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tendances sur le marché de l'information professionnelle
 


 







 
 

En complément du billet Online Information 2006, voici quelques éléments de réflexions qui portent sur les évolutions du marché de l'information professionnelle.

Le marché est depuis plusieurs années engagé dans un processus de concentration au profit des principaux acteurs, tout du moins dans l'édition de contenus. Il demeure quelques acteurs indépendants. Le marché reste concentré sur des groupes qui disposent d'une puissance financière conséquente (Thomson, LexisNexis – Reed Elsevier, Wolters Kluwer, etc…)[1]

Pour les éditeurs de solution de management de l'information (segment IMS), le marché est atomisé sur un nombre important d'acteurs de taille diverse (des petits acteurs en terme de surface financière interviennent sur des niches ; à l'inverse des groupes proposent des briques logiciels IMS intégrées à des solutions bureautiques et systèmes de gestion globaux tel Microsoft, Oracle).

Cependant, un des faits marquants qui tend à structurer durablement ce marché de l'information professionnelle électronique est l'émergence de nouvelles pratiques de production et de diffusion (apparentées web 2.0 ) sous l'impulsion d'un acteur qui devient référent en la matière («market maker») : Google.

Google tend à structurer ce marché de par ses initiatives tant dans le domaine de la production de contenus numériques (programmes Google Print et Google Scholar) que dans le domaine du référencement (avec Google Desktop et Google Blogsearch notamment). Bien que Google n'ait pas été présent physiquement sur l'édition 2006 du salon Online Information, tous les acteurs ont en ligne de mire Google. Les stratégies défensives de ces acteurs consistent pour l'essentiel à amener Google devant les tribunaux compétents en matière de violation des droits d'auteurs et à développer par ailleurs des fonctionnalités de production et de diffusion des informations intégrant les nouvelles tendances dites «collaboratives». Ce vers quoi tend Google dans le cadre de ses objectifs de croissance externe par rachat de startup labellisées« web 2.0 » ou web collaboratif.

Dans ce registre, la production de contenus dans le domaine juridique s'oriente chez Lexis Nexis vers une logique recombinatoire des savoirs où l'information brute (la jurisprudence est analysée, commentée par les experts) pour être ensuite diffusée selon des modes opératoires réputés « dynamiques ». Cette constatation est valable pour tous les segments de l'information professionnelle.




On assiste de la sorte à une inversion du modèle d'innovation dans ce secteur : l'initiative des évolutions technologiques étaient le fait de groupes industriels, de groupes de presse et d'agences de renseignements entre autre ; or aujourd'hui, on assiste à l'émergence d'un modèle de développement dans lequel des applications grand public innervent le secteur de l'information professionnelle. C'est une logique de production collaborative qui se diffuse chez les éditeurs et diffuseurs de contenus à partir d'outils grand public tels les weblogs, les wikis, soit un ensemble d'espaces collaboratifs qui favorisent l'échange et la production de connaissance. Pour illustrer ce propos : l'agence de presse Reuters historiquement très engagée dans l'information professionnelle vient d'investir dans une startup US (Pluck ) qui propose un agrégateur de weblogs.


 

On peut dire, par ailleurs, que la numérisation accélérée des contenus chez les principaux éditeurs est une stratégie défensive à l'égard de Google pour ne pas laisser à ce dernier un semblant de légitimité pour constituer une "base de données universelle des savoirs".

En corollaire à cette logique de numérisation des données et de production d'intelligence collective, une des questions qui aujourd'hui focalise l'ensemble des acteurs du secteur est celle de la refondation nécessaire du cadre de la propriété intellectuelle.
 

Une autre tendance qui se dessine dans le domaine de l'information numérique est celle qui consiste à assembler des services et applications web entre eux pour accroître l'efficacité de l'utilisateur. Dans ce registre, on voit émerger des services intégrés dans lesquels des contenus d'information stockés dans des sillots[2] d'information sont corrélés à des outils de cartographie qui permettent de hiérarchiser l'information, de la corréler à d'autres données (ou méta données avec l'idée de connecteurs). C'est le champ couvert par les solutions dites de «mapping».
 

Une autre idée forte qui résulte des précédentes est l'évolution du métier des éditeurs et des agrégateurs de contenus. Jusqu'à récemment, ces éditeurs avaient pour fonction essentielle, voire exclusive, de produire ce contenu et de l'organiser dans des entrepôts de stockage (datawarehouse). Aujourd'hui, ces mêmes éditeurs sont engagés dans un processus de développement global qui intègre en amont l'activité de production, d'édition de l'information, mais – fait nouveau – organisent  en aval la diffusion et la gestion du flux dans l'organisation. Certains vont jusqu'à couvrir le champ de l'extraction avant diffusion (textmining). C'est pour reprendre un raccourci, admettre qu'aujourd'hui l'information n'a plus de valeur en tant que donnée, mais acquiert une valeur de par l'analyse qui en est faite, son partage et sa diffusion (« la bonne information, au bon moment à la bonne personne »). Dans ce contexte, le responsable branche professionnelle de Lexis Nexis m'a confirmé que le groupe entrait dans une phase de changement de son modèle économique et passait de la sorte d'une activité de fournisseur de données à celui de fournisseur de services et d'applications intégrées en tant qu'Application Service Provider.

Il est établi que l'enjeu majeur sur le secteur de l'information professionnelle n'est plus la donnée (qui devient abondante et gratuite avec la démocratisation de la diffusion en temps réel via notamment le développement de la syndication), mais le poste client et le réseau. Etre présent sur l'infrastructure et offrir à l'utilisateur des services à valeur ajoutée (cartographie, traitement automatique des contenus, etc…) est devenu la meilleure assurance pour ne pas perdre un client qui a de plus en plus tendance à se fournir en données brutes auprès d'une multitude de sources.  

Pour resituer ces tendances de fonds qui restructurent le marché de l'information professionnelle (aujourd'hui majoritairement numérisée) dans une problématique d'intelligence économique, on peut identifier un certain nombre de voies de réflexion qui émergeront dans un proche avenir :

  1. la question de l'identification des sources d'information (sourcing) va devenir cruciale, avec en corollaire le problème d'authentification et de validation de ces informations qui de plus en plus ne seront plus formatées dans le cadre de bases de données formelles

  2. la distinction entre le contenu informatif et la donnée formatée dans une logique d'influence (cas intéressant d'un producteur de données qui alimente une base de données sur les fusions acquisitions à partir de rumeurs)

  3. le problème de la protection des requêtes et stratégies de recherche dans un environnement numérique de plus en plus ouvert sur la recherche en ligne (cas de la confidentialité des logs et termes de requêtes lors d'une recherche depuis un moteur)

Pour compléter la réflexion : la rubrique Google



[1] Pour donner un ordre de grandeur, Thomson Corporation a généré 8,4 milliards de dollars US de revenus en 2005 dont 68 % ont été réalisés sur les produits électroniques, les logiciels et services associés. Le groupe compte 40 500 employés répartis sur 45 pays
 




[2] avec l'idée que la verticalité de l'organisation de ces contenus prime pour satisfaire un besoin utilisateur qui ne vise plus tant l'exhaustivité sur un thème donné, mais la réponse à un besoin spécifique métier)




















 



Rédigé par La machine à café le 08/12/2006 à 22:57 | Commentaires (0) | Permalien | Trackbacks (0)

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