (Our man in Havana). Nouvelle désopilante sur le monde des agents secrets du temps de la guerre froide, soit dit une éternité. Où il était question d'un marchand d'aspirateurs qui s'improvise agent britannique et qui sur la base d'une fiche technique d'aspirateur fait croire à sa hiérarchie que l'ennemi est engagé dans des mouvements de troupes et s'affaire, par ailleurs, à déployer des installations militaires pour un usage qu'on devine hostile.

C'était le 3 décembre dernier, le New York Times publiait un article intitulé "Open-source Spying ". Où il est fait état d'un avant et d'un après. Comprendre dans le monde du renseignement américain : avant et après le 9 septembre 2001. Pour simplifier la démonstration, on retiendra le raccourci inscrit dans le mémoire collective US : 9/11.

Avant : un monde du renseignement éclaté en une multitude d'agences(*) organisées selon une  logique de production pas très éloignée de notre homme de la Havane, soit l'émission de rapports validés selon un schéma classique d'organisation pyramidale. Le problème de ce mode de production est double :
  1. l'information (data) risque de se perdre à chaque niveau de l'organisation. On imagine que dans la chaîne de validation, un intermédiaire ne juge pas la donnée suffisament pertinente ou porteuse de sens pour la transmettre à l'échelon supérieur
     
  2. chaque agence est autonome dans son mode de production et que les systèmes ne communiquent pas entre eux, d'où une incapacité à croiser les données et apporter du sens à des informations jugées sans intérêts ou inexploitables
L'article relève que les organisations américaines liées au renseignement n'échangent pas entre elles. Elles sont certainement les meilleures au monde. Mais le sont-elles collectivement ? La réponse a été donnée le 9/11.

Conséquence, l'an passé J. Negroponte - Director of National Intelligence (DNI) recrute un expert en systèmes d'information en la personne de D. Meyerrose (ex général d'aviation). Sa mission : développer les échanges de données entre les diverses agences. Son problème, chaque organisation avait son système propriétaire, systèmes incompatibles entre eux avec des formats de données illisibles entre les systèmes.

Bien qu'un semblant d'échanges se mette en place au début des années 90 à travers la publication de pages web par les divers agents, l'habitude d'alimenter la base n'est pas prise par les "contributeurs potentiels" ; question de culture. Le lien a pour nom Intelink un intranet sécurisé reliant les agences entre elles. Outre le problème d'alimentation de la base, l'indexation du contenu y est rudimentaire tout comme le moteur de recherche qui permet de fouiller dans la base.

Mais comme précisé plus haut il y a un avant et un après 9/11. Il y a aussi, le développement des pratiques sur Internet. On voit alors émerger de nouvelles pratiques de production et de diffusion de contenus et de partage, bref l'internet collaboratif.

Le DNI en arrive à la conclusion qu'il faut ouvrir le champ d'investigation aux sources ouvertes (weblogs et wikis) dans la mission de surveillance des différentes agences. Ces outils doivent aussi aider les agences à échanger. Aux schémas rigides du monde du renseignement de la guerre froide fondés sur l'empilement de structures hiérarchiques de validation vient se substituer un nouveau modèle de gouvernance dans lequel le système s'organise autour d'espaces de publication personnels. Dès lors que la base de données atteint - en terme de contenu ou data - une masse critique suffisante, le système s'auto-régule. Le développement de liens hypertexte entre les divers rapports ainsi émis permet, en outre, de développer un moteur de recherche plus performant suivant la logique de popularité.

Le travail des analystes s'en trouve simplifié et surtout plus efficace. Le système permet de croiser les données entre elles pour produire du sens.

Fin 2005, un prototype d'espace collaboratif organisé sur la logique du wiki entre agence est développé : Intellipedia

Alors que l'outil se déploie, une occasion d'en vérifier son utilité se présente lorsque le 11 octobre dernier un petit aéronef vient percuter une tour de Manhattan. Un contributeur publie une page sur l'évènement dans les 20 minutes qui suivent le crash ; cette page est consultée à 80 reprises par des contributeurs de 9 autres agences. L'analyse collaborative conclue rapidement à l'accident ou tout du moins qu'il ne s'agit pas d'un acte terroriste.

Le DNI est persuadé que l'avenir du renseignement passe par le développement de systèmes simples et rapides à mettre en oeuvre. Les agences doivent comprendre l'intérêt d'opter pour les "social software" (les weblogs et wikis), mais que la partie est loin d'être gagnée : que le changement culturel qui doit accompagner cette mutation est énorme. Allez dire à un agent formaté aux pratiques du secret qu'aujourd'hui il faut publier et donc d'exister socialement quand la condition d'exercice est de ne pas apparaître.

Résumé, cela revient à dire que pour les experts du renseignement, le bénéfice qu'ils retirent du partage de signaux non structurés et récupérés en masse peut être supérieur à l'exploitation d'un petit nombre de signaux forts par un petit nombre d'analystes. L'avantage comparatif d'une organisation liée au renseignement se situe alors dans sa capacité à collecter, assembler et traiter, analyser - rapidement - un ensemble hétérogène de données  par ailleurs disponibles en quantité. Soit un modèle vertueux dans lequel la détection systématique de tous les signaux et leur croisement doit mener à la production par l'ensemble du système (fait de contributeurs) d'une interprétation et d'analyses.

On notera au final que le parallèle avec ce qui se passe dans le domaine de l'information professionnelle (voir le billet les tendances sur le marché de l'information) est révélateur d'un changement profond du modèle d'innovation où les pratiques et applications grand public innervent celles du renseignement.

Source de l'information : Blogs et IE

Pour ceux qui veulent se replonger dans l'ancien monde - celui du renseignement tout du moins - je vous suggère la lecture du roman "La malédiction d'Edgar " : une cinquantaine d'années retracées à la tête du FBI     


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(*) l'article en mentionne 16 dont les plus connues : CIA, FBI, National Security Agency, National-Geospatial Intelligence Agency


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