Pas un jour sans que je ne lise dans la presse une contribution sur le web 2.0, un billet qui ne traite du même sujet, une initiative labellisée 2.0, un colloque qui ne prenne un vernis 2.0, un produit décliné en version 2.0. etc...
Il y en a même qui vont jusqu'à poser la question : êtes vous 2.0 ou
"web 2.0 compliant" ?
Cogito, ergo sum
L'être, c'est tendance, ne pas l'être c'est s'exposer à la vindicte presque publique
Sans revenir sur le débat lancé dans un précédent billet (
Revue de presse autour du Web 2.0 ), on en arrive à se demander si l'emploi quasi systématique du terme ne sert pas une logique déjà éprouvée dans un passé récent : la constitution d'une bulle qui enfle à mesure qu'on la perfuse de concepts et de fonctionnalités dédiés au partage et à la collaboration.
Sortir du sens commun, c'est admettre à l'évidence que les technologies réputées 2.0 sont pour beaucoup connues et maîtrisées depuis quelque temps (ou dans un temps qui si on suit cette logique devait s'appeler le 1.0). C'est aussi reconnaître qu'il n'y a pas eu de rupture ou saut technologique. C'est surtout accepter l'idée que le web est engagé dans un processus continu d'évolution et n'est pas figé dans des versions successives. Parce qu'après tout, le web 2.0 appelle un web 2.1 qui appelle un web 2.1.2 et pourquoi pas 2.2.
Il y en a qui brûlent les étapes et se réfèrent au Web ....
... 3.0. Illustration : cet
article en date du 12 novembre dernier paru dans le
New York Times qui fixe quelques idées qui privilégient le bon sens.
Où il est dit que le web 2.0 consiste à connecter des applications et des services entre eux, le 3.0 y ajoute le sens en tant que "web sémantique". Là où le 2.0 actuel permet à des technologies de générer de nouvelles données (notamment en provenance des utilisateurs) et de les stocker dans des bases de données, le 3.0 tend à rendre ces outils intelligents à partir de processus cognitifs dans le cadre de systèmes complexes d'intelligence artificielle.
La prochaine étape doit permettre à ces outils de répondre à des requêtes en langage naturelle aussi complexes que : "Quelle ville américaine serait la plus vulnérable en cas d'attaque à l'anthrax en période estivale ?"
Inutile de préciser que les plus fervents soutiens (notamment financiers) pour le développement et la maîtrise de ce type de technologies sont les agences de renseignement américaines (CIA et NSA National Security Agency en tête).
Pour résumer, le web est actuellement engagé dans un processus d'assemblage de composants techniques et de services. Une nouvelle phase émerge dans laquelle ces technologies interconnectées vont développer du sens dans des systèmes intelligents capable de comprendre, interpréter et construire des réponses cohérentes.
Reste la question de savoir quelles sont les limites de l'intelligence artificielle et où l'intervention humaine ne peut être écartée ?
Pour revenir à des fondamentaux :
la petite histoire du web (par le W3C)
Pour compléter l'information du 2.0 et poursuivre la réflexion :
Dessine moi le web 2.0 Sans oublier la
rubrique web 2.0 de ce site qui s'intéresse aux thèmes de la veille et de l'intelligence économique