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15mars 2003-15 mars 2006:SITUATION CATASTROPHIQUE DES DROITS DE L’HOMME EN RCAUne lecture assez exhaustive du paysage politique centrafricain depuis le 15 mars 2003, nous laisse penser que le bilan de la situation des droits de l’homme ces trois dernières années n’a fait que s’aggraver allant de mal en pire et de pire en pis. Des exécutions sommaires avec préméditation sur des civils et même des militaires, les pillages et destructions des biens meubles et immeubles qu’ils soient publics ou privés, les arrestations arbitraires doublées d’un esprit revanchard, les ex libérateurs placés sous la protection atomique du Général Bozizé ont commis. « L’impunité absolue qui leur est assurée constitue pour ces hors la loi, le déclic de toute action inhumaine à l’encontre du bas peuple qu’ils sont censés défendre et protéger ». Ces actes pour le moins insolites et barbares et dignes d’un Etat despotique n’ont fait que discréditer l’image de la République Centrafricaine et par ricochet de l’Armée qui est plus que jamais politisée et divisée, légalisant ainsi la politique claniste, ethnique et régionaliste du régime Bozizé. La liste des horribles et multiples assassinats est loin d’être close tant les violations délibérées des droits de l’homme et des principes du Droit International Humanitaire (DIH) sont et le seront toujours monnaies courantes en centrafrique. De Damchine Marzanne en passant par Mamadou Ngaïssona, Assombelé Patrick, Koyangao, Marie France Yaligaza sans pour autant oublier le meurtre délibéré et prémédité du sergent chef Jean Claude Sanzé et bien d’autres qui suivront, les parents de ces victimes, gardent et garderont toujours les séquelles de ces assassinats crapuleux qui pourtant sont restés impunis. Que ce soit à Bangui que dans les villes de l’arrière pays, les célébrissimes Dogo, Gbangouma, John Sallé, Ngaïkoessé et bien d’autres, les rapprochés et neveux du Général Bozizé chacun en ce qui le concerne a sa manière de se faire application de ses plans machiavéliques tendant à se faire justice soi même. Une manière tacite pour les neveux Bozizé de rappeler et de confirmer au public centrafricain que le maquis a été pour eux, une école de guerre et que la prise du pouvoir le 15 mars 2003 apparaît comme le moment idéal de mettre à exécution les différentes techniques de combat et de tueries apprises sur le terrain. Ces multiples assassinats et violations qui sont perpétrées par les sbires et cerbères du Général Président ont toujours été décriés par les organisations de défense des droits de l’homme aussi bien au niveau national qu’international. La Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme (LCDH), l’Action Chrétienne pour l’Abolition de la Torture (ACAT-RCA), l’Association des Femmes Juristes le Mouvement pour la Défense des Droits de l’Homme et d’Action Humanitaire (MDDH) et l’Observatoire Centrafricain des Droits de l’Homme (OCDH) auxquelles sont venues s’ajouter les voix de la Fédération Internationale de l’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (FIACAT) ont, à l’unanimité condamné ces assassinats en demandant l’ouverture d’une enquête internationale sur ces tueries à haute échelle. Il suffit de se referer aux exactions inhumaines infligées aux paisibles population de Paoua par les forces de défense et de sécurité en représailles de l’attaque de cette ville par les rebelles pour se rendre à l’évidence. Les députés des circonscriptions de Paoua ont avancé un chiffre d’environ 104 victimes civiles, les organismes humanitaires estiment que ce chiffre doit être revu à la hausse cependant, le gouvernement pour sa part donne des chiffres différents : 8 pour le Ministre de l’Intérieur Sallé ; 5 pour le porte parole et conseiller en communication à la Présidence Guy Moskit, 27 pour le Premier ministre Elie Doté et le Haut Commissaire aux Droits de l’Homme Thierry Maleyombo. Ces violations ne sont jamais reconnues par le pouvoir de Bangui et par corollaire le Bureau des Nations Unies en Centrafrique (BONUCA) qui, dans son rapport au Secrétaire Général des Nations Unies a laissé entendre que la situation des droits de l’homme en Centrafrique continue de s’améliorer. Une manière délibérée de se moquer des pauvres victimes de ces tueries et de tout le peuple qui se posent la question de savoir quelle importance le BONUCA a-t-il encore en RCA, sinon de se remplir les poches et préparer les vieux jours des fonctionnaires onusiens qui y travaillent nous écrivait un internaute. 15 mars 2003 – 15 mars 2006, cela fait 3 ans que le public n’a cessé de décrier non seulement les violations suscitées mais aussi et surtout celles qui concernent les libertés fondamentales consacrées par la Constitution que le Chef de l’Etat a promit lors de la prestation de son serment de respecter dans tous ses états. Les libertés d’informer, de diffuser son opinion par la plume, de réunions et bien d’autres ont été constamment menacées par les forces de défense et de sécurité. François Bozizé n’a-t-il pas dit que les militaires ne connaissent pas la loi mais plutôt que leur travail ? C’et mal connaître le principe selon lequel « nul n’est au dessus de la loi ou encore, nul n’est censé ignoré la loi ». Ceci étant, aussi bien le Général Bozizé que ses « compagnons d’armes » doivent se rendre compte qu’en optant pour la légalité constitutionnelle, c’est la primauté de la loi qui devait guider les actions quotidiennes du Président de la République et de tout les membres du gouvernement. Comment admettre que le Chef de l’Etat qui est le garant de la Constitution semble feindre les dispositions de celle-ci? A moins que cela ne soit une intention inavouée de rétablir la dictature et l’imposer comme méthode de gestion. Ce qui est tout à fait ridicule car la démocratie qu’on se réclame tambour battant voudrait à ce que, le peuple ainsi que les différents acteurs politiques de la scène nationale soient associés à la prise de certaines décisions qui engagent la vie entière de la nation ; ce qui malheureusement n’est pas le cas. Somme toute, le bilan de la situation des droits de l’homme en Centrafrique ainsi dressé est tellement lourd car, la concentration des pouvoirs entre les mains du Président de la République ne fait qu’enfoncer son régime dans un fossé qu’il ne sait comment s’en sortir. Ceci constitue une raison supplémentaire pour la Communauté Internationale et les opérateurs économiques de refuser de fouler le sol centrafricain tant, l’insécurité, les multiples agressions et atteintes aux droits de l’homme se sont finalement résolues que la RCA est plus que jamais l’endroit où, il est bon d’y établir domicile. Ce qui est vraiment regrettable pour notre jeune démocratie. Jeudi 16 Mars 2006
Fleury - K
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